#31 De la robotique à la salsa : quand la passion devient un moteur de transformation avec Paul-Arthur Dreyfus

Description

Comment une passion peut-elle transformer une vie entière, créer des communautés et ouvrir des portes inattendues aux quatre coins du monde ?
Dans cet épisode de Change & Chill, je reçois Paul-Arthur Dreyfus, ingénieur devenu docteur en robotique… et danseur passionné.

De ses débuts à l’EPFL en Suisse à la création d’une association de danse qui rassemble depuis plus de 10 ans des centaines de personnes chaque semaine , Paul-Arthur nous raconte comment la curiosité, la naïveté assumée et l’envie de partager l’ont poussé à se lancer dans des projets bien plus grands que lui.

Nous évoquons ensemble :

  • Le changement comme opportunité plutôt que comme obstacle
  • L’art de créer et de transmettre une passion (danse, sport, communauté)
  • L’expérience de construire quelque chose qui perdure au-delà de soi
  • Les liens universels que crée la danse, même à l’autre bout du monde
  • La difficulté mais aussi la richesse d’apprendre à lâcher prise et à laisser la place aux autres

Entre anecdotes inspirantes, réflexions sur le leadership associatif et récits de voyages improbables, cet épisode est une invitation à oser sortir de sa zone de confort, à créer du lien, et à faire confiance au chemin même lorsqu’on ne connaît pas encore la destination .

Un témoignage vibrant qui montre que le changement, c’est avant tout une danse : parfois hésitante, parfois exaltante, mais toujours vivante.

Séquençage du podcast

00:00 – Introduction
Présentation de l’épisode et de Paul-Arthur, discussion sur la vision du changement.

02:00 – Qui est Paul-Arthur ?
Son parcours personnel, entre passion, études et vie en Suisse.

03:30 – Un parcours scolaire semé d’embûches
Difficultés au collège/lycée, sentiment de différence, redoublement et orientation forcée.

06:30 – Trouver sa voie malgré les obstacles
Le bac scientifique, les portes fermées de Parcoursup, et le rebond vers l’EPFL à Lausanne.

14:00 – Partir seul en Suisse : déracinement et nouvelles opportunités
Les débuts à l’EPFL, la découverte d’un nouvel environnement et le choc culturel.

18:30 – Des études de haut niveau
Parcours en génie mécanique, spécialisation en robotique, puis doctorat industriel.

22:30 – Quand une lettre change un destin
Comment une simple initiative personnelle a ouvert la porte à un doctorat financé par une entreprise.

24:30 – La découverte de la danse
L’ennui d’un été seul à Paris, la première école de salsa cubaine, et la passion qui naît.

27:00 – De la curiosité à la pratique intense
La règle des « 3 invitations par soirée », le courage de débuter et la progression rapide.

30:00 – Créer une communauté autour de la danse
Fondation de l’association « Cubaliente » à l’EPFL, premiers événements et esprit collectif.

38:00 – Leadership associatif : apprendre en faisant
Les erreurs de communication, la crise du premier comité, et les leçons de management.

42:00 – La renaissance de l’asso et l’ambition grandissante
Reconstruction avec une nouvelle équipe, organisation de grands événements et soirées.

45:30 – Toujours plus grand : l’itération et l’audace
Passer de 20 personnes à 100+, concerts live et vision d’expansion.

50:00 – Danser, c’est changer
Réflexion sur ce que la danse a transformé dans sa vie : ouverture, partage, création d’opportunités.

54:00 – Conclusion
Retour sur le fil rouge : la passion comme moteur de transformation.

Idées Clés

Mots-clés

  • Paul-Arthur Dreyfus

  • Change & Chill podcast

  • danse et leadership

  • EPFL Lausanne

  • transformation personnelle

  • créer une communauté

  • sortir de sa zone de confort

  • changement et opportunité

  • salsa cubaine

  • leadership associatif

  • Olivier My

Olivier My  00:05

– Bienvenue sur Change & Chill, le podcast où l’on parle de changement simplement. Je suis Olivier My et avec mes invités nous explorons comment le changement peut être une force positive dans nos vies. Des histoires inspirantes avec une touche de légèreté. Dans ce nouvel épisode, j’ai le plaisir d’accueillir Paul-Arthur Dreyfus. Salut Paul-Arthur. C’est parti !

 

Paul-Arthur Dreyfus  00:30

– Salut Olivier.

 

Olivier My  00:31

– Ça va bien ?

 

Paul-Arthur Dreyfus  00:32

– Très bien et toi ?

 

Olivier My  00:32

– C’est la première fois que, littéralement, on fait un épisode sur un coin de table.

 

Paul-Arthur Dreyfus  00:37

– Confortable malgré tout.

 

Olivier My  00:38

– Confortable malgré tout ? Je crois que tu es quand même plus confortable que moi. Oui.

 

Paul-Arthur Dreyfus  00:41

– Tout le temps.

 

Olivier My  00:43

– En tout cas, merci de m’accueillir chez toi. Je suis vraiment ravi de t’avoir sur cet épisode de podcast. Comme je t’en avais parlé avant qu’on démarre, ce podcast c’est sur le thème du changement. Et du coup, une question que je pose régulièrement maintenant au début d’épisode, c’est… Toi, le changement, qu’est-ce que ça t’inspire ?

 

Paul-Arthur Dreyfus  01:02

– Le changement, pour moi, c’est, je pense, l’évolution. Dans le sens où on sort peut-être de sa zone de confort pour pouvoir découvrir une nouvelle part de soi ou peut-être découvrir la part de quelqu’un d’autre ou d’une équipe ou dans le monde professionnel.

 

Olivier My  01:17

– Oui, c’est vrai.

 

Paul-Arthur Dreyfus  01:18

– Et donc, c’est quelque chose qui peut faire peur dans certaines conditions ou qui peut exciter dans d’autres. Mais je pense que c’est plutôt quelque chose de plaisant dans la vie, dans la manière générale.

 

Olivier My  01:27

– C’est-à-dire que toi, tu vois plutôt le changement comme étant plus une opportunité, que ça n’est un problème ?

 

Paul-Arthur Dreyfus  01:32

– Ouais, je pense que dans toutes les phases de crise, il y a une part d’opportunité, et dans toutes les phases qui sont plus positives, parce qu’au final, on peut voir le changement comme quelque chose de négatif ou de positif.

 

Olivier My  01:43

– Tout à fait.

 

Paul-Arthur Dreyfus  01:43

– Mais à force et a priori, c’est plutôt quelque chose de positif, je dirais.

 

Olivier My  01:47

– Ok, super. Mais du coup, vu que nous, on se connaît, bien sûr, mais si tu devais nous en dire un peu plus sur toi, qui es-tu ?

 

Paul-Arthur Dreyfus  01:56

– Donc, comme tu l’as mentionné, Paul-Arthur Dreyfus, aujourd’hui j’ai 32 ans et puis je vis en Suisse où je travaille, où j’ai fait mes études et puis je suis quelqu’un, je dirais, passionné, que ce soit dans le travail ou dans la vie privée. Donc dans le travail où je me donne, où je partage avec les gens le côté humain et dans la vie privée où j’ai différentes activités que l’on pourra discuter.

 

Olivier My  02:22

– Et tu peux nous en donner juste ? un aperçu des activités que tu fais ?

 

Paul-Arthur Dreyfus  02:26

– Je pense que l’activité principale, c’est la danse. Je danse depuis maintenant 12 ans et c’est une des passions. Ça m’a fait vibrer. Et puis, au travers de cette activité, différents débouchés que ça a pu amener, ça a pu faire vibrer aussi beaucoup d’autres mondes. Donc, c’est vraiment quelque chose qui est de l’ordre du partage et de la passion.

 

Olivier My  02:44

– Principalement la danse, mais je sais que tu fais de la muscu, tu fais de la boxe, tu fais du badminton maintenant. Donc, quand même très sportif. d’une manière générale ?

 

Paul-Arthur Dreyfus  02:54

– Plutôt. Voilà, on a nos phases. Ouais, c’est ça. La mienne en ce moment, c’est le sport. Ouais. Donc voilà, c’est clair.

 

Olivier My  03:00

– Super. Mais du coup, tu habites en Suisse, mais tu es français.

 

Paul-Arthur Dreyfus  03:04

– Oui. Je suis né à Paris, dans le centre de Paris. Et donc, j’ai passé 19 années avant de partir pour m’aventurer en Suisse pour mes études, ce qui a été un vrai changement, on peut le dire, un déracinement auquel on vit. Enfin, beaucoup d’entre nous passent par là.

 

Olivier My  03:18

– Ouais.

 

Paul-Arthur Dreyfus  03:18

– Et puis aujourd’hui, les études, ça a été une très belle part de ma vie. Encore une fois, j’en suis vraiment très content.

 

Olivier My  03:23

– C’est marrant du coup. Est-ce que tu t’es dit dans ton passé que tu allais aller en Suisse ?

 

Paul-Arthur Dreyfus  03:29

– Pas du tout. C’était dans une phase compliquée, on va dire, de ma vie. Une phase de changement, encore une fois. On va dire, pour résumer, mes études sont passées à Paris. Durant ces quelques années du collège et du lycée, j’ai vécu des choses qui n’étaient pas forcément évidentes. Que ce soit en termes d’amitié, c’était assez compliqué. J’étais un peu différent de la majorité des gens. Et donc ça se ressentait. Il y a beaucoup de gens qui ont vécu ça et qui vont le vivre malheureusement.

 

Olivier My  03:56

– Et quand tu dis différent, c’est différent au sens où tu ne voyais pas les choses de la même manière, où tu ne faisais pas des choses de la même manière que les autres ?

 

Paul-Arthur Dreyfus  04:03

– Ouais, je pense que c’est un peu de ça. Je pense que quand on est enfant, on est très vrai. Et donc, ce n’est pas quelque chose qui était réfléchi, c’est juste de nature, comme tu le dis. On voit les choses différemment, on vit les choses différemment, tout simplement. Que ce soit les relations ou les événements. et donc naturellement, ça arrive à créer des tensions entre les différents élèves, les différents enfants. Puis ça, je l’ai vécu. Et ça, plus l’environnement scolaire qui ne me convenait pas, on va dire, ça fait que c’était un peu des hauts et des bas, ma scolarité, en tout cas jusqu’aux études supérieures. Et typiquement, un élève moyen qui a redoublé sa seconde, qui a du mal à s’investir dans les études, qui a du mal à trouver sa place dans les amitiés, il trouve sa place tout court, j’ai envie de te dire. C’est une phase de transition. On passe souvent par là quand on est jeune, mais ça peut être plus ou moins difficile. Je suis passé aussi par des échecs. J’étais dans un lycée qui ne me convenait pas, dans lequel j’avais encore une fois peu de liens avec les gens et peu de motivation, on va dire, à travailler. Et donc, j’ai redoublé dans ce lycée. il s’est avéré que par chance, j’ai pu être déplacé dans un autre lycée qui me convenait peut-être plus, qui était le lycée le plus proche géographiquement et qui s’avère être un très bon lycée. Je passais d’un mauvais à un bon. On va dire que c’est la chance de pouvoir être déplacé dans le plus proche au vu de ma situation.

 

Olivier My  05:17

– Ça veut dire quoi, être déplacé ?

 

Paul-Arthur Dreyfus  05:19

– Ça veut dire que j’étais dans le lycée en seconde, et puis l’année après, j’étais dans une seconde aussi, parce que j’ai redoublé, mais pas dans le même lycée. Et donc j’arrive dans cet endroit qui est avec personne que je connaissais.

 

Olivier My  05:30

– Mais ce n’est pas un choix que toi tu as fait ou que ta famille a fait ? Si.

 

Paul-Arthur Dreyfus  05:33

– Ma famille le voulait, parce que je n’étais pas bien dans ce lycée. Et au final, c’était un très bon choix, parce que ça m’a beaucoup aidé par la suite. Parce qu’à la fin, c’était un environnement qui était beaucoup plus studieux, et puis des gens qui me ressemblaient peut-être un peu plus. On va dire que j’ai trouvé un groupe d’amitié que j’ai toujours aujourd’hui, et puis ça m’a motivé à travailler. J’ai eu des bons profs en maths, principalement, Ça m’a motivé à travailler et ça m’a fait comprendre. ce que ça pouvait apporter aussi, de pouvoir avoir des bonnes notes, etc. Parce qu’au final, c’est un cercle vertueux. Mais quand on n’y est pas, on ne s’en rend pas forcément compte. Ce n’est pas forcément de motivation, on va dire.

 

Olivier My  06:05

– Mais justement, tu l’évoques, tu parles de prof en maths, parce qu’effectivement, quand on parlait des activités, tu as parlé de la danse. Mais de ce que je me rappelle, tu as plutôt un cursus scientifique.

 

Paul-Arthur Dreyfus  06:14

– C’est clair. Donc là, en l’occurrence, c’était en seconde, mais je suis passé après en première scientifique. Et puis, j’ai passé un bac scientifique. Mais avant de passer en première, un des événements qui était intéressant aussi, c’est le fait que Au terme de cette deuxième seconde, même si j’avais des meilleures notes, il y avait quand même une crainte au niveau de la direction de l’établissement. En France, on connaît, il y a vraiment une guerre entre les établissements pour le bac. Il faut avoir les meilleures performances possibles. On quitte un peu l’humain. Et donc, ils voulaient me voir sortir parce qu’ils avaient peur que je rate le bac.

 

Olivier My  06:41

– Ah, ça fait partie des établissements, par exemple, qui te disent « Ce serait bien que tu t’inscrives en candidat libre » ou un truc comme ça, non ?

 

Paul-Arthur Dreyfus  06:47

– Voilà, c’est un peu ça.

 

Olivier My  06:48

– Ouais. C’est incroyable.

 

Paul-Arthur Dreyfus  06:49

– Et donc, là, c’était même pas une proposition qu’ils m’ont faite. Ils m’ont demandé de sortir du bac. quitter le bac scientifique pour aller dans la technique, on va dire. Et puis, j’ai passé en appel. J’ai vécu cette expérience qui est très intéressante, où toi, avec tes 16 ans, 17 ans, même 15, tu es confronté à une vingtaine de personnes en costume qui sont psychologues, dirigeants d’établissements et tout ce que tu veux, et qui vont juger de ton futur, en fait. Et sans rentrer dans les détails, on va dire que ma mère, qui m’a beaucoup aidé… parce qu’au final, à cet âge là, tu te laisses porter un peu. Tu n’es pas conscient des enjeux. On a réussi grâce à des différentes astuces à réussir cette seconde, cette deuxième seconde. Donc j’ai passé cette deuxième seconde et je suis resté en général, même si la directrice de cet établissement n’était pas du tout pour.

 

Olivier My  07:37

– C’est marrant ce que tu évoques parce que c’était peut être pas marrant à l’époque, mais ça fait un petit peu, tu sais, la salle des jeux dans Fort Boyard. J’imagine énormément ce truc là, tu sais, les gens avec les têtes de tigre. Genre t’arrives, t’as la lumière sur toi, et puis en fait t’as des gens qui viennent ni d’Ave ni d’Adam, tu vois, qui vont juger de ta vie, quoi, de tes choix.

 

Paul-Arthur Dreyfus  07:57

– Exactement. Et puis, t’es pas seul à passer. Donc t’as ta mère, ma mère en l’occurrence, qui est passée.

 

Olivier My  08:03

– C’est elle qui est passée ?

 

Paul-Arthur Dreyfus  08:04

– Elle aussi, elle est avec moi. J’y étais, mais elle aussi elle a parlé. Elle a aussi communiqué son ressenti.

 

Olivier My  08:09

– Ouais.

 

Paul-Arthur Dreyfus  08:09

– Y’a ton prof principal qui passe. Donc en fait, t’as tout un consortium de personnes qui te jugent, et encore d’autres personnes qui sont pas toi, qui vont aussi parler. on a l’impression d’être c’est un jugement c’est le tribunal c’est quand même marquant en tout cas tout à fait et j’en suis sorti avec comme j’ai dit cette chance de pouvoir continuer dans cet établissement après j’ai continué donc première terminale et j’ai vraiment retrouvé ma place je commence à avoir des meilleures notes etc etc donc dans les sciences dans les sciences j’étais bon en sciences beaucoup moins bon dans tout ce qui est littéraire ça m’intéressait moins histoire t’avais une appétence de base tout à fait c’est clair et donc j’arrive au niveau de la terminale Je passe mon bac, ce qui est une épreuve. On passe tous par là, mais malgré tout, c’est quand même quelque chose.

 

Olivier My  08:53

– C’est un accomplissement, on a beau dire. Comme le permis de conduire. C’est ça.

 

Paul-Arthur Dreyfus  08:57

– Ça, c’est sûr. Et donc, je le passe. Et durant cette période, je ne me rappelle plus si c’est un peu avant ou un peu après, je crois que c’était à peu près au moment des examens, tu as cette autre épreuve qui est de trouver ta place dans l’après, donc dans les études supérieures.

 

Olivier My  09:10

– Les études supérieures, oui.

 

Paul-Arthur Dreyfus  09:11

– Et donc, tu as ce site, je ne me rappelle plus comment il s’appelait, études sup ou…

 

Olivier My  09:16

– Parcours sup.

 

Paul-Arthur Dreyfus  09:16

– Marc Courcup, c’est ça ? où tu as des vœux que tu dois faire sur différents établissements dans un ordre. Et toi, tu es, encore une fois, du haut de tes 17-18 ans, tu dois définir ce que sera ton futur en écoutant un peu ton entourage, scientifique, voie royale, on le connaît. Il faut faire une prépa, après il faut trouver une école d’ingénieur qui te convient, etc. Et il s’avère que moi, j’étais à Paris, donc je commence à mettre toutes les prépas là-dedans, etc. J’étais sur une piste montante à ce moment-là. Donc moi, J’étais persuadé que ça allait bien se passer. Je me suis dit, OK, maintenant, je suis dans ma zone de confort. Au final, j’ai cette période de changement, elle est derrière moi. Et au final, j’ai pris de front ce système, on va dire. Et au final, je n’ai eu absolument aucun des voeux auxquels j’avais postulé parce que tous mes bulletins de seconde me suivaient, en fait. Le passé te suit. En plus, je crois que c’était encore une fois dans cette période de bac où tu es stressé, tu as d’autres focus à faire que de te concentrer sur l’après. Il faut que tu te concentres sur le moment actuel, le présent. Et j’ai été complètement démoralisé à ce moment là parce qu’en fait, j’avais l’impression que tous ces efforts, ils amenaient à rien, ils aboutissaient à rien. Je m’étais au final sorti de cette zone de confort. C’est trouver une nouvelle normalité ou en fait, tu es un bon élève, tu n’es plus un mauvais élève ou le fait d’être un bon élève, ça te caractérise aussi. Donc tu trouves du sens pour toi.

 

Olivier My  10:28

– Oui, tout à fait.

 

Paul-Arthur Dreyfus  10:29

– Et donc tu te dis voilà, c’est ma nouvelle norme, c’est comme ça que je suis. Maintenant, ça a fonctionné, bah non.

 

Olivier My  10:33

– Ça fonctionne pas mais ce que tu dis c’est important c’est à dire que la vision que tu as de toi même est quand même pas mal définie par ce que l’on dit de toi parce qu’en fait à 16 ans toi t’as envie d’avancer, de faire une je sais pas, un parcours scientifique et t’as déjà des gens qui te disent non tu peux pas, ça c’est incroyable déjà, alors que toi t’as envie, ta mère elle a envie enfin tu vois, il y a déjà le désir d’y aller et on te met déjà des barrières donc t’as déjà dépassé cet obstacle là qui est déjà pas mal Merci. parce que je ne connais pas tant de gens qui ont dû vivre ce genre d’expérience-là. Et après, quand tu es en train de lever la tête de l’eau, tu te dis, allez, c’est bon, je vais pouvoir respirer, je vais pouvoir aller me dorer la pilule maintenant sur la plage. Et bien, bim, tu as justement ces voeux qui te ferment les portes parce que, soi-disant, ton dossier n’est pas bon. Parce qu’il y a souvent des écoles où, en gros, c’est juste le dossier qui fait qu’ils ferment la porte. Il n’y a pas d’interaction avec toi, par exemple, en tant que personne.

 

Paul-Arthur Dreyfus  11:26

– Tout à fait.

 

Olivier My  11:27

– Moi, je l’ai vécu dans le passé aussi. c’est juste une moulinette qui est tourné, et puis selon, encore une fois, les écoles, les scoring, on te ferme la porte. Et je trouve que c’est quand même important de prendre cet élément en compte, de se dire que, déjà que tu es dans une période où te définir avec quelque chose qui n’est pas évident, il y a quand même un impact de la société autour de toi, qui parfois a soit une vocation à t’aider, soit finalement à te détruire. Ce serait un peu dur, mais parfois de te rendre les choses quand même bien plus difficiles.

 

Paul-Arthur Dreyfus  11:56

– Et à ces moments-là, on a l’impression dans ces périodes qui sont des périodes de changement involontaires. Parce qu’en fait, il y a un peu de ça aussi. Il y a des moments où volontairement on change, donc c’est une opportunité. Et des fois, on le subit. Ça ne veut pas dire que dans les deux cas, on ne ressent pas meilleur ou plus heureux. Mais malgré tout, l’initiation est différente. Donc dans ces moments-là, des fois, tu as l’impression, moi j’imagine, cette zone de confort comme un cercle, dans lequel tu te trouves. Et des fois, ce cercle, tu as l’impression qu’il est en train de courir. Donc tu t’es de courir dans la même direction pour rester dans le cercle.

 

Olivier My  12:25

– Il ne va plus être que toi. T’as une lumière qui bouge là comme ça et après toi tu cours après.

 

Paul-Arthur Dreyfus  12:31

– C’est un peu ça, sur scène c’est un peu ça.

 

Olivier My  12:33

– Ouais exactement.

 

Paul-Arthur Dreyfus  12:33

– Et t’as le public, c’est tous les gens qui te jugent et au final, comme tu l’as dit, toi-même tu te définis en fonction des gens qui te regardent aussi. Donc c’est un système quand même particulier.

 

Olivier My  12:43

– Et du coup donc tu es dans cette situation-là où tu as fait des voeux, rien n’est accepté. Du coup tu fais quoi ?

 

Paul-Arthur Dreyfus  12:50

– Je vais dans différents salons. Malgré tout j’essaie quand même de trouver quelques solutions. Et puis durant cette période, je trouve une école qui s’appelle l’école polytechnique. de Québec au Canada. Vous allez comprendre par la suite la surprise d’Olivier. Donc je trouve cette école, j’en parle à ma famille. Et puis naturellement, ça lève un peu des doutes parce que c’est vachement loin. Et puis on s’éloigne de sa famille, c’est un dépaysement. On ne s’en rend pas compte au moment où… Enfin, à 17, 18 ans, mais on s’en rend compte par la suite. Donc il y a aussi la maturité de la famille qui fait sens ici. Donc pas pour mettre des barrières, mais plutôt pour être constructif. En fait, en l’occurrence, ma mère trouve une autre école. qui est aussi une école polytechnique, mais cette fois-ci qui est l’école polytechnique fédérale de Lausanne, donc en Suisse. Et il s’avère qu’à cette période-là, cette école-ci, elle est très bien notée. Elle est 14e, si je ne sais pas quelque chose, mondialement. C’est l’école francophone, la première école francophone au monde à cette époque. Aujourd’hui, ça a changé, mais voilà, à cette époque. Et donc, le fait que ça soit plus proche, plus le fait que ça soit une école qui était meilleure que celle au Canada, à cette période, c’est ça qui a orienté le choix. On s’est dit, OK, c’est l’objectif.

 

Olivier My  13:56

– Ah, vu que c’était international, du coup, ça ne passait pas par Parcoursup ?

 

Paul-Arthur Dreyfus  13:59

– Non, tout à fait. C’était d’autres manières d’y rentrer. Et en fait, il n’y a pas concours. Ils utilisent les résultats du bac et ils ont une sorte de recette de cuisine qui se base principalement sur les notes scientifiques, heureusement.

 

Olivier My  14:11

– Ah bah oui.

 

Paul-Arthur Dreyfus  14:11

– J’aimerais juste y aller. Et ils demandent, après tous ces calculs, une note comme 14 à l’époque, si je n’ai pas de bêtises. Donc voilà. Et je me rappelle en fait, maintenant que ça, ça s’est arrivé avant le bac. Donc toute cette période est arrivée avant l’examen.

 

Olivier My  14:25

– Oui, parce que de toute façon, il faut bien que tu fasses tes voeux à un moment donné. Donc, l’examen n’est pas encore arrivé. Il faut que tu réfléchisses à la suite dans l’hypothèse où tu vas réussir. Et ça te met une pression supplémentaire de réussir, d’ailleurs. Et du coup, tu fais tous ces trucs-là. En tout cas, tu as ces informations-là avant, c’est ça ?

 

Paul-Arthur Dreyfus  14:40

– Oui. Et donc, ça me met un objectif. Et en fait, ça transforme d’une certaine manière le changement subi en changement choisi. Et donc, ça, ça crée une force importante. Je commençais vraiment à travailler sérieusement à ce moment-là pour pouvoir réussir.

 

Olivier My  14:55

– Je pense que c’est un sujet important que tu évoques parce que l’objectif qu’on se donne, te donne une focale qui fait que ça donne du sens à tes actions. Il y a beaucoup de gens que j’ai rencontrés, que ce soit dans le monde pro ou perso, tu sens qu’ils naviguent un petit peu, j’ai du mal à le dire en français, mais ils errent. C’est des sortes de fantômes dans les couloirs. En fait, c’est juste des personnes qui n’ont pas de but suffisamment précis pour se dire en fait, ce truc-là a du sens et a de la valeur. En fait, je fais ça pour qui ? Je fais ça déjà pour moi ? Est-ce que je fais ça pour quelqu’un ? Et du coup, ce que tu dis est pour moi en tout cas très représentatif de ça, c’est qu’en fait, toi, ça t’a donné une focale d’un coup de dire OK, mon objectif, il est là-bas. Je sais d’ailleurs que ça risque d’être tendu si je n’arrive pas forcément à avoir les écoles que je veux ici. Mais du coup, au moins, l’énergie que tu fournis maintenant, elle a quelque chose que tu veux.

 

Paul-Arthur Dreyfus  15:43

– C’est clair. Et au final, comme tu l’as dit, cette notion d’objectif, elle est très importante. Parce qu’elle permet de créer du sens aussi dans l’action. Dans le changement, ça crée vraiment un sens de voilà, je suis là aujourd’hui et je vais là-bas. Mais parce que c’est mieux, parce qu’il y a quelque chose, ça donne un cap en fait. Et donc voilà, en l’occurrence, c’est ça que ça a réussi à me donner. donc j’ai passé le bac, que j’ai réussi Et puis, il s’avère que grâce à cette formule de cuisine, je suis passé, mais c’était 0.00. Le destin a voulu que ce soit la bac, je suis Nice. Et donc, j’ai été pris à l’école polytechnique fédérale de Lausanne. Il s’avère que la plupart des inscriptions à cette école-là, elles sont faites avant le bac. Dans le sens où il y a des gens qui s’inscrivent et qui savent à peu près qu’ils vont réussir. Et donc, ils réussissent, etc. Et puis, il y a des gens comme moi qui ont les notes et après qu’ils s’inscrivent. Et donc, j’étais vraiment dans les derniers inscrits. Et là, c’est une grande période de changement aussi. parce que c’est le moment où il va falloir que je quitte ma famille, j’ai vécu avec ma mère pendant très longtemps, 19 premières années, et puis que je parte dans un autre pays pour vivre seul.

 

Olivier My  16:42

– C’est une autre culture d’ailleurs, mais en vrai, tu as découvert ça sur le moment ? C’est-à-dire que la Suisse, comme tu me le disais, ce n’était pas un projet ?

 

Paul-Arthur Dreyfus  16:49

– Pas du tout, mais c’est devenu un objectif, parce que ça faisait du sens. Oui.

 

Olivier My  16:52

– C’est ce qu’on disait.

 

Paul-Arthur Dreyfus  16:54

– Et donc là, je cherche un logement normal, et aussi certainement normal, je ne trouve pas de logement, parce que quand tu n’es pas dans le pays… C’est compliqué pour trouver un logement. Je me débat un peu. On va voir, il y a un bureau des logements comme dans toutes les universités. Donc je vais aller voir, on en discute. Et puis c’est un peu l’échec. J’y suis allé deux fois, je ne trouvais rien. Et il s’avère qu’à force de les appeler, de les harceler, je crois que c’était une semaine avant le début des cours, il me dit « Ok, on vous a trouvé quelqu’un, vous allez habiter chez l’habitant. » Et donc ce serait une vieille personne dans le centre de Lausanne. Moi je dis « Ok, cette personne, je ne la connais pas. » Et il s’avère que je pars deux jours avant le début de la rentrée. avec ma valise et mon sac à dos je dis au revoir à ma mère je rentre dans le train et je pars dans un pays que je ne connais pas c’est même pas où je vais dormir en fait habiter chez quelqu’un que tu ne connais pas dans une université que je ne connais pas et j’arrive à la gare et c’est une personne âgée qui me fait coucou de la main, je comprends que c’est elle parce que je ne l’avais jamais vue non plus et donc je la suis jusqu’à chez elle, elle me présente une chambre qui était suffisante on dira … à la différence qu’il n’y avait pas de bureau, donc pendant une bonne période je travaillais sur mon lit, avec l’anecdote assez rigolote que moi je ne connaissais pas la Suisse à l’époque. Et il y avait une statue à l’entrée de cet appartement, de cette dame très sympathique. Cette statue-là, dessus il y avait deux lettres, c’était marqué FN en gros. Et quand tu viens de France, FN, c’est quand même colloté. Je me suis dit, c’est où que je suis en train de finir là ? Qu’est-ce qui va se passer ? et il s’avère que j’ai appris plus tard que ça voulait dire fond national. C’est le fond suisse pour la recherche. Bref, anecdote.

 

Olivier My  18:34

– Mais du coup, la recherche qui est quelque chose que tu connais par la suite.

 

Paul-Arthur Dreyfus  18:37

– C’est ça. Donc études à l’EPFL, à l’École Polytechnique Fédérale de Lausanne, donc qui ont duré longtemps.

 

Olivier My  18:43

– C’est quoi le thème global des études ?

 

Paul-Arthur Dreyfus  18:46

– Moi, j’ai fait génie mécanique, puis je me suis donc au bachelor et je me suis concentré sur la robotique au master. Et après, j’ai fait un doctorat sur le thème de l’industrie. Donc dix ans dans cette université.

 

Olivier My  18:57

– Donc pour quelqu’un qui en chilait un peu à l’école, t’as quand même décidé d’y passer un bout de temps.

 

Paul-Arthur Dreyfus  19:02

– C’est vrai. Et puis ça a plutôt bien marché au final. Même si les premiers jours d’école étaient un peu déstabilisants, parce qu’on arrive, le petit enfant qui arrive dans cette énorme université avec beaucoup de monde, avec des classes de 300 personnes, avec les profs qui se font un malin plaisir à chaque fois de dire « Écoutez, vous êtes deux à la table, dans un an il n’y en aura plus qu’un. » Parce qu’à peu près la première année, il y a un peu plus de 50% d’échecs.

 

Olivier My  19:25

– Ah ouais ?

 

Paul-Arthur Dreyfus  19:25

– Ouais. En Suisse, ce n’est pas le même système. Ce n’est pas un système avec une concurrence dès que tu sors du bac. Tu as quand même la chance de pouvoir faire ta première année. Et c’est au terme de cette première année que tu réussis et que tu ne réussis pas. On va dire que c’est moins concours et moins contrôlé qu’en France, où en France, tu as vraiment des prépas ou des suivis. En Suisse, c’est plus on te fait confiance, vas-y, puis montre-nous ce que tu vaux, grosso modo. Et à la fin, tu as des examens et soit tu réussis, soit tu ne réussis pas. Et donc, il y a 50% des gens qui échouent ces examens.

 

Olivier My  19:54

– Oui, d’accord. Donc tu fais ce doctorat, et du coup c’est quoi l’aboutissement de ce doctorat-là ? En fait tu fais ce chemin-là. pour une vocation qui est de faire quoi dans la vie ?

 

Paul-Arthur Dreyfus  20:05

– Donc ouais, donc j’ai fait ce doctorat qui a duré quatre années et je pense que comme tout le monde, à tous les niveaux d’études, il n’y a pas tellement de vocation.

 

Olivier My  20:14

– Tu suis un chemin.

 

Paul-Arthur Dreyfus  20:15

– Tu suis un chemin qui paraît être le bon pour différentes raisons. Et quand tu aboutis à tes premiers diplômes, etc. etc. Tu as toujours ce moment perdu où au final, tu ne sais pas trop quoi faire. Et le doctorat, en plus, c’est très typique de ça parce que tu es surdiplômé pour à peu près tout et Tu es spécialiste dans des pierres du Moyen-Âge. Je ne sais pas, quelque chose qui est difficilement applicable pour pouvoir générer de l’argent dans un monde capitaliste. Moi, il s’avère que le doctorat, c’était un doctorat industriel. Donc, c’était un peu mon critère. Pour en faire un, il fallait que ça soit concret parce que je voyais déjà venir le loup du débouché inexistant. Oui.

 

Olivier My  20:48

– Je comprends.

 

Paul-Arthur Dreyfus  20:48

– Et là, en l’occurrence, ça s’est bien passé parce que c’est une entreprise qui a financé mon doctorat.

 

Olivier My  20:53

– Ok, oui. Donc, tu as pu avoir après, finalement, le débouché direct parce que la boîte avait financé. Donc, après, naturellement… Tu as eu, je ne sais pas, un stage, etc. Oui.

 

Paul-Arthur Dreyfus  21:02

– C’est ça. Même pas ça, j’ai été embauché direct. Embauché direct. 6 mois après le doctorat.

 

Olivier My  21:07

– Mais c’est marrant ce que tu dis, parce que tu vois, on voit souvent dans les initiatives de changement, quelles qu’elles soient, tu vois, il faut définir l’objectif et puis ensuite définir le chemin. Mais du coup, dans ce qu’on est en train de se dire, c’est que des fois, la destination, on ne la connaît pas vraiment. C’est-à-dire qu’en fait, tu fais un chemin parce que quand tu regardes à tes pieds, Finalement, le prochain pas qui te semble être le plus sympa, c’est celui-là. Des fois, tu ne sais même pas en levant la tête à quel endroit tu veux aller.

 

Paul-Arthur Dreyfus  21:30

– Je parlais des gens qui errent un peu. C’est un peu ça. Il y a des périodes, au final, un peu plus simples, on va dire, de la vie où la voie, elle paraît évidente. Des fois, c’est un piège. Oui, tout à fait. Il n’y a pas de débouchés derrière. Des fois.

 

Olivier My  21:40

– Il y a des mirages.

 

Paul-Arthur Dreyfus  21:42

– C’est ça, exactement, ça démirage. Et des fois, on a plus de chance. Mais d’ailleurs, en parlant de ça, je pense qu’il y a quelque chose que tu ne savais pas, c’est que dans cette entreprise-là, avant de faire mon doctorat, j’ai fait un projet de master et à la fin de ce projet de master je ne savais pas ce que je voulais faire en fait c’est le même Quatre années plus tard ou quatre années avant, pareil, même situation. Je suis perdu, qu’est-ce que je peux faire ? Et au final, comme tu n’as jamais rien essayé, tout est en mirage en fait. Bref. Et il s’avère qu’à ce moment-là, je me dis que le doctorat, ça pourrait être cool. Et donc, j’écris une lettre d’une page à cette entreprise où j’explique ma vision d’un sujet d’IA en prod et puis qu’est-ce que ça peut leur apporter de financer un doctorat. C’est une page, c’était succinct, mais au-delà de montrer la technique, Ça montrait une volonté, je pense. Et ça, je l’ai donné à mon ancien manager et plus entendu parler. Et justement, trois, quatre mois plus tard, il y a quelqu’un que je ne connaissais pas qui m’appelle en me disant « moi, j’ai lu ce document, ça m’intéresse, est-ce que tu veux venir pour qu’on en discute ? » Et donc, j’ai envie de dire que dans ce changement et dans l’idée de la volonté, de la maîtrise du changement, il y a aussi une histoire d’opportunité. Et puis là, en l’occurrence, c’est un très bon exemple de ça. L’opportunité est vraiment très, très cachée, Mais bon, je l’ai faite et au final, c’est tombé au bol en drogue au moment. Et c’est ça qui a engagé ce changement du doctorat par la suite.

 

Olivier My  22:58

– C’est marrant parce que ça fait quelques jours que j’échange avec des personnes et je leur raconte cette histoire qui est que, en tout cas, des mots qu’on m’avait dit un jour, qui en fait reprennent d’autant plus leur sens maintenant, qu’il est très difficile de dire non à une personne qui est motivée. Et en fait, ça résonne beaucoup avec ton histoire parce que du coup, la lettre que tu écris, même si du coup, tu n’as pas tapé à la porte, c’est quelqu’un qui est venu te chercher. Mais ça montre la perspective que tu veux, ça montre l’énergie que tu as envie de fournir. Et en fait, il suffit juste de la catalyser. Et en fait, c’est ce que cette boîte a fait. C’est qu’elle a pris cette énergie et elle l’a catalysée. Et je trouve que c’est vraiment une expérience qui est importante. Parce que moi, dans mon cas, c’était quand je voulais faire mon métier. Et mon métier, donc autour du coaching et de l’accompagnement de gens, moi, j’ai voulu le faire étant entre guillemets jeune dans ma carrière. C’est-à-dire que pour les gens normaux, si je puis dire, en fait, il aurait fallu que j’attende 10 ans pour pouvoir le faire. et en fait on m’a dit cette phrase là On m’a dit, une porte fermée, en fait, c’est une autre qui s’ouvre pour toi. Et donc, une personne qui est particulièrement motivée, c’est extrêmement dur de lui dire non. Et ça se voit en tout cas dans l’exemple que tu décris, et ça s’est vu dans ma propre histoire, en tout cas, qu’un jour je raconterai peut-être. Mais ça, c’est super, en tout cas. Du coup, tu as des études scientifiques. Et justement, quand on avait échangé ensemble, et ce qui a fait l’objet de ce coin de table que l’on a aujourd’hui chez toi, C’était justement le fait d’avoir cette structure scientifique et d’avoir une passion pour la danse. Et le questionnement que j’avais, moi, c’est, mais du coup, la danse, c’est venu quand ?

 

Paul-Arthur Dreyfus  24:31

– Alors, la danse, c’est venu durant mes études. Il s’avère que moi, j’ai quitté Paris pour étudier et de tout mon groupe d’amis, j’étais le seul. Tous mes amis sont restés à Paris pour étudier. Et la conclusion de ça, c’est que durant les grandes vacances, quand tu rentres à Paris voir ta famille… Tout le monde part parce qu’ils sont paris toute l’année, donc ils partent en vacances. Donc j’étais vraiment seul pour mes premières grandes vacances, au bout de la première année de l’EPFL. J’étais vraiment seul. je rentre, je vais aussi me faire embaucher dans une petite boîte pour faire un stage pour ce modo Et je m’ennuyais beaucoup parce que les soirées, j’avais rien à faire parce que j’avais aucun ami qui était présent. Je sais que c’est un peu aussi random comme anecdote, mais la danse, ça m’intriguait. Et il s’avère qu’en discutant avec les gens dans cette entreprise, il y avait une des personnes qui en faisait. Donc on avait fait et il m’a conseillé en l’occurrence une école de danse qui était pas très loin de l’endroit où j’habitais. Et donc, ça a été un jour où je me suis dit on va essayer quoi. C’est…

 

Olivier My  25:28

– Du coup, t’as pas eu de peur ou d’appréhension particulière ?

 

Paul-Arthur Dreyfus  25:31

– Étonnamment pas. Étonnamment pas. Peut-être c’est la naïveté. Je ne me rendais pas du tout compte de ce que ça allait être.

 

Olivier My  25:38

– Ou de la curiosité. C’est une manière de l’amener.

 

Paul-Arthur Dreyfus  25:40

– Un mélange. Et donc, je suis allé dans cette école et je me suis vraiment pris pour passion de cette activité qui se veut aussi sportive que sociale qu’artistique. C’est vraiment au tripoint entre le côté discuter, partager avec les gens, rencontrer des gens. Le côté sportif, parce que quand on danse, ça peut l’être. en fonction des danses, en fonction du rythme et puis le côté artistique parce qu’au final c’est une expression du corps et quelque chose qui me manquait parce que je ne fais pas de musique aussi donc ça a permis de m’ouvrir aussi sur cet aspect-ci.

 

Olivier My  26:11

– Et du coup, tu vas dans cette école-là c’est quoi le genre de danse que tu découvres ?

 

Paul-Arthur Dreyfus  26:15

– Alors moi, j’ai commencé par la salsa précisément la salsa cubaine parce qu’il y en a plusieurs, je l’ai appris par la suite La salsa cubaine qui est au final une des danses à l’époque les plus dansées à Paris et j’arrive, je suis propulsé dans un univers où en fait, il y a une communauté qui est très grande dans les grandes villes en général. On voit les gens qui vont sortir danser. En plus, c’était durant l’été à l’époque, il y avait sur les quais de Seine des soirées, quasiment tous les soirs durant l’été. C’est un environnement assez incroyable. Et donc, je me suis vraiment passionné. Je me suis vraiment motivé en me disant, OK, maintenant, tu n’as rien à faire pendant un mois. OK, tu vas duer ce mois et tu vas apprendre quelque chose. Et c’était un match. J’étais bien encadré par les profs, etc. Et comme toute activité, j’ai réussi à progresser vite parce que j’ai été vraiment très rigoureux sur… On va dire la fréquence, dans le sens où je n’en faisais pas une fois par semaine, j’en faisais vraiment cinq fois par semaine.

 

Olivier My  27:03

– Mais tu avais vraiment un objectif, encore une fois, d’apprendre et de progresser sur le sujet.

 

Paul-Arthur Dreyfus  27:08

– Et ce qui était bien, c’est que c’était rewarding. On avait vraiment une récompense, parce que quand on apprend au début, surtout quand on se donne les moyens, c’est-à-dire qu’on prend le temps de le faire, parce qu’en général, c’est juste ça, on a ce cercle de la récompense, parce qu’on progresse, on sent qu’on progresse, on apprend des choses et on se sent de plus en plus à l’aise. D’autant plus que dans la danse, il y a un côté assez… particuliers au début pour les follows. Donc, en général, c’est les filles, mais pas tout le temps, et les leads. En général, c’est les gars, mais pas tout le temps. On va dire follow-lead, ça sera plus simple. Donc, les leads, ceux qui dirigent la danse, et puis follow, ceux qui suivent la danse. Et c’est que, de coutume, c’est les leaders qui invitent. Donc, c’est les gars qui invitent à une soirée. Et quand t’es nul et que tu vas à une soirée, tu sais que la personne que tu veux inviter, elle va s’emmerder. et ça te met une pression mais monstrueuse tu vois les gens ils te regardent arriver et non c’est pas là que tu veux t’as envie de venir voilà exact et toi-même en fait tu le sens mal pour l’autre personne tu vois donc au final ce que je faisais parce qu’une des clés dans toutes les pratiques pour pouvoir progresser c’est pratiquer simple dans tous les cas et là en l’occurrence c’était ça j’apprenais au cours et les soirs je sortais danser je sortais danser quasiment tous les soirs de la semaine et donc j’allais en soirée il y avait plein de gens qui dansait trop bien, t’es au pied du mont Everest à ce moment-là. Tout le monde paraît incroyable. Et toi, tu sais à peu près rien faire, mais sourire à l’autre personne.

 

Olivier My  28:33

– Ce qui est pas mal.

 

Paul-Arthur Dreyfus  28:33

– Ce qui est déjà pas mal, c’est déjà pas mal. Par contre, tu regardes tes pieds parce que tu as peur de marcher dessus. Donc elle ne voit pas que tu souris. Et il s’avère que je m’étais mis une règle. Je me suis dit OK, tu quittes pas la soirée tant que tu n’as pas invité trois personnes. Et des fois, ça a duré deux heures. J’étais, j’étais le lampadaire dans le sol qui ne bougeait pas, qui regarde blanc. et puis à un moment tu te dis bon allez c’est maintenant tu te lances, t’invites la personne en général les gens disent oui parce que quand t’es débutant tu te mets beaucoup plus de pression qu’il y en a en fait réellement parce que tout le monde est passé par là donc on connait pour l’autre ça sera pas l’extase pendant 4 minutes mais c’est pas grave c’est une partie du jeu, ça reste 4 minutes et donc c’est cette expérience venant, j’ai beaucoup pratiqué, j’ai pris beaucoup de plaisir et les vacances se terminent on est en septembre, c’est la rentrée je retourne en Suisse et j’arrive dans cette ville de Lausanne qui est super mais avec un environnement dense qui est inexistant par rapport à Paris, ce qui est naturel au vu de la différence de taille. C’est-à-dire qu’il y avait un bar qui s’appelle la Movida à Lausanne et il y avait une association qui organisait de temps en temps des soirées alors qu’à Paris il y avait des soirées en plein air et c’était très régulier. Et donc naturellement, je ressens une sorte de manque mais je le subis entre guillemets parce que voir. On n’y peut rien, on ne peut pas faire grand chose, ce n’est pas moi qui vais organiser la soirée. Et il s’avère que quelques mois, quelques semaines même après la rentrée, durant une période qui est dédiée aux associations. Toutes les associations contactent les différents étudiants en disant, viens faire du bowling, c’est incroyable, tu vas adorer. Et je reçois un mail d’une association qui s’appelle Dance Square, qui est une association qui vient d’être créée et qui se veut l’association mère des danses de l’EPFL. C’est-à-dire qu’il y avait déjà l’association Tango, qui est là depuis des millénaires, j’ai l’impression, qui était vraiment ancrée. Il y avait une association de rock qui venait d’être créée. Et je reçois ce mail en disant… est-ce que t’as envie de danser ? Est-ce que t’as envie de créer ? Rejoins-nous. Et donc, moi, ni une ni deux, je regarde, je vois que j’ai pas de cours à ce moment-là, je me dis bon, allez, c’était demi-dia 13h je crois, donc je me dis ok, je prends un sandwich, je vais. À ce moment-là, ça fait tilt. Je sais pas comment dire, mais il y a des moments où il y a deux infos qui se connectent et on se dit ah ouais, en fait, c’est ça la solution. Enfin, ça, c’est une solution. Et là, il y a une motivation qui se génèrent. Et là, en l’occurrence, On va créer une asso, on va danser. à l’époque.

 

Olivier My  31:01

– Mais du coup, C’est… Il y a une asso qui te dit, tiens, viens nous voir. Toi, tu dis, il n’y a pas d’asso ? Il n’y a pas d’asso de salsa. Ah, de salsa, ok.

 

Paul-Arthur Dreyfus  31:09

– C’est ça. Ça, c’est une asso qui se veut propager la danse.

 

Olivier My  31:12

– Ok. Mais du coup, à l’intérieur…

 

Paul-Arthur Dreyfus  31:14

– Dans le sens général. Et dans cette asso, peut-être c’est mieux de le décrire comme ça, dans cette asso, il y avait des assos de danse qui étaient spécialisés, qui, tu vois, cette asso mère, elle aidait en fait. Elle était là pour soutenir. D’accord. et là où j’arrive, je m’assois comme dans toutes les assos étudiantes dans une salle de classe, on réarrange les chaises devant plein de gens que je ne connais pas. Et puis, il y a une fille qui présente, je me rappelle encore, de son visage, qui dit, voilà, c’est trop bien, on va tous danser, tout le monde danse, c’est incroyable. Avec la vigueur de la jeunesse. Et puis, il dit, qui veut créer une asso ? C’était vraiment ça. C’était de nulle part. Et puis, moi, j’ai la main, j’ai dit, voilà, moi, j’aimerais bien créer une association de salsa. Et il s’avère qu’il y a une autre fille qui est à côté de moi, qui me dit, OK, moi, j’en fais, ça va t’aider. et ça part de là Ça part de là. C’est-à-dire qu’il y a eu cette opportunité qui m’a été apportée, donc je n’ai pas dû la chercher vraiment. Il y a vraiment une opportunité qui m’est arrivée. Mais j’ai fait très vite le lien qu’en fait, il y avait quelque chose à faire et qui pourrait être de valeur pour plein de monde, etc. Et je le verrai après, que ça a changé plein de vies, en fait.

 

Olivier My  32:16

– Je trouve que c’est quand même fou parce que, de ce que je comprends, tu es rentré à Paris pour, en gros, l’été, pour les vacances. Pendant cette année, tu as carburé à faire la danse, à te mettre dans une situation d’inconfort où, moi, rien que de l’imaginer, je le sens dans mon corps, je me sens mal, tu vois. Et du coup, bon, t’as réussi à dépasser quelque chose. Tu reviens à Lausanne et, d’un coup, ça t’a tellement manqué que tu te dis, allez, du coup, je relance un nouveau truc, quoi. C’est-à-dire que, dans tout ça, j’ai l’impression que t’as quand même l’envie qui te porte et tu n’as pas peur de créer des choses sans forcément savoir ce qui va se passer dans le futur. Parce qu’en vrai, tu crées ce truc-là, mais… à ce moment-là, au-delà de se dire, je vais pouvoir danser un peu plus. Je ne sais pas si tu avais un autre projet en tête.

 

Paul-Arthur Dreyfus  33:03

– Non, l’objectif était vraiment très court terme. C’était vraiment, je ne peux pas danser, on va se débrouiller pour pouvoir, on va organiser des soirées, on va danser. C’est ça, on était là. En termes de projection, il n’y avait vraiment rien. Et donc, cette association, ça ne se crée pas seul. Il faut trouver du monde pour créer une asso.

 

Olivier My  33:25

– Vous êtes deux, c’est ça ?

 

Paul-Arthur Dreyfus  33:26

– Au début, on était deux, oui. Et donc, il s’avère qu’il y avait un cours de danse qui était organisé, qui est un cours de danse organisé par le centre sportif du campus. Et ce centre sportif, il y avait un prof qui est là depuis toujours, je crois. Je ne sais pas si c’est quelqu’un qui a connu la personne qui était avant lui. Mais voilà, il tapit toujours et qui donnait des cours. Initiation, intermédiaire, avancée. Je me rappelle, au début, j’ai fait l’initiation. Après, j’ai fait débutant. Après, j’ai commencé à faire tous les cours en parallèle. C’était une passion qui se découvrait et j’étais en manque de ça. j’avais besoin de pratiquer donc j’allais à tous ces cours en fait mais du coup ces cours c’était des cours de quoi ? cours de salsa salsa ? ouais c’est ça il y avait deux dans salsa et bachata merengue mais moi c’était plutôt salsa j’ai appris d’autres aussi mais c’était ça que je connaissais et donc je vais à ces cours et dans cette communauté là des élèves des cours principalement au niveau avancé auquel je vais assez rapidement parce que le niveau est pas très élevé c’est quelque chose d’étudiant je pose la question on va créer une asso est-ce que tu veux faire partie de l’asso ? En gros, ça va être super.

 

Olivier My  34:21

– Je commence à recruter déjà.

 

Paul-Arthur Dreyfus  34:22

– Je commence à recruter parce que j’ai besoin de ça pour créer la chaîne. Et je me rappelle encore un ami, aujourd’hui c’est toujours un ami, et on en rigole, qui m’a regardé et qui m’a dit « Mais il y a déjà des gens qui ont essayé. Arrête, tu perds ton temps. » Vraiment. Et comme en fait, à chaque fois qu’on veut lancer quelque chose, que ce soit des histoires comme on en voit dans certains podcasts avec des gens qui créent des entreprises, qui viennent milliardaires, etc. Ou juste des associations, des choses qui sont plus à l’échelle locale, peu importe, il y a toujours des détracteurs. Il faut trouver sa source de motivation, des fois en dehors des autres.

 

Olivier My  34:54

– Mais il y a toujours des gens pour te crever le pneu avant même que t’aies essayé de rouler.

 

Paul-Arthur Dreyfus  34:59

– Et heureusement, il n’y a pas que des gens comme ça. Il y en avait d’autres. Et de ce groupe, il y a… Le premier comité qui se forme avec quelques personnes, donc des gens qui ne dansaient pas du tout, d’ailleurs, qui étaient très bons amis ou des colocs. Et puis qui se disent bon, allez, on va apprendre quelque chose de nouveau.

 

Olivier My  35:16

– T’as besoin de copains.

 

Paul-Arthur Dreyfus  35:18

– C’est ça. C’est toujours la même chose. C’est bon, est ce que tu veux être trésorier ? Oui.

 

Olivier My  35:22

– C’est ça dans les assos.

 

Paul-Arthur Dreyfus  35:23

– C’est le poste qui fait peur, tu vois, administratif.

 

Olivier My  35:25

– Ou secrétaire.

 

Paul-Arthur Dreyfus  35:26

– C’est ça, est ce que tu veux être trésorier ? Et le gars dit bon, est ce qu’il y a une formation ? Oui, ok, moi je veux apprendre. C’était un peu ça. Et donc on crée ce premier comité de l’association. qui se nomme assez vite Cuba Liente, qui était un doux mélange à Cuba, parce que Cuba, salsa cubaine. Et puis Liente de Caliente. Tu vois, ça, ça volait. C’est pas super en termes recherchés, tu vois. Au final, ça a très bien marché. Maintenant, ça perdure. C’est Cuba Liente, c’est ancré, tu vois. Et donc cette association se crée avec sept personnes motivées. On fait les premières séances et on organise notre premier événement qui était dans un local associatif. qui marche moyennement, enfin personne, mais malgré tout, qui marque le début de ça. On n’avait pas de logo. Il y avait une affiche avec écrit genre en vieille police, juste le nom Koubaliente. Pas de marketing, rien. Mais c’est comme ça que ça commence. Et c’est en vrai, c’est des moments qui sont magiques. Tu t’en rappelles, c’est ces moments là qui te rappellent le plus.

 

Olivier My  36:24

– Et c’est quoi alors du coup ? Vous organisez ça dans un lieu et vous invitez des gens ?

 

Paul-Arthur Dreyfus  36:29

– C’est ça. Au final, c’est juste ça. Il faut faire de la pub. Donc au début, ce n’est pas évident parce que personne ne te connaît. Mais si tu bouche à oreille, il y a une soirée à tel endroit, à tel jour, ça va être cool, viens, etc. Toi, tu prépares une playlist, tu mets de la musique, les gens dansent. Ce n’est pas plus compliqué que ça.

 

Olivier My  36:43

– C’est une boom version un peu plus adulte.

 

Paul-Arthur Dreyfus  36:46

– C’est un peu ça. Tu as juste besoin de musique et de gens, en fait. Ça s’arrête là, après, peut-être d’un endroit aussi. Mais donc voilà. Donc cette première soirée s’organise, qui acte la création de l’association. C’était un peu le contrat. Tu veux créer une association, organiser une soirée. Montre nous que tu arrives et après on te dira. Et donc voilà, ça se crée. Et donc par la suite, on essaie d’organiser un événement régulier qui s’appelait les practicas. Il s’avère que l’association de Tango, eux, avaient déjà des practicas et donc en fait, donc s’annexe à la leur en faisant deux heures avant et en utilisant leur matos pour pouvoir avoir un espace et avoir du matériel, puisque ça aussi, au début, t’as pas de budget, donc c’est compliqué d’en acheter, etc.

 

Olivier My  37:26

– Mais du coup, c’est quoi le matériel dont vous avez besoin au delà de…

 

Paul-Arthur Dreyfus  37:28

– Bah c’est des Sonos. Il faut des sonos qui permettent de sonoriser l’espace. En l’occurrence, l’endroit, c’était un atrium, donc c’est un hall de bâtiment qui était assez grand. Donc il faut quand même des sonos qui sont assez puissantes. Et puis au final aussi, dans le concept des practicas faits par Architango, c’est l’association des architectes à la base, qui fait des architectes en gros. Donc cet asso, c’était une minonga à la base où il y avait un buffet de nourriture. Et moi, j’adore le concept. Les gens viennent manger et puis ils dansent et puis ils partagent autour d’un verre. C’est sûr. ultra convivial et tout, c’est top. Donc, on essaie de faire pareil. Et donc, ça aussi, on a un petit budget pour mettre des cacahuètes et puis deux, trois softs.

 

Olivier My  38:06

– C’est comme ça que ça commence.

 

Paul-Arthur Dreyfus  38:07

– Exactement. Alors, je ne vais pas dire qu’aujourd’hui, c’est des gâteaux montés ni rien, mais au début, en tout cas, c’était des cacahuètes et deux, trois softs.

 

Olivier My  38:14

– Et c’est combien de personnes, alors, au début ?

 

Paul-Arthur Dreyfus  38:15

– Au début, une vingtaine.

 

Olivier My  38:17

– Ce qui est déjà pas mal. C’est-à-dire qu’il y a au moins le comité.

 

Paul-Arthur Dreyfus  38:20

– Et les frères et soeurs et deux trois amis c’est une vingtaine de personnes Et au final, ça part super bien, il y a une super dynamique. Le nom se crée, le logo, une sorte de culture se crée à l’intérieur de l’association, etc. Et on arrive gentiment à la première crise que j’ai vécue dans l’assaut.

 

Olivier My  38:40

– Au bout de combien de temps à peu près ?

 

Paul-Arthur Dreyfus  38:41

– Une année, une année et demie. Il s’avère que moi, j’étais président de l’assaut et j’étais pas bon. J’étais mauvais au début. Comme quand on apprend quelque chose, on apprend en faisant, on dira. Et là, en l’occurrence, je n’étais pas forcément bon, j’imposais trop mes idées, je n’étais pas forcément assez à l’écoute et aussi, je ne communiquais pas assez. Très vite, on se rend compte qu’en fait, c’est ça la clé, c’est juste que tout le monde soit au courant de tout quasiment.

 

Olivier My  39:05

– Et c’est dur.

 

Paul-Arthur Dreyfus  39:05

– Au début, il y a des opportunités qui viennent, tu les saisis et tu n’en parles pas. Et en l’occurrence, ce qui s’est arrivé, il y avait une nouvelle recrue dans l’association, ultra motivée. Moi, j’étais trop content. J’étais, allez, dès qu’elle est nouvelle, des gens qui sont vraiment moteurs, c’est super agréable de travailler avec et elle dit ah bah en fait il y a une association qui est l’association des étudiants en échange qui veulent qu’on fasse quelque chose avec eux. Moi, je dis OK. Ils me disent OK, demain soir, on fait quelque chose. Et j’ai genre OK. Et donc, on communique là-dessus. Et moi, je n’en parle pas au comité. Et donc, voilà, on va, on fait cette initiation de danse avec un peu de musique, machin. Et le comité arrive à la soirée, alors que je ne savais pas qu’ils étaient au courant. Et ils me disent en gros, on n’était pas au courant. Tu prends des décisions seul, sans que ça soit vraiment un comité. Et ben, ciao. C’était ça. ciao il y a plein de gens qui sont partis à ce moment là ils sont partis de l’association ouais c’est ça Puis on se rendra compte qu’au final, une association, dans ma vision un peu manageriale, c’est un outil incroyable parce que les gens, ils sont là parce qu’ils ont envie. Si d’un coup, ils n’ont plus envie d’être là, ils s’en vont. Donc, soit tu arrives bien à t’occuper des gens, soit… Si t’es pas bon, c’est pas comme le travail où les gens restent parce qu’ils ont besoin de payer un loyer. Bref, et à ce moment-là, j’en sors bon. Et moi, je me retrouve avec mon bâton.

 

Olivier My  40:15

– Juste parce que t’as vu une opportunité et que t’avais envie de soutenir un collectif. Moi, c’est ça que j’ai eu mal à comprendre. Oui, mais ça.

 

Paul-Arthur Dreyfus  40:23

– C’est ma vision. Non, non, mais c’est ma vision. Mais quand tu te mets à leur place, ils étaient dans un environnement où c’était pas forcément toutes les infos, où ils travaillaient bénévolement pour une asso. dans le comité, donc ce n’est pas les petites mains, c’est des gens qui prennent des décisions aussi, et l’asso s’engage sur des événements sans qu’eux-mêmes soient au courant, et ils apprennent dans des postes en disant « Ah, ben en fait, l’asso dans laquelle je suis a organisé un événement sans que je sois même au courant qu’il existe. » Et donc, naturellement, ça crée des problèmes, et toutes les personnes de ce comité, c’est aujourd’hui encore des amis, ils ne sont pas partis à mauvais terme, et c’était complètement ma responsabilité. J’aurais dû leur en parler, j’aurais dû…

 

Olivier My  40:57

– C’est un bel apprentissage, comme tu dis, managerial, c’est extraordinaire.

 

Paul-Arthur Dreyfus  41:02

– Ça, c’est clair. Et donc, les gens partent. Moi, je me retrouve avec juste ma bonne volonté pour faire tourner l’assaut et je continue à organiser les practicas, mais à quelques reprises seul. C’est à dire moi qui doit arriver tout monter, alors que c’est quelque chose que tu fais à plusieurs. Parce que c’est quand même, il faut bouger les chaises, il faut mettre en place du matériel, il faut démonter. C’est quelque chose seul, c’est quand même pas évident. Mais je voulais que ça survive et j’étais conscient à ce moment là qu’au final, c’est moi qui avais merdé. Donc voilà, il fallait que j’assume un peu. Et il s’avère que j’ai eu une bonne étoile à ce moment-là, parce que durant les événements, à chaque fois, à la fin, je leur disais écoutez, il n’y a plus personne de comité, si vous voulez me joindre pour nous aider, ce serait top et tout. Et il s’est avéré qu’il y a une personne qu’on nommera Mathéo, parce que c’est son nom.

 

Olivier My  41:47

– Et qui était présent.

 

Paul-Arthur Dreyfus  41:50

– Et il y avait lui et d’autres personnes, et ils nous ont dit bon ok, moi j’aime bien cet asso, j’aime bien ce qui se fait, j’ai pas envie que ça disparaisse, on va en participer. Et ça a créé un peu… la deuxième version de Stasso, avec de nouvelles personnes, une nouvelle dynamique. On a commencé à faire de plus en plus de choses importantes.

 

Olivier My  42:06

– Mais du coup, toujours toi, président.

 

Paul-Arthur Dreyfus  42:08

– Ouais, et ça, c’était longtemps. Je ne sais pas si aujourd’hui, ça a été une bonne chose, mais quand on fonde quelque chose, et c’est aussi un des problèmes, c’est que c’est un peu ton bébé, tu vois.

 

Olivier My  42:16

– Tout à fait.

 

Paul-Arthur Dreyfus  42:16

– Et donc, c’est difficile de lâcher prise, que ce soit dans les décisions, mais ça, j’ai appris assez vite à le faire, parce que c’était nécessaire, même si le comité qui écoutera ce podcast pourra ne pas être d’accord. Je vais l’expliquer. parce qu’il y a des choses que j’ai imposées aussi, on en reparlera. Et puis, peut-être des fois aussi à savoir laisser sa place. Donc là, c’est le deuxième comité, des gens motivés, mais quand même, on commence à avoir de plus en plus de doctorants dans le comité, donc des gens qui n’ont pas le temps. Ce qui est normal, parce que quand tu fais un doctorat, tu n’as pas beaucoup de temps. Et donc, on commence à organiser de plus en plus de gros événements. Moi, je voyais vraiment cette association comme quelque chose qui pouvait s’expandre. Comment dire ? C’était en croissance, on pouvait faire croître cet asso et… Et j’avais cette envie de créer quelque chose d’énorme.

 

Olivier My  42:57

– Quand tu dis gros événements, c’est-à-dire qu’au départ, c’était 20 personnes. Là, c’était quoi ?

 

Paul-Arthur Dreyfus  43:02

– Au début, c’était 20 personnes. Et après, les practicals ont un peu monté, 40, 50 personnes. On a commencé à faire des initiations, ça a tiré du monde. On a commencé à faire des meilleurs coms, on a commencé à comprendre comment l’affichage à l’EPFL fonctionnait, quels jours il y avait des affichages, donc quels jours il fallait afficher. On commence à comprendre les mécaniques de l’université et de l’association. et il y a un moment où je vois qu’il y a des soirées qui s’organisent. Je vais à Paris durant un week-end ou des vacances, je ne m’en rappelle plus. Et je participe à une soirée qui était vraiment la soirée phare de Paris à l’époque, en grande banlieue, donc compliqué d’accès. Mais c’était tellement bien que c’était plein, en fait. Et c’était une sorte de salle de sport. Franchement, ce serait difficile d’inventer ça. C’est une salle de sport avec toutes les machines et tout. Et genre, ils déplacent toutes les machines pour laisser de la place pour que les gens dansent. Comment tu fais pour déplacer des machines avec tous les poids et tout ? C’est un boulot monstrueux. Enfin bon, ils déplacent. Et cet endroit, il se transforme en, en tout cas de ce que j’ai compris de l’espace. Il se transforme en lieu de danse avec cinq salles où les gens dansent jusqu’à 6h du matin. Et puis le niveau est très élevé parce que les gens qui sont débutants, ils ne vont pas en grande banlieue pour pouvoir danser. Ils dansent dans les soirées qui sont au centre de ville. Et le concept que j’avais adoré à ce moment-là, c’est le fait qu’il y avait de la nourriture. Moi, j’aime bien manger. On l’entendra et on le comprendra. Il y avait de la nourriture durant toute la soirée et même à 6h du matin, il y avait les croissants, les pains au chocolat, le petit-déj. Tu danses, tu ne dors pas. Tu danses et tu manges. j’ai eu ton petit déj et après tu congesses ta journée je trouvais ça le concept incroyable alors j’ai essayé d’organiser une soirée on a appelé ça la grande soirée et mon comité qui restera avec moi cette deuxième version pour une bonne partie jusqu’à mon départ ce comité là il était sous l’eau de tout ce qu’il y avait à organiser tout ce qu’il y avait à faire et donc quand moi j’arrivais comme une fleur en disant hé les gars on va organiser un truc de ouf je les voyais devenir mais écoute PA on n’a pas le temps on n’a pas ni le temps ni l’énergie ni on sait pas faire Il faut que tu arrêtes. Déjà, les practicas, c’est déjà très bien. Et moi, à chaque fois, j’étais genre non, on va le faire. Et en général, il y avait toujours un motivé. Je le prenais avec moi et à dos, on portait l’even. Et la première grande soirée qu’on organisait, c’était dans un grand bunker, parce qu’il y a beaucoup de bunkers en Suisse. Donc c’est un grand bunker, mais là, je ne sais pas combien il devait faire, 200 mètres carrés, avec différentes salles, avec une cuisine industrielle et tout, qu’on avait loué, l’espace 44 ça s’appelait, si je ne dis pas de bêtises. Et donc on organise dans cet événement une soirée de danse avec de la nourriture. Donc on cuisine nous-mêmes des crêpes et des trucs comme ça pour que les gens puissent manger, et deux salles, une salle bachata et une salle salsa, c’est deux danses qui se dansent, soit dans les mêmes salles, soit dans les grandes soirées dans des salles différentes, pour que tu puisses avoir le choix de ce que tu as envie de danser au moment. et donc investir. Ce qui paraît… pas grand chose, mais en termes logistiques, c’était déjà un achievement. Et donc, on a organisé cette soirée avec un DJ qu’on fait venir de Genève et tout. Et donc, c’est une première soirée qui se passe super bien. Il y avait à peu près 100, 120 personnes. Donc c’était déjà monstrueux. Et ça commence.

 

Olivier My  45:50

– Et puis.

 

Paul-Arthur Dreyfus  45:51

– Les itérations de cette soirée, il y en a eu plusieurs. À la deuxième, je me suis dit mais c’est bon, avec un DJ, on a déjà fait. Tu vois ça, on sait faire. Il n’y a pas besoin. Toujours plus. Toujours plus. C’était un peu ça. Mon comité, tu vois, je ne vais pas regarder un mode. Mais après… ils voyaient que j’étais là derrière pour pouvoir assumer. Je n’étais pas le gars qui balance des idées, qui regarde les gens. J’allais au charbon. C’était un peu fédérateur pour eux aussi. Et la deuxième soirée, je me dis, on va faire un groupe live avec des musiciens. Donc là, t’imagines, au début, tu ne te rends pas compte. Il faut que tu aies la sono, tu aies les micros, tu aies les instruments de musique. Les gars disent, ok, il nous faut une batterie. Et toi, tu le regardes en disant, mais ce n’est pas vous qui la prenez la batterie ?

 

Olivier My  46:27

– Ils disent.

 

Paul-Arthur Dreyfus  46:29

– Bah non, C’est toi qui l’apportes ? Ah ok Donc voilà, on organise cette soirée qui se passe super bien. Et puis des itérations, il y en a eu, je crois, quatre. Avec la dernière qui était la plus grosse, on plafonne à peu près le maximum de personnes dans le lieu acceptable pour la sécurité, ce qui est à peu près 250 ou 260 personnes.

 

Olivier My  46:48

– Ce qui est déjà énorme.

 

Paul-Arthur Dreyfus  46:49

– Ouais, donc c’est des grosses soirées. Soirée dans laquelle il nous est arrivé plein de choses rigolotes, du style moi qui est en train de danser dans la grande salle et quelqu’un qui arrive et qui me dit écoute, la gueule de la sécurité. Parce que c’était les gens de l’assaut qui faisaient la sécurité, on a des tournus. Écoute, il y a la police à l’entrée. Et je lui dis, mais pourquoi ils ne sont pas là ? Ils me disent, parce qu’à l’entrée, ils ne les ont pas laissés rentrer parce qu’ils n’ont pas payé les billets d’entrée. Je lui dis, ok, alors j’arrive. J’arrive, je vois une dame qui sort ce document, comme dans les films américains, avec l’emblème, l’insigne en métal. Il me dit, la police fédérale, est-ce qu’on peut avoir des infos ? Parce que nous, on n’avait pas d’alcool dans la soirée. Parce que si tu mets de l’alcool, ça rajoute la complexité et il s’avère qu’on avait une sorte de contenant en plastique, je n’oublie pas comment ça s’appelle, mais où tu peux te servir, tu vois, où tu peux mettre 40 litres.

 

Olivier My  47:35

– C’est des fûts quoi.

 

Paul-Arthur Dreyfus  47:36

– Ouais, c’est ça, une sorte de fût transparent en plastique dans lequel on avait fait un mojito, mais virgin, sans alcool. Et la dame, elle dit, là-bas, c’est de l’alcool ? Et moi, je dis, vous voulez goûter ? Elle me dit, non, c’est bon. Et après, elle s’en va, tu vois, je regarde le gars à l’entrée, il me dit, ils ne m’ont pas payé les passes, je ne vais pas le laisser rentrer. Je dis genre, c’est très bien. il m’est arrivé ça il m’est arrivé plein d’autres les sonos qui brûlent durant le concert ça m’est arrivé au final c’est le chargeur enfin plein de problématiques Mais au final, quand tu organises ce genre d’événements, c’est pour ça que tu le fais. Le fun vient de la surprise, de ce que tu n’as pas pu prévoir. Et on verra, je me raconterai d’autres anecdotes sur d’autres événements, qu’il y en a eu des choses positives et des choses un peu moins. Mais de manière générale, j’ai eu de la chance parce qu’il n’y a jamais eu de gros, gros problèmes durant les événements que j’organisais.

 

Olivier My  48:17

– Et donc là, c’est la deuxième phase, comme tu disais, avec ce nouveau comité, vous faites ces gros événements-là. Du coup, c’est quoi la troisième phase ? Si, les 3e phases, il y a.

 

Paul-Arthur Dreyfus  48:28

– Ouais. Alors, la troisième phase, c’est juste avant le Covid, ou peut-être une année avant le départ du Covid. Moi, j’en avais marre de la Grande Sorée, parce que je me suis dit, on va faire le tour, le groupe live avec 5-6 musiciens, c’est cool et tout, mais voilà, je me suis dit, on va organiser autre chose. Et il s’avère qu’à l’EPFL, et c’est un concept qui est assez cool, peut-être des deux universités qui le font, il y a une association qui s’appelle Challenge, qui est une association qui, chaque année, prenne 30 personnes de l’École Polytechnique Fédérale de Lausanne, 30 personnes de l’École Polytechnique Fédérale de Zurich, situé à deux endroits de la Suisse, qui sont séparés, et qui organise un événement central, donc dans les montagnes, pour faire une compétition de ski. Sachant que là, en l’occurrence, la compétition de ski, c’est vraiment pas la motivation première. Des gens, ils vont là-bas pour oublier. Dans les budgets, je ne sais plus combien ils ont de litres d’alcool par personne, mais c’est vraiment aberrant. Les nombres de comas éthiques qui doivent passer là-bas. Bref. Et donc, je me suis dit, mais en fait, c’est une idée de fou. Je ne sais pas. cette fois les idées deviennent et je dis voilà en fait c’est trop bien il faut faire ça avec de la danse et donc j’appelle l’association de danse de Zurich qui s’appelle TQ je pourrais pas le Tenskoschen je crois mon accent allemand voilà et je leur propose je leur dis bah écoutez est-ce que ça vous dirait d’organiser un événement conjoint avec des gens de chez vous des gens de chez nous et on se retrouve dans un chalet à l’idée un grand chalet du coup un grand chalet et on danse on fait des cours, on fait des soirées, on fait des machins et eux, ils disent pourquoi pas mais nous on n’a pas le temps d’organiser, donc si vous vous organisez on vient, alors après je le vois à mon comité je leur dis écoutez, viens on organise un événement dans les montagnes, genre Un week-end entier, on gère la vie de plusieurs personnes, la logistique, la nourriture, les activités et tout.

 

Olivier My  50:15

– J’aime bien, tu sais, tu t’imagines comme si tu disais, ça disait si on faisait une fondue.

 

Paul-Arthur Dreyfus  50:20

– C’est un peu ça. Et donc, naturellement, on me dit non. On m’a dit, écoute, il y a des grandes soirées, il y a des practicas, on n’a pas le temps. Il y a des workshops, on l’a organisé aussi. On faisait venir des profs un peu de la Suisse pour donner des cours. On n’a pas le temps de se faire ça, Paul-Arthur. T’es gentil. toi avec tes grandes idées c’est ça et moi je me dis mais écoutez ok je m’en occupe j’organise moi moi qui prends le projet mais toi du coup ça s’arrête jamais ?

 

Olivier My  50:49

– En fait t’as tellement cette envie de créer quelque chose non seulement autour de la danse qui est un sujet qui te passionne et ça se voit que ça te passionne mais du coup tu te rends pas compte de l’énergie à fournir pour ces événements là comment est-ce que tu te lances dans tout ça à chaque fois ?

 

Paul-Arthur Dreyfus  51:04

– Bah en fait encore une fois peut-être c’est la naïveté Bye ! Ou peut-être c’est juste moi qui ai câblé différemment, mais ça me paraissait pas énorme en fait. Après, avec un esprit cartésien, déjà j’ai grandi dans ce monde-là, parce que mon père organise des événements, ma mère organise des événements, et quand j’étais petit, j’étais derrière des déchirés de mode dans les backstage à jouer aux cartes tout seul.

 

Olivier My  51:25

– C’est-à-dire quand même ce monde de rassembler des gens pour un événement quelconque, c’est quelque chose que tu connais, c’est pas quelque chose qui te fait peur.

 

Paul-Arthur Dreyfus  51:34

– C’est pas quelque chose qui me fait peur, que je connais. j’ai jamais été formé pour je me rappelle encore voir des papiers qui sont accrochés autour du cou des gens avec la liste de tous les numéros de téléphone des gens importants durant l’événement genre des choses des détails comme ça qui me sont restés pas beaucoup plus mais en tout cas l’impression le fait d’avoir vu des grands événements comme ça je me suis dit la même chose que ce que je me suis dit au début quand je suis arrivé à l’EPFL si il y a des gens qui font ça bah je peux faire ça aussi bon après ça c’était très très naïf en l’occurrence J’ai compris plus tard que ça ne marchait pas comme ça. On a des gens qui ont des facilités, d’autres qui en ont moins. Et j’ai rencontré des génies à l’EPFL, alors que moi, Boucher, qui sont d’ailleurs pour certains, qui font partie aujourd’hui de mes meilleurs amis, mais quoi qu’il en soit, je n’avais pas cette notion de complexité qu’est d’organiser un événement. Et je crois que j’ai eu de la chance parce que ça s’est toujours bien passé derrière. Et donc l’organisation de cet événement, c’était 30-40 personnes, ça s’appelait le Chalet Latino, et ça a perduré. Le Chalet a encore organisé cette année. Cette fois-ci, ce n’est pas moi qui l’organise, c’est le troisième chapitre justement. mais à la fin du chalet les dernières éditions qu’on a organisées C’était à peu près 80 personnes, voilà, organiser la nourriture, les repas. La nourriture, on a, je crois, 3 ou 4 000 francs de course au supermarché avec 45 caddies. C’est pas vrai, mais c’est littéralement ça. On achète des quantités monstrueuses et des voitures remplies qui partent. Enfin bref, que ce soit ça ou les événements ou des soirées et des concours qu’on organise durant l’événement et tout. C’est vraiment, ça a pris une ampleur importante. L’équipe, au début, on était deux. Aujourd’hui, ils sont une dizaine pour organiser l’événement. C’est ça qu’il faut. Parce que deux, c’était un peu peu. Enfin, je dis deux, mais ce n’est pas moi qui ai tout fait, naturellement. J’ai coordonné durant ces différentes années. Et il s’avère qu’il y a un moment où je quitte les PFL, parce que je finis mes études.

 

Olivier My  53:16

– Oui, c’est pour ça que tu as fait un doctorat. C’est comme ça, ça a duré le plus longtemps possible.

 

Paul-Arthur Dreyfus  53:21

– Là.

 

Olivier My  53:21

– Vous ne voyez pas, mais en fait, il m’a fait un regard, la geste à l’instant.

 

Paul-Arthur Dreyfus  53:27

– Mais c’est vrai. Il y a de ça. Alors, je ne sais pas si c’est que pour ça, mais en tout cas… On va dire que cet environnement, pour revenir un tout petit peu en arrière, j’étais dans un environnement où j’étais en dehors de ma zone de confort. On revient avant que j’arrive à l’EPFL, je ne sais pas où j’allais aller. J’étais un peu en échec de nouveau. Je n’ai pas ma place en tête. Et l’EPFL, quand j’y suis arrivé, ça a paru le paradis. On dit souvent quand on sort de l’enfer, tout ressemble au paradis. Et là, en l’occurrence, il s’avère que pour moi, ça l’était vraiment. Ce n’était pas un piège.

 

Olivier My  53:56

– Surtout, tu l’as construit.

 

Paul-Arthur Dreyfus  53:58

– Ouais mais cet environnement me convenait je me sentais à ma place Je veux dire, et donc, naturellement, il y avait une envie au fond de moi d’y rester le plus longtemps possible, peut-être, mais ça m’a motivé dans la continuation de mon doctorat, pour sûr. Mais pour vous dire, dans l’association, il y a un moment où on m’a remercié en me disant bravo Paul-Arthur pour ta contribution dans Kobalente, et en fait, je suis resté quatre années encore, tu vois. Les gars, ils étaient bon, allez, c’est bon, ils s’en vont. Non. Bref. Et donc, quatre années de doctorat, plus tard, il y a un moment où je suis plus étudiant, tu vois, donc ça fait vraiment plus de sens, et je me rends un peu a fortiori. parce que l’EP fait le change et j’y suis de moins en moins. Et donc, naturellement, ce n’était plus à moi d’être président. Et ça, je m’en suis rendu compte un peu tard. Et j’avais aussi une crainte à ce moment là, c’était que l’association disparaisse à mon départ. Quand on crée quelque chose, franchement, c’est magnifique. Mais je pense que le plus beau, c’est en tout cas quelque chose qui apporte beaucoup de satisfaction, c’est de voir les choses perdurer après notre départ. En fait, tu as créé quelque chose qui continue parce que quelque chose que je n’ai pas dit jusqu’à maintenant, c’est que de cette association… Le nombre de personnes qui sont venues danser, c’est à peu près 50, on va dire 50, en moyenne 50 par semaine pendant 10 ans. Je prends les practicas, et puis les plus gros événements, il y a encore plus de monde. Donc quand tu fais la somme de toutes ces personnes-là, il y a eu des histoires de vie. Il y a des couples qui se sont créés, des gens qui ont eu des enfants, des amitiés qui se sont créées. Encore une fois, il y a encore une de mes amies qui a organisé récemment un événement pour ses 30 ans. Et j’y allais et je voyais qu’en fait, il y avait plein de gens qui étaient passés par là. En fait, ça créait des liens entre beaucoup de monde. Ça a été vraiment rassemblateur. Je ne sais pas. Mais on se comprend. voilà ça rassemble des gens ça beaucoup rassemblé et donc savoir aujourd’hui que ça perdure C’était quelque chose, en tout cas aujourd’hui, qui m’apporte de la satisfaction. Et à l’époque, un objectif que j’avais. Et trouver la bonne personne pour pouvoir prendre la place, c’est difficile. D’autant plus quand tu es le dinosaure. Tu es là depuis tant de temps. Il y a un moment où quand tu ne pars pas au bon moment, tu te fossilises un peu. Et les gens, ils ont peur de prendre ta place parce qu’ils se disent soit il fait énormément et je ne vais pas y arriver. Soit il y a une culture autour de lui et il va falloir tout péter pour tout reconstruire. Ça va être compliqué. Et il s’avère que je trouvais la bonne personne qui a pris ma place. Et aujourd’hui, jusqu’à maintenant, ça continue. Les événements sont toujours organisés de manière régulière. J’y allais, j’étais encore dimanche dernier. Alors, je ne sais pas quand sortira l’épisode, mais en tout cas, j’y étais récemment. Et il y a encore plus de monde qu’avant que j’y aille.

 

Olivier My  56:26

– C’est marrant parce que ça veut dire qu’en étant à la tête de quelque chose que tu as créé, forcément, il y a un moment donné où on associe la personne à l’association. C’est-à-dire que tu as réussi à trouver quelqu’un. qui a réussi à faire perdurer l’esprit de l’association sans forcément que ce soit toi en tant que personne qui soit là.

 

Paul-Arthur Dreyfus  56:44

– C’est ça. Et puis même l’esprit, ça peut dériver dans le temps. Parce qu’au final, ce n’est pas ça qui est important. Ce qui est important, c’est que les gens continuent à danser, même si c’est différents offices, même si la danse change un peu. Ce qui importe, c’est que ça apporte aux autres aussi, tout simplement. Et justement, c’est là le piège. Parce qu’à vouloir… Quand on crée quelque chose, on a envie que ça pâtre reste, mais au final, ce n’est pas forcément une bonne chose. Et un des bons exemples pour ça, c’est ce chalet latino que j’ai continué à organiser. C’était vraiment mon bébé. Et encore une fois, en tant qu’événement, parce que c’était le plus gros, c’était énormément d’organisation, c’était un budget qui dépassait les 10 000 francs, ce qui pour un événement étudiant est déjà OK. Sachant que c’est un événement sans alcool, donc en général, c’est là où ça grossit. Enfin, le budget grossit grâce à l’alcool, là, il n’y en avait pas. donc c’était vraiment voilà et là le dernier c’est pas moi qui l’ai organisé C’était un choc pour moi. En plus, j’y ai participé, mais ce n’est pas moi qui organisais. Ce n’est pas moi. Et genre, la lumière, le projecteur, tu vois, pour prendre cette métaphore, il n’était pas sur moi. Et au fond de moi, ça m’a fait bizarre, mais ça m’a aussi fait plaisir. Parce que les choses n’étaient pas exactement comme ce que je les aurais faites, mais il y a des choses sur certains points de décision organisationnelle qui étaient douteux. Donc je me dis, je n’aurais pas fait comme ça, ce n’est pas fou. mais il y avait d’autres points d’autres idées qui étaient super bonnes en fait et que tu n’aurais peut-être pas eu jamais eu tu me dis mais punaise c’est trop bonne idée qu’ils ont vu et ça montre qu’au final c’est pas une finalité de marquer ce qu’on crée c’est pas ça la finalité en fait l’important c’est juste de créer et puis après c’est de faire perdurer si on arrive et c’est pour ça que ça résonne beaucoup avec notre.

 

Olivier My  58:22

– Habitude à juger les choses c’est à dire aujourd’hui l’association elle est pas bien pas bien ou meilleure ou moins bonne elle est juste différente et c’est ça qui a fait que que ça a changé et que ça apporte ce que ça doit apporter aux gens d’aujourd’hui qui ne sont pas les mêmes que ceux d’hier où toi tu étais.

 

Paul-Arthur Dreyfus  58:41

– Yes, vraiment. Et donc aujourd’hui, je suis vraiment content de pouvoir voir cet assaut, voir ces événements qui perdurent. Ça apporte beaucoup de satisfaction. Et j’ai au fond, moi, l’espoir que dans 20 ans, quand j’habiterai au Portugal, quand je serai vraiment loin de cet univers ou de cet endroit, je regarderai sur le réseau social du moment. Et puis, je verrais que ça continue. Il y a des gens qui dansent, des gens qui s’amusent, qui partagent une passion commune. Et c’était grâce à cette initiative de créer qui était vraiment anodine sur le moment. C’était vraiment quelques passionnés qui étaient autour d’une sono et qui dansaient ensemble mal. Parce qu’au début de l’association, je ne dansais pas bien.

 

Olivier My  59:22

– Et c’est la force d’une passion. C’est aussi ça que je trouve assez extraordinaire dans l’histoire que tu racontes. C’est qu’au départ, finalement, c’est presque un hasard qui t’a amené à la danse. et puis on voit ce que ça a fait c’est que tu t’es quand même décidé toi-même de pratiquer de monter en compétence sur le sujet tu y as pris plaisir et puis après tu t’es lancé avec naïveté mais ça a quand même marché et tant mieux pour faire des événements créer des relations et créer une histoire parce que quoi qu’il arrive ça c’est quelque chose qui est marqué dans les esprits et dans les cœurs des gens que tu as rencontrés c’est clair.

 

Paul-Arthur Dreyfus  1:00:02

– Et la danse, de manière générale, si on prend un peu de recul, je dirais que c’est aussi un langage. Et l’anecdote qui me vient à dire ça, c’est que durant les quelques voyages que j’ai fait à l’étranger, en tout cas dans certains de ces voyages, j’ai eu l’idée parce que il s’avère que j’enseigne la danse aujourd’hui et ça fait quand même quelques années que je donne des cours. Et il s’est avéré que j’ai contacté les écoles de danse locales, donc de salsa cubaine, de différents endroits où je suis allé durant mes derniers voyages. Je pense typiquement à San Francisco, en Australie ou même au Japon. Mais principalement, l’expérience qui a le plus marqué, c’était à San Francisco, où je contacte l’école de danse et j’arrive à l’autre bout du monde, parce qu’en l’occurrence, c’est le cas. Et je rencontre une personne dans un bar sombre d’un quartier où je ne serais pas allé, parce que sur les documents de voyage, sur les guides de voyage, c’est déconseillé d’y aller. Et je me retrouve dans cet endroit-là et il y a une dame qui me dit « Écoute, toi tu danses, viens, suis-moi, on va aller danser une soirée. » Et je vais dans une soirée. et en fait Même si je parle pas forcément bien la langue ou alors là, en l’occurrence, l’anglais, ça allait, mais voilà le fait de danser la même langue, ça bande direct, tu as des liens directs avec tout le monde. C’est devient tes potes. En plus, c’était une curiosité. Tu vois, t’es le gars de l’étranger, l’étranger d’Europe qui danse la salle cubaine à Cuba pendant. Donc c’est vraiment une curiosité. Et donc, s’ouvre plein de portes, tu rencontres du monde. C’est vraiment incroyable. Si voilà aussi d’un point de vue social, sur l’aspect social, c’est fou.

 

Olivier My  1:01:36

– Mais c’est ça que je trouve. aussi intéressant, c’est que toi qui as eu du mal à trouver ta place dans le passé et puis même dans les études, là, la danse t’aide aujourd’hui finalement à trouver une place, parce que c’est un point commun que tu peux trouver avec des gens et puis ça crée autre chose, parce que du coup, la relation se crée non seulement par les conversations que tu as, mais par le mouvement, par autre chose en fait, qui parfois sort des codes sociaux habituels.

 

Paul-Arthur Dreyfus  1:02:04

– Tout à fait, et puis ça casse. aussi ces codes là, parce que naturellement, tu as un contact physique que tu n’as pas eu avec des gens que tu ne connais pas.

 

Olivier My  1:02:10

– Ouais.

 

Paul-Arthur Dreyfus  1:02:10

– Et ça fait que non pas pour parler de rapprochement, de drague, ce genre de choses, mais même avec tous les gens avec qui j’ai dansé. Tu peux avoir des atomes crochés assez vite et puis ça casse en fait une barrière qui est assez froide et au final pas forcément nécessaire de ce milieu urbain dans lequel on vit aujourd’hui. Donc voilà, en termes d’amitié, c’est fou.

 

Olivier My  1:02:29

– Et maintenant, quand tu vas inviter les gens, ça se passe comment ?

 

Paul-Arthur Dreyfus  1:02:33

– Franchement, c’est beaucoup plus facile. Oui. Maintenant, tu les invites et puis ça se passe bien.

 

Olivier My  1:02:39

– Maintenant, tu vois les autres qui sont encore en train de douter quand toi, tu y étais il y a X années. Oui.

 

Paul-Arthur Dreyfus  1:02:44

– Évidemment. Et puis même des fois, quand tu commences à avoir un niveau dans la danse, on dira, pour les leads, tu commences à avoir des follows qui t’invitent. Et des fois, je pense que c’est de plus en plus le cas de manière générale avec les follows invites. Et il s’avère que des fois, elles ne dansent pas forcément très bien. Mais moi, ça me pose pas de problème parce que je me reconnais là-dedans. Je me replonge. Donc tu souris et tu partages ce moment avec la personne sans devoir…

 

Olivier My  1:03:08

– Tu y étais, fut-ce un temps, il y a des gens qui en partagent avec toi.

 

Paul-Arthur Dreyfus  1:03:12

– C’est ça.

 

Olivier My  1:03:12

– C’est-à-dire que culturellement parlant, dans ce milieu-là, il y a quand même une tolérance qui est assez marquée ?

 

Paul-Arthur Dreyfus  1:03:18

– Ouais, je dirais. Après, ça dépend les danses et ça dépend les endroits. Parce qu’il y a, dans certaines communautés de danse, je ne citerai pas, des fois, des groupes qui sont plus… un peu élitiste ouais un peu plus élitiste parce que on va dire la danse comme la salsa je pense à la bachata originellement aussi et puis à d’autres danses qui sont dansées visuellement en social social c’est les soirées de danse c’est des danses à la base qui sont festives et qui sont populaires et aujourd’hui on les a européanisés un peu ce qui fait que ça devient des danses plus techniques dans le sens où Ce qu’on apprend en cours aux gens, ça va être, ok, alors, il faut que tu mettes ton bras ici, ton pied là, machin. C’est une mécanique qu’on apprend. Ce qui est bien, parce qu’avec cette mécanique, on peut s’exprimer dans la danse après. Au début, quand on danse, on pense aux mouvements qu’on va faire, on est un peu perdu. Le leader, quand il a fait deux fois le même mouvement, il a l’impression que la follow est en train de s’ennuyer, parce qu’il dit, ah ben, mince, celui-ci, je l’ai déjà fait. et après tu te relâches un peu tu te décontractes et tu te dis bon en vrai on s’en fiche de tout ça l’important c’est d’avoir du plaisir de partager quelque chose donc juste sourire, partager. C’est là qu’il y a des danses comme le merengue où c’est que ça, il n’y a vraiment pas beaucoup de techniques, ou en tout cas beaucoup moins qu’en salsa ou en bachata. Mais c’est des danses qui ne sont pas populaires aujourd’hui en Europe, parce que ce n’est pas ce que les gens apprennent. Et donc, il y a un moment où il faut accepter que la partenaire n’est pas forcément à ton niveau. Tu ne vas pas pouvoir partager ta technique numéro 12 000 que tu as appris et que tu es super fier, soit, mais tu vas partager autre chose. Tu vas sourire, tu vas faire danser, partager autre chose juste enjoy la musique et le moment ça va être ça Et ça, c’est quelque chose qui n’est pas très commun en Europe aujourd’hui. Et il y a certaines personnes qui me connaissent, qui aiment ça, mais ce n’est pas la norme. La norme, c’est mécaniser. mais c’est aussi super cool parce que c’est Comme une langue, en fait. C’est comme si, tout d’un coup, tu commences… Au début, c’est mécanique, tu réfléchis à tes phrases, machin, truc. Puis quand tu commences à devenir fluent, où tu commences vraiment, ça vient tout seul, t’es satisfait, tu vois. Genre, tu parles une nouvelle langue, tu rencontres quelqu’un qui la parle, t’as pas envie de parler le français ou l’anglais que tu parles bien, t’as envie de parler, je sais pas, l’italien, en disant, ah bah, je pratique, ça fait plaisir, bah c’est la même chose d’avance. Il y a un moment où t’as plus besoin vraiment de réfléchir, « Ah voilà, je vais faire ci et ça » , ça devient naturel. c’est le moment où tu peux… Là, je parle pour le lead, complètement décontracté et arrêter d’être tendu parce que tu ne sais pas ce que tu vas devoir faire dans 10 secondes. Tu vas pouvoir vraiment te relâcher et profiter de la musique et profiter aussi de la connexion que tu vas avoir.

 

Olivier My  1:05:47

– C’est ça que je trouve intéressant parce que tu as utilisé le terme « fluent » et tu sais que maintenant, ce que toi, la démarche que j’ai toujours eue dans les accompagnements ou le changement, c’est de jouer sur de la fluidité au départ. Et en fait, c’est marrant la réflexion que ça m’amène parce que quand tu rentres dans de la fluidité, finalement ça permet beaucoup plus d’apprécier le paysage qui est autour alors que quand tu appliques un truc manière mécanique tu es beaucoup plus concentré sur le geste mécanique que tu n’apprécies finalement ce qui est autour pour en donner la couleur que tu as envie de lui donner quoi et donc c’est ce que j’entends en tout cas que ce soit dans une langue ou dans la danse c’est ce que tu commences à apprécier maintenant que finalement tu es fluide dans ta capacité à danser et à inviter les gens et à être invité et du coup tu peux profiter vraiment de l’écosystème tel qu’il est.

 

Paul-Arthur Dreyfus  1:06:32

– C’est ça, et même pour appuyer là-dessus, je dirais que ce qu’on apprend aux élèves, c’est que même s’ils apprennent beaucoup de mécanique, etc., les gens qui savent vraiment bien lancer, quand tu les regardes, ils font pas des choses compliquées. Ils font pas des mouvements compliqués.

 

Olivier My  1:06:45

– C’est sur la base, de toute façon.

 

Paul-Arthur Dreyfus  1:06:46

– Ouais. Mais en fait, t’as un flow, t’as quelque chose qui est beau, et t’as la couleur. Tu parlais de couleur, en fait. Tu peux imaginer que la technique, ça va être la forme, le dessin, et puis il y a des gens qui se concentrent vachement là-dessus. Il y a d’autres gens qui font des dessins qui sont très simples mais les couleurs ça rend magnifique le dessin et ça on se rend compte assez tard dans notre apprentissage à la danse que c’est super important. Et puis, il y a des gens qui l’ont délaissé assez durant tout leur apprentissage en fonction de leur prof. Donc voilà, je me retrouve vachement dans ce que tu donnes comme métaphore.

 

Olivier My  1:07:15

– Je te propose qu’on s’arrête à cet endroit-là. C’est une belle manière de conclure cette belle histoire. En tout cas, merci. Comme je te l’avais évoqué au tout début d’épisode, donc en off avant, j’ai préparé un petit set de cartes qui est à côté de moi. Et du coup, je sens que c’est un grand plaisir pour toi de les découvrir.

 

Paul-Arthur Dreyfus  1:07:35

– J’ai hâte.

 

Olivier My  1:07:36

– Donc, ce que je fais la plupart du temps, je les ai préparés en face de toi, je suis en train de les mélanger. Donc, tu vois qu’il y a des cartes bleues, des cartes rouges. Et du coup, sur ces cartes, il y a des questions, un peu d’ouverture. Donc, ce que je vais te proposer, c’est d’en choisir une, de la lire dans le micro et puis d’y répondre.

 

Paul-Arthur Dreyfus  1:07:55

– J’ai choisi une carte bleue.

 

Olivier My  1:07:56

– Allez.

 

Paul-Arthur Dreyfus  1:07:57

– Si tu pouvais avoir un super pouvoir… lequel serait-ce ? Comment l’utiliserais-tu ? C’est facile comme question.

 

Olivier My  1:08:04

– C’est facile pour toi ?

 

Paul-Arthur Dreyfus  1:08:04

– Ouais, je sais pas.

 

Olivier My  1:08:09

– Le gars, il parle plus vite que…

 

Paul-Arthur Dreyfus  1:08:11

– Non, en fait, la réponse classique, je dirais, c’est de pouvoir contrôler le temps. Parce que le temps, c’est un peu le chef d’orchestre de notre vie, dans le sens où c’est ça le tempo, si on peut dire. Le tempo de notre vie, ça va être ça. Donc pouvoir contrôler le temps, c’est pouvoir profiter des moments… plus profiter des moments de bonheur et peut-être un peu moins des moments difficiles. Donc je pense que ça serait ça. Puis même en danse, ça serait fou.

 

Olivier My  1:08:37

– Qu’est-ce que tu ferais en danse alors ? En contrôlant le temps ?

 

Paul-Arthur Dreyfus  1:08:41

– Je sais pas. Parce que quand même, tu danses à deux, donc si t’es le seul à contrôler le temps, il faut vraiment être fort.

 

Olivier My  1:08:49

– Mais du coup, le contrôle du temps.

 

Paul-Arthur Dreyfus  1:08:51

– Ouais, je pense que c’est ça qui me viendrait en premier.

 

Olivier My  1:08:53

– Mais du coup, qu’est-ce que t’en ferais ?

 

Paul-Arthur Dreyfus  1:08:55

– Au quotidien ?

 

Olivier My  1:08:55

– Ouais.

 

Paul-Arthur Dreyfus  1:08:58

– Comme je te dis.

 

Olivier My  1:08:58

– Si t’accélérerais les séances qui t’emmerdent.

 

Paul-Arthur Dreyfus  1:09:01

– Ouais, les séances qui servent, qui servent à rien, ça disparaît, ça. Sauf qu’il n’est pas là, mais il a été là. Ça allait très très vite. Et je pense que je profiterais des moments, tu vois, où alors j’irais manger et je ferais que le temps aille très vite. Comme ça, je dis, j’ai rien, je peux remanger derrière. Super.

 

Olivier My  1:09:25

– On va continuer, parce qu’on a un peu de temps. Tu vois qu’il y a quand même pas mal de cartes, là. Je prends une rouge.

 

Paul-Arthur Dreyfus  1:09:31

– Quel âge te donnerais-tu physiquement ? Ah, effectivement, oui. Je n’ai aucune idée. À quel âge je me donnerais physiquement ?

 

Olivier My  1:09:41

– Tu te sens à ton âge ? Tu te sens plus jeune, plus vieux ?

 

Paul-Arthur Dreyfus  1:09:44

– Non, je me sens à mon âge, parce que j’ai encore mes cheveux, on en reparle dans un an. Je rigole. J’espère que j’aurai mes cheveux dans un an. Mais voilà, j’ai les cheveux qui commencent à grisonner, mais très gentiment, donc ça va. Non, je pense… Ces derniers temps, j’ai fait pas mal de sport, donc ça a permis de me retrouver aussi. Je pense qu’au final, l’âge qu’on donnerait à son corps, en dehors des choses qu’on ne maîtrise pas, mais pour ce qu’on maîtrise, ça dépend combien de temps on passe à s’en occuper. Et aujourd’hui, je m’en occupe un peu plus, donc je dirais, je pense, 30 ans, par là.

 

Olivier My  1:10:16

– En gros, équivalent quand même à là où tu en es. Ouais, équivalent. Alors, ce que je vais te proposer, donc là, tu en as pris deux comme ça, on va faire un peu différemment. Ce que tu vas faire, c’est que tu vas en choisir deux, tu vas les lire, et tu vas choisir une des deux.

 

Paul-Arthur Dreyfus  1:10:30

– Ok.

 

Olivier My  1:10:30

– D’accord ? Et puis, de toute façon, on est chez toi, coup de zèle, que tu as envie, tu peux même répondre aux deux. D’accord ? Mais, on se donne un petit challenge.

 

Paul-Arthur Dreyfus  1:10:36

– Allez, je prends ces deux-ci, une bleune rouge. La bleudie. Si tu pouvais te retrouver devant le toit de tes 15 ans, quel conseil te donnerais-tu ? Profond, mais c’est beau. Et la rouge. Qu’est-ce qui te rend vraiment heureux que tu as déjà ? Voilà. C’est ma psychothérapie.

 

Olivier My  1:10:55

– Je t’avais prévenu.

 

Paul-Arthur Dreyfus  1:10:57

– Ah ouais. Le physique, c’était facile. Les deux, elles sont tellement deep, tellement profondes. C’est toi qui as choisi. Ouais, bah oui. En connaissance de cause, en plus.

 

Olivier My  1:11:05

– Tout à fait.

 

Paul-Arthur Dreyfus  1:11:06

– Ok. Je pense qu’on va répondre aux deux. Les deux sont très intéressantes. Si tu pouvais te retrouver devant le toit de tes 15 ans, quel conseil te donnerais-tu ?

 

Olivier My  1:11:16

– 15 ans dans quel lycée ?

 

Paul-Arthur Dreyfus  1:11:18

– 15 ans, ce n’était pas le bon lycée déjà. Ce n’était pas le bon lycée, ça. Non, je crois que c’était vraiment un moment de ma vie qui n’était pas un moment empli de bonheur, on dira. Je me dirais qu’il faut être patient lors des moments difficiles et qu’il faut profiter des moments de bonheur. Je dis ça parce que, comme je l’ai dit avant, quand on sort de sa zone de confort, le changement, de manière générale, c’est ça dans ma compréhension. on sort sa zone de confort, on traverse pour une période courte ou longue le désert un peu, si on peut dire, et on essaie de se retrouver une nouvelle zone de confort, qu’on se recrée. Et bien, je lui dirais, écoute, là, tu n’es pas dans un moment de ta vie où tu es très heureux, soit, mais serre les dents et puis tu seras plus heureux, tu vas réussir à construire quelque chose, il faut que tu te fasses confiance en fait. Tu vas réussir. Je pense que c’est ça que je lui donnerais comme conseil.

 

Olivier My  1:12:06

– Et comment tu penses que tu le recevrais en tant que ado de 15 ans à l’époque ?

 

Paul-Arthur Dreyfus  1:12:10

– Déjà, ça me ferait vraiment flipper de me voir vieux. Je veux dire, c’est qui ce type ?

 

Olivier My  1:12:16

– C’est qui ce vieux ?

 

Paul-Arthur Dreyfus  1:12:17

– C’est qui ce vieux qui me parle ? J’imagine le gars qui est vieux, qui est à moitié au bord de la mort, qui dit profite, ne t’inquiète pas. Je ne sais pas si j’aurais eu la maturité de pouvoir vraiment faire quelque chose. Mais si, si on me donne des exemples, on me dit ok, tu vas être heureux, tu vas rencontrer des gens, tu auras des très bons amis, tu auras de nouvelles passions. Tu pourras vraiment te sentir, on va dire… Trouver un sens, j’allais dire te sentir utile, mais c’est pas ça le mot. Trouver un sens dans ce que tu fais, etc. Avec du concret comme ça, je pense que je me serais redonné le courage, en fait.

 

Olivier My  1:12:45

– Ouais, super.

 

Paul-Arthur Dreyfus  1:12:46

– Et puis la deuxième, qu’est-ce qui te rend vraiment heureux que tu as déjà ? Le nombre de conneries que je pourrais dire, là. Je pense que des proches. Ça va paraître bête, parce que le matériel, c’est inutile. J’aurais pu parler d’association, mais ça ne m’appartient pas. Et d’une certaine manière, c’est ça qui me rend heureux au final. Aujourd’hui, c’est que ça ne m’appartient pas et c’est magnifique quand même. Mais je pense que je ne suis pas… Après, je ne suis pas même proche, je ne m’appartiens pas non plus. Mais on va dire la relation qu’on a, on pourrait la mettre dans cette catégorie. Je penserais à ma famille, naturellement, et aux amis, aux relations que j’ai pu créer ces dernières années grâce à la danse et autres, qui puissent partager de beaux moments et me soutenir dans les moments difficiles. Je pense que c’est ça. j’aurais pu parler de notre relation Olivier mais ça aurait fait faux cul.

 

Olivier My  1:13:35

– Le bâtard non mais voilà je parlerai des relations de manière générale dans mon entourage super du coup un petit dernier tour avant de se quitter ce que je te propose c’est que tu vas en choisir trois ok.

 

Paul-Arthur Dreyfus  1:13:52

– Sauf que tu vas choisir les trois et tu vas me les donner c’est moi qui vais choisir allez en vrai tu peux regarder tout et tu me donnes celle que tu veux non ?

 

Olivier My  1:13:59

– Oui mais non mais tu sais le hasard fait bien les choses.

 

Paul-Arthur Dreyfus  1:14:02

– Il y en a quatre.

 

Olivier My  1:14:03

– Sachant que tu sais que je les ai choisis. Oui.

 

Paul-Arthur Dreyfus  1:14:07

– Ce n’est pas faux.

 

Olivier My  1:14:08

– Je sais à peu près ce qu’il y a à l’intérieur. Alors, je vais te lire les trois. La première. Quel était ton héros ou ton héroïne préférée lorsque tu avais sept ans et pourquoi ? Au vu du regard. Qu’est-ce qu’il me raconte ?

 

Paul-Arthur Dreyfus  1:14:26

– C’est random comme question.

 

Olivier My  1:14:29

– La deuxième, c’est raconte-moi la dernière fois. où tu as fait quelque chose pour la première fois. OK. Et la dernière, tu viens d’apprendre que tu allais mourir dans un an. Changerais-tu quelque chose dans ta vie et pourquoi ?

 

Paul-Arthur Dreyfus  1:14:46

– On se rend compte en fait de la diversité des questions. On parle d’héros d’enfance et à côté, on parle de la mort.

 

Olivier My  1:14:57

– C’est pour se donner un champ d’action d’accord et des réflexions qui est très global alors moi je te propose la dernière voilà tu viens d’apprendre que tu allais mourir dans un an changerais-tu quelque chose dans ta vie ? Et pourquoi ?

 

Paul-Arthur Dreyfus  1:15:14

– Bah ouais, c’est clair. Je t’en dirais quelque chose. On va dire que… Bah tiens, je vais faire référence à la série. Je sais pas si on peut dire des noms ou pas.

 

Olivier My  1:15:22

– Tu dis ce que tu veux. Ouais.

 

Paul-Arthur Dreyfus  1:15:25

– On discutait de la deuxième saison de Bref. Et je t’ai montré un extrait où t’avais un homme qui était un peu perdu dans sa vie. Et puis, il y a une des tirades qui est devenue assez virale lors de l’ensemble de la série qui disait, ou qui dit toujours, il a voulu s’asseoir 30 secondes et il s’est assis 30 ans. comme ça. Autrement dit, à vouloir rester dans sa zone de confort, et on quitte en fait la partie d’action. Autrement dit, à vouloir attendre et peut être même subir le changement quand il arrivera, il y a des moments où il faut se dire il faut être mettre un peu de ça et puis essayer de se dire OK, c’est mon objectif et je vais me mettre dans une zone de déconfort. Mais ça sera pour mon bien et j’en serai heureux. C’est un équilibre là dedans entre les moments de… on profite et les moments où on agit, je pense que c’est un équilibre à avoir. Et je parle de ça parce qu’au final, c’est de ça dont on parle avec cette question. Si tu sais que tu vas mourir, au final, la donne change et naturellement ça te pousse à être dans l’action et se dire « Ok, je ne vais pas m’allonger sur mon canapé et attendre. Je ne vais pas aller au boulot comme d’habitude pour faire les séances comme on parlait qui ne servent à rien. À ce moment-là, je vais faire ce dont j’ai rêvé. » Après, la question c’est « Qu’est-ce qui te ferait rêver ? » Et ça, ça serait une bonne question.

 

Olivier My  1:16:42

– Mais c’est pas celle-là.

 

Paul-Arthur Dreyfus  1:16:44

– D’une certaine manière. D’une certaine manière. Est-ce que c’est le voyage ? Est-ce que c’est les amitiés ? Est-ce que c’est le rencontre ?

 

Olivier My  1:16:52

– Des choses que tu n’as peut-être pas dites.

 

Paul-Arthur Dreyfus  1:16:54

– Est-ce que c’est de faire tous des bons restos ? À partir de maintenant, je vends ma cuisine et je vais au resto tous les soirs. Est-ce que c’est l’excès ? Je pense que ça serait passer du temps avec ses proches, encore une fois. Mais c’est tellement lambda comme réponse, c’est tellement attendu.

 

Olivier My  1:17:16

– C’est la tienne, c’est tout à fait OK. Moi, ce qui me vient à l’esprit souvent quand j’ai ce genre de questionnement-là, c’est qu’est-ce que je n’ai pas dit aux personnes ? Parce que je ne sais pas, tu te mets des blocages dans ta tête de dire « ce n’est pas le bon moment » ou « je n’ose pas » ou « ça peut la braquer » ou au contraire « ça va mettre un malaise » ou un truc comme ça, mais c’est des choses… que tu as envie de dire à certaines personnes. Ça peut être des belles choses, mais c’est ce que tu n’as jamais osé dire. C’est parce que je suis dans une logique d’éviter de regretter de ne pas avoir fait quelque chose. Je ne sais pas si tu avais vu, d’ailleurs, il y a un bouquin qui parle des regrets des personnes avant leur mort.

 

Paul-Arthur Dreyfus  1:17:51

– J’ai souvent entendu dire que le regret, c’est un peu le pire parce qu’on n’a pas vraiment d’action possible pour pouvoir… C’est un peu tard. Quand c’est passé, c’est passé. Maintenant, j’ai envie de dire, si tu kiffes ta vie et tu regardes 5 minutes avant de mourir mais c’est vrai que si le regret te ronge au final le but c’est d’être heureux la motivation principale de la vie c’est d’être heureux, soit en donnant soit en partageant.

 

Olivier My  1:18:17

– Soit en vivant chacun a sa recette et je pense que c’est une belle phrase pour terminer cet épisode pour rester dans l’énergie qui est positive merci en tout cas pour ce moment passé ensemble pour ta joie de vivre aussi, que tu partages très bien au micro Merci bien à toi. Mais avant de terminer, une dernière question pour toi. Si des personnes écoutent cet épisode et qu’elles auraient envie de continuer la papote avec toi, comment est-ce qu’on te contacte ?

 

Paul-Arthur Dreyfus  1:18:48

– Alors, on peut me contacter sur Instagram. Je pense que c’est le plus simple. Et puis, si les gens n’ont pas du tout Instagram, peut-être qu’ils peuvent te contacter et puis tu peux leur donner mes coordonnées. De toute façon.

 

Olivier My  1:18:59

– Je le mettrai probablement dans la description de l’épisode. Au minimal, le compte Instagram, tu me dis ça.

 

Paul-Arthur Dreyfus  1:19:03

– Ouais, ouais, c’est top.

 

Olivier My  1:19:04

– Ok, super, merci bien et puis à la prochaine.

 

Paul-Arthur Dreyfus  1:19:09

– Yes.

 

Olivier My  1:19:10

– Merci.

 

Paul-Arthur Dreyfus  1:19:11

– Ciao.

 

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