Dans cet épisode, je reçois Alain Delachaux, dont le parcours associatif a façonné sa vision du collectif, du courage et du lien social.
Pendant 15 ans, Alain a été au cœur de l’engagement de terrain – celui qui ne se voit pas, celui qui ne brille pas, mais qui change profondément la vie des gens.
Avec humour, humilité et beaucoup de recul, il raconte comment une simple réunion a transformé son quotidien, jusqu’à le propulser Président d’association.
Un engagement qu’il n’avait pas prévu mais qui a modelé sa vie, ses convictions, ses relations et son sens du “vivre ensemble”.
À travers cette conversation sincère, on parle de l’essentiel :
Dans cet épisode, vous découvrirez :
Un épisode qui donne envie de s’engager, de recréer du lien, et de croire à nouveau en la force du collectif.
[00:05] – Introduction & retrouvailles
[01:16] – L’histoire des trois noisettes
[02:43] – Qui est Alain ? Présentation & identité professionnelle
[04:47] – Si le changement était une couleur…
[06:59] – L’associatif : une aventure commencée à 16 ans
[08:19] – Sa première association : offrir du répit aux parents
[12:01] – Le sens de ces premiers engagements
[13:04] – Les associations étudiantes & le parcours scolaire atypique
[14:16] – L’étincelle de l’électrotechnique et la passion d’apprendre
[21:43] – Sa manière d’apprendre : passion, cycles et R.A.Z.
[24:27] – Fonctionner par cycles : comprendre son propre rythme
[51:12] – Comment un conflit à l’école l’a mené à devenir président d’association
[52:20] – Le prix réel de l’engagement : réunions, énergie, relations
[53:18] – Agir pour soi… et pour les autres : la dynamique collective
[1:14:13] – Perte du lien, voisinage et transformation de la société
[1:16:03] – L’association comme mouvement humain
[1:17:25] – Question carte : relations terminées & apprentissages
[1:20:55] – Question carte : la famille et les mots qui comptent
[1:24:36] – Le cocon familial : maison, ancrage et transmission
[1:26:12] – Comment contacter Alain & ses symboles LinkedIn
[1:27:24] – Conclusion & ouverture
Alain Delachaux
Engagement associatif
Leadership humain
Agilité et changement
Transmission
Bénévolat et société
Parcours inspirant
Podcast transformation
Change & Chill
Olivier My
Olivier My 00:05
– Bienvenue sur Change & Chill, le podcast où l’on parle de changement simplement. Je suis Olivier My et avec mes invités nous explorons comment le changement peut être une force positive dans nos vies. Des histoires inspirantes avec une touche de légèreté. Dans ce nouvel épisode, j’ai le plaisir d’accueillir Alain Delachaud. Salut Alain, comment vas-tu ? Merci.
Alain Delachaux 00:29
– Salut Olivier, je vais bien. Un petit peu fatigué de la route, mais je vais bien.
Olivier My 00:35
– Je ne t’avais pas menti, on est dans un espace qui est chaleureux à sa manière.
Alain Delachaux 00:39
– Tout à fait. Je trouve que la vue par la fenêtre est exceptionnelle.
Olivier My 00:43
– Effectivement. La fenêtre sans teint, c’est ça ?
Alain Delachaux 00:48
– Exactement. C’est vrai que ce sous-sol est assez surprenant.
Olivier My 00:52
– Effectivement, c’est un côté un peu bunkeriste.
Alain Delachaux 00:54
– Oui, c’est ça.
Olivier My 00:55
– Mais au moins, on est entre nous, on est tranquille et puis on va pouvoir papoter. tranquillement.
Alain Delachaux 01:00
– Exactement.
Olivier My 01:01
– Merci pour ton temps et d’être là. On s’est vu il n’y a pas si longtemps que ça, mais au final…
Alain Delachaux 01:06
– Quelques jours.
Olivier My 01:07
– Quelques jours, à peine.
Alain Delachaux 01:09
– À peine.
Olivier My 01:09
– C’est moi qui suis venu à toi. C’est vrai. C’est toi qui viens à moi.
Alain Delachaux 01:12
– Exactement. Pour une fois.
Olivier My 01:14
– Merci beaucoup.
Alain Delachaux 01:15
– Avec plaisir.
Olivier My 01:16
– Et pour démarrer cet épisode, tu me disais juste à l’instant que tu étais venu avec tes noisettes. Est-ce que tu peux nous en dire un peu plus ?
Alain Delachaux 01:23
– Eh oui, les noisettes, c’était quand même une discussion qu’on a eue il y a deux ou trois jours maintenant. sur le concept de qu’est-ce que tu fais avec des noisettes qu’on te met à disposition dans une salle de pause quand tu n’as rien pour les casser. Et donc, je t’avais expliqué toutes les hypothèses que j’avais pu envisager pour en faire quelque chose.
Olivier My 01:43
– Parce que c’est une vraie question.
Alain Delachaux 01:44
– Et c’est une vraie question. T’as des noisettes, t’en fais quoi ? Et de ce fait, je les avais mis dans ma poche et je les avais ressortis devant toi en disant ben voilà, t’as trois noisettes, tu fais quoi ? Et… On s’était dit qu’on se reposerait la question en se voyant si j’avais trouvé une solution. Bon, en vrai, je n’ai pas vraiment cherché non plus de solution depuis qu’on s’est vu. Forcément, il y a eu un petit événement qui est passé entre temps qui a pris beaucoup de temps pour moi.
Olivier My 02:10
– Effectivement.
Alain Delachaux 02:11
– Et donc, pour le principe, j’ai quand même amené mes noisettes avec moi. Mes trois noisettes sont donc devant nous, sur une petite table et nous regardent avec amour.
Olivier My 02:22
– Merci beaucoup. En tout cas, je vois que tu ne les as pas perdues.
Alain Delachaux 02:25
– Non, c’est important de garder ses noisettes.
Olivier My 02:27
– C’est important de garder ses noisettes.
Alain Delachaux 02:29
– Écoutez, curieux.
Olivier My 02:31
– Tout à fait. Bon, gardons ça en tout cas pour une prochaine histoire. Exactement. Ce qui est sûr, c’est qu’au moins, on a trois noisettes qui nous surveillent et qui vont nous porter chance.
Alain Delachaux 02:39
– Ah ben pour sûr.
Olivier My 02:40
– Avant de démarrer l’épisode complètement, même si on a déjà démarré au final.
Alain Delachaux 02:43
– Un petit peu, oui.
Olivier My 02:44
– Est-ce que tu pourrais te présenter, s’il te plaît ?
Alain Delachaux 02:47
– Alors ça, c’est un exercice que j’ai toujours du mal à faire, en fait.
Olivier My 02:50
– C’est pour ça que j’adore poser la question.
Alain Delachaux 02:51
– Oui.
Olivier My 02:52
– Parce que c’est pas moi qui le fais.
Alain Delachaux 02:55
– Un peu en sir, je comprends. Alors, Alain Delachaud, je suis truc, bidule, machin, agile. Certains disent que je suis coach, d’autres que je suis scrum master, d’autres que je suis sympa, d’autres que je suis agréable. Je suis avant tout et surtout passionné par l’agilité, par le produit, par la valeur qu’on peut amener sur des produits, dans le monde de l’informatique en tout cas. C’est très constituant pour moi, au travers de tout ce que j’ai vécu dans ma vie, tout bêtement. Et puis, il y a un terme que j’aime bien maintenant, depuis que j’ai vu la conférence de Benjamin Caban, je suis aussi un humain. C’est-à-dire que j’ai aussi mes failles, j’ai aussi mes…
Olivier My 03:36
– Non, t’as pas de failles, toi. Voyons.
Alain Delachaux 03:38
– Enfin, je n’en ai pas, par définition, forcément. Mon égo dicte le fait que je suis parfait et extraordinaire et supérieur à tout le monde. Mais certains me laissent entendre que j’ai des failles. Donc, comme j’accepte quand même de temps en temps la parole de l’autre, pas toujours, mais… Mais parfois quand même. Voilà, j’entends que j’ai des failles, donc je prends conscience que j’ai un petit côté humain et que je ne suis pas parfait en tout. A voir quoi. A voir quoi. Je suis un humain.
Olivier My 04:05
– Tu es un humain.
Alain Delachaux 04:06
– Passionné par les humains.
Olivier My 04:07
– Passionné par les humains. C’est beau ça. Merci pour cet épisode difficile, je sais, de la présentation. Surtout quand on commence par « je suis » , parce que du coup, il y a quelque chose de très identitaire derrière ça. Et puis, il y a quelque chose peut-être qui est… très cohérent avec qui tu es aujourd’hui ? Est-ce que c’est cohérent avec qui tu es dans le passé ? Est-ce que c’est cohérent avec qui tu seras dans le futur ? On ne le sait pas.
Alain Delachaux 04:27
– On va peut-être le découvrir.
Olivier My 04:29
– On va peut-être le découvrir, effectivement. J’ai une question rituelle, aujourd’hui, dans mes épisodes. Ce podcast s’appelle Change & Chill, donc on parle du changement. Et du coup, j’ai envie de changer, aujourd’hui, parce que invité spécial, question spéciale. Donc, je vais changer un petit peu ma question rituelle.
Alain Delachaux 04:47
– Eh bien, change !
Olivier My 04:49
– On parle de changement de manière générale, donc ce genre de prise de décision qui nous invite à redéfinir finalement un avenir qui nous correspond plus. C’est comme ça que je définis, si tu veux, le changement. Si le changement pour toi était une couleur, quelle serait-elle et pourquoi ?
Alain Delachaux 05:08
– T’as pas une autre question ? Oui, alors si le changement était une couleur, si le changement était une couleur, je pense que ça serait tout simplement le blanc. Parce que si j’ai bien retenu, le blanc est la somme de toutes les couleurs. Et en fait, le changement, il intervient dans tellement de façons différentes, dans tellement de situations différentes que… On pourrait imaginer que chaque couleur représente une situation. Sans définir, on n’a pas besoin de lister toutes les situations sans vieillir éventuelles, mais quand on rencontre, du moins quand on rencontre ou que l’on subit, ou en tout cas que l’on vit le changement volontairement ou non, il y a toujours un impact. Le changement a toujours un impact sur soi, sur les autres, sur notre entourage, directement et indirectement. Et finalement, ça change la couleur de notre vie. Au final, notre vie, elle est teintée de toutes nos expériences, de tout ce que l’on a rencontré, de tous ces petits changements ou gros changements. Et si on faisait la somme de tout ça, finalement, la couleur serait toujours la somme des couleurs précédentes. Et je ne vois le changement que comme pouvant être la somme de toutes les couleurs au final.
Olivier My 06:17
– Ça te convient.
Alain Delachaux 06:18
– Je trouve que c’est pas mal. Oui.
Olivier My 06:19
– C’est très bien.
Alain Delachaux 06:20
– Oui, mais c’est parce que je suis extrêmement fort.
Olivier My 06:22
– Et tu es un poète en même temps, derrière tout ça. Voilà.
Alain Delachaux 06:24
– Exactement, tout à la fois.
Olivier My 06:25
– Mais c’est vrai que… J’aime bien cette vision que tu as parce que finalement, que ce soit le changement, que ce soit dans notre vie de manière générale, il y a quelque chose qui reste toujours, malgré le fait qu’il y ait quelque chose qui bouge. Effectivement, même si c’est la somme de toutes les couleurs, peut-être que ce ne sera pas toujours à la même proportion tout le temps, mais il y aura toujours un petit peu de tout. Et avec une petite mouvance selon les besoins que l’on a, selon les contextes qui vont changer, selon les besoins qu’on a.
Alain Delachaux 06:52
– À bientôt.
Olivier My 06:53
– J’ai innové, on verra pour les prochaines questions.
Alain Delachaux 06:56
– Merci en tout cas d’être prêté à ce jeu-là.
Olivier My 06:59
– Quand on avait échangé ensemble, ce qui arrive quand même régulièrement ces derniers temps, il s’avère que moi je te rencontre souvent dans le cadre d’événements associatifs. Et tu m’avais dit à l’époque, moi le monde de l’associatif c’est quelque chose qui fait quand même partie de ma vie. Est-ce que tu peux nous en dire un peu plus ?
Alain Delachaux 07:17
– Ah oui, je confirme. L’associatif c’est quelque chose dans lequel j’ai grandi finalement. Non, je crois… que j’ai commencé, j’avais 16 ans. Je ne veux pas l’affirmer, mais on n’est pas loin, en tout cas.
Olivier My 07:27
– Dans ces eaux-là, quoi.
Alain Delachaux 07:28
– Dans ces eaux-là, j’ai commencé l’associatif dans ces eaux-là à 16 ans, avec une démarche qui était plutôt l’initiative de copains dans mon village, qui aujourd’hui est plutôt une ville, mais à l’époque c’était un village, on n’était que 3000 habitants, mais un gros village.
Olivier My 07:42
– Dans quel coin ?
Alain Delachaux 07:43
– Le Taillon-Médoc, donc en pour le New Bordelaise. Moi, je viens de Bordeaux. Je suis quelque part presque bordelais, pure souche. Un détail près, c’est qu’on en a déjà discuté ensemble, mais les auditeurs ne le savent pas. Je suis franco-suisse et je suis né en Suisse. Je fais partie de ces immigrés qui ont envahi le pays, ce beau pays qu’est la France. Je plaide non coupable, c’est ma mère qui a décidé de venir se marier avec un français, et je me suis retrouvé français, franco-suisse, je devais avoir 6 ans. On ne m’a pas demandé mon avis.
Olivier My 08:19
– Effectivement.
Alain Delachaux 08:19
– Voilà, mais je ne m’en plains pas, je suis très très heureux là où je suis. Toujours est-il que pour revenir sur l’histoire de l’association, c’était à l’époque, j’étais simplement venu donner un coup de main à des copains qui avaient monté une association, qui avait un but simple, c’était celui de garder des enfants avec des handicaps un peu forts, type autisme, trisomie et autres, pour permettre aux parents de ces enfants, donc de les garder le samedi après-midi et parfois le mercredi après-midi, pour permettre aux parents de ces enfants tout simplement d’aller faire les courses.
Olivier My 08:57
– Donc c’est redonner du temps ?
Alain Delachaux 08:59
– Redonner du temps aux parents. Et à l’époque, je ne me posais pas trop la question de l’associatif, mais j’ai trouvé le principe… Même pas génial, juste normal. Et cette association, pour la petite histoire, elle a maintenant 30 ans, elle existe toujours. Je n’ai donné un coup de main que pendant une année ou deux et très, très ponctuellement. Mais c’est ce qui m’a fait rentrer dans le monde associatif.
Olivier My 09:20
– Justement, le questionnement que j’avais, excuse-moi, je te coupe. Qu’est-ce qui, toi, t’a motivé à donner un coup de main ? Est-ce que c’était parce que c’était tes potes qui voulaient faire un truc et du coup, t’étais dans le coin et du coup, je t’ai dit pourquoi pas ? Ou est-ce que c’était la vocation de l’association ? Ou est-ce que c’était autre chose ?
Alain Delachaux 09:38
– Alors, c’était la vocation et le fait que c’était des potes. C’était franchement les deux.
Olivier My 09:41
– Tu pourrais très bien faire autre chose de ton temps libre.
Alain Delachaux 09:44
– Tout à fait, mais je crois qu’on ne se posait pas la question, en fait, à l’époque. Mon temps libre, ce que j’appelais mon temps libre, je le passais à la pêche.
Olivier My 09:51
– À la pêche, ok. Voilà.
Alain Delachaux 09:52
– À 16 ans, je prenais ma canne à pêche et j’allais pêcher tôt le matin, des fois avant d’aller en cours, j’allais pêcher, je revenais. On a le droit de pêcher à partir de l’heure du lever de soleil. J’allais de façon à pouvoir mettre mon bouchon dans l’eau à l’heure du lever de soleil.
Olivier My 10:08
– Tu y allais seul ?
Alain Delachaux 10:09
– J’y allais toujours seul. En fait, tu me croises toujours dans des mondes où il y a énormément de personnes, mais en fait, je suis un solitaire. Contrairement à ce qu’on pourrait penser, j’aime bien rester seul et être dans ma bulle, et comme ça, juste comme ça. Et donc, à cette époque-là, ben là. La pêche était une bonne solution. Et donc, je pêchais des fois avant d’aller en cours. Pour te dire à quel niveau quand même j’allais régulièrement à la pêche. Donc forcément, si je ramenais un poisson, mes parents râlaient parce que je le laissais dans l’évier et je partais en cours. Voilà. Et que je ne le vidais même pas. À force, j’ai fini par le vider avant de partir en cours. Mais bon, ça, c’est une autre histoire. Toujours est-il que oui, ça me paraissait évident. Non, après, c’est culturel dans le sens où j’ai grandi dans une famille croyante, catholique, pratique. qui grandit dans cette culture-là. On a toujours été dans le partage et ma mère était soignante. Donc, je ne sais pas, est-ce que c’est son influence ? Est-ce que c’est la religion ? Est-ce que c’est la somme de tout ?
Olivier My 11:10
– Il y a probablement un peu toutes ces couleurs-là.
Alain Delachaux 11:12
– Exactement. Si je reviens sur ton illustration. C’est pour ça que j’aime bien l’illustration des couleurs parce que je suis un melting pot à moi-même de couleurs. Et c’est ce qui m’a amené sur ce côté-là. C’est ma première action associative. Et après, j’ai enchaîné. J’ai enchaîné. Avant que tu enchaînes.
Olivier My 11:33
– Parce que je pense que tu as enchaîné et enchaîné. Et enchaîné et enchaîné. Exactement, je vais te garder un petit peu là. Qu’est-ce qu’on te demandait de faire à ce moment-là ? Donc cette première association-là.
Alain Delachaux 11:42
– Alors c’était vraiment très simple. Juste jouer avec les enfants. Alors la subtilité quand même, que j’ai oublié de préciser, c’est que la majorité des enfants en question, c’était des petits frères. ou petite sœur, ou grand frère, ou grande sœur, de copains ou d’enfants ou d’autres enfants que je connaissais très bien, qui avaient plus ou moins… On était dans un village quand même.
Olivier My 12:01
– Ah oui, effectivement.
Alain Delachaux 12:02
– Donc on se connaissait quand même tous plus ou moins. On connaissait les parents, on connaissait les enfants avec handicap. Et finalement, oui, c’était très basique. On jouait avec eux l’après-midi. Et ce simple geste d’aller passer du temps avec ces enfants-là suffit. pour permettre aux parents de prendre de l’air, d’avoir ce temps pour eux.
Olivier My 12:27
– Oui, je comprends.
Alain Delachaux 12:27
– Après, j’insiste sur le fait que je le fais ponctuellement. C’est-à-dire, c’était vraiment, ça me prenait une fois, pas forcément une fois par semaine. Alors, il y avait une périodicité. Certains copains y allaient toutes les semaines, tous les mercredis, tous les samedis. Ils étaient très, très investis. Moi, finalement, je venais donner un coup de main. Je venais voir les copains au passage. Enfin, voilà, c’était quand ça me prenait. Je n’étais pas ultra actif. Comme tu pourrais avoir une image de moi aujourd’hui.
Olivier My 12:54
– C’est pour ça que c’est intéressant de voir les débuts. En fait, tu as mis le pied un petit peu comme quand tu vas dans l’eau. Tu mets d’abord le petit doigt de pied, tu vois si la température te convient et puis tu vois si tu continues ou pas.
Alain Delachaux 13:04
– Exactement.
Olivier My 13:05
– OK, donc cette première association, c’est un regroupement entre une dimension éducative, une dimension, on va dire amicale, un peu un mouvement qui se fait avec les gens qui t’entourent.
Alain Delachaux 13:17
– Tout à fait.
Olivier My 13:18
– Et du coup, comment est-ce que ça enchaîne ?
Alain Delachaux 13:20
– Alors, comment ça enchaîne ? Ça enchaîne après avec des associations plutôt étudiantes. Parce que j’ai la chance, on va dire, parce que tout le monde n’a pas cette chance-là, mais j’ai la chance de faire des études. Un peu chaotique, un peu complexe. Je pense qu’il faudrait un autre podcast rien que pour parler de mes études.
Olivier My 13:36
– Du coup, juste pour nous donner une idée, sans rentrer dans toute l’aventure, c’est quoi comme genre d’études que tu as faites ?
Alain Delachaux 13:43
– Alors, j’ai fait des études d’électrotechnique.
Olivier My 13:45
– Électrotechnique ? Voilà. À Bordeaux aussi ?
Alain Delachaux 13:48
– À Bordeaux, et pas que, j’ai été… Alors, pour faire tout le parcours rapidement, j’ai fait un CAP BEP électrotechnique dans le banlieue Bordelais, au Vigeant, dans un lycée professionnel. Parce que tu comprends, je n’étais pas très, très fort à l’école. En fait, c’est plutôt que je m’emmerdais pour parler crûment. Voilà, là, j’ai trouvé un truc qui m’intéressait. Du coup, en fait, dernier de la classe, je suis passé premier de la classe. Et après, je suis resté quasiment premier de la classe, tout le reste. Comme quoi.
Olivier My 14:14
– Ça a un peu changé du tout au tout.
Alain Delachaux 14:16
– Voilà, c’est le… petite étincelle qui déclenche quelque chose. Je me suis passionné pour l’électrotechnique, pour l’automatisme, les automatismes industriels. Donc j’ai cheminé, je suis passé par la prépa, j’ai laissé tomber, je suis revenu sur Bordeaux, j’ai fait un IUT, j’ai fait une licence. Et puis là, il commençait à se faire tard un petit peu en termes d’âge, parce que j’ai justement pris le chemin qui était le plus sinueux et ça devenait un petit peu compliqué pour mes parents. Parce que ma mère étant soignante, le salaire n’était pas très très élevés. Et mon père était agriculteur. Donc, ça volait encore moins haut. En gros, c’est ma mère qui mettait un petit peu de beurre dans les épinards à la maison. Donc, forcément, un enfant, certes unique, mais un enfant qui fait des études, ça peut coûter très cher. Donc, je sentais bien qu’il était temps d’arrêter. Donc, j’ai arrêté.
Olivier My 15:04
– Ok. Donc, tu es arrêté à ce moment-là. Je suis fasciné par cette histoire de j’étais dernier et je suis devenu premier. C’est-à-dire qu’au-delà de ça m’emmerdait, c’est marrant parce que tu vois, c’est des discussions que j’ai avec les gens des fois. Je leur disais, moi, je ne me suis jamais posé la question de est-ce que j’aimais ou j’aimais pas. Tu vois, dans mes études, j’ai toujours fait parce qu’on m’avait dit qu’il fallait que je fasse. Peut-être que c’est aussi de l’éducation. mes parents qui m’ont dit Voilà, il faut que tu fasses ça à l’école, etc. Mais c’est vrai qu’il y a cette dimension où je rencontre de plus en plus de gens qui me disent « cette matière, je ne l’aime pas, donc je ne la travaille pas » ou « j’en sais rien » . Ce genre de trucs d’appréciation personnelle que d’un côté je trouve admirable, parce que ça veut dire quand même que tu te poses des questions en ce moment-là. Et en même temps, je me dis « tiens, c’est quand même dingue la différence que ça peut faire » . C’est-à-dire que de ton côté, tu faisais quelque chose au début qui ne te plaisait pas et du coup, tu étais nul de ce que tu disais. Et puis d’un coup, il y a ce truc qui a créé l’étincelle chez toi. Et puis d’un coup, tu as excellé. Tu vois, j’ai l’impression qu’il y a un côté tout au tout qui est quand même assez extraordinaire.
Alain Delachaux 16:09
– Ouais, mais en fait, c’est cette étincelle, si je l’analyse avec le recul que j’ai maintenant et puis ma vision de coach agile, etc. C’est simplement que j’ai récupéré un objectif. J’ai compris ce que je faisais. J’ai compris pourquoi j’y allais et j’y étais. le simple fait de découper Découvrir le monde de l’électricité, au départ quand même plutôt de bâtiments industriels et autres, c’était juste du concret. Alors que jusqu’au collège, parce que je suis sorti du collège et j’ai été directement là-dedans, alors qu’au collège, on était sur de l’abstrait. Ok, on apprend à écrire en français, du moins à parler français, à analyser des textes. On t’apprend deux langues parce que… première langue, bien sûr, j’ai eu la bonne idée de prendre l’allemand, tant qu’à faire, et d’être un peu bloqué parce que système éducatif français, il faut tout comprendre et tout savoir d’avance, limite c’est inadmissible que tu ne saches pas avant même de rentrer dans la salle de cours le thème que tu ne maîtrises pas, le thème qui va être abordé, on est dans ce système-là, donc j’ai été dégoûté de cette langue-là, alors que je voulais l’apprendre parce qu’étant franco-suisse, j’avais des Suisses-Allemands dans ma famille.
Olivier My 17:29
– Ah, dans ta famille ?
Alain Delachaux 17:30
– Oui, donc l’idée, c’était de comprendre aussi les Allemands et les Suisses-Allemands. J’ai un demi-frère qui habite à Hambourg, donc lui avait ses enfants qui parlaient allemand et français. Et donc, je voulais les comprendre quand ils parlaient entre eux. C’est tout bête, mais comme on passait des fois une partie de l’été ensemble, je voulais simplement comprendre ce qui se racontait.
Olivier My 17:52
– C’est le minimum entre les deux.
Alain Delachaux 17:54
– C’était ça ma motivation, mais en fait, même cette motivation-là n’a pas été assez forte pour que je ne sois pas dégoûté par l’apprentissage.
Olivier My 18:02
– Le système a vraiment totalement détruit la volonté initiale que tu pouvais avoir.
Alain Delachaux 18:08
– C’est ça, exactement. Et puis après, j’ai aussi un profil assez feignant. J’aime bien quand les choses sont faciles à faire. Quand il y a de la difficulté, je trouve des solutions pour que ça devienne facile. Mais je ne vais peut-être pas forcément m’attaquer directement à la difficulté. Donc là, j’étais en difficulté sur les langues. Ce qui était maths, physique, SVT, je n’en voyais pas l’intérêt. Je ne voyais pas où on allait, à quoi ça servait.
Olivier My 18:35
– Il y avait un côté trop théorique finalement. Oui, c’est ça. Il faut apprendre ces trucs-là pour finalement l’examen qui arrive après. Mais au final, à quoi ça va me servir pour le futur ?
Alain Delachaux 18:44
– Exactement. Du coup, je n’avais pas plus que ça, motivation de faire plus. Je n’étais pas non plus un grand sportif, donc je n’étais pas super fort en neuf. EPS, et puis on passait la moitié de l’année à aller dans le parc du coin pour courir en rond. Ouais, voilà.
Olivier My 19:03
– C’était pas une passion.
Alain Delachaux 19:05
– Faire pour faire.
Olivier My 19:06
– Mais du coup, pourquoi électrotechnique ? C’est-à-dire qu’à un moment donné, il a fallu choisir ce truc-là.
Alain Delachaux 19:11
– Stage de 3e. Pas plus compliqué que ça.
Olivier My 19:14
– Comme quoi ça sert alors ?
Alain Delachaux 19:15
– Ouais, comme quoi ça sert. En tout cas, pour moi, ça a servi, ça a enclenché un truc. Stage de 3e… Une connaissance de mes parents qui me prend en stage, qui se trouve être électricien en bâtiment, qui m’emmène pendant une semaine sur un chantier, qui me fait démonter des vieilles prises, qui me fait monter des nouvelles prises, etc. Je ne comprenais rien à ce que je faisais, mais je trouvais ça intéressant parce que je bricolais, je faisais des trucs. Et peut-être un peu aussi mon père, parce qu’en tant que paysan, comme beaucoup de paysans, en fait, quand on a peu de moyens et qu’on a des grosses machineries, il avait trois tracteurs, etc. Tu fais beaucoup, beaucoup de choses par toi-même.
Olivier My 19:49
– Oui.
Alain Delachaux 19:50
– Je le voyais bricoler, je le voyais faire des choses, c’est extraordinaire. Je l’ai vu fabriquer une remorque, je l’ai vu réparer son tracteur, bricoler des charrues, je l’ai vu… transformer une ancienne cuve qui servait au sulfatage, qui était en cuivre, en hôte de cuisine. Enfin voilà, tu vois, un objet qui en devient un autre dans les mains de ton père. Et puis, en plus, j’ai toujours eu la possibilité d’utiliser les outils, de faire ce que je voulais, etc., de bricoler. Donc là-dessus, pas de souci. Et je pense que la somme des deux a fait que. Et donc, derrière, les profs avaient décrété que j’étais foutu. De toute façon, il fallait que je parte dans une filière pro. Et du coup, je suis parti sur cette filière. Pro, qui était une filière qui correspondait à ce que j’avais fait comme stage. Et là, pareil, j’ai eu la chance de tomber sur un prof extraordinaire de pratique, Monsieur Roche.
Olivier My 20:42
– Colin Salu.
Alain Delachaux 20:43
– Colin Salu, je ne sais pas si… J’espère qu’il est encore de ce monde, parce qu’il n’était pas très jeune à l’époque. Ce professeur-là a tout simplement mis du concret dans mes mains et du coup j’ai creusé et j’ai fait un truc qui a s’idérer les enseignants d’ailleurs. On avait des cahiers d’exercices, notamment de physique, qui étaient de l’électronique, en fait, de l’électronique et de l’électrotechnique appliquée, très orientés dans les matières. Et première année, cahier, je commençais à faire deux, trois exercices qu’on nous donne à faire. Et puis, je ne sais plus pourquoi, alors je ne me souviens plus de la situation, mais je me souviens que je m’ennuyais à la maison. Le pourquoi, je ne sais pas. C’était les vacances de tout ça. J’ai continué les exercices. Et en fait, j’ai rempli la moitié du cahier sur des sujets qui n’avaient pas été traités. C’est-à-dire que j’ai été chercher les informations pour faire les exercices.
Olivier My 21:36
– C’est-à-dire que tu as occupé cet ennui.
Alain Delachaux 21:38
– Oui.
Olivier My 21:38
– Ça a été une envie suffisamment, je ne sais pas, intéressante, pertinente. Incroyable. Incroyable, oui.
Alain Delachaux 21:43
– C’est ça. J’avais crochet un truc que je pouvais creuser et qui m’intéressait, en fait. Et du coup, je suis revenu de vacances. J’ai donné le cahier à la prof de physique en lui disant est-ce que vous pourriez me corriger parce que je ne sais pas si c’est juste ou faux. Je me souviens encore de sa tête. Elle n’en revenait pas. Et je crois que ça a fait le tour des enseignants qui n’en sont pas revenus. Et du coup, qui m’ont pris tout sous leurs ailes respectives et qui m’ont boosté. Du coup, je me suis retrouvé, je me souviens, en deuxième année de BEP quand même, à préparer des exercices d’automatisme, donc d’automatisme industriel. Donc prévoir, alors ce n’était pas de l’algorithmie, c’était du Graph 7 à l’époque. Mais prévoir des exercices de Graph 7 que j’expérimentais avec les profs pour préparer les bacs pro, c’est-à-dire les… les suivants, les niveaux supérieurs sur ces domaines-là. Alors, avec le recul, ce n’est pas des trucs extrêmement compliqués. Une fois que tu as fait tes études et que tu retournes sur ces sujets-là, toujours est-il que c’est assez significatif de à quel point j’ai été creuser le sujet juste par passion.
Olivier My 22:45
– C’est ça qui fait pour moi la grosse différence de ton expérience, parce qu’encore une fois, effectivement, la difficulté, ce n’est pas tellement ça qui est intéressant. C’est le fait que tu fasses quelque chose hors de ton temps obligatoire sur tes études. sur ce fameux sujet qui a déclenché l’étincelle. C’est ça que je trouve fou.
Alain Delachaux 23:02
– C’est ça. Et en fait, l’animal Alain que tu as devant toi fonctionne comme ça. Aujourd’hui, il ne me demande rien au sujet de l’électrotechnique, de l’automatisme ou de l’électronique, alors que j’ai fait 9 ans d’études dedans. J’ai tout oublié.
Olivier My 23:16
– R.A.Z.
Alain Delachaux 23:16
– R.A.Z. Ah mais complètement. Alors si l’autre jour, je suis tombé sur un schéma, il y avait quelqu’un qui galérait dessus, je lui ai dit tiens t’es là qu’il était un peu surpris parce que le gars qui passe dans le coin, qui lit son plan et qui lui dit c’est là que tu t’es trompé, c’est un peu particulier. Donc ça revient plus à l’instinct. Mais je ne l’utilise plus. Un peu comme tout le monde finalement. Ceux qui ont fait des grandes études, qui ont fait beaucoup de mathématiques, des choses comme ça. S’ils ne l’utilisent plus dans leur quotidien, s’ils se remettent dedans, ils galèrent.
Olivier My 23:47
– Les doubles intégrales, dérivés.
Alain Delachaux 23:50
– Alors tu arrives devant et tu dis, ah oui, ça j’ai connu. Et là, tu as celui qui est en train de faire, qui dit alors, tu peux m’expliquer ? Non.
Olivier My 23:57
– Non, c’était très sympa à l’époque.
Alain Delachaux 23:59
– Mais c’était bien.
Olivier My 23:59
– J’étais très bon d’ailleurs à l’époque, mais là…
Alain Delachaux 24:02
– Exactement. Et du coup, là, c’est pareil. En fait, je me passionne pour un truc. Une fois que j’ai fait le tour, je passe à autre chose. Et c’est R.A.Z. du truc d’avant.
Olivier My 24:12
– C’est que tu dois finalement fonctionner par cycle ?
Alain Delachaux 24:14
– Oui, c’est ça.
Olivier My 24:15
– Donc, le démarrage d’un cycle, c’est vraiment la poussée d’énergie, d’envie. et puis là… qui t’enfer un peu trop sur le côté, etc. Et puis après, peut-être qu’au bout d’un moment, tu arrives au bout et puis tu découvres autre chose.
Alain Delachaux 24:27
– Et tu passes à autre chose.
Olivier My 24:28
– Ça veut peut-être dire aussi que tu ne fais pas plein de choses en même temps. Tu n’es pas le genre de personne qui est trop dispersée à faire plein de trucs en même temps.
Alain Delachaux 24:34
– Alors, je fais beaucoup de choses en même temps, mais sur le même thème.
Olivier My 24:38
– Oui, c’est ça.
Alain Delachaux 24:39
– Effectivement, je ne suis pas sur plusieurs thèmes en même temps. Par exemple, la pêche, je n’y vais plus.
Olivier My 24:44
– Plus du tout, là ?
Alain Delachaux 24:45
– Oui, je n’y vais plus.
Olivier My 24:46
– Mais est-ce que tu as la possibilité d’y aller ?
Alain Delachaux 24:48
– Oui.
Olivier My 24:49
– Ok. Ce n’est pas une question de « je ne peux plus parce que je suis plus loin » . Non.
Alain Delachaux 24:53
– J’ai des canapèches à la maison, j’ai acculturé mes enfants à la pêche, je leur ai fait découvrir, etc. Parce que ça reste quelque chose qui est de l’ordre de ma passion, en tout cas ancienne, donc je leur ai transmis les choses. Mais pour autant, j’y retrouve plus forcément une appétence énorme. Et j’ai eu ma phase aussi collectionneur de Lego. C’est pareil, je n’ai plus d’appétence dedans.
Olivier My 25:19
– Ça devient trop lourd maintenant à transporter.
Alain Delachaux 25:20
– Oui, c’est pas mal. J’en ai transporté pour aller à l’Agile Tour. Je me suis tué le dos.
Olivier My 25:26
– Je comprends.
Alain Delachaux 25:28
– Mais oui, effectivement. Et ça, c’est un peu au grand dam de ma femme qui, quand même, des fois, n’en peut plus de voir autant de Lego dans la maison. Et la poussière s’accumulait dessus. Et le fait que je fasse la poussière dessus, beaucoup moins souvent qu’elle sur le reste de la maison, parce que je fais partie de ces mecs qui sont un peu exclus des tâches ménagères. Bon gré, mal gré.
Olivier My 25:50
– Bon gré, mal gré.
Alain Delachaux 25:51
– Oui. Et donc, de temps en temps, je passe un coup d’aspirateur sur les Legos pour dépoussiérer. Mais voilà, ça encombre quand même la maison. Et je me dis, il faudrait que je les range quand même. Non, ils sont toujours là. Ça fait partie de ma vie.
Olivier My 26:05
– Oui, je comprends. Une partie de ta vie, en tout cas. Oui.
Alain Delachaux 26:07
– C’est ça.
Olivier My 26:08
– Du coup, tout à l’heure, je reboucle un petit peu avec l’associatif. Parce que tu parlais de ton parcours étudiant. Est-ce que c’est à peu près à cette période-là ? Ou est-ce que c’est un peu après, un peu avant ?
Alain Delachaux 26:18
– Alors, c’est pendant cette période-là. C’est pendant cette période-là ? Oui, tout à fait. Et je suis rentré sur des associations qui étaient quand même rattachées au milieu religieux.
Olivier My 26:26
– Ok.
Alain Delachaux 26:26
– Mais qui restent quand même des associations en soi. Et donc, j’ai été membre de pas mal d’associations actives. dedans, faire de… aller amener des trucs aux pauvres, enfin voilà, récolter de quoi manger pour les petits Africains ou je ne sais pas qui encore. Je me souviens à l’époque, il y avait, quand j’étais tout petit, c’était l’Ethiopie, mais après il y a eu d’autres choses. Enfin voilà, il y a eu toutes ces vagues de solidarité, etc. Donc j’étais pas mal là-dedans. Et après, je suis arrivé à la fac et puis là, c’était plutôt association d’étudiants, mais toujours autour de la religion. Et je me suis retrouvé président.
Olivier My 27:02
– Président d’une assoce ?
Alain Delachaux 27:03
– D’une assoce, voilà.
Olivier My 27:04
– Et quand tu dis, je me suis retrouvé président, c’est pas genre, tu vois, il y avait une place vide, tu t’es assis et puis tu te fais, bon bah voilà, ça y est, c’est fait.
Alain Delachaux 27:10
– Mais si. Non, c’est vrai. En fait, si, c’est ça. C’est le milieu associatif, depuis des années, et depuis même quand j’étais petit, c’est du moins quand j’avais cet âge-là, donc au sein d’entour des 25 ans, 25-30 ans, souffrait déjà de cette problématique de bénévolat.
Olivier My 27:27
– Oui.
Alain Delachaux 27:27
– Ce qui fait qu’aujourd’hui, tu rentres dans une association et tu dis je veux aider. Tout le monde va te sauter dessus. Il faut avoir déjà le réflexe de te protéger en mode « Non, mais je vous ai juste donné mon petit doigt, c’est pas le bras qu’il faut prendre dit, même le bonhomme en entier. » Donc là, déjà, il faut arriver à savoir dire non. C’est la complexité du dire non qu’on peut croiser à plein d’endroits. L’associatif, c’est le pire parce que finalement, « Ouais, t’es bénévole, mais tu comprends. » Et donc, on te fait culpabiliser derrière parce que voilà, on est des… pauvre membre de l’association et tu comprends, on souffre autant que toi donc bref, je te fais pas un dessin jusqu’au bout, tu vois la démarche intellectuelle derrière et du coup, il y a beaucoup beaucoup d’associations où en fait le président est un président ou le président ou la présidente évidemment, j’utilise le masculin parce que je suis un homme pour l’instant l’idée c’est le président il est souvent par défaut alors il y a quelques rares associations où il y a une vraie démocratie Parce qu’il y a plusieurs personnes qui sont hyper motivées, qui sont là et ils sont assez bénévoles. Et donc, il peut y avoir une espèce de concurrence entre personnes pour avoir le poste de président. Tout comme secrétaire trésorier. Ce n’est pas beaucoup mieux.
Olivier My 28:41
– Oui, après, c’est juste, on va dire, moins glorifiant peut-être.
Alain Delachaux 28:45
– Oui, c’est glorifiant. Bon, bref, il y a du taf dans les termes. Dès que tu es dans un bureau d’assaut, de toute façon, il y a à peu près le même niveau de taf. Le seul truc, c’est qu’effectivement, le président, c’est ce mot-là. terme président qui, comme on a la même chose à la tête du gouvernement, tout de suite c’est « Waouh, génial, Mr. President » . Mais en fait, pas du tout. C’est cet état juste, potentiellement plus d’emmerdes que les autres.
Olivier My 29:10
– C’est ça, s’il y a des problèmes, c’est potentiellement ta tête qui va être coupée. C’est toi.
Alain Delachaux 29:15
– Le moindre problème, qu’il soit financier, juridique, c’est toi d’abord. Si c’est financier, c’est aussi le trésorier, mais si c’est juridique, c’est que toi. Donc, ouais, c’est quand même pas la place. disons, la plus agréable finalement d’une association. OK, on a les lauriers. OK, potentiellement, là, quand j’ai été président d’association de parents d’élèves pendant presque 15 ans. Ouais, t’es invité tous les ans au vœu du maire. Donc, t’as des petits fours. Super. Tu écoutes le maire qui te raconte qu’il va révolutionner le monde. Mais en fait, ça n’a pas changé depuis l’année dernière. Et puis l’année prochaine, il te redira la même chose.
Olivier My 29:51
– Et au moins, tu manges bien.
Alain Delachaux 29:52
– Et pas tant que ça. Parce que tu sais ce que c’est quand il y a des buffets. Le temps d’arriver à atteindre le buffet, tu prends un truc. Après, tu en as quatre qui viennent s’agglutiner devant toi, entre toi et le buffet.
Olivier My 30:03
– C’est ça.
Alain Delachaux 30:03
– Quelqu’un qui te parle, tu te retournes, il n’y a plus rien sur le buffet. Et puis voilà.
Olivier My 30:07
– On n’a pas beaucoup de moyens.
Alain Delachaux 30:10
– Ouais, pas trop quand même. Mais pas sur les buffets municipaux. Municipaux.
Olivier My 30:14
– Ils ne se permettent pas quand même.
Alain Delachaux 30:15
– Pas ceux que j’ai vécu. Mais c’est surtout que t’as les lauriers parce que monsieur le maire t’invite une fois l’an. et puis… les élus, quand ils te croisent, ils disent « Ah, monsieur Delachaud, monsieur Delachaud par-ci, monsieur Delachaud par-là. » Typiquement, là, je me marre ces dernières années parce que je ne suis plus président de ces associations-là. Et quand je croise les élus, ils me font comme s’ils ne me reconnaissaient pas.
Olivier My 30:38
– Ah bon ? Parce que tu n’as plus le statut ?
Alain Delachaux 30:41
– Je n’ai plus le statut de président. Donc, je ne représente pas 400, 500 personnes potentiellement. Donc, pour eux, je n’ai plus d’intérêt.
Olivier My 30:51
– Oui, donc très rapidement.
Alain Delachaux 30:52
– C’est du jour au lendemain c’est incroyable c’est pas le plus intéressant d’être président mais en tout cas c’est la garantie pour l’association d’exister une association sans bureau, sans président secrétaire et trésorier il faut ces trois personnes à mi-main ne peut pas exister or l’importance pour toute association dans le fait d’exister c’est de pouvoir amener finalement l’action qu’elle fait prestation, j’aime pas trop le terme parce qu’il est plutôt.
Olivier My 31:21
– Et connotés en tout cas.
Alain Delachaux 31:22
– Connotés professionnels, mais en fait, l’association amène une prestation.
Olivier My 31:26
– Oui, tout à fait.
Alain Delachaux 31:27
– Que ce soit des repas distribués, que ce soit représenter des parents d’élèves dans une école, organiser une kermesse, que ce soit organiser des voyages, peu importe ce que fait l’association, elle amène quelque chose. Et pour qu’elle puisse le faire, il faut qu’elle existe en tant qu’entité juridique. Et pour exister en tant qu’entité juridique, il faut qu’il y ait ces trois personnes. chacune avec sa responsabilité. Et bien sûr, il y a des lois, il y a tout un tas de petits trucs comme ça à savoir. C’est comme tout, on en découvre tout le temps. Tout le temps, tout le temps. Mais c’est une aventure, finalement. On peut le dire à n’importe qui qui nous écoute. Si tu as envie d’aller dans une association et de prendre la présidence, dans la majorité d’entre elles, en moins de six mois, tu l’auras, la présidence.
Olivier My 32:10
– C’est intéressant parce que du coup, effectivement, ce que je vois, moi, dans les associations que je peux côtoyer, J’entends souvent… que le ou la présidente, c’est finalement un peu par défaut. C’est qu’il n’y a eu personne et du coup, une personne s’est désignée.
Alain Delachaux 32:25
– C’est ça.
Olivier My 32:25
– Et qui, au bout d’un moment, finalement, oscille aussi entre le fait d’être président ou présidente, où il y a donc un pouvoir de décision et qui, des fois, va influencer d’une certaine manière parce que chacun a sa vie, chacun a ses avis, etc. Et en même temps, le fait de se dire « Ouais, mais en même temps, il n’y avait personne d’autre. Donc, du coup, je suis là. Donc, vous n’êtes pas content de ce que je fais. » Et en même temps, des fois, Je donne de mon temps alors que vous auriez aussi pu vous bouger derrière. Et ça, je suis assez plus surpris maintenant. Mais je trouve qu’il y a un lien de corrélation, un minima, avec le côté bénévole. Je pense que ces deux aspects-là, je trouve, ensemble, font qu’il y a une sorte de tension étrange entre le fait de donner de soi, à la fois de son temps, de son énergie, de ses idées, de ses convictions, et puis finalement de… sa plage de risques, si je puis dire. Parce qu’en tant que président, comme tu me disais, il y a aussi le risque que tu prends sur tes épaules pour finalement quelque chose auquel tu n’es pas rémunéré, ou à minima tu es rémunéré par quelque chose d’autre que simplement de l’argent.
Alain Delachaux 33:29
– Oui, tu es rémunéré que par le retour des gens. Comme n’importe quel bénévole.
Olivier My 33:33
– Ton envie, on va dire, le fait de pouvoir contribuer à une action qui t’est chère.
Alain Delachaux 33:37
– C’est ça. Mais en soi, entre un bénévole… et un membre de bureau d’association, il n’y a pas beaucoup de différence. Les deux vont retirer du plaisir de ce qu’ils font. Il faut espérer.
Olivier My 33:50
– Espérons-le, effectivement.
Alain Delachaux 33:51
– Il faut espérer. Mais les deux modèles, finalement, donnent du temps, de l’énergie pour une action qui leur tient à cœur.
Olivier My 34:01
– Oui.
Alain Delachaux 34:02
– La différence va juste résider dans le titre que l’un va avoir et pas l’autre. Et du coup, le fait que l’un est libre. le bénévole, il peut disparaître du jour au lendemain. Alors on va s’inquiéter, on va être embêté parce qu’il ne sera pas là.
Olivier My 34:18
– C’est la force de frappe en moi en tout cas.
Alain Delachaux 34:20
– Oui, c’est ça, mais on ne va pas forcément lui reprocher de s’en aller. Tandis que le président ou le secrétaire ou le trésorier ou n’importe quel membre du bureau, mais surtout ces trois membres-là, le jour où il part, c’est vraiment une place vacante qui met en danger l’association. Et du coup, on peut limite lui reprocher. du moins d’abandonner en fait l’association. Donc c’est difficile de lâcher un poste de président.
Olivier My 34:45
– Si l’association te tient à cœur en tout cas.
Alain Delachaux 34:47
– Si l’association te tient à cœur. Et je me souviens la dernière année où j’étais président de l’association de parents de l’école élémentaire de mes enfants. Ça, c’était l’avant-dernière année. J’ai lâché la présidence. Pour pouvoir faire, en fait, un tuilage sur la dernière année, avec les suivants, pour pouvoir passer le relais. Parce que ça faisait déjà neuf ans que j’étais là et que je gérais le truc, et que tout le monde était très content que je gère. Mais voilà, donc c’est toi qui gères avec la mairie parce que la mairie ne te parle qu’à toi. Les autres n’existent pas, etc. Et le truc, c’est que pour faire ce tuilage, il a fallu que je sois Claire, nette et vraiment ferme, limite agressif. Dans le sens où l’année précédente, j’avais commencé déjà à dire, je laisse ma place, allez-y. Personne ne s’était positionné. Et j’avais dit, attention, l’année prochaine, je laisse ma place. Mais il n’y aura rien derrière. Malgré tout, le jour de l’Assemblée Générale, il a fallu que je propose d’aller en préfecture déréférencer l’association. pour que quelqu’un lève la main et dise « Ok, je vais bien prendre la place. .
Olivier My 35:57
– Il aurait vraiment fallu être au bord du précipice.
Alain Delachaux 36:00
– C’est ça. Mais vraiment que ce soit, parce que j’ai demandé au moins trois fois à l’Assemblée qui veut se présenter pour prendre la place de président. Et dans leur tête, ce n’était pas possible que je lâche cette place-là.
Olivier My 36:13
– C’était quand même une preuve de courage au final. Ou même un acte de courage.
Alain Delachaux 36:16
– C’est un acte de courage. Parce que c’est quand même terrible de devoir fermer une association. Je l’ai vu. de mes yeux vus, c’est quand même un sentiment d’échec énorme que d’en arriver là, à se dire, bon ben voilà, on a construit cet assaut, ou bien on l’a soutenu, et puis on la ferme. C’est une conclusion d’échec, c’est un peu, j’ai écouté tes podcasts et il y a une personne qui était venue sur un de tes podcasts qui parlait de comment elle avait dû fermer son entreprise.
Olivier My 36:43
– Tout à fait.
Alain Delachaux 36:43
– Voilà, et en fait, c’est la même chose. Un détail près, c’est qu’on est sur des enjeux financiers moins gros, qu’il n’y a pas de salariés, enfin voilà. Attention, dans des associations, il peut y avoir des salariés. Ce qui est encore plus grave. Mais toujours est-il que c’est le même sentiment finalement. Ce qu’elle décrivait, c’est le même sentiment que tu ressens quand tu fermes une association. Ce gros sentiment d’échec et finalement de trahir les autres.
Olivier My 37:06
– De trahir les autres ?
Alain Delachaux 37:07
– Oui, dans le sens où, comme les autres partent du principe que c’est toi qui tiens l’association, vu que c’est le dernier bureau qui ferme l’association finalement, tu as le sentiment en tant que membre du bureau de trahir ceux qui… qui étaient là comme bénévoles, libres de partir, comme je te disais tout à l’heure.
Olivier My 37:23
– Mais qui croyaient en toi, dans le fait que le bateau t’a toujours. C’est marrant l’image que ça me donne, c’est comme si tu tenais la dernière corde qui était attachée au mât du bateau.
Alain Delachaux 37:32
– Ouais, c’est ça.
Olivier My 37:33
– Et tout le monde était là à nettoyer le… Je ne suis pas très bon en vocabulaire marin. Mais en tout cas, le fait que tu lâches le bateau, en fait, le bateau s’en va. Et du coup, les gens sont là à te regarder, dire mais du coup, tu ne tiens plus ? Nous, on fait quoi maintenant ? En fait, c’est naturellement, si toi tu lâches, tout le monde s’en va Il y a un côté où, alors qu’avant, eux, ils s’en allaient quand ils voulaient, mais ils pouvaient revenir quand ils voulaient.
Alain Delachaux 37:56
– Oui, c’est intemporel. L’association est là tout le temps.
Olivier My 37:59
– Mais c’est vrai qu’il y a une dimension effectivement émotionnelle derrière de se dire, je suis l’association d’une certaine manière, parce que si moi je lâche, je m’en vais.
Alain Delachaux 38:09
– C’est ça. Et tu as beaucoup d’associations qui tiennent finalement sur les épaules d’une ou deux personnes les piliers de l’association. Mais du coup, Pour ces personnes-là, même s’il y a une question d’ego qui est flattée, d’importance, en tout cas on a l’impression d’exister à travers.
Olivier My 38:28
– Peut-être.
Alain Delachaux 38:30
– Il y a quand même cette charge derrière. Il y a ce poids. Ils sont aussi conscients que les autres autour d’eux qu’ils sont l’association finalement. Et d’ailleurs c’est le risque dans l’associatif, que l’association devienne non pas l’idée initiale d’un regroupement de personnes autour d’un but, mais qu’elle devienne… Du coup, plutôt, le faire de l’an, c’est une personne qui veut à tout prix atteindre ce but-là. Et finalement, il y a quelques gens qui restent parce que, bon, le pauvre, on ne va quand même pas l’abandonner depuis le temps qu’il se bat pour ou qu’elle se bat pour. Mais en fait, qui n’ont même plus envie, plus que ça, de faire avancer les choses. Ou bien qui ont essayé de changer les choses, mais comme on est rentré dans une telle routine, qu’on est dans le contexte que l’on trouve aussi dans les entreprises du « on a toujours fait comme ça » . on se retrouve avec des associations où il y a des gens finalement t’as des présidents, ils sont là depuis 30 ans oui tout à fait, ça j’en connais aussi et ça c’est une catastrophe parce que ça veut dire que ce n’est plus une association c’est une personne qui gère quelque chose limite une entreprise l’association est là juste pour justifier juridiquement les choses et derrière les gens viennent et souvent ne restent pas d’ailleurs parce qu’ils ne sont pas intégrés.
Olivier My 39:46
– Non, parce que souvent les gens qui restent, généralement en plus… garde le même esprit qu’il y a 30 ans.
Alain Delachaux 39:52
– Exactement.
Olivier My 39:52
– Et du coup, en fait, c’est plus le véhicule pour continuer à exister plutôt que finalement, c’était quoi cette conviction initiale qui peut-être aujourd’hui mérite d’être mis au goût du jour et comment est-ce que j’intègre les nouvelles personnes pour redonner un élan.
Alain Delachaux 40:07
– Tout à fait. C’est ça, c’est pour une association, cette problématique, c’est de savoir se renouveler comme une entreprise au final.
Olivier My 40:13
– Exactement. C’est pour ça que je faisais beaucoup de raccrochements avec le monde de l’entreprise. Parce qu’effectivement, le monde de l’association, c’est qu’il n’y a pas d’enjeux. On va dire qu’il y en aurait, mais du coup, au départ, il n’y en a pas tant que ça. Des enjeux financiers, au sens où tu dois faire quelque chose parce que tu es payé pour. Alors attention.
Alain Delachaux 40:31
– Parce qu’elles sont un but non lucratif. Parce que tu peux avoir des associations à un but lucratif.
Olivier My 40:34
– Effectivement, effectivement. Disons que là où, en tout cas, je regardais la chose, c’était dans le monde de l’entreprise, tu as un contrat. Et derrière ce contrat, tu es rémunéré. donc c’est à dire que ta mise en mouvement est faite par un échange financier, ce qui n’est pas le cas dans le cadre d’une association telle qu’on le décrit ici, où en fait, tu le fais simplement par rapport à l’énergie que tu as envie d’y fournir, et normalement, on va dire, l’adhésion que tu as à l’objectif que sert cette association.
Alain Delachaux 41:04
– Ah oui, clairement.
Olivier My 41:04
– Et donc, je trouve que ce qui est intéressant dans le monde associatif de ce genre-là, ça veut dire qu’il y a vraiment un objectif auquel se raccrochent les personnes. Et je trouve que c’est un petit peu ce que l’on oublie en entreprise. C’est-à-dire qu’il y a beaucoup de gens qui sont là, qui ont un contrat et sont payés pour être là.
Alain Delachaux 41:22
– Tout à fait.
Olivier My 41:23
– D’accord ? Je caricature un peu, c’est que normalement, elles ont une mission.
Alain Delachaux 41:26
– Oui.
Olivier My 41:27
– Mais tu dois le voir autant que moi, beaucoup de personnes, des fois, ne savent pas trop pourquoi elles sont là, où il n’y a pas cette énergie, on va dire, de conviction personnelle, de fierté, de contribuer à quelque chose. C’est, il faut que je fasse ça, parce que c’est mon boulot de tous les jours, parce que je dois manger, quoi.
Alain Delachaux 41:41
– C’est ça, c’est le job alimentaire c’est ça C’est souvent triste d’ailleurs quand on constate ça, mais après tout.
Olivier My 41:48
– C’est une réalité.
Alain Delachaux 41:50
– C’est une réalité pour beaucoup de gens. Après, honnêtement, il y a certains métiers, c’est très rare de trouver des gens qui ont vraiment une fibre pour faire ce métier-là. Les métiers de l’ombre sont souvent plutôt alimentaires que portés par une fibre quelconque.
Olivier My 42:07
– Oui, je te rejoins. C’est vrai qu’encore une fois, quand je dis ça, c’est pas tellement… Le fait de mettre en avant, oui, les gens qui n’ont pas de conviction, ce n’est pas bien. C’est plus de se dire qu’on pourrait potentiellement trouver quelque chose qui nous porte pour donner une énergie différente à notre quotidien. C’est-à-dire qu’effectivement, quand tu vas dans une usine, par exemple, et que tu fais quelque chose de très mécanique, soit tu as la passion, on va dire, du mécanique et de l’efficacité opérationnelle, j’en sais rien, quelque chose qui te donne une étincelle. Mais il y a quelque chose, en fait, qui est, un, très fatigant, deux, qui est potentiellement lié aussi un métier que tu n’as pas choisi, mais qui t’a été imposé. Et je pense qu’effectivement, c’est cette nuance-là qui fait la différence. Tu vois, de se dire, est-ce que finalement, j’y suis allé de mes propres volontés, de mes propres convictions, ou est-ce que du coup, il faut survivre dans la vie et du coup, je fais comme je peux, quoi ?
Alain Delachaux 42:58
– C’est ça. C’est dans quelle situation tu es. Est-ce que tu es plutôt dans la survie ou est-ce que tu n’es pas dans la survie et tu peux vivre ? Ta passion, c’est vraiment cette vision-là qu’il faut garder en tête. Et c’est vrai que là, il y a un petit peu la différence quand même avec l’associatif, parce que tu ne fais pas d’associatif pour survivre.
Olivier My 43:16
– Oui, c’est un truc à côté.
Alain Delachaux 43:17
– C’est forcément un truc à côté. Et d’ailleurs, il y a beaucoup d’associations qui aident les gens qui sont plutôt dans la survie, qui sont tenues par des gens qui sont aussi dans la survie.
Olivier My 43:29
– Ah ouais ?
Alain Delachaux 43:29
– Ouais, c’est assez impressionnant. Alors, ça fait longtemps que je ne fraye plus dans ces milieux-là, mais autrefois, le Secours Populaire, les Restos du Coeur… Et puis d’autres endroits, je sais à Bordeaux par exemple, il y avait une distribution de repas tous les midis pour les sans-abri qui avaient lieu dans le sous-sol d’un centre religieux. Eh bien là, il y avait des sans-abri qui donnaient un coup de main. Et tous les midis, alors qu’eux-mêmes étaient bénéficiaires.
Olivier My 43:56
– Ce qui veut quand même dire qu’au final, déjà tout le monde peut contribuer à une association lorsque finalement l’objectif est quelque chose qui est porteur pour toi. et que tu n’es pas juste auto-centré. C’est-à-dire que c’est des gens qui donnent encore plus d’eux-mêmes vu qu’eux sont également dans le besoin.
Alain Delachaux 44:14
– C’est ça. Mais au final, ils donnent ce qu’ils ont, du temps. Du temps et des bras. Et beaucoup d’associations ont besoin de temps et des bras. Les entreprises aussi, c’est vrai, mais elles le payent, ce temps et les bras en principe.
Olivier My 44:28
– Effectivement, en principe. Mais justement, toi qui as continué à naviguer dans les associations, Est-ce qu’il y a des aventures particulières que tu pourrais nous raconter ? À la fois dans les hauts et dans les bas, bien sûr, les bas sont plus croustillants, mais des choses qui te font dire que le monde associatif est quand même très apprenant aussi.
Alain Delachaux 44:48
– Oui, il est ultra apprenant. Je pense à ce petit bout, justement, cette distribution de repas que j’ai croisé par hasard. En fait, ce n’est même pas une association dans laquelle il est doigt, c’est juste une, ni même le pied, ni un cheveu. C’est juste une association que j’ai croisée dans mon parcours à moins associatif, parce que j’étais à l’époque dans des associations qui étaient dans le même référentiel, on va dire, d’activité. Cette association qui distribuait des repas m’a surprise dans le sens où… Elle était ouverte et accueillait tout le monde. Et c’est là que j’ai été vraiment surpris de cet accueil que pouvaient avoir les sans-abri. Et je me souviens d’une fois, comme ça, je me baladais dans Bordeaux et un sans-abri me demande à manger. Et je lui dis, écoute, écoutez, plutôt parce que je suis quand même poli avec les gens que je ne connais pas. Écoutez, si vous voulez, je sais, là, on est bientôt à midi. Je sais que pas loin, il y a un endroit où je peux vous amener. et vous aurez à manger. Il me dit, ah bon, je ne suis pas au courant. Je lui dis, écoutez, venez avec moi. Et donc, je l’ai accompagné, on a marché, donc on a papoté tous les deux, il était super content. Je ne sais plus de quoi on a parlé, mais je me souviens qu’on a beaucoup discuté. Et je l’ai amené dans ce lieu-là, et il a été accueilli à bras ouverts, il a pu manger, etc. Je ne l’ai jamais recroisé. Mais l’existence d’une asso qui fait ça, et le fait de le savoir, et pouvoir faire bénéficier quelqu’un de ça, Rien que ça, c’est un plaisir incroyable. Et en fait, cette satisfaction que l’on peut avoir en voyant les autres prendre du plaisir ou en tout cas avoir un sourire par rapport à une action associative, que ce soit une association sportive où les gens kiffent de faire leur sport ou bien les enfants kiffent de faire leur sport, que ce soit une asso de parents d’élèves qui organisent une fois l’an une kermesse, mais où tout le monde a le smile pendant la kermesse. Tu ne vois jamais des parents qui font la gueule quand leurs gamins sont en train de danser devant eux. Ou bien quand ils sont en train de faire de la pêche à la ligne ou je ne sais pas quoi, tout le monde a le smile. C’est ça en fait le paiement de l’année de travail de l’associatif derrière. J’ai été aussi dans la maison de quartier, de mon quartier, etc. Le paiement, c’était de voir les gens avoir plaisir en vivant les animations que la maison de quartier faisait.
Olivier My 47:07
– C’est vrai, vous avez la possibilité de créer des expériences.
Alain Delachaux 47:11
– Tu crées des trucs où les gens… ont plaisir. En fait, c’est un peu comme quand tu travailles, que tu es au service des gens. J’ai fait de l’outline pendant super longtemps. Quand tu fais de l’outline, que tu dépanne la personne en face. Ce sourire que tu entends, inaudible, mais que tu entends, c’est ça qui est incroyable avec le sourire. Ce soulagement que tu entends derrière, c’est un truc génial. Évidemment, tu rentres dans le contexte de Yann Le Carman. Tu as mis ta cape de super-héros et tu es le sauveur. Il n’y a pas de souci. Et c’est un peu ça aussi quand tu fais de l’associatif, quand tu commences à amener quelque chose aux gens et qu’ils sont super contents, finalement, t’es le sauveur. Même s’ils sont pas vraiment victimes, tu leur amènes un truc. Bon, bref, voilà, il y a cet ego qui est flatté. Au final, tout ça, c’est ultra égoïste. Après, c’est mon analyse. Ça fait super longtemps que j’analyse mon comportement comme étant, en fait, ultra égoïste. Mais en fait, je trouve que c’est très égoïste. En fait, on le fait pour soi avant de le faire pour les autres. Tout ce que l’on fait pour les autres, finalement, on le fait pour soi. avant de le faire pour les autres, parce qu’on a ce côté où on va finir par être sauveur de l’autre, qu’il l’ait demandé ou pas.
Olivier My 48:17
– Et c’est ça qui est intéressant dans ce que tu dis, parce que je pense que ça, ça vient aussi beaucoup de la culture religieuse ou sociétale dans laquelle on peut naviguer, où finalement le don et le sacrifice, c’est quelque chose qui est plutôt bien vu. Et donc du coup, le fait de donner, le fait de dire « Moi, il me suffira que du pain et de l’eau, et toi, tu peux faire ce que tu as à faire » , tu vois. Quelque chose qui est bien vu, mais la réalité du terrain et de la vie, on va dire, telle qu’on le voit, n’est pas si noire ou blanche. Et en réalité, il y a quelque chose qui a besoin d’être nourri, si ce n’est par de la nourriture, mais vraiment de sens, de joie, d’expérience. Et je te rejoins tout à fait. Moi, je me rappellerai toujours des conversations que j’avais eues dans le passé. C’est plus facile de se rappeler de conversations dans le passé, tu me diras.
Alain Delachaux 49:02
– Oui, c’est sûr.
Olivier My 49:02
– Mais on me disait, tiens, la modestie. On parlait de la modestie. Et on me disait, la modestie, en fait, c’est l’art de faire dire aux autres ce que tu penses de toi-même.
Alain Delachaux 49:14
– Oui, c’est une bonne définition, je trouve.
Olivier My 49:15
– Et je trouvais ça vachement intéressant comme manière de voir les choses. C’est-à-dire qu’effectivement, je pense qu’il y a toujours un acte égoïste, au sens absolu du terme.
Alain Delachaux 49:25
– Sans jugement.
Olivier My 49:26
– Dans ce que l’on fait. Même si c’est pour les autres, même si c’est pour soi. Et je pense qu’on a un peu diabolisé l’égoïsme, tu vois, en le mettant du côté, c’est pas bien de penser qu’à soi, etc.
Alain Delachaux 49:37
– Ouais.
Olivier My 49:37
– Mais je pense qu’à force de penser qu’aux autres aussi, on s’oublie soi et c’est ce qui amène aussi aux problématiques extrêmes de l’autre côté.
Alain Delachaux 49:44
– Complètement, complètement. Oui, je le vois moi dans mon parcours. C’est que de l’égoïsme en fait au final. Je suis un gros égoïste, mais je le sais. Typiquement, les assauts de parents d’élèves. Je te disais, j’y ai passé 15 ans. Mais j’y ai passé 15 ans, pas pour les enfants des autres, pour les miens. Pour une raison toute simple, c’est que c’était le meilleur moyen d’être au contact avec l’école et d’avoir, pas contrôle, mais d’avoir en moins la parole. dans les décisions qui sont prises au sein de l’école au sujet de tes enfants. Alors, bien sûr, tu t’occupes de tous les enfants. Oui, tout à fait. Mais en vrai, tu penses d’abord aux tiens. Et d’ailleurs, quand tu vas prendre position, c’est au regard de ce que tu sais de tes enfants. Parce que finalement, tu connais tes enfants. Enfin, tu les connais. Je crois qu’on ne connaît jamais ses enfants, mais tu as une idée sur tes enfants. En tout cas, tu sais à peu près comment ils réagissent et ce dont ils ont besoin. Et finalement, c’est ça. Et moi, si j’ai commencé dans ce monde-là, ce côté-là de l’associatif, c’était ultra égoïste. C’était parce que je m’étais fritté avec une enseignante et que je voulais être en face, c’est-à-dire prendre en main les choses et ne pas être en train de subir. Et bien sûr, comme on disait tout à l’heure, la place de président est tellement facile à prendre qu’il a suffi que j’aille à une réunion. Je suis ressorti de la réunion, j’étais président des parents d’élèves et j’y suis resté 15 ans.
Olivier My 51:12
– Mais je pense que tu vois, l’élément supplémentaire que j’aimerais ajouter, c’est-à-dire que tu vois, on pourrait t’entendre dire voilà, ok, t’es qu’un gros égoïste, d’ailleurs tu le dis toi-même, etc. Ouais.
Alain Delachaux 51:22
– C’est vrai.
Olivier My 51:23
– Je pense que fondamentalement, tu vois, la plupart de nos actes, inconscients à minima, mais quand ils sont conscients, ils sont faits quand même à notre avantage. Alors moi, je ne crois pas, alors peut-être que c’est ma naïveté qui est peut-être encore là, je ne crois pas en fait aux actes généreux, on va dire désintéressés.
Alain Delachaux 51:42
– Ouais.
Olivier My 51:42
– Tu vois, moi, je ne crois pas à ça.
Alain Delachaux 51:43
– Ça parle toujours quelque part de soi.
Olivier My 51:45
– Pour moi, il y a quelque chose qui est chez soi après. C’est juste qu’on a tendance à diaboliser la chose, tu vois. Mais par exemple, quand je t’entends parler de… Moi, au départ, je l’ai fait pour mes enfants. Ce que je trouve déjà remarquable, c’est que tu as osé faire quelque chose pour ne pas subir la situation. Ce que tu vis, et pour moi, déjà, ça change la donne. C’est-à-dire que, ne serait-ce que pour tes enfants, tu as osé prendre de ton temps, de ton énergie, pour aller finalement, si ce n’est combattre, au moins faire face à l’enseignante en question. Tu dois aller manger des petits fours avec des gens des fois que tu ne veux pas aller voir.
Alain Delachaux 52:20
– Oui, te taper beaucoup de réunions aussi. Beaucoup, beaucoup de réunions. Non mais voilà.
Olivier My 52:24
– Donc tu dois prendre quand même pas mal de temps. C’est-à-dire qu’en fait, tu payes aussi de toi en faisant ça. Ce n’est pas juste à ton avantage, c’est que derrière, il y a des contraintes que tu as acceptées. Mais tout ça, c’est pour créer un avenir qui s’avère être plus positif pour tes enfants. Mais l’élément qui pour moi est fondamental et que je trouve est à valoriser, c’est que tu l’as aussi fait pour les autres. Au final, derrière, ça veut dire que tu le fais de manière égoïste au départ, parce qu’on a beau dire, on a tous ces affinités, il y a toujours des gens qu’on aime plus, qu’on aime moins, mais il y a une notion d’égalité, une notion, on va dire, je ne sais pas comment décrire ça, mais disons, une volonté de bien faire. Pour se dire, en fait, vous aussi, vous faites partie de l’association. Il s’avère que moi, à un instant T, j’ai eu l’énergie pour me mettre devant. Mais voilà, je vais servir mes enfants peut-être devant, mais vous aussi, vous allez en bénéficier. Et c’est ensemble qu’on va réussir à créer quelque chose de positif ensemble.
Alain Delachaux 53:18
– C’est clair. Surtout sur des trucs qui concernent des écoles, parce que toute décision, de toute façon, concerne l’ensemble des élèves. Donc, quoi que tu fasses, il faut forcément tenir compte du bloc. Quand tu as 400 enfants ou 500 enfants, ou comme au collège de mes enfants, il y en avait 800, quand tu orientes des décisions d’un conseil d’administration, etc., en prenant position en tant qu’association de parents d’élèves, tu le fais pas pour un gamin, c’est sûr.
Olivier My 53:45
– Oui.
Alain Delachaux 53:45
– Voilà. Et mes enfants m’ont avoué que ça les avait quand même mis en difficulté, souvent, le fait que je sois le président des parents d’élèves, parce qu’au final, ils avaient la pression, parce qu’ils étaient surveillés sans arrêt par les enseignants. Comme ils étaient connus, ils étaient… repéré comme étant les enfants du président.
Olivier My 54:09
– C’est comme le fils de la prof, etc.
Alain Delachaux 54:12
– C’est exactement la même chose, mais c’est approchant. Le fils de la prof, c’est souvent par rapport aux autres élèves. Où il y a une jalousie, un truc comme ça. Là, mes enfants, c’était par rapport au fait que tous les adultes avaient un œil bienveillant sur eux. Et donc, veillant, c’est-à-dire qu’en gros, ils avaient les adultes sur le dos tout le temps. Oui.
Olivier My 54:34
– Oui.
Alain Delachaux 54:35
– Et quand t’es gamin, t’aimes bien pouvoir aller faire des fois des trucs que les adultes ne veulent pas que tu fasses. Et du coup, ils avaient la surveillance. Tu vois, si typiquement, je me souviens de mon petit dernier qui, quand il est arrivé au collège, l’année précédente, a visité le collège avec sa classe de CM2. Et puis, c’est la principale du collège qui m’a raconté ça. Elle me dit, j’entends une petite fille qui dit, elle s’appelle comment la dame ? Et un petit garçon répondre, Corinne. Et là, je relate toujours la situation, elle se retourne, elle voit ce petit garçon. et elle lui dit mais on se connaît. Et bien sûr, le petit garçon tout peuneau, etc. Et elle lui demande son nom. C’était forcément mon nom de famille. Et là, elle comprend comment ce gamin qui arrive de nulle part peut connaître le prénom de la principale. Et du coup, elle le prend sous son aile, etc. Mais après, c’était fini. Il était identifié pendant ses quatre ans de scolarité. C’est aussi ça le travers. Alors effectivement, ça nous fait sourire, nous adultes. Mais… Mais pour un enfant, c’est autre chose. T’as quand même la principale du collège qui t’a, tac, pris en photo et qui sait de suite qui tu es pour le reste de ton séjour dans l’établissement.
Olivier My 55:56
– Ça, c’est sûr. Et heureusement que c’est plutôt du bon côté à ce moment-là. Ça pourrait très bien être de l’autre côté.
Alain Delachaux 56:01
– Ça pourrait être de l’autre côté, effectivement.
Olivier My 56:03
– Mais c’est vrai que là, cet exemple-là est génial pour comprendre l’influence que ça a et comme quoi chaque acte individuel… quoi qu’il arrive, des impacts autour de toi.
Alain Delachaux 56:13
– Sinon.
Olivier My 56:14
– Il ne faut juste pas faire d’enfant. Mais du coup, tu n’es plus président de parents d’élèves.
Alain Delachaux 56:18
– Tu n’as pas de raison d’y être, en tout cas. C’est moins légitime. Il vaut mieux que tu fasses d’autres assauts dans ces cas-là.
Olivier My 56:26
– Merci en tout cas pour ces exemples-là. Il y a une chose qui me vient à l’esprit, au travers de nos échanges ou de nos déambulations sur les quais de Bordeaux. Tu m’avais raconté une histoire qui tournait autour Alors, je ne sais plus exactement, c’est pour ça que je vais te demander un petit peu d’éclaircissement sur ça, mais qu’il y avait des regroupements de gens qui se créaient justement contre les associations. Est-ce que tu te rappelles de ça ?
Alain Delachaux 56:52
– Ah ouais, alors ça c’est…
Olivier My 56:53
– Et moi, du coup, je me dis mais il y a des gens qui se réunissent, qui prennent du temps.
Alain Delachaux 56:58
– Qui prennent du temps, ouais.
Olivier My 57:00
– Pour aller emmerder des gens qui, eux aussi.
Alain Delachaux 57:03
– Prennent du temps pour essayer de créer quelque chose, pour aider d’autres. Et eux.
Olivier My 57:07
– Ils se réunissent pour se dire mais comment est-ce que je vais… Oh ! empêcher des gens de faire ce qu’ils ont envie de faire, alors qu’en gros, personne finalement n’est payé pour ça. Et moi, j’ai trouvé ça à la fois fou et fascinant.
Alain Delachaux 57:20
– Mais ça, c’est une mésaventure qu’on a eue sur l’association bordelaise de Kraft, dans laquelle j’ai la chance d’être vice-président. Alors bien sûr, je tairai le nom des gens et les détails exacts. Oui.
Olivier My 57:31
– Bien sûr.
Alain Delachaux 57:32
– Parce qu’on ne va pas relancer la polémique.
Olivier My 57:34
– Puis ce n’est pas l’objet, mais je trouve que le processus lui-même est intéressant.
Alain Delachaux 57:37
– Toujours est-il qu’il s’est passé qu’on a quelqu’un sur notre Slack qui a tenu des propos qui n’étaient absolument pas recevables. Et du coup, on l’a exclu juste du Slack. Et derrière, on a considéré qu’il n’était plus membre de l’association.
Olivier My 57:54
– Donc Slack qui est le mode de communication que vous aviez. Voilà.
Alain Delachaux 57:57
– Et en gros, c’est le vecteur principal d’existence de l’association. C’est-à-dire comme c’est une association plutôt orientée professionnelle, c’est des software craftsmanship. and company là donc plutôt une grosse asso de dev de développeurs informatiques c’est un Slack qui donc pour ceux qui connaissent pas Slack c’est une espèce de gros blog où les gens mettent des ou un gros groupe WhatsApp quoi en fait oui c’est ça un messagerie instantanée finalement où les gens peuvent parler d’un thème ou d’un autre et donc il y a des canaux de discussion sur différents thèmes etc et donc il y a beaucoup beaucoup d’échanges entre professionnels mais pas que on va parler de vélo, on va parler de parentalité, des choses comme ça. Un petit peu comme on peut trouver dans pas mal de groupes finalement.
Olivier My 58:39
– Oui, tout à fait.
Alain Delachaux 58:40
– Et donc, cette personne-là avait tenu des propos qui n’avaient pas lieu d’être. Donc, on l’avait retiré de ses accès. Et aussi, il était membre de l’association. Donc, on l’avait déchu de son droit de membre d’association.
Olivier My 58:55
– Donc, vous, en tant que bureau, en tant que responsable, vous avez eu le droit de le faire ?
Alain Delachaux 59:00
– Alors, on avait le droit. Mais, les statuts datés de 2006 étaient très idéaux, on va dire, dans le sens où en fait, pour pouvoir exclure quelqu’un de l’association à l’époque, il fallait convoquer la personne de moins à l’avance, à comparaître en présence devant le bureau, pour se défendre de la situation, et le bureau ne pouvait statuer de l’exclusion qu’après. Or, nous, on l’a exclu avant. Bon, jusque là, on peut se dire… OK, ils ont viré, machin. Sauf qu’on n’a pas eu de chance. On est tombé sur quelqu’un qui appartient à un de ces groupes-là dont tu parlais. Donc, je ne me souviens plus du nom du groupe, mais c’est un groupe d’activistes qui, en fait… dans ses vocations, c’est marqué sur leur site web quand même.
Olivier My 59:49
– Oui, c’est pour ça que quand je m’en racontais, j’étais surpris.
Alain Delachaux 59:52
– C’est de déstabiliser l’État français à travers une déstabilisation du réseau associatif français. C’est ça leur objectif. Et tu te dis, mais pourquoi ?
Olivier My 1:00:06
– Mais du coup, ça veut dire que dans leur cas, c’est une association avec un président, un trésorier, un secrétaire ? Alors.
Alain Delachaux 1:00:13
– Je n’ai pas creusé jusque-là, je ne saurais pas dire. En tout cas, c’est un groupe de personnes, donc il y a peut-être une asso. C’est un groupe de personnes qui a des avocats, qui font partie de ce groupe-là, en tout cas, qui sont salariés de cet ensemble-là. Donc, alors, comment ils sont structurés ? Est-ce que c’est un parti ? Est-ce que c’est un groupe ? Je n’en sais rien du tout. Toujours est-il qu’il y a cet élément-là. Et du coup, on est tombé sur une personne qui en faisait partie, qui a fait marcher son avocat. et c’est l’avocat de ce groupe qui nous a attaqué en justice Et bien sûr, on a perdu parce que blablabla, on ne va pas s’étendre sur le truc. Et donc, on a revu les statuts depuis. Ils sont carrés, ils sont nickels. J’en ai fait bénéficier d’autres assos de toutes les failles que l’on a vues dans nos statuts. En fait, dès que je voyais les mêmes failles ou que j’entendais d’autres assos parler de leur statut, où il y avait les failles, je leur donnais le truc. Donc, il y a eu plein d’autres assos qui ont fait des changements de statut après.
Olivier My 1:01:03
– Mais c’est important parce que du coup, c’est un peu comme tout. C’est-à-dire que les règles telles qu’elles sont faites sont censées être protectrices.
Alain Delachaux 1:01:10
– Oui.
Olivier My 1:01:11
– Et là, il s’avère que malheureusement, vous êtes tombé sur quelqu’un qui avait pour vocation de détruire et de déstabiliser. Donc en fait, elle est tombée sur la faille et puis elle a fait trembler le système.
Alain Delachaux 1:01:22
– Elle a fait trembler le système et elle aurait pu détruire l’association si on n’avait pas eu suffisamment de finances. Parce que ce qui s’est passé, c’est qu’il y a eu procès. Alors le procès visait simplement le cas de, est-ce que la personne est membre ou non de l’association ? Et est-ce qu’on avait le droit de… Le sujet de l’exclusion. Juste le sujet de l’exclusion. Rien de plus, rien de moins. Le juge a déterminé que non, on n’était pas légitime à l’avoir exclu. On était légitime à refuser son intégration sur les années suivantes. Donc, en fait, sa cotisation et donc le fait de venir dans l’association, mais on n’était pas légitime à l’avoir exclu. Mais du coup, comme on était coupable, on a dû payer les frais de justice, dédommager l’intérêt à la personne et une amende. Donc, pour une association, ça monte très, très vite en termes de chiffres. Même pour un particulier, mais on est, je ne sais plus, ça a dû nous coûter entre 5 et 6 000 euros.
Olivier My 1:02:15
– Ce qui est toujours une somme.
Alain Delachaux 1:02:16
– Ce qui est une somme non négligeable quand même. Et heureusement, on avait suffisamment de trésorerie et on a pu encaisser. Et ensuite, on a eu des dons de membres qui ont rééquilibré tout ça. Donc, ça s’est passé douloureusement, mais pas en mettant trop en danger l’association, heureusement. Mais du moins, tu prends n’importe quelle autre association dans laquelle j’étais, les 6 000 euros, ils n’y étaient pas. Donc ça veut dire que derrière, non seulement l’association doit déposer le bilan en soi, mais c’est le président qui paye le restant.
Olivier My 1:02:46
– Oui.
Alain Delachaux 1:02:47
– Et oui. Et c’est là que c’est pas du tout drôle.
Olivier My 1:02:50
– Oui.
Alain Delachaux 1:02:51
– Et donc, j’ai toujours pas compris pourquoi il y avait ce souhait d’estabiliser le réseau associatif. Toujours est-il que cette démarche existe. Existe. Et donc, il y a des avocats spécialisés dans ce sens-là qui les aident. et, à contrario, il y a des avocats qui… presque bénévolement, aident les associations à se défendre contre ces gens-là.
Olivier My 1:03:12
– Ah oui, donc du coup, tu as découvert aussi, on va dire, le côté de la lumière, si je puis dire. Oui, oui.
Alain Delachaux 1:03:18
– Mais c’est un petit peu comme tout. C’est comme dans les histoires des réfugiés, des gens qui sont sans-abri et autres. C’est pareil, tu as des réseaux incroyables d’interconnexion entre les centres sociaux, les associations, les bénévoles, médecins sans frontières, médecins du monde qui sont aussi implantés. implantés, surtout médecins sans frontières, qui sont implantés en France, et qui aident à accompagner les gens qui, plus ou moins dans la légalité, créent des squats pour que les gens puissent être à l’abri, parce que les structures de l’État ne sont pas capables d’encaisser tous les sans-abri et tous les demandeurs d’asile. En termes d’hébergement, il y a tout ce réseau-là, tous ces tissus un petit peu qui existent, et en fait, à chaque fois, on découvre finalement des trucs incroyables qui sont construits. par des humains qui ont juste envie, finalement, de faire des choses bien, en tout cas d’aider les autres.
Olivier My 1:04:12
– Et c’est ça la beauté aussi, justement, de ce qu’on va dire à l’associatif, c’est des gens qui se réunissent pour créer quelque chose. Et bien évidemment, quand des gens veulent créer des choses, il s’avère, moi ça m’avait vraiment abasourdi de me dire qu’il y a des gens qui se réunissent pour aussi détruire des choses. Mais du coup, toi, ça a été aussi, je suppose, un apprentissage ? Je ne sais pas si c’était quelque chose que tu connaissais avant ?
Alain Delachaux 1:04:32
– Non, ça, ce truc-là, je l’ai découvert. Ça a été d’ailleurs un sacré choc parce que j’ai réalisé le nombre d’années où j’avais été dans des associations qui auraient pu largement être dézinguées par des actions de ce style-là. Et où ça m’aurait coûté de sacrées plumes, à titre personnel.
Olivier My 1:04:51
– Oui, effectivement.
Alain Delachaux 1:04:51
– Et évidemment, mon positionnement sur la vision de la présidence d’une association a beaucoup évolué. Autant avant, ça ne me posait aucun problème de prendre la présidence d’une association, parce que je n’avais pas cette conscience de jusqu’où ça pouvait aller finalement. Même si je le savais, même si c’était quelque part implicite écrit, mais il ne me serait jamais venu à l’idée que… À part un accident, ils puissent y avoir un truc comme ça, tu vois.
Olivier My 1:05:20
– Là, ça a pris des proportions qui sont quand même bien différentes. Oui, c’est ça.
Alain Delachaux 1:05:23
– C’est-à-dire que ce que j’envisageais en tant que président, c’est plutôt les problématiques. Quelqu’un se blesse pendant un événement.
Olivier My 1:05:29
– Oui.
Alain Delachaux 1:05:29
– Il y a un accident quelconque, etc. Effectivement, je suis aussi responsable juridique. Donc, mon souci, c’était qu’on ait l’assurance qui va bien, qu’on puisse gérer en cas de souci, etc. Et ma responsabilité juridique, je la voyais sous cet angle-là.
Olivier My 1:05:43
– Oui, je comprends.
Alain Delachaux 1:05:44
– Et depuis, effectivement… C’est vrai que je ne suis plus président d’association depuis 4-5 ans. Et depuis cet événement-là, j’avoue que je n’ai plus tout à fait la même appétence qu’avant à aller vers la présidence Saint-Bureau.
Olivier My 1:05:59
– Ce qui peut aussi se comprendre en même temps. Entre guillemets, du coup, tu n’étais pas président à ce moment-là non plus.
Alain Delachaux 1:06:06
– Non plus.
Olivier My 1:06:06
– Mais en tout cas, on va dire que ça a brûlé des ailes pas si loin de toi.
Alain Delachaux 1:06:11
– Ah oui, tout à fait.
Olivier My 1:06:11
– Vous en êtes sorti, tant mieux. Mais effectivement, ça aurait pu être pire. Mais après cet événement-là, tu as quand même décidé de continuer dans les assos.
Alain Delachaux 1:06:19
– Ah, bien sûr. Oui, parce que pour moi, l’important, c’est le partage. Et les associations dans lesquelles je suis, alors maintenant, je ne suis plus que dans deux, mais les…
Olivier My 1:06:29
– Plus que dans deux, c’est déjà pas mal.
Alain Delachaux 1:06:33
– C’est vrai, en te disant ça, je me suis dit, mais qu’est-ce que je raconte ?
Olivier My 1:06:36
– Ne t’inquiète pas, je ne l’aurais pas laissé passer.
Alain Delachaux 1:06:42
– Donc, je ne suis plus que dans deux associations. Mais j’y suis en tant que membre, pour l’une, membre fondateur, certes, mais membre. Et pour l’autre, je suis vice-président, c’est-à-dire que je n’ai pas de valeur juridique. La vice-présidence, c’est juste un titre honorifique. Ça pourrait être chef des moutons, ça serait exactement la même chose. Donc, ça fait plaisir, c’est rigolo, ça permet de bricoler des trucs. Mais en fait, le président reste président, trésorier, presse, trésorier, etc. En fait, je suis membre du bureau avec un titre. Effectivement, c’est poser la question de prendre la place du président, là où je suis vice-président. Sam, tu n’écoutes pas quand je dis ça, s’il te plaît. Je me suis posé la question parce qu’en fait, le président propose depuis hyper longtemps de laisser sa place. Comme toi.
Olivier My 1:07:33
– Dans l’autre association.
Alain Delachaux 1:07:34
– Exactement. Et en fait, comme je me suis vu à sa place, je me suis dit, pourquoi pas le soulager de ce truc-là.
Olivier My 1:07:40
– Il est temps. Il a fait son temps. Voilà.
Alain Delachaux 1:07:42
– Qu’il puisse respirer. Je sais qu’il sera en backup, donc qu’il puisse respirer. Mais en même temps, je me dis que si je prends la place, c’est pour partir quelques années. Et au vu de la situation, si tu veux, ça m’a fait partir en arrière. Parce qu’au final, maintenant, je vois présidence égale risque financier égale mise en danger de mon cocon familial.
Olivier My 1:08:04
– Oui, tout à fait. Et c’est quelque chose qui est important à avoir en tête. Et c’est au final aussi honorable.
Alain Delachaux 1:08:10
– Oui.
Olivier My 1:08:11
– De faire un pas de côté pour maintenir finalement une sécurité qui est beaucoup plus prévisible dans un monde aujourd’hui où tout est possible.
Alain Delachaux 1:08:19
– Mais au final, en en discutant avec toi, je suis en train de visualiser la stratégie des groupes qui veulent déstabiliser. Parce que si les gens ont peur de prendre une présidence, il n’y a plus de présidence. S’il n’y a plus de présidence, il n’y a plus d’association. Et donc, s’il n’y a plus d’association, il n’y a plus de vie sociale. Parce qu’il faut aussi être conscient que la plupart des… Du moins, que même pas la plupart. La vie sociale qu’il y a en France, je ne sais pas dans les autres pays, mais en France maintenant, est portée par des associations. Ce n’est pas les municipalités, ce n’est pas l’État qui le porte. Les municipalités vont subventionner des associations pour qu’elles puissent faire des animations, des choses comme ça. Mais ça reste des associations derrière. Donc, s’il n’y a plus d’associations, il n’y a plus de vie sociale. S’il n’y a plus de vie sociale, il n’y a plus de cohésion. entre les gens, et s’il n’y a plus de cohésion entre les gens, on continue dans cette espèce de spirale de l’individualisme que l’on vit en France de plus en plus. Et on partira vers un éclatement effectivement de la France en tant que France, en tant que pays, en tant qu’ensemble citoyen.
Olivier My 1:09:28
– C’est marrant parce que ça me rappelle la période du Covid. C’est-à-dire que je ne me rendais pas compte de l’impact social des restaurants.
Alain Delachaux 1:09:39
– Oui, c’est incroyable.
Olivier My 1:09:41
– Et en fait, quand tout s’est fermé, c’est vrai que je me rappelle de tous ces moments, on se dit, mais du coup, on se réunit où ? Qu’est-ce qu’on fait ? Il y a plein de gens qui me disent « mais ouais, mais moi, en fait, j’allais le matin prendre un café dans le bar d’à côté, etc. » Et puis, il y avait des gens autour. Ce n’est pas forcément le fait d’interagir avec les gens directement et le fait de voir qu’il y avait des gens, le fait justement qu’il y ait ce mouvement collectif à un instant T quelque part. Et c’est vrai que je fais le rapprochement avec les associations sous un autre angle. Mais cette dimension sociale, est-ce qu’il fait vivre finalement le pays d’une manière ou d’une autre et donne un peu de couleur à la vie des gens ?
Alain Delachaux 1:10:17
– C’est ça, c’est structurant. Et d’ailleurs, c’est un gros problème qu’ont les municipalités en général, c’est cette existence d’associations. Quand elles voient qu’il y a des associations qui ont quasiment plus de bénévoles, ou bien qu’elles ont dix associations, mais que dans les dix associations, c’est tous les mêmes bénévoles, eh bien, il y a cette inquiétude aussi que peuvent avoir les élus et qu’il est légitime de se dire, mais mince, c’est vraiment ultra, ultra instable. Et on est sur une période finalement de complexité par rapport au bénévolat, au vivre ensemble. Et malheureusement, ça ne va pas en s’améliorer.
Olivier My 1:11:00
– Oui, je comprends.
Alain Delachaux 1:11:01
– On a de plus en plus de personnes âgées, en fait, dans les associations. Qui dit personnes âgées dit fin d’activité. C’est triste à dire, mais oui. On est tous programmés pour s’arrêter un jour, donc on est plutôt sur la fin. de notre fonctionnement que sur le début de notre fonctionnement, quand on arrive à un certain âge. Alors, ok, on est à la retraite, ok, on est disponible, mais on est sur la fin. Et la relève n’est plus là. Et ça devient un vrai, vrai problème pour le monde associatif, dans son intégralité d’ailleurs.
Olivier My 1:11:30
– Et c’est plus du quoi ? Un désengagement, tu penses ? Ou une focale différente ?
Alain Delachaux 1:11:35
– Un désengagement culturel, du moins c’est culturel.
Olivier My 1:11:38
– Oui.
Alain Delachaux 1:11:39
– Les gens… s’engage de moins en moins. Comme je le disais tout à l’heure, on est sur un triste constat de sociétés de plus en plus individualistes. Sauf en cas de grosse crise. On parle du Covid, mais s’il y a un accident au bord de la route, tu vas avoir 80 personnes qui seront là avec leur téléphone en train de filmer, ça c’est sûr, mais tu en auras toujours un ou deux qui viendra pour essayer d’aider les autres. Et ce côté empathique, ce côté solidarité entre humains existe toujours. Mais il faut que ce soit une crise pour qu’ils se réveillent.
Olivier My 1:12:12
– C’est vraiment en bas du mur que les gens se réveillent.
Alain Delachaux 1:12:15
– C’est ça. Alors que finalement, il y aurait quand même besoin, dans notre pays au global, et certainement dans d’autres, que les gens fassent société et vivent ensemble un peu plus qu’on voit actuellement. Tu vois, comme tu disais, je vais dans le bar boire mon café. Ce n’est pas grave si je ne connais pas les autres tours. Mais au final, est-ce que c’est vraiment pas grave ? Je reste quand même seul au milieu de la masse. Je sais que je ne suis pas tout seul physiquement, mais finalement, je suis toujours tout seul. Cette personne-là qui te disait ça, peut-être ce qui lui manquait, c’était peut-être l’interaction humaine avec la personne qui lui servait son café. Et peut-être aussi ces interactions humaines que l’on a juste en regardant les gens.
Olivier My 1:13:01
– C’est vrai.
Alain Delachaux 1:13:01
– Tu vois, le fait de voir toujours la même personne qui vient prendre le café en même temps que toi.
Olivier My 1:13:06
– Ça crée une proximité sans forcément qu’il y ait échange de paroles, ce genre de choses.
Alain Delachaux 1:13:10
– Tu ne la connais ni d’Ève ni d’Adam, mais peut-être que le jour où la personne ne vient pas, tu vas t’inquiéter pour elle.
Olivier My 1:13:16
– C’est vrai.
Alain Delachaux 1:13:17
– Et quand elle revient à nouveau, tu as limite un soulagement parce qu’elle est revanche. C’est juste incroyable ça quand même. Et en fait, c’est ce besoin finalement de référence sociale. L’être humain est fait pour vivre en société, ce qui a avéré en fait, ça a été prouvé X fois, qu’une personne est seule finalement, dépéris. Celle qui n’a plus de contact avec le reste de la société, dépéris. Mais ce n’est pas forcément être en train de manger tous ensemble et de jouer à un jeu de société, par exemple. Ça, effectivement, c’est le step d’après. C’est le côté actif. Voilà, c’est le côté actif de l’interaction. Mais l’interaction peut être le simple fait du bonjour ou du sourire d’une autre personne qui fait que, tiens, elle m’a vu, donc j’existe, vu qu’elle m’a souri, vu qu’elle m’a regardé. Et qu’elle s’est arrêtée sur moi, ça veut dire qu’elle m’a vue.
Olivier My 1:14:07
– Donc, elle a passé du temps.
Alain Delachaux 1:14:09
– Pour moi.
Olivier My 1:14:09
– Tant qu’on ne la récupère pas.
Alain Delachaux 1:14:11
– Exactement.
Olivier My 1:14:11
– Effectivement, pour moi.
Alain Delachaux 1:14:13
– Tu vois. Et donc, ça, c’est… Exister est nécessaire. Et c’est vrai que de plus en plus, on le perd. J’ai eu un temps, organiser des repas entre voisins. Tu sais, la fête des voisins.
Olivier My 1:14:26
– La fête des voisins, oui.
Alain Delachaux 1:14:27
– La fête des voisins. Les deux premières années, il n’y avait pas beaucoup de monde, mais il y avait des gens qui venaient. et puis tout d’un coup il n’y avait plus plus personne. On s’est retrouvés juste avec mes voisins les plus proches. Du coup, on s’est dit, à quoi ça sert de se mettre… Oui, voilà, c’est ça. Si personne ne vient… On a essayé deux années d’affilée, puis après, on a laissé tomber. Donc, on s’est fait chez nous les trucs. Et puis maintenant, on s’est un peu perdu de vue parce que la vie n’a fait que… C’est ça aussi. Quand tu organises une fête des voisins, que tu communiques toujours de la même manière, toujours aux mêmes endroits les affichettes, c’est des affichettes que tu mets dans le quartier, parce que tu n’as pas les coordonnées des gens. Et puis que tu vois que la quantité de personnes diminue de plus en plus pour arriver à zéro, tu te dis qu’il y a quand même un problème dans notre société aujourd’hui. Bon, c’était avant le Covid. Peut-être que si j’aurais essayé aujourd’hui, mais je n’ai plus l’énergie, ça marcherait mieux. mais peut-être pas plus.
Olivier My 1:15:23
– En tout cas, l’expérience, ça peut être essayé si un jour tu le souhaites et tu reviendras nous dire maintenant j’ai essayé, je peux vous le dire.
Alain Delachaux 1:15:34
– The stand-alone.
Olivier My 1:15:35
– En tout cas, merci beaucoup Alain pour tout ce trajet qu’on a fait ensemble dans le monde de l’associatif. Je ne pensais pas qu’on irait dans tous ces sens-là. C’est ça la beauté aussi de la chose, de voir que l’associatif, ce n’est pas juste le petit truc du coin avec des bénévoles qui font des choses, Il y a quelque chose de social derrière, qui génère un véritable changement dans la société, parce qu’on voit effectivement, et tu le partageais, sans ces associations-là, il n’y aurait finalement pas autant de vie dans notre quotidien.
Alain Delachaux 1:16:03
– Oui, c’est ça. Et c’est basé sur le fondement de l’associatif, c’est forcément de l’interaction humaine, puisque une association ne peut pas exister s’il n’y a pas au moins trois personnes qui se réunissent avec un but. Et même si c’est juste le but de faire un truc tous ensemble.
Olivier My 1:16:18
– C’est déjà suffisant pour générer un mouvement.
Alain Delachaux 1:16:20
– Tous ensemble, c’est quand même un mouvement. Après, qu’il soit que ces trois personnes soient ouvertes à d’autres ou pas, ça c’est un autre débat. Mais toujours est-il que déjà, ces trois personnes se réunissent et échangent et vivent quelque chose ensemble. Et c’est ça la notion d’association, finalement.
Olivier My 1:16:35
– Bien, merci pour cette belle dernière phrase.
Alain Delachaux 1:16:38
– Chouette.
Olivier My 1:16:40
– Comme tu le sais, malheureusement, il y a toujours une fin à un épisode. Ce qui ne veut pas dire qu’il n’y en aura pas d’autres. bien évidemment mais au moins pour celui-là je te propose qu’on s’arrête là parce que il y a une dernière partie que tu connais parce qu’effectivement tu as écouté quelques épisodes de podcast légèrement justement donc j’ai préparé des cartes et pour une fois toi il s’avère que tu les connais donc c’est ça il va falloir que je les change au bout d’un moment parce que sinon ça va faire vraiment rituel je les connais et je les utilise tu les connais et tu les utilises donc ça va être encore plus marrant quand tu vas voir lesquels je vais tirer ouais je suis curieux donc je vais les prendre vas-y Et donc, je vais les mélanger. Et du coup, je vais te proposer d’en tirer une. Tu vois qu’il y a différentes couleurs.
Alain Delachaux 1:17:25
– J’en prends une rouge.
Olivier My 1:17:26
– Une rouge. Donc, je te propose de la lire et puis d’y répondre.
Alain Delachaux 1:17:30
– Curieusement, c’est un as de trèfle, dis donc.
Olivier My 1:17:32
– C’est un as de trèfle.
Alain Delachaux 1:17:33
– Tu me crois, bien sûr.
Olivier My 1:17:34
– Tout à fait.
Alain Delachaux 1:17:35
– Ah, très bien. Alors, que retires-tu de tes relations, entre parenthèses, amicales ou amoureuses, qui se sont terminées ? De bons souvenirs. En fait, une relation peut s’arrêter, des fois bien ou moins bon gré ou mal gré. J’ai des amis qui ont disparu. Cette particularité, c’est que comme c’est des amis, ils savent qu’ils peuvent redébarquer à tout moment, il n’y a aucun souci. Certains l’ont fait. J’ai eu la surprise de voir débarquer quelqu’un au bout de 15 ans sans nouvelles. On a pris un apéro, il a mangé à la maison, il m’a raconté sa vie, où il en était et puis il est reparti. Et depuis, je n’ai plus de nouvelles et ça fait déjà au moins 6-7 ans. Mais ce n’est pas grave. Et finalement, ce que je vais retirer de tout ça, c’est forcément le fait que c’était des gens qui font partie de ma vie. On s’est quittés. Peut-être qu’on se retrouvera plus tard. Et c’est OK. Oui, je n’ai pas mieux comme réponse.
Olivier My 1:18:38
– Il n’y a pas une attente particulière de ta part ? Non.
Alain Delachaux 1:18:41
– Non. Alors, c’est peut-être aussi avec l’âge, mais j’ai appris aussi à lâcher prise. C’est-à-dire que je me laisse porter. Oui, je suis peut-être, quand les gens disparaissent, je suis peut-être blessé. Je vais me poser la question du pourquoi. Qu’est-ce que j’ai pu faire mal ? Par définition, je pense que j’ai fait mal. Qui fait qu’ils ont disparu. Mais ça se trouve, ils ont disparu pas forcément parce que j’ai fait mal. Et comme je me suis aperçu avec le temps que de toute façon, je n’avais pas de réponse à cette question, j’ai appris à lâcher. Donc bon, ben voilà. Imaginons qu’on ne se voit plus, Olivier.
Olivier My 1:19:16
– Je n’imagine pas ça encore.
Alain Delachaux 1:19:18
– Non, mais voilà. Dans dix ans, peut-être qu’on se recroise. Et pour moi, ce sera un plaisir de te retrouver comme si hier, on s’était vus.
Olivier My 1:19:27
– Oui, je comprends. C’est vrai que dans ce que tu dis, là où ça résonne, parce que c’est quelque chose que je partage souvent, c’est que dans les interactions qu’on peut avoir avec les personnes, on peut avoir cette impression qu’une action est faite contre nous. soit parce qu’on a fait quelque chose de mal, soit quelque chose qui était perçu comme étant mauvais, etc. Mais les gens peuvent aussi faire des actions pour elles.
Alain Delachaux 1:19:49
– Tout à fait.
Olivier My 1:19:50
– Ce qui n’est pas forcément en lien avec nous directement, c’est juste que nous on le vit comme ça. finalement en interaction avec cette personne-là. Et effectivement, c’est peut-être ce que tu as vécu avec ses amis. Ils sont juste partis parce que c’était leur projet, etc. Après, qu’est-ce qu’ils font qu’ils ne t’ont pas contacté ? Par exemple, j’en sais rien. Dans leur départ, en fait, on n’en sait rien. Mais ce n’est pas forcément contre toi, du coup.
Alain Delachaux 1:20:08
– En même temps, qu’est-ce qui fait que je ne les ai pas contactés ?
Olivier My 1:20:10
– Effectivement, c’est aussi ça, toujours le sujet, oui.
Alain Delachaux 1:20:13
– Parce que c’est pareil. Moi aussi, je ne suis pas très très fort dans ce domaine-là.
Olivier My 1:20:18
– Je trouve que c’est de plus en plus dur.
Alain Delachaux 1:20:20
– Oui, c’est vrai. Donc.
Olivier My 1:20:21
– Est-ce que, encore une fois, c’est la société d’aujourd’hui ? Peut-être, peut-être pas, mais à nous, je pense, de maintenir ces fameuses trois noisettes que je vois sur la table et qui me refont la connexion. Toujours trois noisettes en tout cas. Merci pour cette première question. Je te propose de… Tiens, je vais les remélanger, si tant est que ça change quelque chose. Je te propose d’en choisir deux maintenant. Tu vas lire les deux et puis tu vas choisir celle laquelle tu souhaites. Allez, j’en prends une bleue et une rouge. Tu tombes sur… L’as de cœur cette fois.
Alain Delachaux 1:20:55
– Alors oui, l’as de cœur et l’as de carreau. Alors, si je te dis famille, quels sont les trois mots qui te viennent à l’esprit ? Explique-les-moi.
Olivier My 1:21:06
– Ça c’est la première.
Alain Delachaux 1:21:07
– Ouais. Quelles sont les personnes les plus marquantes, entre parenthèses positivement, de ton enfance ? Pourquoi ? Bon écoute, je réponds à celles des personnes de mon enfance.
Olivier My 1:21:19
– Ok.
Alain Delachaux 1:21:20
– Et peut-être que je ferai l’autre.
Olivier My 1:21:22
– Ok, très bien, vas-y.
Alain Delachaux 1:21:24
– Alors, quelles sont les personnes les plus marquantes positivement de ton enfant ? C’est pourquoi ? Eh bien, mon grand-père. Mon grand-père, c’est quelqu’un que je n’ai pas connu longtemps. De mémoire, il est décédé, j’avais 11 ans. Et alors, pour la petite histoire, le début de ma vie, j’ai grandi chez mes grands-parents. Ma mère et moi étions hébergés chez mes grands-parents. Et donc, en fait, ma mère travaillait souvent de nuit. Donc, c’était mon grand-père et ma grand-mère qui m’éduquaient.
Olivier My 1:21:53
– Ok.
Alain Delachaux 1:21:54
– Donc, les deux personnes qui m’ont le plus marqué dans mon enfance, c’est mon grand-père et ma grand-mère. Mon grand-père, parce qu’il est décédé, je n’étais pas très vieux. Et surtout, c’est lui qui m’a mené à l’école. C’est lui qui m’a mené au parc. C’est avec lui que je jouais. Et tout d’un coup, il est tombé malade et il n’y avait plus d’interaction. Et ça m’a marqué. Je me souviens que je ne comprenais pas pourquoi tout d’un coup, je ne pouvais plus jouer avec mon grand-père. Alors, pas de chance, il a eu Parkinson. Et donc, il s’est détérioré. Je mets des guillemets, les gens ne le voient pas, mais je ne le comprenais pas. J’étais relativement jeune et j’étais très malheureux d’être chez mes grands-parents et de ne pas pouvoir interagir avec mon grand-père, etc. Ça m’a marqué, mais il a quand même eu le temps de me donner une passion pour la découverte des choses. Il m’a fait découvrir la photographie. Il était passionné de photographie. alors je ne suis pas comme mes cousin et cousine qui était plus grand que moi et à qui il a carrément enseigné comment développer des pellicules, etc. Je n’ai pas eu cette chance-là, mais par contre, il m’a appris à prendre des photos. Et ça, pour moi, c’est hyper important. Et derrière, c’était un monsieur qui était un ancien polytechnicien, directeur des chemins de fer suisse, fédéraux suisse, CFF. Il a supervisé la construction de barrages hydroélectriques. Et j’ai découvert ça, en fait, c’est ce qu’il y a. constitué un petit peu toute mon enfance. Alors, pour info, l’histoire des barrages, je l’ai découvert après avoir commencé à me passionner avec l’électricité, l’électronique, etc. Je l’ai découvert après parce que ma grand-mère m’a dit « Mais attends, t’as tel sujet, tu me parles, tu me dis que tu dois faire des exposés sur tel truc, mais ton grand-père, il a tout ça, regarde. Regarde les bouquins là-bas. » Et j’ai ouvert les bouquins, je me suis retrouvé avec des plans de barrages, avec des explications sur les turbines, etc.
Olivier My 1:23:44
– L’aide de radeau.
Alain Delachaux 1:23:45
– C’était juste merveilleux. Donc, ouais, ce monsieur qui s’appelait Paul Delachaud, il était marquant pour moi. Il a travaillé sur le premier batiscaf. Donc, il faut savoir que les sous-marins qui sont d’exploration, il faut savoir que les premières plongées de batiscaf, à ma connaissance, je me trompe peut-être, ont eu lieu sur le lac Léman. Le lac Léman fait plus de 600 mètres de profondeur. Et donc, ils ont été testés là. Et mon grand-père faisait partie des équipes qui avaient travaillé sur la conception du batiscaf en question.
Olivier My 1:24:16
– Génial.
Alain Delachaux 1:24:17
– Donc pour moi, c’était un modèle qui me conduit encore aujourd’hui. Et l’autre personne, c’est ma grand-mère avec tout l’amour qu’elle m’a donné. Et petite histoire, j’étais son préféré et grosso modo de tous mes cousins, cousines. Je suis le seul qui a une vision positive de ma grand-mère.
Olivier My 1:24:35
– Comme quoi ?
Alain Delachaux 1:24:36
– C’est assez surprenant. Et effectivement, donc ma passion pour les pâtes et pour la cuisine, c’est ma grand-mère.
Olivier My 1:24:43
– Super. Ce que je te propose, c’est d’enchaîner.
Alain Delachaux 1:24:48
– Quand je dis famille, je dis mes enfants, ma femme, ma maison. Parce que c’est, comme je le disais, c’est mon cocon. Tout ce que j’ai fait jusqu’à maintenant, je l’ai fait pour eux. C’est ce qu’ils me portent. Ils n’en sont pas toujours conscients, mais tout ce que je fais, c’est pour eux. Des fois, ils voient le contraire. D’ailleurs, ils pensent que je suis en balade, je suis par-ci, je suis par-là, je suis en train de m’amuser. Alors oui, bien sûr, je prends du plaisir à ce que je fais. Mais c’est toujours et avant tout pour eux. Et ma maison, parce que c’est l’endroit où je peux me poser.
Olivier My 1:25:23
– C’est mon sanctuaire.
Alain Delachaux 1:25:24
– Mon sanctuaire, c’est mon cocon. Ma femme est très casanière. Elle aime bien être tranquille. Elle est infirmière. Elle travaille de nuit, de jour. Elle a des horaires complètement décalés. Ce qui fait qu’on ne reçoit quasiment jamais personne à la maison. C’est très, très rare qu’il y ait des gens qui rentrent chez nous parce qu’elle est soit pas là, soit etc. Et que du coup, ça devient compliqué. Donc, c’est très souvent que moi, je vais voir les gens. Mais c’est très rare qu’ils viennent chez moi. Et du coup, c’est vraiment mon cocon, c’est mon, comme tu dis, mon sanctuaire. Voilà pourquoi ces trois mots-là.
Olivier My 1:25:58
– Super, merci beaucoup en tout cas pour ces partages. Alain, ce que je te propose, c’est qu’on va clôturer ici.
Alain Delachaux 1:26:04
– Clôturons.
Olivier My 1:26:05
– Si des personnes ont envie de continuer la papote avec toi, comment est-ce qu’on peut faire pour te contacter ?
Alain Delachaux 1:26:12
– J’ai envie de te dire, comme tous mes prédécesseurs dans ce podcast, le meilleur moyen, c’est LinkedIn finalement, je suis dessus. Attention, il y a deux Alain Delachaud sur LinkedIn. Il y en a un qui paraît un peu plus âgé que moi. C’est donc pas le bon. Le bon, il y a une petite bombe au début, avant le nom. Et après le nom, il y a une petite branche. Ce sont deux éléments clés qui me différencient. Je suis passionné de l’humain. J’ai beaucoup parlé des sabotages et de ce que les humains font entre eux comme sabotage. La bombe est là pour l’expliquer, pour le rappeler. et j’ai un truc dont on n’a jamais parlé ensemble, mais pour moi, la planète sur laquelle on vit, on n’en a qu’une, faut en prendre soin, ça a toujours été mon vecteur, je suis fils de paysan, donc forcément, j’ai grandi avec les pieds dans la terre, et du coup, la petite branche, c’est pour rappeler mon côté écolo, comme dirait certaines personnes qui n’aiment pas les écolos, ce salopio d’écolo. Colo, qui n’aime pas les autres, mais en fait, non, pas du tout. On n’a qu’une planète. Protégeons-la, on n’en aura pas d’autres.
Olivier My 1:27:24
– Eh bien, super, c’est une belle clôture, en tout cas. Ça annonce peut-être un futur épisode sur ces autres sujets-là.
Alain Delachaux 1:27:31
– Faites savoir.
Olivier My 1:27:31
– En tout cas, ce sera avec plaisir. Merci Alain pour tout.
Alain Delachaux 1:27:34
– Et merci à toi.
Olivier My 1:27:35
– Et puis, à la prochaine.
Alain Delachaux 1:27:36
– À la prochaine. Salut. Et prenez soin de vous.