#35 Autisme, Différence, Identité : l’histoire d’une vie en décalage avec Cindy Schlaufmann

Description

Dans cet épisode bouleversant de Change & Chill, Cindy Schlaufmann ouvre une porte rare : celle de son intimité, de son cheminement identitaire et de la découverte tardive de son autisme — un parcours long, coûteux, parfois violent, mais profondément libérateur.

Depuis son bureau cosy rempli de nounours, Cindy raconte sans filtre comment elle a passé 40 ans à « porter un masque », à tenter de rentrer dans des cases qui n’étaient pas faites pour elle… jusqu’au jour où un diagnostic est venu éclairer toute sa vie sous un angle nouveau .

Ensemble, nous explorons :

  • La relation difficile au changement lorsque le monde paraît chaotique, imprévisible, parfois douloureux physiquement .
  • Les mécanismes sensoriels et émotionnels que Cindy traverse au quotidien, ainsi que les routines et « gris-gris » qui l’aident à réguler son énergie.
  • Le choc identitaire du diagnostic : ce moment où « Cindy s’efface » et où tout est à reconstruire — qui je suis, comment je fonctionne, ce qui relève de moi et ce qui relève du masque social .
  • Le rôle fondateur de ses enfants, notamment Lucas, qui devient malgré lui un miroir, un soutien… et même son partenaire dans l’écriture d’une conférence à deux voix.
  • La puissance de LinkedIn comme espace d’expression et de vérité, qui lui permet de créer du lien autrement, de manière cadrée, plus authentique — et parfois d’essuyer des retours déroutants qu’elle apprend à décoder grâce à son « petit chat » .
  • La liberté nouvelle de dire non, de poser ses besoins, d’arrêter de se cacher — et surtout d’assumer sa différence comme une force.

C’est un épisode brut, tendre, courageux.
Un épisode qui parle de neurodiversité, de parentalité, d’identité, d’agilité… mais surtout d’humanité.

Cindy nous rappelle que comprendre son propre fonctionnement peut devenir un acte fondateur, un point de bascule qui réinvente notre rapport à soi, aux autres, au travail, et au monde.

Un échange sincère, rempli d’humour, de lucidité et de lumière — malgré les zones d’ombre qui ont jalonné son chemin.

Séquençage du podcast

  • [00:00:15] : Présentation de Cindy Schlauffman et son parcours professionnel
  • [00:05:07] : Découverte du diagnostic TSA (Trouble du Spectre Autistique)
  • [00:06:36] : Le changement et ses impacts émotionnels
  • [00:07:01] : Les rigidités et routines dans le quotidien
  • [00:11:31] : Le parcours diagnostique et ses étapes
  • [00:26:05] : L’impact du diagnostic sur l’identité personnelle
  • [00:30:21] : Les expérimentations post-diagnostic
  • [00:32:28] : L’exposition publique via les conférences et LinkedIn
  • [00:35:04] : La gestion des interactions sociales et du masquage
  • [00:41:44] : La relation parent-enfant et l’autisme
  • [00:54:11] : La conférence co-créée avec son fils Lucas
  • [00:59:53] : Questions personnelles et réflexions

Idées Clés

Mots-clés

  • Autisme adulte / TSA

  • Haut Potentiel Intellectuel (HPI)

  • Neurodiversité

  • Masking / camouflage social

  • Coaching agile

  • Acceptation de soi

  • Parentalité & neurodiversité

  • Transformation personnelle

  • Change & Chill podcast

  • Cindy Schlaufmann

  • Olivier My

Olivier M.  00:05

– Bienvenue sur Change & Chill, le podcast où l’on parle de changement simplement. Je suis Olivier My et avec mes invités, nous explorons comment le changement peut être une force positive dans nos vies. Des histoires inspirantes avec une touche de légèreté. Dans ce nouvel épisode, j’ai le plaisir d’accueillir Cindy Schlauffman. Salut Cindy, ça va ?

 

Cindy S.  00:29

– Ouais, ça va. Un peu nerveuse.

 

Olivier M.  00:31

– Un peu nerveuse ? En tout cas, ça se voit sur ta main. Tu as ton petit gris-gris, tu disais.

 

Cindy S.  00:36

– Ouais, c’est ça. J’ai mon petit gris-gris.

 

Olivier M.  00:39

– Pourtant, on est chez toi, dans ton coin à toi. Tu me disais, donc on est dans ton bureau.

 

Cindy S.  00:43

– Oui.

 

Olivier M.  00:43

– Qui était l’ancienne salle de jeu des enfants, c’est ça ?

 

Cindy S.  00:47

– C’est ça. Quand on a acheté la maison, en fait, c’était la salle de jeu des enfants des anciens propriétaires. Et du coup, on l’a gardée en tant que salle de jeu. On l’a redécorée pour notre fils Lucas. Et avec le confinement, le fait que je sois passée 100% en télétravail, qu’Olivier, mon mari, est aussi en télétravail, il nous fallait vraiment deux espaces pour pouvoir travailler au calme, sans avoir les enfants qui crient, même s’ils crient. Ils crient quand même.

 

Olivier M.  01:14

– C’est ça.

 

Cindy S.  01:14

– Ouais, ils viennent de temps en temps dans le bureau. Mais il fallait vraiment avoir un espace tous les deux. Donc lui a récupéré le bureau. On avait déjà un bureau de l’autre côté de la maison. Et du coup, on a décidé que finalement… La salle de jeu n’était pas vraiment une salle de jeu, c’était une grande armoire pour les jeux. Voilà, pour les jeux.

 

Olivier M.  01:32

– C’est une grande armoire. Mais c’est cosy. C’est cosy et c’est assez rare que je sois cosy, moi, dans mes épisodes. Donc là, je préfère le dire que je suis installé dans un petit fauteuil et je suis particulièrement bien entouré.

 

Cindy S.  01:45

– Oui.

 

Olivier M.  01:45

– Est-ce que tu peux nous dire un peu qui sont les personnes, si je puis dire, qui m’entourent ?

 

Cindy S.  01:50

– Alors, il y a le tout petit, il s’appelle Extanpus. C’est un petit non-ours. qui est un gilet de Père Noël et il s’appelle Extanpus parce que c’est mon équipe à l’époque qui me l’a offert. On était en train de travailler sur un RFP qui s’appelait Extanpus et on a passé beaucoup de nuits, de soirées à travailler dessus. C’est un bon souvenir. Ouais, ils me l’ont offert et je l’ai gardé. C’est mon petit nounours préféré. Et après, derrière toi, il y a un gros nounours. Et quand je dis grand nounours, il doit faire bien un mètre, un mètre vingt.

 

Olivier M.  02:22

– Oui, il est assez imposant en tout cas.

 

Cindy S.  02:24

– Voilà. Il y en a deux derrière toi. Il y en a un… Il y en a un.

 

Olivier M.  02:26

– Je suis sur une patte, je crois. C’est ça. Je sens que c’est confortable.

 

Cindy S.  02:29

– Alors, le tout premier a perdu, celui où tu es allongé sur la patte. Il a un t-shirt de la boîte pour laquelle je bosse, déixé. Il a perdu un œil. C’est le premier nounours que j’avais trouvé dans un supermarché. J’avais complètement craqué. Et je l’avais acheté pour mon fils, à l’époque. Et j’étais allée le chercher chez la nounou, avec le nounours dans son fauteuil de bébé. Je lui ai dit, regarde, j’ai trouvé un copain. Alors, il était à fond. Il était trop content. Et en grandissant, il en voulait moins. Donc, j’ai récupéré. Et l’autre nounours qui fait aussi 1m20, qui est un peu plus foncé que le premier. Pareil, j’ai trouvé en supermarché. J’ai toujours rêvé d’avoir des gros nounours. J’en avais un gros nounours comme ça. Et j’en ai acheté deux. Il y en a un qui est dans la chambre de Chloé, ma fille. Et celui-là, il est pour maman.

 

Olivier M.  03:19

– Génial. Et c’est pour ça, quand je me suis installé, je me suis dit… c’est vachement cosy et je me sens en sécurité qui doivent apporter un certain calme un regard je suppose bienveillant je suppose.

 

Cindy S.  03:28

– Je le regarde pas trop mais non ils sont très bienveillants et puis il y en a d’autres dans le bureau j’ai une petite chaîne de co-cams qui sont là que l’on salue et puis j’ai aussi une petite chèvre que j’ai piquée à ma fille il faut pas le dire mais.

 

Olivier M.  03:46

– Du coup Cindy on est chez toi aujourd’hui merci de m’accueillir mais qui es-tu ?

 

Cindy S.  03:51

– Ah qui je suis c’est une bonne question je déteste cette question moi j’adore la poser ouais moi je déteste y répondre parce que je ne sais jamais quoi dire c’est toujours difficile de répondre qui es-tu ? je suis Cindy Schoffman je suis on va faire dans le classique coach agile coach pro je suis maman de deux enfants parce que ça compte mes enfants, ils comptent beaucoup, ils m’ont beaucoup apporté. Un petit garçon qui s’appelle Lucas, qui va avoir 12 ans. Une petite fille pleine d’énergie que tu as pu voir tout à l’heure.

 

Olivier M.  04:19

– Tout à fait, et que j’entends encore en fait. Voilà.

 

Cindy S.  04:22

– On l’entend, la petite, elle a 6 ans. Et mon travail, je pensais au départ que c’était aider les équipes à trouver leur propre solution, justement dans ce monde qui va très vite, qui s’accélère avec Zia et tout. Et plus j’avance, plus je me dis que ce n’est pas ça mon boulot. Mon boulot, c’est de faire en sorte que ces équipes acceptent leurs différences, leurs façons de fonctionner. Ils se disent, finalement, c’est OK, on n’a pas besoin de faire comme les autres. On peut faire notre tambouille à nous, notre façon de nous organiser et que finalement, ça marche et ce qui marche, c’est OK. Et que c’est ça, finalement, le plus important, que d’essayer de rentrer dans un moule ou dans une norme que finalement n’apporte pas grand-chose et finalement ne les aide pas.

 

Olivier M.  05:04

– Donc la différence. C’est pour toi un thème particulier ?

 

Cindy S.  05:07

– C’est un thème particulier parce que je le porte en moi. J’en ai eu conscience qu’il n’y a pas très longtemps, puisque j’ai été diagnostiquée autiste, où on dit TSA, d’autres disent Asperger. Bon, Asperger, ça n’a pas trop la mode, parce qu’il y a eu des histoires.

 

Olivier M.  05:21

– Disons qu’il y a des connotations qui viennent avec.

 

Cindy S.  05:23

– Ouais, c’est ça. Même autisme.

 

Olivier M.  05:25

– C’est vrai.

 

Cindy S.  05:25

– Donc voilà. Moi, je n’ai pas de problème à dire autiste, parce que sur le TSA ou sur le… troubles spectro-autistiques, c’est trop non, Ça ne veut pas dire que je ne fais pas partie du monde, c’est juste que je suis différente et c’est OK.

 

Olivier M.  06:04

– Oui, tout à fait. En tout cas, ça va être probablement le cœur de notre conversation. Mais avant ça, j’ai tendance à poser une deuxième question maintenant dans mes épisodes. Et je vais justement poser une différente pour toi aujourd’hui qui est… J’avais le souvenir que tu m’avais partagé que tu voyais le monde en couleurs. Quand je dis en couleurs, c’est vraiment métaphorique parce que je le vois aussi en couleurs. peut-être pas de la même manière que toi. Et du coup, si pour toi, le changement était une couleur, laquelle ce serait ?

 

Cindy S.  06:36

– Je n’ai pas forcément des couleurs. Je dirais plus des… C’est plutôt vibratoire, je dirais, que des couleurs. Donc.

 

Olivier M.  06:41

– Quelle vibration ce serait ? Alors, à quoi ressembleraient ces vibrations ?

 

Cindy S.  06:45

– C’est froid. C’est plutôt froid, le changement. C’est sombre. C’est froid et sombre, le changement. Moi, je n’aime pas le changement.

 

Olivier M.  06:53

– En tout cas, quand on voit ta tête, quand tu en parles, effectivement, il y a un côté…

 

Cindy S.  06:57

– Non, je n’aime pas du tout.

 

Olivier M.  07:00

– Qu’est-ce que ça génère chez toi ?

 

Cindy S.  07:01

– Du stress. Du stress, ouais. Mais ça, c’est lié à l’autisme. On est psychorigides, très psychorigides. On aime beaucoup les routines. J’ai toujours, tu vois là, j’ai mon gris-gris. Ça, c’est mon gris-gris de bureau. C’est-à-dire, c’est des post-it, en fait, que je triture.

 

Olivier M.  07:16

– C’est des post-it ?

 

Cindy S.  07:17

– Oui, c’était des post-it, en fait. Ah.

 

Olivier M.  07:19

– C’était des post-it au départ ? quand même longtemps que tu tritures ces trucs-là, j’ai l’impression.

 

Cindy S.  07:24

– Voilà, c’est ça. Et en fait, c’est juste pour réguler mes émotions. Ça me permet de réguler mes émotions. C’est ce qu’on appelle stimer. Et le changement. Pourquoi j’ai peur du changement ? C’est qu’il y a une instabilité ? Ouais, c’est ça. C’est qu’en fait, c’est imprévisible et du coup, il faut s’adapter. Et en fait, c’est ça qui est compliqué. C’est le côté adaptation qui est très difficile parce qu’on trouve… En fait, je devrais dire je, parce que chaque autiste est différent. Je trouve le monde chaotique. C’est chaotique. Et tout ce chaos mérite de l’ordre. Et c’est pour ça que j’ai beaucoup de rituels, de routines. Et le changement, si ce n’est pas programmé, ça ne passe pas du tout. Ça ne passe pas du tout. Je te pourrais te donner un exemple. C’est que le dimanche, par exemple, souvent, on allait dans la famille de mon mari. Mon mari, j’y reçois. C’est une grande famille. Ils sont quatre frères et sœurs. Donc, ça monte à 20-25 personnes. Et quand on y va, avant, il fallait rentrer. Parce que les enfants, tout à l’heure, je t’ai dit, c’est l’heure de la douche. Ils vont se doucher, ils vont se préparer, les sacs et tout, manger. On check les devoirs, on check le sac, le goûter et au lit. Donc, tu as tout un programme. Et quand on part dans la belle famille… les repas seront très longs, on finit à 17h 18h et donc c’est l’heure de partir 17h, 18h parce qu’il y a une heure de trajet et pour x raisons ça se passe bien et tu sens que ça traîne en longueur et puis finalement si on restait manger le soir ah là c’est la panique là c’est la crise d’angoisse complète mais non on peut pas, il y a la douche il y a les devoirs il y a la douche oui c’est ça, il y a la douche mais je peux pas et en fait mon cerveau se fige en fait, il fige Merci. complet et là, il tombe. Tu vois, comme un serveur, en fait. Il tombe en caraffe et là, c’est plus possible. Là, c’est plus possible. Et du coup, émotionnellement, c’est la tempête et de l’extérieur, ça peut voir comme un caprice. Oh, mais putain, ça fait un caprice et tout. Elle ne peut pas rester. Non, c’est juste que je ne peux pas rester. Je ne peux pas. Je suis en complète détresse là. Et donc, souvent, je faisais un caca nerveux et je disais, je vais rentrer, je vais rentrer. Maintenant que je le sais, on le vire différemment.

 

Olivier M.  09:36

– Mais c’est vrai que ce qui est marrant dans ce que tu décris… et marrant n’est qu’une expression bien évidemment, c’est qu’on pourrait croire que la situation est anodine, c’est juste que tu restes un peu plus longtemps, mais j’ai l’impression, tel que tu le décris, qu’il y a une certaine intensité intérieure qui fait que cet événement d’apparence anodine, pour toi, a pu avoir dans le passé, c’est-à-dire qu’aujourd’hui, je pense que tu as mis en œuvre certains mécanismes pour gérer ça, mais génère chez toi quelque chose d’assez fort.

 

Cindy S.  10:04

– Ah ouais, mais c’est complet la panique. Là, le cerveau, il ne répond plus. Ce n’est plus moi qui suis aux commandes, en fait. Et au-delà d’être intense, c’est que c’est même douloureux physiquement. Parce qu’on sent tout son corps, mais c’est comme si tu es complètement figé, en fait. Tu as tous tes muscles qui se crispent et tu ne peux pas aller changer de voie. Et le faire, c’est d’une douleur. Vraiment, c’est douloureux. Tu le fais, mais à t’épuiser complètement. Et ce n’est pas possible. Ce n’est pas possible, tu ne peux pas.

 

Olivier M.  10:30

– Et c’est quoi ? Est-ce que c’est la dimension émotionnelle ? qui est dur à gérer ? Ou est-ce que c’est vraiment quelque chose de plus global dans ta manière d’appréhender le monde et l’enchaînement des événements ?

 

Cindy S.  10:43

– Moi, je le ressens beaucoup plus physique. Physique ? Oui. Il y a l’aspect émotionnel parce que les émotions, elles partent complètement en cacahuète.

 

Olivier M.  10:51

– Oui.

 

Cindy S.  10:52

– Mais c’est surtout, c’est beaucoup plus du ressenti physique. Donc, c’est vraiment se sentir complètement… figé, c’est vraiment tout ton corps qui est bloqué et tu peux pas, tu peux pas, c’est vraiment… Et puis tu as quand même sa capacité de raisonner, je veux dire, je raisonne correctement et je réfléchis bien et je me dis mais c’est pas sérieux ce livre, t’exagères ! Non mais je peux pas, je peux pas. C’est ça quoi. Tu as beau te rationaliser et te dire dans les faits non, c’est pas possible, je peux pas.

 

Olivier M.  11:21

– Mais justement, du coup, tu disais tout à l’heure que c’est quelque chose que tu as découvert il n’y a pas si longtemps que ça.

 

Cindy S.  11:28

– Ouais.

 

Olivier M.  11:28

– Qu’est-ce qui t’a amené à le découvrir ?

 

Cindy S.  11:31

– Ça a été long.

 

Olivier M.  11:32

– Ouais ?

 

Cindy S.  11:32

– Ouais, ça a été long. J’ai toujours senti que j’étais à côté de la plaque. T’es décalé des autres. J’ai toujours senti que j’avais un truc qui clochait.

 

Olivier M.  11:40

– Clochait par rapport à ce que l’on met derrière Norma ?

 

Cindy S.  11:43

– Ouais, mais même les interactions, tu vois. J’ai toujours senti que j’étais en décalage avec les autres. C’était vraiment…

 

Olivier M.  11:49

– Une dissonance.

 

Cindy S.  11:50

– Ouais, c’est ça. Ça sonnait faux, en fait. Et ça a été encore plus frappant avec mes enfants, avec l’arrivée de mon premier fils. Quand tu as des étrangers qui ont une meilleure interaction que toi avec ton propre enfant, c’est pas chouette. C’est pas chouette.

 

Olivier M.  12:04

– Mais du coup, comment est-ce que tu pouvais décrire le fait qu’ils avaient de meilleures interactions ?

 

Cindy S.  12:08

– Je ne sais pas. En tout cas, tu le sentais. Ouais, c’est ça. Je le sentais. Et puis même, moi, je fais toujours ce geste, c’est-à-dire comme une tresse avec mes mains. Je fais comme si je faisais une tresse.

 

Olivier M.  12:18

– C’est bien que tu le décrives parce que je n’aurais pas su le décrire.

 

Cindy S.  12:21

– Mais en fait, c’est comme si je faisais une tresse. Voilà. Et le lien, c’est comme un tissage, en fait.

 

Olivier M.  12:25

– Oui.

 

Cindy S.  12:25

– Tu vois ? Et je sentais bien que ce tissage, il était beau, il était lisse, il était doux et fluide. Alors que quand moi, je le fais, ça fait… Voilà, t’as pas trop envie. C’est rappeux et tout. C’est rêche et pas chouette. Et de voir les autres interagir avec tes propres enfants, et tu vois que c’est fluide et tout. Et toi, tu te dis, mais je comprends pas. Pour toi, je fais la même chose. Mais ça marche pas. Ça marche pas parce que t’es pas authentique. C’est ça qui marche pas, en fait.

 

Olivier M.  12:56

– Et du coup, qu’est-ce qui t’a amené à découvrir, donc à mettre des mots sur… Je n’ai pas envie de dire conditions, parce que ça fait toujours une connotation un peu étrange, mais du coup, ce que l’on met derrière TSA et autisme, c’est que derrière, de ce que j’ai fait comprendre, c’est que tu as passé des questionnaires, des choses comme ça ?

 

Cindy S.  13:12

– Déjà, ça a été mes enfants qui m’ont guidé un petit peu sur ça. Ah ? Oui, mon fils Lucas, qui est un enfant qui cogite très très vite, qui a parlé assez vite, qui a eu un vocabulaire très fourni. Et comme c’est ton premier, tu n’as pas de comparatif. Et puis un jour, on nous a dit, Lucas, quand même, il faudrait voir s’il n’est pas un peu précoce. Parce que c’est vrai qu’il était toujours en avance. Je te racontais tout à l’heure, il est des sciences. C’est un, il voulait mécanique quantique ou des trucs comme ça. Voilà. Bon. Et puis, il a toujours cogité, il a toujours été très dans la réflexion et toujours beaucoup plus à l’aise avec les adultes. Et donc, on est allé voir quelqu’un et donc, effectivement, du KITI. précoce, donc HPI. Et en fait, quand la psy, elle nous a séparé une psy qu’il faut faire les tests, en fait, quand elle a fait le déroulé, j’ai cru qu’elle me parlait à moi. Et je me suis dit mais elle s’adresse à qui ? Elle s’adresse à Lucas ou elle s’adresse à moi ? Et ça m’a fait réfléchir. Je me suis dit peut-être que ça pourrait expliquer parce que je me suis reconnue dans tout ce qu’elle disait, le fonctionnement, ci et ça. Et puis alors, je me suis dit, bon, il faudrait que je fasse le test. Donc j’ai passé le test.

 

Olivier M.  14:19

– Donc c’était le même ?

 

Cindy S.  14:19

– Ouais. Je ne sais plus comment ça s’appelle. Le vice, le vice, je ne sais plus quoi. Donc, tu as la formule pour les enfants. Et après, tu as une formule pour les adultes. Et je ne me suis jamais autant amusée. Vraiment, j’ai eu du plaisir. J’ai vraiment ressenti le plaisir. À répondre aux questions. Ah ouais, je me suis kiffée. J’ai passé des trucs. J’étais comme une gamine. J’avais les yeux qui pétillaient. Je m’éclatais et tout.

 

Olivier M.  14:41

– Et c’était dû à quoi ? C’était le fait de reconnaître des situations de ton quotidien ? Non, non, non.

 

Cindy S.  14:46

– C’était juste de l’éclate.

 

Olivier M.  14:49

– Le fait de remplir un questionnaire ? Ah ouais.

 

Cindy S.  14:51

– Mais elle te fait jouer avec des petits puzzles, des trucs comme ça.

 

Olivier M.  14:54

– Ah, c’est pas juste un truc à cocher ?

 

Cindy S.  14:56

– Non, non, non. En fait, ils te font jouer avec ta différente mémoire spatiale, des trucs comme ça. Donc, il faut reproduire des formes. Alors, j’étais à fond. J’étais à fond. Après, c’est des maths, ils te font des calculs, des mémoires de travail, des trucs comme ça. Donc, ils te disent 1, 2, 3, 4, il faut dire la même chose, ou dans l’ordre inverse, ou le deuxième, des trucs comme ça. Après, tu as les questions culture G. Qu’est-ce qu’elle m’avait dit d’autre ? Ouais, tu as des images où il faut reconnaître ce qui est différent, un truc comme ça. Et je me suis éclatée. Je me suis éclatée. J’étais comme une gamine. Franchement, j’avais l’impression de… Tu sais, en Allemagne, t’as des autoroutes où t’as pas de limitation de vitesse.

 

Olivier M.  15:37

– Oui, effectivement.

 

Cindy S.  15:38

– Moi, je viens d’Alsace et quand t’as acheté la nouvelle voiture, la première chance quand t’allais, c’était en Allemagne pour tester ta voiture. Et là, tu fais… C’est exactement l’impression que j’ai eue. j’avais l’impression de tout lâcher j’avais tout lâché et donc effectivement elle m’avait dit que j’étais comme Lucas, que j’avais un haut potentiel intellectuel et donc à partir de là je me suis dit cool, j’ai trouvé j’ai compris pourquoi j’étais décalée, c’est que peut-être que mon cerveau il va plus vite que les autres et que voilà, ça explique aussi que des fois je vois des trucs que les autres ne voient pas ou des choses comme ça et c’est assez marrant c’est que je commence à lire plein de livres sur le HPI et je vois plein de points communs avec Lucas, mais Merci. Il y a toujours un mais. Je sens toujours ce décalage. Et là, je ne comprends pas. Et j’ai beau chercher. Et il y a un élément aussi qui est revenu en supervision, c’était la relation à l’autre. Et ça revenait constamment. Ça revenait, tu sais, de manière insidieuse. Tu vois, supervision, j’en ramenais mes supervisions. Ah, pourquoi ça revient ? Et puis à un moment donné, quand tu as quelque chose qui revient constamment, tu te dis, c’est qu’il y a quelque chose à creuser. Et donc, je suis allée voir un petit génie, mon petit génie. Je suis allée voir mon fils et je lui ai demandé qu’est-ce que ça avait changé pour lui. Le fait de le savoir. De savoir qu’il avait ce fonctionnement. C’est comme ça les mots qu’on a mis. On a dit différentes choses. C’est qu’on lui a dit que son cerveau, lui, il était plutôt en mode sprint et que les copains, ils couraient. Tu vois, un rythme anormal. Et que lui, il pouvait choisir soit de courir très vite, soit de marcher. Et donc, je lui ai demandé ce que ça avait changé pour lui. Et il m’a fait cette phrase qui m’a dit « Le fait de mieux me comprendre me permet de comprendre les autres. » Et ça, ça fait tilt parce que je me suis dit « Mais moi, je ne comprends toujours pas les autres. » C’est toujours un mystère. Je suis toujours à côté de la plaque. Je suis toujours un peu l’éléphant dans un magasin de porcelaine. Et donc, je me suis dit « Il y a autre chose. » Et comme en supervision, la relation à l’autre revenait constamment. J’ai commencé à chercher. Et souvent, quand tu cherches sur Internet, tu tires le fil UHPI, tu arrives sur du TSA, parce que c’est assez similaire. Et donc, j’ai décidé de revoir la psychologue. Je voyais, quand j’ai passé mon diplôme de coach, puisqu’on m’avait conseillé, quand j’avais commencé le diplôme de coach pro, de me faire accompagner, parce qu’on disait, ça peut chambouler, effectivement, ça chamboule un petit peu la formation. Et donc, je lui ai dit, tiens, je vais aller la revoir, en discuter avec elle, et voir ce qu’elle en pense. rapport à les séances qu’on a faites. Et donc, j’avais refait deux, trois séances. Et donc, je m’avais dit, effectivement, peut-être qu’il y aurait quelque chose. Ça ne nous coûte rien d’essayer. Alors, ça ne coûte rien. Non, ça, c’est faux. Parce que quand c’est au privé, ça coûte un bras. Ça coûte un bras et c’est long. Très long. Donc, partie de là, c’était la bataille. Ça a été une épreuve. Puisqu’en fait, tu as deux possibilités. Soit tu le fais dans le privé et ça coûte très cher. Soit tu le fais au CRA, alors je ne saurais plus ce que ça veut dire. Du coup.

 

Olivier M.  18:43

– C’est un institut plutôt public, c’est ça ? Ouais.

 

Cindy S.  18:44

– C’est un institut public, en fait. C’est un organisme public où ils peuvent justement faire les diagnostics et les trucs comme ça. Le truc, c’est qu’ils privilégient les enfants, ce qui est logique. Donc, je suis partie dans le privé. Donc, dans le privé, il faut chercher un neuropsychiatre qui sera d’accord pour te faire faire les tests, sachant que tu es adulte. Premier problème. Deuxième problème, tu es une femme. Les femmes, c’est génial parce qu’on est bien endocrinées à être soit sage, soit la bonne épouse, la bonne fille, etc. Donc le camouflage social, on est excellente là-dedans. On est des vrais caméros. Troisième problème, tu as un haut potentiel intellectuel. Donc tu parles, tu as compris les codes à peu près. Je me prends le tapis régulièrement, mais j’ai compris les codes. Donc c’est compliqué. Donc là, il faut trouver quelqu’un qui est capable de te le faire. ce bilan, sachant que justement, on va te parler de ton enfance. Donc, tu as plein de tests. Aussi, comment ça s’appelle ? Quand il est maladroite. Moi, je suis extrêmement maladroite. Mon mari, ça l’énerve à chaque fois. Je suis une catastrophe. Tu vois, tout à l’heure, on a branché le radiateur. J’ai pas réussi à le brancher, le radiateur. Il m’a regardé et m’a dit, franchement, Cindy, la prise, elle est là. Non, t’y arrives pas. Bon, voilà, ça, c’est moi. Ça, c’est exactement moi.

 

Olivier M.  20:01

– Mais écoute, t’as un test sur les gens qui sont maladroits ?

 

Cindy S.  20:03

– Ouais, en fait, ces trucs psychomoteurs. Ah ok.

 

Olivier M.  20:06

– Oui, d’accord.

 

Cindy S.  20:06

– C’est ça que cherchait le psychomoteur. Donc t’as des tests comme ça, t’as les tests, tout ce qui est la dose, il a à dire, je crois que c’est. donc c’est des questionnaires, ils te posent plein de questions Et ensuite, ils te font passer des exercices pour voir, est-ce que tu reconnais les émotions, des trucs comme ça. Ils te posent plein de questions sur ton enfance et du comme ça. Et donc là, c’est difficile parce qu’il faut retrouver la personne qui t’a connu enfant.

 

Olivier M.  20:30

– Ça veut dire que tu es obligé de trouver des gens qui peuvent attester de ce que tu racontes, c’est ça ? Ou c’est juste pour toi, pour t’aider à te rappeler ?

 

Cindy S.  20:36

– Non, c’est pour justement, comme tu dis, attester parce que tu as ta propre vision, ta perception. Donc, ce qui est intéressant, c’est de voir l’extérieur. Donc là, compliqué, parce que mon papa est en Alsace, ma maman est décédée. Faire venir mon père pour ça, compliqué, parce qu’il faut lui expliquer. « Papa, peut-être que ta fille est autiste, tu as loupé un truc. » C’est dur pour un père ou un parent de se dire « je suis passée au travers de quelque chose, je n’ai pas assuré mon rôle de père » , des trucs comme ça. Je n’avais pas du tout envie de lui imposer ça. Donc je lui ai dit « chérie, tu peux venir avec moi ? Il va falloir que tu répondes à des questions, monsieur. » Donc j’ai un époux qui est adorable, qui a accepté de venir avec moi. Sur le moment, il a regretté parce que j’étais à deux doigts de vouloir divorcer, parce qu’il m’a sorti des trucs. J’étais là, mais sérieux ? Pourquoi tu me le dis maintenant ?

 

Olivier M.  21:25

– C’est le questionnaire qui a révélé des choses ?

 

Cindy S.  21:26

– Ah ouais, ça a été très compliqué émotionnellement à gérer.

 

Olivier M.  21:30

– Et le questionnaire, c’est des questions autour de comportement, autour d’interprétation des gens ? C’est quoi la couleur en fait ?

 

Cindy S.  21:38

– C’est des questions du style, est-ce qu’elle est capable de faire la conversation ? Je ne suis pas capable de faire la conversation. Ça me… Pardon, je ne vais pas dire des gros mots.

 

Olivier M.  21:47

– On est entre nous, on est faits trois.

 

Cindy S.  21:48

– Ça me fait chier. Ça me fait chier. Je ne comprends pas la dire, en fait.

 

Olivier M.  21:52

– Et du coup, c’est du oui-non. Il y a un côté très noir ou blanc, histoire de donner une tendance. Par exemple, est-ce que tu es en capacité de faire la conversation et c’est juste oui ou non ? Ou est-ce qu’il y a une nécessité d’expliquer ? Dans tel contexte, elle a pu le faire. Dans tel contexte, ça a été moins le cas. Non.

 

Cindy S.  22:07

– C’est plus des questions comme on échange là. C’est une discussion. et en fait… Et toi t’es à côté ? Ouais moi je suis à côté donc j’entends tout ce que monsieur dit ce qui est pas très agréable des fois et donc en fait il cherche des traits ce qu’on appelle les traits autistiques donc c’est sur ça que t’es noté et donc les rigidités, est-ce qu’elle a des rigidités des intérêts spécifiques tu vois des trucs comme ça, et donc ça gratte sur ça et du coup sur la mesure des trucs tu te dis putain ça prend sens tu vois il y a des choses qui se dessinent et puis il y a des choses aussi qui font peur Et ça, j’ai éprouvé énormément de colère vis-à-vis de mon mari à ce moment-là. Et je lui ai dit, après, je lui ai dit, je pense qu’il y avait eu un avocat à côté. J’aurais demandé le divorce. Il m’a regardé un peu comme choqué.

 

Olivier M.  22:47

– Ouais, mais c’est quoi ? C’est parce qu’il y avait un miroir qui t’était renvoyé, qui était très différent de la perception que tu avais de toi ? Ou est-ce que c’était justement une image que tu ne voulais pas avoir ? Qu’est-ce qui a généré autant de colère ?

 

Cindy S.  23:00

– C’est le côté miroir. C’est quand tu n’en avais pas conscience. Tu vois, c’est ça, c’est ça qui est dur. C’est ça qui est violent aussi. L’exemple que j’avais en tête, c’était, on était partis en vacances. Il me dit, quand tu racontes tes vacances, il n’y a pas d’émotion. Tu n’es pas sérieux ? Bien sûr qu’il y a des émotions. Il me dit, non, tu es très factuel. Pas du tout. Ben si, je suis très factuel. Alors, nous sommes partis à 17h30, arrivés à la gare. On a vu ça et puis ainsi de suite. Et tu vois, c’est très tac, tac, tac, tac, tac, tac. Il n’y a pas d’émotion, il n’y a pas de, ah, c’est extraordinaire. Ou si, mais c’est plat en fait.

 

Olivier M.  23:33

– C’est fait de manière assez froide.

 

Cindy S.  23:36

– Et ça, ça fait mal. Parce que ce n’est pas l’image que tu as de toi. Et du coup, il y a aussi de la peur. Parce que tu te dis, tu as aussi ta propre croyance de l’autisme. Moi, avant, les autistes, c’était non-verbal. C’était des gens qui, intellectuellement, étaient défiants. Non, c’est ça ? Déficients. Déficients, merci.

 

Olivier M.  23:54

– Oui, il manque quelque chose, c’est ça ? Oui.

 

Cindy S.  23:55

– C’est ça. Et du coup, qui étaient handicapés. Le terme handicapé était très négatif chez moi. Très négatif. J’ai une famille quand même qui sont… beaucoup dans le soif fort. Donc là, c’était soif faible, ma chère.

 

Olivier M.  24:09

– Oui, je comprends.

 

Cindy S.  24:10

– Donc, voilà. Donc, ça a été un petit peu compliqué. Et puis, tu as aussi cette cotise de te dire, ah, mais enfin, je vais mettre un mot sur cette souffrance, cette douleur. Et puis, je vais comprendre, en fait, que, tu vois, tout va prendre du sens. Et voilà. Et donc, ça prend beaucoup de temps parce que là, c’est rapide. Je vais raconter rapidement, mais il faut prendre le rendez-vous. Le rendez-vous, c’est pas de suite. Donc, il y a plusieurs rendez-vous. Je crois que j’en ai eu trois ou quatre.

 

Olivier M.  24:35

– C’est-à-dire qu’à chaque fois que tu y retournais, vous y retourniez. Alors.

 

Cindy S.  24:38

– Il n’y en a eu qu’un seul où il était avec moi.

 

Olivier M.  24:40

– Et après, c’est plutôt le débrief avec toi, de par ce qu’on a vu, ce qu’on en déduit.

 

Cindy S.  24:45

– C’est ça. Mais alors, ce n’est pas fini.

 

Olivier M.  24:47

– Ah, ok. Mais déjà, juste ça, c’est combien de temps ?

 

Cindy S.  24:50

– Ça a pris un an.

 

Olivier M.  24:51

– Ok, donc ça prend du temps.

 

Cindy S.  24:53

– Ça prend du temps. Mais les enfants passent en priorité, c’est normal.

 

Olivier M.  24:56

– Je comprends.

 

Cindy S.  24:57

– C’est normal. Une fois que tu as ça, ce n’est pas fini. Parce que là, il faut poser le diagnostic. Parce que là, c’est le bilan qu’on t’a fait. On t’a fait l’examen. Maintenant, il faut trouver un médecin qui tamponne ce que l’autre a raconté.

 

Olivier M.  25:10

– C’est à dire que là en fait on a exposé des données.

 

Cindy S.  25:13

– C’est ça.

 

Olivier M.  25:13

– Et ensuite, il faut qu’il y ait quelqu’un qui atteste de la chose.

 

Cindy S.  25:18

– C’est ça. Et donc là, c’est reparti. Il faut trouver le bon médecin pour ça. Et qu’il soit formé à l’autisme. Donc là, c’est pareil. Il faut chercher soit un médecin, soit un psychiatre. Je ne sais plus, il y avait encore d’autres. Ou alors, justement, aller au CRA, trouver un médecin qui pourra t’attester. Et là, c’est compliqué parce que souvent, comme tu es une femme, on va te dire mais non, tu es dépressive, madame. mais non, vous êtes bipolaire ou d’autres choses, tu vois.

 

Olivier M.  25:40

– Oui.

 

Cindy S.  25:40

– Et donc, c’est compliqué de trouver le psy qui est vraiment formé à ça. Et là, pareil, c’est des mois qui s’écoulent parce qu’ils ne sont pas de suite disponibles. Et puis, tu as un premier rendez-vous, ils te posent encore plein de questions, ils te font remplir encore plein de trucs. Et puis, tu reviens au deuxième rendez-vous et ça prend du temps, ça prend du temps. Et puis, à un moment donné, ils te regardent et ils disent « Bon, ben voilà, écoutez, vous êtes autistes. » Ça fera tant.

 

Olivier M.  26:05

– Ça sort comme ça.

 

Cindy S.  26:06

– Oui, non, mais c’était ça. Mais je reviens à ça d’une violence extrême.

 

Olivier M.  26:08

– C’est incroyable.

 

Cindy S.  26:09

– Le gars, il vient, il te file un papier, il te dit, voilà, madame, vous êtes autiste. Et ça file. Vous allez voir ma secrétaire, elle va vous faire la lecture. Et là, tu fais, ok.

 

Olivier M.  26:19

– Et ça s’arrête comme ça ?

 

Cindy S.  26:20

– Oui. Il n’y a pas de suivi, il n’y a rien. Tu repars avec ton papier.

 

Olivier M.  26:25

– Mais du coup, ça sert à quoi d’avoir ce papier ? Pour toi, je veux dire, tu vois, tu fais tous ces tests, etc. Quand tu as le papier, je comprends en tout cas que ça peut… qui est effectivement peut-être teinté d’un espoir de ne pas, ou d’être, ou j’en sais rien, tu vois. Mais c’était quoi l’importance d’avoir cette officialisation ou non ?

 

Cindy S.  26:44

– Alors, pour moi, c’est de pouvoir dire « je ne suis pas folle » , tout simplement.

 

Olivier M.  26:50

– Oui.

 

Cindy S.  26:50

– C’était ça.

 

Olivier M.  26:51

– Il y a quelque chose qui est avéré.

 

Cindy S.  26:54

– C’est ça, qu’il y avait une explication. Ce qui est assez marrant, c’est que quand le neuropsy a posé son bilan, il l’a dit, il a dit « clairement, vous avez des traits autistiques, madame » . Il m’avait conseillé une association café d’autisme pour rencontrer d’autres autistes, justement pour discuter. Parce qu’on est tous différents, on a tous nos traits. Chacun a ses particularités. Et en fait, je n’osais pas les voir parce que je ne me sentais pas légitime.

 

Olivier M.  27:21

– Légitime pour aller les voir ? En fait, c’est au sens où ce n’est pas un groupe. dans lequel je me reconnais ? Non.

 

Cindy S.  27:28

– Légitime dans le sens, je ne me voyais pas arriver et dire, je pense que je suis autiste, je ne suis pas sûre, un monsieur m’a dit que j’étais autiste, mais ce n’est pas encore le docteur qui m’a dit que j’étais vraiment autiste.

 

Olivier M.  27:38

– Ah ok, d’accord. Parce qu’il n’y avait pas le tampon encore ?

 

Cindy S.  27:41

– Parce qu’il n’y avait pas le tampon. Après, le tampon, ça permet aussi par la suite, notamment si tu veux faire les RQTH, des trucs comme ça, tu vois, les reconnaissances travailleurs handicapés. Et puis, c’était aussi, hélas, c’est le côté psychorigide. Il fallait arriver au bout du processus.

 

Olivier M.  27:59

– On l’a commencé, il faut aller au bout.

 

Cindy S.  28:00

– C’est ça. Quoi qu’il arrive, on va au bout. Donc ça aussi, c’était le côté aussi un peu psychorigide. Je ne pouvais pas faire autrement. J’étais bloquée. Donc, il fallait aller jusqu’au bout. Et une fois que j’avais le papier, je me suis retrouvée un peu comme une conne. J’avais mon papier, j’étais là. Je fais quoi maintenant ?

 

Olivier M.  28:15

– Bah ouais, c’est ça. Tu dis, OK, maintenant, j’ai mon diplôme, entre guillemets. C’est ça, c’est ça. Mais j’en fais quoi ?

 

Cindy S.  28:20

– Et là, ça a été… Souvent, quand j’en parle, on me dit ça t’a fait quoi le jour où t’as eu le diagnostic ? En fait, je suis sortie de l’un. Donc là, c’était confirmé. C’est vrai qu’après, t’as pas trop de doutes. Je le savais déjà avant, ça faisait plusieurs mois que je le savais. Mais là, c’est confirmé. C’est vraiment un mec médical qui te… J’ai toute ma vie qui est repassée devant mes yeux. Et en fait, je dis souvent on a gommé Cindy. J’ai été totalement effacée. Parce que le moi qui était rentré dans ce cabinet n’existait pas. C’était pas moi. C’était mon masque social, c’était mon camouflage. Et quand je suis sortie de là, je me suis retrouvée complètement paumée, parce que je ne savais plus. Et tu m’as posé la question « Cydique, qui es-tu ? » Mais j’en sais rien. J’en sais rien. Et je me suis retrouvée avec ça. Je ne sais pas. Je ne sais pas qui je suis. Je ne sais pas comment je fonctionne. Je ne sais pas ce qui est normal, ce qui n’est pas normal, ce qui est de l’organisme, ce qui est de l’HP. Et j’avais besoin de ranger tout ça. Et de partir vraiment à ma découverte à moi. pas de ce que les gens me disent parce que c’est ça aussi, c’est qu’en fait je suis comme une chauve-souris je demande beaucoup de feedback parce qu’il y a plein de choses que je ne vois pas et c’est mon petit sauna on va dire, ça me permet à me guider et donc là je me suis retrouvée complètement à point et je me suis dit on fait quoi ? Parce que tu peux pas aller voir la famille parce que la famille justement ça coince ça veut dire des interactions sociales ça veut dire des interagir avec les gens et des trucs comme ça c’est compliqué. Et donc là je me suis dit j’étais complètement pas bien, je me suis dit à quoi tu peux te raccrocher ? Je me suis dit mais tu vas te raccrocher à ce que tu aimes le plus en métier. Le côté l’agilité et des trucs comme ça, il se dit mais sers-toi de ça. Parce que c’est un intérêt spécifique. C’est mon intérêt spécifique. J’ai beaucoup de chance, je fais des pochettes.

 

Olivier M.  30:02

– Un métier qui te plaît.

 

Cindy S.  30:03

– Ouais, c’est ça.

 

Olivier M.  30:04

– En tout cas, tu viens de faire un très beau sourire juste en en parlant.

 

Cindy S.  30:08

– C’est justement mon intérêt spécifique et du coup je suis à fond, donc ça me plaît énormément. Et donc je me suis dit, sers-toi de ça. Sers-toi de ça, parce que ça tu connais, et puis c’était aussi le côté rassurant.

 

Olivier M.  30:19

– T’as une safe base. à ce moment là.

 

Cindy S.  30:21

– Ouais, c’est ça et c’était un peu la lumière dans ce tunnel. C’était vraiment ma petite lumière. Et donc, je me suis dit, tu fais des petites expérimentations, tu fais des petits pas, tu tentes, tu expérimentes, tu regardes et tu t’adaptes et ainsi de suite, tu fais ça. Et c’est comme ça que j’ai fait.

 

Olivier M.  30:35

– Est-ce que tu peux nous donner quelques exemples d’expérimentations ? Ça ressemblait à quoi ?

 

Cindy S.  30:39

– Par exemple, le dimanche, je te parlais du dimanche.

 

Olivier M.  30:42

– Du coup là c’était le dimanche c’est plutôt dans le perso c’est ça ?

 

Cindy S.  30:45

– Ouais Mais même dans le perso… Maintenant.

 

Olivier M.  30:46

– Dans le perso, tu expérimentais des choses, mais tu ne le disais pas forcément à la famille, tu disais ?

 

Cindy S.  30:50

– Non, je ne l’ai pas dit de suite de suite. J’en ai parlé bien plus tard. Mais c’était, par exemple, le dimanche, c’est de ne plus prévoir la journée.

 

Olivier M.  30:58

– Donc.

 

Cindy S.  30:58

– En fait, je fais des sprints tout court. Voilà. C’est-à-dire qu’en fait, j’ai des créneaux, je fais jusque-là. Donc, le matin, par exemple, le dimanche, pour aller dans la belle famille, c’est juste au moment du départ. Il y a l’histoire qui s’écrit, tu as le protocole, tac, tac, tac, tac, tac, jusqu’au moment où on part. Jusqu’au moment où on part, il y a une heure. En fait, parce que j’en ai besoin, il faut quand même que je mette des trucs. Il y a jusqu’une heure où en fait, en fonction de comment ça se passe, on peut changer le plan.

 

Olivier M.  31:22

– Mais en fait, c’est une prévision d’un changement potentiel.

 

Cindy S.  31:25

– C’est une prévision d’un changement potentiel, mais je ne peux pas faire autrement. Je ne peux pas faire autrement. Je ne peux pas. Sinon, je pars complètement en cacahuète, ça se bloque.

 

Olivier M.  31:34

– Donc en fait, c’est que tu t’es laissé une plage dans laquelle tu sais qu’il y a des choses qui vont se passer et qui potentiellement vont faire changer le plan. Et du coup, il y a cette fenêtre, comme tu dis. S’il faut que ça change, ça s’envoie là.

 

Cindy S.  31:46

– C’est ça.

 

Olivier M.  31:47

– Et donc, dans le boulot, est-ce qu’il y a d’autres genres d’expérimentation que tu as pu… Dans le boulot.

 

Cindy S.  31:52

– C’est pareil. C’est-à-dire que quand tu es un coaché qui t’annule ta séance, j’avance à me foutre le bazar. Ça panique, là. Il faut réorganiser la journée, ça me prend du temps. Alors que maintenant, je fais le matin, entre midi et deux, l’après-midi et le soir, parce que je rembourse un peu le soir. Donc, en fait, ça me permet de mieux accueillir le changement. Parce que comme je fais des prévisions sur des courtes périodes, s’il y a du changement, c’est moins stressant, en fait. Je peux plus facilement m’adapter. Et après, au boulot, le premier pas, ça a été d’écrire une conf. Donc, de m’exposer.

 

Olivier M.  32:28

– C’est un truc que tu ne faisais pas avant ? Non.

 

Cindy S.  32:30

– Je ne faisais pas. Non, je ne parlais pas devant les gens. Ça ne va pas ou quoi ? Ah non, je me décomposais quand je parlais devant les gens. Donc, ça, ça a été mon premier pas. parce que j’avais accompagné une super équipe vraiment qui était extraordinaire. Et Anne-Gabriel m’a conseillé, elle m’a dit franchement, t’as de la matière et tout, vas-y. Et elle m’avait vachement encouragée là-dessus. Je me suis dit, bah vas-y, de toute façon. Et Pierre Hachet m’avait dit, de toute façon, t’es dans une communauté bienveillante, tu risques rien, tu peux y aller. Donc j’ai osé, j’ai osé faire ce petit pas. Et j’ai adoré. Et j’ai adoré parce que je me suis rendu compte que, en donnant des conférences, je pouvais interagir avec les gens d’une autre façon. qui m’allaient très bien.

 

Olivier M.  33:09

– Avec une certaine distance.

 

Cindy S.  33:11

– Oui, ma sécurité. Mais ça n’empêchait pas qu’après, tu vois, il y avait des questions, des trucs comme ça. Oui.

 

Olivier M.  33:16

– Tout à fait, oui.

 

Cindy S.  33:17

– Mais c’était cadré, en fait. Il y avait un cadre, en fait.

 

Olivier M.  33:20

– C’est vrai que quand tu fais une conférence, c’est vrai que quand moi, j’ai commencé, par exemple, je m’étais dit je vais plutôt faire des ateliers que des conférences parce que justement, il y a une sorte d’interaction pendant quoi. mais c’est vrai que maintenant je fais beaucoup plus de conférences qu’il y a un message à faire passer tu maîtrises ton truc.

 

Cindy S.  33:34

– C’est toi qui décides si oui ou non il y a des interactions pendant ou pas et au moins c’est toi qui déposes tes propres limites donc ça a dû être effectivement génial ouais c’était ça et en fait ça m’a permis de ritualiser mes conférences j’ai des petits rituels dans mes conférences il y a mon petit change qui est toujours là et du coup ça m’a permis vraiment de réaliser que je pouvais interagir avec des gens comme ça et que c’était ok finalement avec moi, donc ça j’ai commencé à faire ça et puis j’ai commencé aussi à faire les ateliers aussi dans ma boîte Oui. Donc, j’ai partagé énormément de choses avec mes collègues sur des outils, ce genre de choses. Et ça m’a permis aussi de me rendre compte que je pouvais apporter au collectif de manière différente. Je n’étais pas obligée d’aller passer trois heures à la machine à café. Parce que ça, je ne comprends pas. Je ne comprends toujours pas le principe. Mais que je pouvais apporter quelque chose à mes collègues. Je n’étais pas obligée de partager un café. Je n’étais pas obligée d’aller manger avec le midi. Je n’étais pas obligée d’aller, etc. Les trucs là. Là, on a les repas de Noël, les trucs comme ça, c’est hyper bruyant, c’est toujours très difficile pour moi. Et que finalement, je pouvais quand même apporter quelque chose et tisser un lien qui était mon lien à moi, finalement, ma façon d’interagir et que c’était OK, tu vois. Et donc, j’ai fait ça et après, j’ai commencé à parler sur LinkedIn, à faire des posts. Et quand j’ai commencé à poster sur LinkedIn, j’ai mes proches qui m’ont dit « Ah, mais n’en parle pas, fais attention. » Et en fait, je me suis vraiment rendu compte que tu parles trop de de ta vie perso, des choses comme ça. J’ai des remarques comme ça. Et en fait, je me suis dit, mais c’est pas ma peur à moi, c’est leur peur à eux.

 

Olivier M.  35:07

– Souvent, d’ailleurs.

 

Cindy S.  35:08

– Ouais. Et finalement, je me suis dit, j’avais des bons retours. Et au fur et à mesure que je postais, j’ai des gens qui sont venus me dire merci. Toi qui m’as dit, « Ah, ça m’a parlé, c’est ça ! » Et même des gens qui se sont dit, tu vois, moi, je me posais la question si je n’étais pas autiste. Et en lisant tes posts, des trucs comme ça, je me reconnais vachement. Et du coup, j’ai beaucoup plus d’interactions sociales avec les gens. Ce qui est assez rigolo quand même. Cadré, on va dire, parce que j’ai mon cadre, je pose mon cadre.

 

Olivier M.  35:34

– C’est l’intérêt de l’asynchrone.

 

Cindy S.  35:36

– Alors, c’est l’intérêt de l’asynchrone. Et aussi, c’est l’intérêt de gérer de LinkedIn. C’est-à-dire que là, je propose des fois à des gens des pauses café. j’étais voilà si ça te dit on peut apprendre à se connaître Petite demi-heure, pause café. Et du coup, tout est cadré. Donc, je ne suis pas dans le…

 

Olivier M.  35:52

– Ce n’est pas le chitchat, là.

 

Cindy S.  35:53

– Non.

 

Olivier M.  35:54

– C’est un café au sens, une pause entre nous. Mais ça le mérite d’être cadré sur le sujet en question.

 

Cindy S.  36:00

– C’est ça. C’est vraiment ça. Et du coup, c’est OK pour les gens. Et du coup, j’ai eu des super retours. Et ça, c’était super chouette parce que je ne m’y attendais pas. Et j’ai partagé des cafés avec des gens qui sont extraordinaires. J’ai rencontré plein de gens super. Et ça m’a fait énormément grandir. J’ai même des gens qui m’ont dit qu’ils ne m’aimaient pas. C’était chouette. Quoi ? Ouais ! J’ai eu quelqu’un qui m’a…

 

Olivier M.  36:23

– Je suis heureuse que tu dis ça avec un tellement grand sourire.

 

Cindy S.  36:26

– Mais ouais, je trouve que c’est génial. Mais ça, c’est mon côté un peu… Alors, avant, je t’aurais dit naïf. Moi, je te dis maintenant optimiste. Mon côté bisounours et je l’assume complètement. Sur LinkedIn, j’ai une personne qui… En fait, c’est assez rigolo. J’avais fait un post sur… Ah, j’avais parlé des barrettes, en fait. Je me suis pris la tête avec un jeune Scrum Master qui venait de passer sa certif. et en fait t’as des barrettes au sens certification ouais certification ouais c’est ça et en fait je suis arrivée dans une réunion c’était un jeune chromateur mais un jeune pas dans l’âge mais dans l’assertif et en fait le gars il disait tout le temps le scram guy dit le scram guy dit le scram guy dit et ça m’a un peu gonflée parce que j’arrivais pas à parler en fait et moi je voulais construire quelque chose et à un moment donné j’ai dit à mon chef j’ai dit excuse-moi je vais sortir les barrettes donc j’ai sorti les barrettes j’ai sorti toutes les certifications j’ai certifié nanananananananana Et là, gros silence. J’ai dit, maintenant, je peux parler, monsieur ? Et donc, il m’a écoutée. Ce qui m’a rendu super triste, parce qu’en fait, pour moi, j’ai ressenti, je dis, mais en fait, tu as dit simplement, petit jeune, tais-toi, laisse parler les grands. Et ça m’a vachement attristée, parce que je ne voulais pas du tout en arriver là. Et je me suis dit, mais en fait, t’as merdé, parce que tu aurais pu trouver une autre solution. Ça aurait été un truc constructif, parce que finalement, faire une piqûre de rappel de la théorie, ça fait du bien de temps en temps. comme d’écouter ceux qui ont déjà expérimenté, qui ont déjà testé. Ça fait grandir. Donc les deux sont utiles.

 

Olivier M.  37:48

– Il y a la fougue de la jeunesse, si je puis dire, encore une fois. Oui, c’est ça. Et puis après, tu as…

 

Cindy S.  37:53

– La sagesse.

 

Olivier M.  37:54

– Oui, on va dire ça comme ça. Là, vous ne l’avez pas vue, mais quand elle a dit la sagesse, elle s’est redressée d’un coup, avec un sourire.

 

Cindy S.  38:04

– Ça fait du bien. Quand tu prends de l’âge, je dis, voilà, je deviens sage. Non, mais c’est ça. Et du coup, j’ai fait un post là-dessus. Et donc, le matin, au réveil, je ne peux pas rhabiller, je vois un truc, un commentaire, je lui dis, il y a deux zigotos qui se tapent dessus ou un truc comme ça. Un commentaire un peu méchant, quoi.

 

Olivier M.  38:23

– Entre eux ?

 

Cindy S.  38:23

– Ouais, c’est ça. Je ne sais plus ce que c’était comme truc. Et je prends mon petit déj, je m’occupe des enfants. Et puis, en arrivant dans mon petit bureau, je me dis, tiens, je vais regarder les commentaires, je vais y répondre. Et je ne trouve pas ce commentaire. Mince, je ne suis quand même pas sanguinée, je l’ai vu, je ne sais pas comment je suis. Et j’ai une très très bonne mémoire, malheureusement pour lui. Je me suis souvenu du nom. Donc je suis allée le chercher sur LinkedIn, je l’ai retrouvé. Et donc je lui ai envoyé un message privé en lui demandant, simplement si c’était bien lui, que si c’était pas lui. J’ai été désolée du dérangement. Dans l’optique d’échanger en fait, parce que je trouvais ça intéressant ce qu’il disait. Et il avait raison dans le fond. Je me suis comportée comme une idiote. Donc il m’a dit qu’effectivement il trouvait que le commentaire était un peu dur, que c’était pas du tout son intention. Et il m’avait dit que c’était pas très professionnel de ma part, de l’étaler sur la voie publique, donc sur LinkedIn. Ça n’avait pas très pro pour un coach de parler de ça. Et malgré les likes que j’avais, il me conseillait vivement de supprimer mon post. Donc moi, avec un grand sourire, j’allais lui répondre. Et puis à un moment donné, je me suis dit, attends, ça semble louche cette histoire. Donc je suis allée voir mon meilleur ami, le petit chat, et je lui ai demandé, cher chat, est-ce que tu peux me dire le message caché ? Parce que je ne comprends pas l’implicite. Et j’avais senti qu’il y avait un truc. Et je voulais être sûre de ne pas passer pour la petite blonde. Alors, je suis blonde, ok. Un peu naïve. Et donc, le petit chat m’a expliqué que « Ah bah, tu t’es fait tailler, ma cocotte. .

 

Olivier M.  39:50

– C’est ça qu’il t’a dit.

 

Cindy S.  39:53

– Bien. Je fais « Ok. » Je lui dis « Si je réponds ça, qu’est-ce qu’il va penser de moi ? Ah bah, que t’es une belle naïve, ma cocotte. » Je lui fais « Ok. » On va changer. Donc, le petit chat m’a aidée. Donc, du coup, à comprendre la MPC, je m’en sers beaucoup sur LinkedIn, notamment sur les commandes. de terre parce que… Moi.

 

Olivier M.  40:11

– C’est écrit, donc tu peux retransmettre.

 

Cindy S.  40:13

– C’est ça. Et ça me permet des fois de comprendre les sens cachés parce que le côté implicite, c’est que je prends tout au premier degré. Donc, je peux prendre quelque chose de très mal alors qu’en fait, c’était juste une blagounette. Et donc, c’était rigolo parce que du coup, je lui ai répondu en disant, ok, je pense que tu veux… Et donc, il m’avait félicité de mon sang-froid. Moi, je n’avais pas compris pourquoi et j’ai dit, ben… Ton opinion, j’ai la mienne, tout va bien. Voilà. Donc, c’était assez rigolo.

 

Olivier M.  40:43

– Et du coup, c’est quoi le lien avec une personne qui ne m’aime pas, qui m’a dit qu’il ne m’aimait pas ?

 

Cindy S.  40:47

– Ah, parce qu’il m’avait un peu cassée. Justement, il disait qu’il n’avait pas apprécié ce que j’avais fait. C’était dans ce sens-là.

 

Olivier M.  40:55

– Donc, c’est quand même des expériences qui te permettent de recréer cette connexion avec les personnes que tu disais avoir du mal à créer naturellement dans le passé.

 

Cindy S.  41:04

– Ouais. Mais disons que dans le passé, j’ai essayé de faire comme tout le monde.

 

Olivier M.  41:07

– Ouais.

 

Cindy S.  41:07

– Je regardais et puis je faisais pareil. C’est pareil comme là, j’ai deux enfants. Avant, j’essayais d’être la mère parfaite. Je regardais toutes les mamans à la sortie de l’école qui se jugent. Tu as fait le gâteau, c’est du bio. Tu mets du sucre. Non, non, ce n’est pas bien le sucre. Tu fais manger des bonbons tes enfants, ce n’est pas bien. Donc, voilà un peu dans ce style-là. Et puis en plus, quand tu es une femme, maman, tu as double peine. On te regarde à chaque fois. Donc, j’essayais d’être la mère parfaite. Et ça coinçait. Ça coinçait parce que ce n’était pas moi. Tu vois, là, il y a un monsieur qui va donner le bain aux enfants. Ce n’est pas moi qui le donne parce que moi, je ne sais pas le donner. Je ne peux pas le donner, en fait. C’est horrible de dire ça, mais je vais le dire. Je m’en fous à la rigueur. C’est la vérité. C’est une torture. C’est une torture. Ce n’est pas que je n’aime pas mes enfants. J’adore mes enfants. C’est une torture parce qu’une salle de bain, il fait chaud. Il fait humide. C’est bruyant, ça résonne. Surtout quand t’as une petite décision qui se met à chantier. Et que t’as l’autre qui fait.

 

Olivier M.  42:08

– Je veux pas t’entendre C’est toi, c’est toi, je vais prendre mon bail.

 

Cindy S.  42:11

– Voilà, c’est l’enfer Donc avant, j’étais en surcharge Parce que t’as aussi cette sensibilité sensorielle Donc en surcharge Parce que j’avais chaud Je faisais moins de ça Ça gueulait, ça résonnait T’as la lumière aussi Donc voilà, plein phare Donc je douillais Donc quand je douillais, mon cerveau baissait pssst Plus d’énergie, plus d’énergie, là c’est l’horreur. C’est plus possible. Et donc, ça partait en engueulade. Donc j’avais très peu de patience avec les enfants parce que je ne pouvais plus.

 

Olivier M.  42:42

– Tirez à bout quoi.

 

Cindy S.  42:44

– Ouais, c’est ça. C’était horrible. Et donc c’est monsieur qui donne souvent le bain aux enfants. Et quand c’est moi, maintenant j’arrive à mettre des mots sur mes besoins. Donc j’ai acheté des petites boules de caisse et souvent je leur dis, pas tous les deux en même temps. Ou on ne chante pas. ou simplement on fait vite. Parce que, juste de manière que maman puisse tenir à peu près la distance avant de s’effondrer.

 

Olivier M.  43:11

– C’est une manière aussi d’expliquer, de créer du lien et puis de les faire participer aussi, je suppose, dans le moment.

 

Cindy S.  43:17

– Ouais, c’est surtout pour s’assurer que ça se passe à peu près bien, on va dire. Je survis à ça. Non, c’est vraiment une question de survie. Je le vois vraiment plus comme ça. C’est horrible de dire, mais c’est la vérité. C’est la vérité. C’est vraiment une question de survie, parce que c’est pas du tout un moment agréable, en fait. C’est pas du tout un moment agréable. Surtout quand ils sont tous les deux dans la salle de bain. Et puis c’est des enfants, donc ils ont le droit de s’exprimer, ils ont besoin de s’exprimer.

 

Olivier M.  43:42

– C’est la vie.

 

Cindy S.  43:42

– Oui, c’est ça, c’est la vie. Et puis une maison, c’est rempli de vie, avec des enfants, voilà, c’est comme ça. Comme tu l’as vu, il y avait des maisons en carton qui s’inventent le lendemain. Le lendemain de tout, effectivement. Et c’est dommage, c’est dommage d’en arriver là. Donc, on a créé des petites règles. Lucas, par exemple, quand je mets les mains sur les oreilles et je ferme les yeux, il sait que c’est pas possible. Je peux plus, je suis bloqué. Et donc, souvent, il va voir ça en disant « Écoute, la maman, elle peut plus. On va laisser maman tranquille. » Parce que lui, il a 12 ans, elle a 6 ans. Donc, pour elle, c’est compliqué de la retenue.

 

Olivier M.  44:13

– Ce genre de choses-là.

 

Cindy S.  44:14

– Ouais, et puis même de comprendre elle-même ses propres émotions. Quoique, elle arrive facilement à s’exprimer au niveau de ses émotions. Mais ça reste une enfant de 6 ans. Et je ne peux pas lui en demander plus. Donc voilà, on essaye tout doucement. Je lui explique tout doucement. Mais c’est vrai qu’avec Lucas, c’est plus facile parce que je peux vraiment lui parler et lui dire là, ce n’est pas possible. Et aussi lui dire, par exemple, des fois quand il veut me parler, je ne suis pas en capacité à écouter. Et donc je lui dis, Lucas, ce n’est pas que ça ne m’intéresse pas, c’est juste que je ne peux pas. Et ça, ça change tout. De dire je ne peux pas. Ce n’est pas que ça ne m’intéresse pas. Et avant, je faisais ça. avant je me forçais à l’écouter mais du coup je me forçais Donc lui, il le voyait. Donc du coup, il se vexait. Il me dit, mais de toute façon, t’as rien à foutre, tu m’écoutes pas. Oui, t’as raison, je t’écoute pas. Parce que je peux pas. Alors que le A, de le dire, je peux lui dire, je peux dire, écoute, là, je peux pas. Tu reviens plus tard, on en parle. Je pourrais être plus disponible. Je serais vraiment disponible avec toi parce que là, je suis focalisée sur ma tâche, on ne peut pas faire autrement. Donc ça, c’est aussi une autre façon de pouvoir exprimer. Et ça, il le comprend très bien. Des fois, c’est difficile parce que c’est un enfant, c’est de suite.

 

Olivier M.  45:25

– Et puis, il a besoin de son attention aussi, c’est normal.

 

Cindy S.  45:27

– Donc, ce n’est pas toujours très simple de vivre avec une maman qui est un peu bizarre.

 

Olivier M.  45:31

– Mais je suppose qu’ils aiment de tout leur cœur.

 

Cindy S.  45:34

– Oui, oui. J’ai eu le droit encore ce matin, des petits mots doux. Parce que ça, c’est leur truc le matin, ils viennent dans le lit. Et ce matin, j’ai eu le droit à ma main, telle à meilleure. Après, ils ont réclamé des dessins animés. J’ai su gommer. Je me fais avoir.

 

Olivier M.  45:50

– Ils sont malins.

 

Cindy S.  45:51

– Oui, ils sont malins. Oui, ils sont malins. Ils sont très malins.

 

Olivier M.  45:55

– Mais du coup, juste pour être bien clair sur le cheminement, il y a eu une première période où tu as osé prendre la parole parce que tu avais vécu des expériences, tu as voulu les partager. C’est déjà, je trouve, une étape qui était déjà énorme parce que ça veut dire t’exposer, mais t’exposer potentiellement sur de l’expertise. Tu racontes des expériences parce que tu me disais que tu avais accompagné une équipe, etc. Je ne sais pas exactement ce que tu avais raconté, mais c’est comme ça que j’ai compris, on va dire, l’histoire. Et ensuite, il y a une exposition qui est encore différente, qui est sur les réseaux sociaux. Pour moi, c’est vraiment deux niveaux différents, parce qu’il y en a un où c’est un petit peu dans un cocon safe, si je puis dire. Et puis ensuite, il y a n’importe qui qui peut voir, surtout que les sujets que tu abordes, du coup, sont des sujets qui sont beaucoup plus teintés. C’est-à-dire que pour moi, l’expertise, il y a un côté froid de l’expertise, où ok, t’es d’accord, pas d’accord, débat d’experts, etc. Mais quand tu parles d’une condition, d’une étiquette, de quelque chose qui te touche, toi, qui pour certaines personnes, effectivement, c’est marrant. Quand tu évoquais l’autre personne et dis voilà, tu déballes ta vie perso, etc. Oui, mais c’est mon quotidien qui, en fait, a un impact sur qui je suis et sur mon environnement professionnel. Et je trouve que ce passage-là, c’est aussi extrêmement courageux de ta part, parce que du coup, tu t’exposes et vu que tu t’exposes, tu t’exposes aussi à des coups. Mais quand tu l’as fait, qu’est-ce qui t’a motivé à te dire je vais aller sur les réseaux ?

 

Cindy S.  47:22

– J’en sais rien. Non, mais c’est vrai, j’en sais rien. J’ai… Je ne sais pas. J’avais envie de tenter le truc. Je pense que je suis arrivée à un stade, quand j’ai eu ce diagnostic, où tout a été effacé. Et je me suis dit, finalement, pour savoir qui tu es, il faut tenter des choses. Et peut-être que ça ne va pas marcher, c’est OK. Et donc, j’ai essayé, et je n’en attendais pas forcément quelque chose. Je n’en attendais pas forcément quelque chose. J’avais juste envie de tenter, de voir ce que ça donnait. Je ne cherchais pas à faire… Je vois souvent dans les réseaux sociaux, ils disent « Alors, utilisez ma méthode, vous aurez 10 000 likes » , des trucs comme ça. Et en fait, maintenant, j’avais juste envie de partager mes réflexions. Et aussi, je me suis dit « Si les gens y répondent, c’est qu’ils ont des choses à dire et peut-être que tu as des trucs à apprendre. » Donc, il y a eu ça. Et il y a eu aussi l’envie de… J’avais plus envie de me taire. J’avais plus envie de me cacher. J’en avais marre. J’ai passé 40 ans à me planquer, 40 ans à penser que je vivais avec un monstre. Ce décalage, je l’ai toujours comparé à un Merci. à un monstre. Quand j’en parlais, je disais, mais j’ai une part sombre de moi. Et je comparais ça vraiment à un monstre qu’il fallait planquer, que je cachais et des trucs comme ça. Et je pense que là, quand j’ai eu le diagnostic, j’ai dit, mais en fait, un, t’es pas folle, deux, t’es pas un monstre, t’es juste différente. Et en fait, je me suis rendue compte que en commençant à en parler, finalement que les gens qui ont catalogue normaux, en fait, eux aussi, ils n’ont pas cette liberté de parole. Et je donne un exemple. J’ai refusé un restaurant, Anthony. C’était suite à un atelier. Et donc, le soir, j’ai été avec mes clients. Et on fait un resto. Ah, ben, OK. J’ai dit oui, mais plus par habitude.

 

Olivier M.  49:07

– Ouais, par automatisme.

 

Cindy S.  49:08

– Ouais, c’est ça. Et là, elle fit, par contre, c’est hyper bruyant. Ah, alors là, non. Et en fait, c’était un cri du cœur. J’ai fait, non, je ne peux pas. Je ne peux pas. Je ne peux pas. Je suis désolée. Pas pour moi. Là, si demain, en plus, vu comment la journée s’est passée, plus demain, je ne vais pas le faire. Ça ne va pas le faire. Ça ne va pas le faire. Et donc, j’ai dit non. Et la personne à côté de moi, elle me dit, moi non plus. Et en fait, elle m’a remercié d’avoir dit non. Parce qu’elle ne se sentait pas le courage ou je ne sais pas, l’espace ou la sécurité de le dire. Et je me suis dit, mais en fait, c’est Marmotte et Elsa qui en ont parlé dans leur conf. Sur une heure, elle disait, c’est un peu être comme le canari que tu emmenais dans les mines. Et donc, je me suis dit, en fait, il faut en parler. Et puis, si les gens, ils n’aiment pas, ils passent leur chemin. Ou ils me dégommeront et puis Tchatché Pété me dira que…

 

Olivier M.  49:58

– Qu’ils t’ont dégommé parce que tu ne l’auras pas senti avant.

 

Cindy S.  50:01

– J’étais à deux doigts de faire une réponse en mode, ça va, merci beaucoup. Non, bon, bref. Voilà. Donc, voilà. Mais si ça ne te plaît pas, tu passes ton chemin. Et il y a aussi le fait que je n’ai pas de filtre. Ça, je n’ai pas de filtre. J’ai pas de feed parce que tu vois on dit t’as le côté perso, t’as le côté… pro, tu vois, et je comprends pas la différence parce que je me dis mais je suis la même moi quand je bosse je suis tout aussi bizarre énergique un peu faux folle je vais pas changer Je ne change pas. Et donc, je me suis dit, mais je ne vais pas… Non, j’en ai marre de porter ce masque.

 

Olivier M.  50:37

– C’est vrai que le fait d’aller sur les réseaux, un des intérêts que moi, j’y vois, c’est que tu vas attirer les personnes avec qui ça résonne et potentiellement, tu vas repousser les gens avec qui ça ne résonne pas.

 

Cindy S.  50:48

– Oui, je sens.

 

Olivier M.  50:48

– Sauf après, tu trouves toujours des gens qui ont envie de te balancer une grenade au-dessus du mur, tu vois. Mais au final, toutes les personnes que tu vas rencontrer, ça a été mon cas quand j’ai aussi commencé. c’est des rencontres qui sont assez extraordinaires parce qu’il y a quelque chose qui vous a rassemblés. Ce n’est pas juste de la figuration. Tu crées un moment pour discuter d’un sujet qui te tient à cœur, avec lequel ça a résonné. Du coup, tu peux créer des vraies amitiés au final sur les réseaux.

 

Cindy S.  51:15

– Oui, et puis même tu peux créer des chouettes moments. J’en ai vécu un justement à Gilles Bordeaux. Au mois de mars, j’avais écrit un post justement sur Rosé. C’était un post que j’avais publié le week-end. J’avais testé un week-end. Oui, j’avais expérimenté le week-end. je suis Alia pour WEEK. on va voir ce que ça donne j’étais inspirée, j’avais marqué oser, oser, voilà et j’ai une jeune femme qui m’a contactée qui m’a dit j’adorais ton poste et je me suis dit, c’était l’une des premières j’ai dit ça te dit de partager un café, voilà et on a discuté et on a échangé et je l’ai croisée à Bordeaux et je ne m’y attendais pas du tout et elle est venue me dire merci pour cette pause café parce que ça lui a fait énormément de bien et elle est partie Merci. et là je me suis complètement effondrée émotionnellement, j’ai eu ce qu’on appelle un meltdown, j’ai les larmes qui sont montées et heureusement qu’il y avait une super copine Jamila, je vous remercie d’ailleurs Jamila et je me suis retournée vers elle et je lui ai dit est-ce que tu peux me prendre dans tes bras et me serrer très très très fort parce que ça va pas du tout et elle a vu ma détresse et c’est marrant parce que j’ai dit c’est une détresse mais parce que justement ça allait pas du tout parce qu’en fait émotionnellement j’étais pas bien, c’était trop intense en fait et donc elle m’a serré très très très très fort Je me suis levée, je faisais avec des doigts et je me frottais les mains comme ça pour décharger émotionnellement. Et j’ai fait ça, j’ai fait ça. Et une fois que ça allait mieux, je me suis ressise. Elle m’a dit, mais j’étais à deux doigts de lui courir après et lui demander ce qu’elle avait fait. Je lui ai dit, ben, je lui ai dit merci. Ah, ok. Juste merci. Oui. Et donc, j’ai raconté l’histoire. Et en fait, voilà, ce merci, en fait, il m’a juste touchée. Il m’a touchée parce qu’en fait, je n’ai pas réalisé l’impact que j’ai chez les gens. Et ça, c’est aussi une difficulté, c’est que je ne vois pas l’impact. Je ne vois pas l’impact que j’ai chez les gens. Et c’est vraiment quand des équipes me disent, c’est super, merci pour tout le monde. De quoi tu parles ? Je ne vois pas, je ne vois pas.

 

Olivier M.  53:10

– Et sois bien claire, parce qu’à l’implicite, je ne vais pas le comprendre. C’est ça.

 

Cindy S.  53:13

– C’est ça. Et donc, souvent, je dis, mais qu’est-ce que j’ai fait de truc ? Ouais, j’ai essayé de faire ça, ouais, ok. et donc je ne vois pas, je ne comprends pas en fait ce que j’ai pu… Et donc, c’est très difficile de prendre conscience de l’impact que tu as sur les autres. Donc, voilà. Et donc, ce merci, il m’a complètement chamboulé. Tu vois, même là, quand j’en parle, c’était chouette.

 

Olivier M.  53:35

– Parce que t’as le sourire.

 

Cindy S.  53:36

– Ouais.

 

Olivier M.  53:36

– T’as le sourire. Merci en tout cas pour ce partage. J’ai un dernier petit aspect que je m’arrête à discuter avec toi, parce que le temps file. Je sais que tu as créé un moment particulier avec ton fils.

 

Cindy S.  53:51

– Ouais.

 

Olivier M.  53:51

– Où vous avez créé une conférence ensemble. Et je trouve ça intéressant d’aborder ce sujet-là, parce que toi, tu as commencé à t’exposer. Et là, il y a une autre dimension, qui est non seulement un partage avec quelqu’un de ta famille, et puis ensuite une exposition collective vis-à-vis de l’extérieur. Est-ce que tu peux nous en dire un peu plus sur cette expérience-là ?

 

Cindy S.  54:11

– En fait, tout a démarré parce que Lucas me racontait, dès que je le récupérais de l’école, quand il était encore en primaire, à quoi il jouait avec ses copains. et souvent, c’est un truc chez moi, je fais beaucoup de liens, des connexions. Je vois beaucoup de patterns, j’adore les patterns. Ah tiens, ça me rappelle… Et donc, je faisais beaucoup de liens avec l’agilité et puis finalement mon quotidien. Donc, ça revenait régulièrement. Je crois que c’était à Gilles Marseille, j’ai vu une maman avec son fils qui était venu. Je ne me souviens plus du nom de la maman. Estelle, je crois. C’était son graphique ? Ouais.

 

Olivier M.  54:47

– Et puis son fils, Valentin. Valentin.

 

Cindy S.  54:49

– C’est ça. Et donc, je me suis dit, il y a des enfants qui font… Je trouvais ça génial comme idée. Je trouvais ça génial pour la simple raison, c’est que je pars du principe que tu peux avoir deux ans, comme tu peux avoir 99 ans, tu peux toujours apprendre quelque chose à l’autre. Il ne faut pas vous tendre d’avoir 70 ans pour expliquer la vie aux gens. Tu peux l’expliquer déjà à deux ans. Donc, ça, c’est ma philosophie. Et donc, quand j’ai vu ça, je me suis dit, c’est génial. C’est super. Et en discutant avec Émilie Sposito, je lui disais c’est sympa J’aimerais bien écrire une conf avec ce que fait Lucas. Et je ne voyais pas comment le tourner. Elle me dit, mais pourquoi tu n’écris pas avec Lucas ? Je dis, mais non, je ne peux pas. Tu vois, dans le côté normal et trucs. Et du coup, j’y ai réfléchi et je me suis dit, c’est vrai que ça serait sympa de le faire. Je sais que lui, ça lui plairait sûrement. Et après, j’ai eu peur. J’ai eu peur. Je me suis dit, mais ça, qu’est-ce que t’es en train de faire ? Tu vas l’exposer. Et puis, t’as le côté rationnel, tu vois, le côté qui cogite. Tu serais pas en train d’utiliser ton fils par hasard, ma fille, pour te faire bien voir et trucs comme ça. Tu vois, il y a des réflexions comme ça, vraiment, que je me suis posées.

 

Olivier M.  55:55

– Oui, je comprends.

 

Cindy S.  55:56

– Et après, je lui ai posé la question. Je lui ai dit, écoute, qu’est-ce que ça te plairait et tout. Il m’a dit, ah bah ouais, écoute, ouais. Et puis, on a discuté, on l’a construit. Et du coup, on l’a écrit. Donc, j’ai écrit, moi, la trame. C’est moi qui ai écrit la trame. Et après, en fait, il y a des morceaux sur lesquels il n’était pas à l’aise. Il m’a dit, ça, je ne veux pas. Je lui ai dit, OK, parce qu’il ne se sentait pas à l’aise. Voilà, ça le dérangeait. Donc, on a retiré. et en fait on est parti de cette rame que j’avais écrite et on a rassemblé des pièces, des pièces et la fin Je ne vais pas la dire, parce qu’on la rejoindra peut-être ailleurs. La fin, il l’a eue à Grenoble, parce qu’il se manquait de moi. Et du coup, il part comme ça. Ah, mais c’est génial, mais il faut faire ça et tout. Et du coup, on a réécrit la fin à ce moment-là, parce que voilà, un délire de Lucas. Et ça a été un super chouette moment. Et du coup, on l’a jouée une première fois à Toulouse. On était tous les deux très, très stressés. J’avais mes feuilles, lui il ne bougeait pas, il était trop doux, il était planqué derrière, je ne sais plus, il y avait une table. On nous avait fait le retour en disant « Lucas, il faudrait que tu sois un peu plus devant » . On était collés l’un contre l’autre en train de dire « mon Dieu, qu’est-ce qu’on fait ? » . Et du coup, après, ça lui a pu et on l’avait rejoué à Grenoble et au Mans et on s’était vraiment régalé. Et ce qu’on a fait aussi, c’est qu’on en a profité pour faire quelques jours juste tous les deux. Et là, il rêvait un peu le côté triste, c’est que j’ai passé un super moment avec mon fils. Et un peu ce moment d’interaction, tu sais, qui fait que c’est juste sublime. Et je me dis, mais après ça, comment tu vas pouvoir reproduire ça ? Comment tu vas pouvoir recréer ça ? Parce que tu ne vas pas réécrire d’autres confs avec ton fils. Je veux dire, ça… Et donc, il y a un peu de tristesse parce que je me dis, mais comment est-ce que je vais pouvoir retrouver cet état, cette complicité qu’on a eue ? Et c’est ça qui est un peu difficile parce qu’en fait, je reproduis beaucoup. Et quand un truc marche, ça marche. Et je le fais tout le temps. Tout le temps de la même façon. Quand t’es arrivé, je faisais mes gâteaux de Noël.

 

Olivier M.  57:59

– Oui, tout à fait. Ils sont très bons, de même.

 

Cindy S.  58:01

– Eh bien, j’ai toujours la même technique pour les faire. J’améliore, je ne dis pas, je peux sortir.

 

Olivier M.  58:05

– Mais tu as un process qui est similaire quand même.

 

Cindy S.  58:07

– J’ai toujours le même process. Quand je ne le suis pas, c’est la cata. Donc le process, c’est, j’oublie toujours un ingrédient. Voilà, c’est obligé. Si je n’en oublie pas, c’est la cata. c’est pas normal, donc je panique J’ai toujours les mêmes copines qui viennent me filer un coup de main. J’ai la copine qui fait toujours les glaçages. J’ai la copine qui est experte en chocolat, que j’appelle parce que le chocolat, il foire à chaque fois. Il n’a pas foiré cette année. D’ailleurs, je lui ai envoyé un message en lui disant que mes prières ont été exaucées. Il n’a pas foiré. Il faut dire qu’elle a cru en moi. Elle m’avait bien guidée. Elle m’avait bien expliqué. De toute façon, je sentais sa confiance en moi. Et je pense que ça a été incroyable. Et donc, c’est toujours pareil, en fait. dans l’ordre même. tu vois j’ai des pattes qui sont tel jour et tel jour j’ai fait un écart au jour qui a été très difficile à gérer c’est que d’habitude je commence le vendredi soir et là le vendredi soir j’ai pas pu le commencer parce que Lucas avait un truc au collège donc j’ai dû commencer le jeudi et ça a été un peu dur je comprends mais.

 

Olivier M.  59:02

– C’est vrai que de ce que je comprends c’est que là vous avez passé un moment de qualité qui en tout cas tel que tu le décris est assez extraordinaire et assez beau finalement l’action qui va se poser c’est comment reproduire peut-être la qualité de ce moment sur une activité qui sera peut-être différente dans le futur.

 

Cindy S.  59:20

– C’est ce qu’on est en train de faire.

 

Olivier M.  59:23

– C’est génial en tout cas. Merci pour le partage. Et puis pour les personnes qui seraient curieux de savoir effectivement quel a été le contenu, quelle a été la couleur de ce que vous avez proposé. C’est des choses qui sont accessibles en ligne ou est-ce que…

 

Cindy S.  59:35

– Non, on n’a rien. On n’a pas fait de vidéo. Il n’y a pas eu de vidéo. On n’a pas diffusé. C’est la haine. En tout cas.

 

Olivier M.  59:41

– C’est un sujet. Puis en vrai, les personnes peuvent juste venir te… poser la question et voir ce qu’il en est.

 

Cindy S.  59:45

– Voilà, c’est ça.

 

Olivier M.  59:47

– Super. Merci beaucoup en tout cas pour tous ces partages. Tes post-its sont toujours là.

 

Cindy S.  59:52

– Oui. Ça va ?

 

Olivier M.  59:53

– Ça tourne toujours dans la main, je vois. C’est ça. Ce que je te propose, c’est qu’on bascule sur la deuxième partie de cet épisode. Comme tu l’as vu, il y a des cartes que j’ai posées sur le côté que tu m’as vu sélectionner tout à l’heure. Mais du coup, après tout ce que tu as raconté, je me suis dit, mais en gros, ça te met mal à l’aise ou pas ?

 

Cindy S.  1:00:13

– Mais non, je ne sais même pas ce que c’est ces cartes.

 

Olivier M.  1:00:15

– Donc ces cartes-là, ce sont des questions.

 

Cindy S.  1:00:18

– D’accord.

 

Olivier M.  1:00:18

– Que du coup, ne sont pas dans ma tête, mais qui sont des questions que j’ai sélectionnées parce que je pense que c’est des questions qui seraient intéressantes à te poser. D’accord ?

 

Cindy S.  1:00:25

– D’accord.

 

Olivier M.  1:00:26

– Et du coup, ce qu’on va faire, c’est qu’on va avoir une petite section ensemble où tu vas piocher des cartes. Donc, il y a un peu d’inconnu dedans.

 

Cindy S.  1:00:32

– Oui, mais le process est clair. Le process est clair. De toute façon, j’étais partie pour le podcast. Olivier me pose des questions, tu réponds.

 

Olivier M.  1:00:41

– Ça le mérite d’être simple, c’est vrai.

 

Cindy S.  1:00:42

– Ah oui, non, mais de toute façon, plus c’est compliqué et complexe, plus le changement est difficile.

 

Olivier M.  1:00:48

– Mais là, voilà, c’est très, très simple. Tu vas avoir le choix de choisir des cartes et ensuite d’y répondre ou de choisir une autre carte.

 

Cindy S.  1:00:55

– Ah oui, d’accord.

 

Olivier M.  1:00:56

– Tu as un peu de liberté. OK. Donc là, je vais juste essayer de te les donner parce qu’il s’avère que… que pour la première fois que je suis bien installé sur un fauteuil, j’ai pris le micro à la main. Comme tu peux le voir, tu as des cartes rouges et des cartes bleues. Dans quel paquet tu veux tirer une carte ?

 

Cindy S.  1:01:12

– Bleue, parce que j’aime le bleu.

 

Olivier M.  1:01:14

– Tu tires où tu veux. Je vais te faire un éventail un peu plus sympa. Où il y en a deux qui viennent ? Du coup, je te laisse la lire et puis ensuite, y répondre.

 

Cindy S.  1:01:29

– Faut que je la dise.

 

Olivier M.  1:01:29

– Oui, s’il te plaît.

 

Cindy S.  1:01:33

– Alors, si tu devais aller vivre un an sur une île déserte, où il y a à manger et à boire, ça c’est sympa, c’est chouette. Il y a le service au moins. Quelles seraient les cinq choses que tu prendrais avec toi et pourquoi ? Cinq.

 

Olivier M.  1:01:46

– Oui, s’il y en a moins ou plus, c’est pas grave. Qu’est-ce qui te vient à l’esprit ?

 

Cindy S.  1:01:50

– Ah ben, mon chéri, mes enfants. Ça c’est sûr. Non.

 

Olivier M.  1:01:54

– Ce sont les deux choses, en tout cas les trois choses.

 

Cindy S.  1:01:56

– Les trois choses. C’est sûr, ces trois-là, je les embarque. Ah non, je ne les laisse pas tout seuls. Ils ne survivraient pas. Non, je les prends parce que c’est vraiment les seuls avec lesquels je peux être sans masque. C’est les seuls aussi pour qui c’est le plus difficile. Parce qu’ils m’ont au quotidien. Je sais que pour mon mari, c’est jamais très simple parce que quand tu vas avoir juste une conversation avec ta femme, genre pause café, et que ta femme te fait « C’est quoi ton intention derrière ? Qu’est-ce que tu attends de moi, mon chéri ? » C’est un peu chiant. C’est compliqué. Donc, c’est vrai qu’avoir une conversation juste pour parler, ce n’est pas avec moi qui peut l’avoir. C’est pour ça qu’il appelle souvent sa mère. J’adore d’ailleurs. Je sais que pour lui, au quotidien, ce n’est pas facile. Et on dit souvent que les autistes font beaucoup d’efforts. Les conjoints font beaucoup d’efforts aussi. Et ça, je pense que c’est rarement discuté, montré. C’est que vivre avec quelqu’un d’autiste, ce n’est pas simple. Parce qu’on a beaucoup de rigidité. je peux péter un plomb parce qu’il a pris ma tasse à café, ma cuillère à café. J’ai beaucoup de rituels, donc c’est vrai que c’est pas facile non plus au quotidien.

 

Olivier M.  1:03:03

– Donc.

 

Cindy S.  1:03:03

– Mon chéri, parce que tout simplement, je peux pas vivre sans lui. Ma petite Chloé, parce que elle est débordante d’énergie et je suis sûre qu’on arriverait à construire une super cabane avec des feuilles et des stylos et des trucs comme ça. Donc, c’est la créative du groupe. Mon Lulu, mon petit Lucas. Lucas, parce qu’il aurait toujours un truc à raconter. Tu vas faire réfléchir à cogiter, à décortiquer, à analyser et tout.

 

Olivier M.  1:03:26

– Il pourrait t’expliquer la physique quantique, du coup.

 

Cindy S.  1:03:28

– Ouais. Et puis, avec son père, il regarderait les étoiles et tout. Voilà. Et puis, il ferait des jeux de mots. Ah oui, ça, c’est un truc entre les deux. Là, ils font des jeux de mots. Et moi, je ne comprends jamais. Ils sont morts de rire. Bon, vous m’expliquerez après, les garçons. Parce que maman, elle n’a pas compris. Du coup, on est à trois.

 

Olivier M.  1:03:45

– J’ai vu que t’avais un chat aussi.

 

Cindy S.  1:03:46

– J’hésitais à me dire le chat, mais j’ai peur que le chat, si j’emmène, le pauvre, il va être complètement paumé parce qu’il a 20 ans, il n’y voit rien. Ça serait un peu dur, mais je le prendrai quand même avec moi. Je prendrai risque avec le véto. Du coup, je prendrai le véto avec parce que…

 

Olivier M.  1:04:03

– Le véto te remercie d’ailleurs.

 

Cindy S.  1:04:06

– Je prendrai le véto. Mais non, et dernière chose, je prendrai un iPad et mes livres.

 

Olivier M.  1:04:10

– Ensemble.

 

Cindy S.  1:04:11

– Ouais, l’iPad pour être connecté avec le reste du monde. On reste connectés avec nos proches. Et les livres, parce que j’ai beaucoup de livres, comme tu peux le voir.

 

Olivier M.  1:04:20

– Tout à fait.

 

Cindy S.  1:04:21

– D’ailleurs, mes amis m’ont beaucoup voulu le jour où on a déménagé. Parce qu’il a fallu déménager tous les bouquins. Ils ne sont pas tous là encore. Certains m’ont dit, on t’aime Cindy, mais la prochaine fois que tu déménages, les bouquins, c’est toi qui les portes.

 

Olivier M.  1:04:37

– On t’aime, mais il y a des limites.

 

Cindy S.  1:04:38

– Oui, c’est ça.

 

Olivier M.  1:04:40

– Super, merci.

 

Cindy S.  1:04:41

– De rien.

 

Olivier M.  1:04:42

– Ce que je te propose, c’est qu’on continue. est-ce que tu veux toujours aller dans les bleus ou est-ce que tu veux aller dans les rouges ?

 

Cindy S.  1:04:47

– Je suis pas très fan du rouge je t’avoue ok bah du coup ce sera pour la troisième je t’en sélectionnerai une dans les rouges ah mince ok quand je vois ta tête t’inquiète pas je le ferai pas si vraiment c’est dur non non le rouge c’est vraiment je te tire pas on peut du tout ce.

 

Olivier M.  1:05:03

– Qu’il faut dire aussi c’est que le bleu est ma couleur préférée ah forcément je te propose même d’en tirer une deuxième tiens dans une deuxième tu vas lire les deux Et puis, tu vas pouvoir choisir celle à laquelle tu veux répondre ou les deux, si l’envie t’en prend.

 

Cindy S.  1:05:17

– Je pense que j’ai déjà fait le choix.

 

Olivier M.  1:05:20

– Est-ce que tu peux nous lire les deux, Aminima ?

 

Cindy S.  1:05:22

– Quand as-tu été ému pour la dernière fois, pourquoi cela t’a-t-il ému ? Et après, si tu pouvais te retrouver devant le toit de tes 15 ans, quels conseils te donnerais-tu ? Je répondrais celle des 15 ans.

 

Olivier M.  1:05:36

– Oui, ok. Tu te rappelles de toi à 15 ans ?

 

Cindy S.  1:05:38

– Oui, oui, je m’en souviens. Je n’étais pas du tout bien dans mes baskets. Je ne sais pas si on peut dire, c’est toujours de pareille difficulté de dire ce que c’était du harcèlement ou pas, je ne sais pas. Disons que les autres n’étaient pas très sympas avec moi, on va dire ça comme ça. Je n’avais pas trop de copines, pas trop de copains. Parents divorcés. Ma mère était bipolaire, donc si tu vois la vidéo, débat. Oui. les bas n’étaient pas drôles du tout, Léo non plus d’ailleurs, évidemment rien n’était drôle dans cette histoire. Je vis chez mon papa 15 ans, 15 ans, c’est quoi c’est.

 

Olivier M.  1:06:08

– 3ème ? Non c’est Zola il me semble.

 

Cindy S.  1:06:10

– Ouais 3ème 16 ans, 6 secondes donc.

 

Olivier M.  1:06:12

– 3ème Ça dépend si t’as sauté des classes ou pas Non je vais pas sauter de classe.

 

Cindy S.  1:06:16

– Je vais vaincre le sus classique. Le conseil que je me donnerais à ce moment là, t’inquiète pas un jour tu seras toi. Je pense que je me dirais ça et il va y avoir un psy pour te faire diagnostiquer.

 

Olivier M.  1:06:26

– C’est ce que tu dirais ?

 

Cindy S.  1:06:27

– Ouais. limite je m’emmènerais chez un psy tu t’emmènerais c’est ça même si en le disant je me pose la question si finalement j’aurais pas été alors c’est quoi un dire plus autiste puisque le fait de pas le savoir on m’a pas mis d’étiquette tu vois et bah la copine qui est venue m’aider elle a un proche justement dont le fils est autiste et elle me disait que souvent l’enfant il était mal perçu dans la classe parce qu’il dérangeait les autres ouais Et que du coup, on le refusait à l’école. Ce qui est complètement débile, puisque n’importe quel enfant discute avec un autre enfant. Je veux dire, c’est pas parce qu’il est autiste que… Tu vois, parce qu’elle disait, ouais, il dérange trop les autres. Et je dis, mais qu’est-ce qu’il fait ? Il parle aux autres. Mais tous les enfants font ça.

 

Olivier M.  1:07:12

– Oui.

 

Cindy S.  1:07:12

– Mais non, mais parce qu’il est autiste. Et du coup, il se fait sortir.

 

Olivier M.  1:07:15

– C’est l’étiquette qui a… C’est ça.

 

Cindy S.  1:07:17

– C’est ça. Et je pense que c’est ça où mes proches avaient un peu peur quand je me suis commencé à m’exposer sur LinkedIn et sur les réseaux sociaux. C’est un peu, on va te coller une étiquette. Justement, je ne veux pas qu’on me colle d’étiquette. Il y a des choses que je ne serais pas capable de faire. C’est juste que ça va me coûter beaucoup d’énergie. Je peux le faire, mais ça va me demander beaucoup d’énergie. J’aurais peut-être pas de l’énergie pour autre chose. Mais du coup, je trouve ça super puissant de le dire parce que quand tu dis à une personne je suis en train d’agir avec toi et ça me coûte énormément, c’est un beau cadeau que tu lui fais. C’est un beau cadeau parce que c’est que t’es complètement là et que je trouve ça beau de faire cet effort-là pour une personne. C’est un chouette cadeau. Donc, c’est ça. J’hésiterais peut-être à lui dire d’aller… En tout cas, je lui dirais t’inquiète pas, un jour tu seras toi. Et ça se passera bien.

 

Olivier M.  1:08:05

– C’est super. Une petite dernière ? Je te laisse le choix du paquet. Par contre, ce que je te propose, c’est que c’est moi qui choisis la question.

 

Cindy S.  1:08:12

– Alors là, j’ai pas compris. Là, mon cerveau, il a fait…

 

Olivier M.  1:08:15

– Soit rouge, soit bleu. Et c’est moi qui choisis la dernière question.

 

Cindy S.  1:08:18

– Mais je peux pas être dans les rouges donc je te dirai bleu J’ai vraiment un problème avec le rouge En tout cas ça a l’air.

 

Olivier M.  1:08:24

– Je le vois ton visage C’est pour ça que tu as des options Comme ça tu peux toujours t’échapper si tu le souhaites Allez, tu vas en sélectionner 3 Et dans ces 3 là, c’est moi qui vais choisir Au milieu, sur le côté Et un peu sur le côté Mais plus vers le milieu Alors, je vais te lire les 3 Ça va ?

 

Cindy S.  1:08:44

– Ouais ouais J’ai regardé les cartes, je me dis, elles sont pas mal ces cartes. J’ai mon cerveau déjà qui est en train de faire des trucs. Il dit, oh putain, c’est chouette ce truc.

 

Olivier M.  1:08:53

– Alors, la première, parle-moi d’une personne que tu admires particulièrement et explique-moi pourquoi. Ok, ça c’est la première. La deuxième, c’est qu’est-ce que l’année passée t’as appris ?

 

Cindy S.  1:09:05

– Ok.

 

Olivier M.  1:09:06

– Et la troisième, c’est quel est le métier le plus farfelu que tu aies déjà voulu faire ?

 

Cindy S.  1:09:13

– D’accord. J’ai la réponse au 3.

 

Olivier M.  1:09:15

– Est-ce qu’il y en a une qui t’inspire moins que les autres ?

 

Cindy S.  1:09:18

– Non. Le métier forfait lui, peut-être.

 

Olivier M.  1:09:21

– C’est celle-là ?

 

Cindy S.  1:09:21

– Ouais.

 

Olivier M.  1:09:22

– Merde, c’est celle-là que je veux te poser. Allez, ce que je te propose, c’est la personne que tu admires particulièrement. Et si tu peux nous en dire un peu plus.

 

Cindy S.  1:09:31

– Ah, c’est mon fils. C’est mon fils. Je suis payée devant lui. Parce que c’est la meilleure version de moi-même, si je peux dire. Tu sais, souvent, les enfants, tu veux faire un truc. Et c’est un enfant que je trouve incroyable, incroyable. Il fait des choses qui me… Je suis ébahie par ce qu’il est capable de faire. Il s’est présenté… Alors, attends, il est en 6e, 7e, 7e de Fouchekonta. En 7e, on a ici sur la ville, j’habite à Cornebarieux, et ils ont le conseil municipal des jeunes. Donc, en fait, les enfants peuvent élire des conseils municipaux à leur niveau. pour parler de différentes actions qui vont mener dans notre commune. Et en CM1, il avait projeté de vouloir se présenter. C’est tous les âges ? CM1 et CM2 uniquement. Donc c’est en CM1 et CM2 que les enfants sont élus par leur part. Donc dans les trois écoles, on a trois écoles. Et ils sont à peu près à la fin, ils sont quoi ? Une quinzaine d’enfants. Et ils sont élus pour 200. Donc la première année, il nous en a parlé en s’y amener. Il disait, voilà, je voulais… Bon, ok, voilà. On va être honnête, on n’y croyait pas trop. On pensait que c’était juste un truc qu’il tentait, mais sans plus. Il a été élu. Donc là, on était ébahis.

 

Olivier M.  1:10:49

– C’est vrai qu’il y a une sorte de campagne ou c’est juste une candidature ?

 

Cindy S.  1:10:52

– Alors lui a fait campagne, par contre. Ah.

 

Olivier M.  1:10:54

– Lui a fait campagne ? Ah oui, il fait campagne.

 

Cindy S.  1:10:56

– Oui, il fait campagne. Il va au bout des choses. Ah oui, il est impressionnant. Donc il a fait campagne. dans la salle communale, la salle du conseil. Il y a monsieur Mierlemer qui arrive, qui fait son joli discours et tout. On est très fiers, franchement. Ils sont super sages et tout. Et d’un moment, on t’explique qu’ils vont élire le président de cette petite assemblée. Et juste avant, mon fils avait tennis et il m’a expliqué qu’il voulait se présenter. Mais il n’était pas très sûr. Donc je lui ai dit on ne lui met pas trop la pression, tu verras si tu as envie et tout. Donc il a fait plus ou moins un discours. Mais il s’est présenté. Il s’est présenté. Mais alors, il avait un discours mais de ouf, quoi. Il était là, tout. Et puis, il parlait, mais c’était fluide, quoi. C’était incroyable. Il y a un discours, en plus. Oui, il y a un petit discours. Pourquoi ? Qui ils sont ? De quelle école ils viennent ? C’est quoi leur projet ? Ils ont un projet aussi à présenter. Et c’était sur le harcèlement. Donc, lui, le projet, c’était le harcèlement. Donc, tous les enfants votent et ensuite, ils font le décompte. Lucas, Lucas, Lucas, Lucas, Lucas. On se regarde au film. Mais il va passer, le con ! C’est pas possible ! On était tous les deux avec mon mari. On s’est dit, mais c’est pas vrai, mais il va être président. Mais on n’en croyait pas, quoi. Moi, j’aurais jamais osé le faire à son âge. Et puis son père non plus, tu vois, on est tous les deux quand même assez introvertis. Et on se regardait, mais avec des yeux, mais style, c’est le nôtre, t’es sûr ? On ne nous l’a pas échangé, par hasard. Limite, on était prêts à faire une test adhérent, on n’y croyait pas. C’est instinct. Et le gamin, il était là, mais vraiment, il prestance et tout, incroyable. Il a été élu. Et en CM2, du coup, c’est un mandat d’un an, et en CM2, il nous dit, je veux me représenter. Ok, pourquoi pas. Il a été élu une seconde fois. Là, par contre, il avait fait campagne, parce qu’on le voyait discuter avec plein d’enfants, et on lui dit, donc le jour J, tu sais où ils font la première réunion et tout, et puis on lui dit, mais tu connaissais le petit garçon là à côté ? Non.

 

Olivier M.  1:12:54

– Maintenant, oui.

 

Cindy S.  1:12:55

– Maintenant, on est copains. Ah, et la petite fille ? Ben, non. mais on est compilé ok d’accord et donc c’est cette aisance qu’il a de discuter avec les gens et puis même quand on a fait la conférence je trouvais c’était son côté il allait vers les gens à Grenoble par exemple si tu veux à un moment donné je me suis retourné j’avais mon fils sur la table tu vois en train de chantier il faisait les jeux parce que le mercredi soir t’avais les soirées jeux et je me retourne avec mon fils sur la table entouré d’adultes en train de faire ok bon je vais attendre que tu aies fini de faire ton jeu et puis après maman elle va aller se coucher tu vas ramener maman se coucher parce que là à mon avis, et tu vois c’est ça qui m’étonne et aussi cette moi j’adore son cerveau, je trouve son cerveau fascinant, il est fascinant son cerveau il a des réflexions, il cogite il cogite et tu vois là je te disais tout à l’heure derrière il y a un grand tableau blanc il y a plein de gribouillis je ne dirai pas ce que c’est parce que c’est notre projet c’est un secret, je ne regarde pas et en fait ça fait à peu près une semaine On a eu une idée tous les deux et on s’est dit, tu commences à discuter et en fait, ce que j’adore et ce que j’ai adoré aussi dans cette conférence c’est ce côté, il apporte quelque chose, il apporte quelque chose, ça se construit. On construit un truc qui est complètement farfelu, hallucinant et ça, c’est un truc que j’adore avec lui. C’est un enfant qui est hyper curieux, qui adore lire, qui adore ce… Tu vois ? Et vraiment, tu…

 

Olivier M.  1:14:17

– C’est une vraie co-construction et pas un parent qui fait un truc avec son enfant comme on peut le voir de manière un peu asymétrique, tu sais.

 

Cindy S.  1:14:23

– Ouais, alors des fois, on a le côté asymétrique. des fois c’est normal mais c’est vraiment ce côté des fois c’est un tort en tant que parent, c’est que des fois moi je m’adresse à lui comme un adulte parce qu’il a cette capacité ça cogite moi j’adore quand je vois son cerveau qui part en étincelle c’est kiffant et surtout c’est qu’il a tu parlais tout à l’heure des couleurs Lucas en émotion soit il est gris soit il est lumineux Et j’adore quand il a ce côté lumineux, parce que je vois son cerveau qui frétille, et là, ça part dans tous les sens, et c’est extraordinaire. Et je suis impressionnée, c’est à quel point il est bien dans ses baskets. Il est vraiment bien dans ses baskets. Il a les petits trucs des enfants classiques, des trucs des disputes, des trucs comme ça. Mais il a une capacité à rebondir qui est incroyable. Le collège, on avait très peur, j’avais très peur, moi, du collège, parce que j’avais pas eu une bonne expérience du collège, j’étais harcelée, j’étais bizarre, et trucs comme ça. J’étais pas la fille la plus jolie, enfin voilà, tous ces trucs. Mais lui, mais comme un poisson dans l’eau ! Même les devoirs, tu vois, il a des bons résultats, il est très sérieux, il bosse. Et puis, comment ça s’appelle ? Un délégué de classe ? Oui, bien sûr. Oui, forcément.

 

Olivier M.  1:15:41

– C’est déjà la présidence, c’est quelque chose qui est atteint, un délégué de classe, c’est juste une broutille.

 

Cindy S.  1:15:47

– C’est ça, c’est ça. Et du coup, voilà, il s’est présenté aussi, tu vois, mais toujours avec un projet, avec une vraie réflexion, des trucs comme ça. Et clairement, ouais, c’est…

 

Olivier M.  1:15:56

– En tout cas, c’est la personne qui t’est venue instinctivement à l’esprit lorsque la question a émergé.

 

Cindy S.  1:16:02

– Ah oui, oui, je voyais. C’est pour ça que je te dis, cet enfant m’a appris des choses qu’aucune autre personne adulte, même plus âgée, aurait pu m’enseigner. Et j’apprends… Je lui avais déjà dit, mais je lui ai dit, j’apprends énormément avec lui. J’apprends énormément avec lui. Sur moi-même, sur notre relation. Et ouais, c’est la personne que j’admire le plus.

 

Olivier M.  1:16:25

– Ben génial.

 

Cindy S.  1:16:27

– Il va avoir les chevilles qui en font s’il écoute ça. Mais je n’en voudrais pas, je vous le dis. Je t’adore mon petit Lulule.

 

Olivier M.  1:16:34

– Merci en tout cas Cindy, c’était très sympa.

 

Cindy S.  1:16:37

– Merci, c’était chouette.

 

Olivier M.  1:16:38

– Avant qu’on termine vraiment, et que tu puisses redéposer ces post-it qui…

 

Cindy S.  1:16:43

– Qui resteront dans mon bureau.

 

Olivier M.  1:16:45

– Oui, mais qui ont vraiment une… Il a dû s’en passer des choses avec ces post-it là. Si les personnes ont envie de continuer la discussion avec toi, comment est-ce qu’on peut te contacter ?

 

Cindy S.  1:16:54

– Alors, le plus simple, c’est de m’envoyer un petit message sur LinkedIn. Tout simplement, si on n’est pas connecté. Alors, je ne sais pas, parce que LinkedIn, normalement, si tu n’es pas connecté avec des gens, tu ne peux pas envoyer de message.

 

Olivier M.  1:17:04

– En tout cas, au moins, allez liker un post. Comme ça, au moins, tu verras le nom de la personne et tu enverras un message. Ouais.

 

Cindy S.  1:17:11

– C’est ça. Donc, ouais. Alors, n’hésitez pas à liker les posts. Oui, parce que voilà. C’est du soutien. C’est du soutien. Ça fait toujours plaisir. Même un petit commentaire aussi. J’adore les commentaires. Moi, j’adore les commentaires parce que je trouve que c’est… à mettre sa petite pierre à l’édifice. Voilà, comme ça, on construit un truc super chouette et on apprend tous. Et non, après, me demander sur l’idée en contact et me dire, voilà, je me rediscuterai avec toi parce que t’es OK pour un café virtuel. J’ai mis à jour un petit calendar. J’expérimente. Tout récemment, je me suis déjà…

 

Olivier M.  1:17:39

– C’est très bien.

 

Cindy S.  1:17:40

– Voilà. J’ai fait quelques bourdes, mais ça va mieux maintenant. Je peux un peu surcharger ma journée et je me fais, oh mince, trop de post-café. C’est pas bon, ça. Un peu trop d’interaction sociale. donc pour l’instant j’ai tout fermé jusqu’à la fin de l’année parce qu’il y a Noël et là ça fait faire trop pour moi.

 

Olivier M.  1:17:55

– Dans tous les cas je mettrais les coordonnées en tout cas minima ton LinkedIn si les personnes veulent venir papoter avec toi oui partager un café je suis toujours contente de partager un café ou thé moi tu vois je vais tout thé moi grande tasse de thé. Ouais très grande tasse de thé et petit café après mais en tout cas tout ça pour te remercier pour ce beau moment de partage merci pour ça.

 

Cindy S.  1:18:18

– Merci.

 

Olivier M.  1:18:18

– Et puis Aïe ! de te souhaiter tout le meilleur et puis surtout à la prochaine à la prochaine Olivier.

 

Cindy S.  1:18:24

– Merci beaucoup salut.

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