#30 Du boardroom au cockpit : l’histoire d’un rêve qui décolle enfin avec Philippe Scimeca

Description

Et si vous osiez écouter le rêve que vous aviez enfant ?

 

Philippe Scimeca l’a fait.

 

Pendant 20 ans, il a gravi les échelons dans la banque, pris des rôles clés dans la transformation, dirigé des équipes, mené des projets structurants… jusqu’au jour où un déclic, un coaching, et un contexte bousculé par le COVID ont ravivé une passion oubliée : voler.

 

Dans cet épisode intime et puissant, Philippe raconte sans filtre les hauts et les bas d’une reconversion tardive mais lucide, celle d’un homme qui ne voulait pas renoncer à sa vérité intérieure.

 

Vous y découvrirez :

  • Pourquoi les rêves d’enfant ne sont jamais vraiment morts
  • Comment un test sur les intelligences multiples peut changer votre vie
  • Ce que l’aviation apprend sur l’écoute du corps et le pilotage de soi
  • Pourquoi il faut parfois un crash professionnel pour retrouver son cap
  • La puissance d’un coaching au bon moment
  • Et comment passer d’un job “prestigieux” à un métier aligné, sans tout casser

 

Un épisode qui donne de l’air, du sens, et beaucoup d’envie de s’autoriser plus.

Séquençage du podcast

  • [00:05] : Introduction et présentation de Philippe

  • [01:13] : De la banque au cockpit : l’annonce de sa reconversion

  • [01:58] : Le sens du changement : mouvement et continuité

  • [02:43] : Le rêve d’enfant : fascination pour le Concorde

  • [05:23] : Le refus lié à la myopie et les renoncements précoces

  • [08:02] : Études scientifiques et choix de la banque

  • [09:12] : Premiers pas dans le secteur bancaire

  • [11:16] : Rencontre inspirante avec un expert japonais du Lean

  • [14:28] : Le management : apprendre à écouter et s’ajuster

  • [17:35] : Head of Change : responsabilités et désalignement

  • [19:34] : Le COVID comme déclencheur et retour vers l’aviation

  • [21:21] : Découverte de l’aéroclub et passion retrouvée

  • [22:05] : Le premier vol en solo : un souvenir marquant

  • [23:50] : Du loisir à l’idée d’une carrière

  • [24:57] : Un Excel pour transformer un rêve en projet concret

  • [26:16] : Le choc brutal : du comité de direction à la mise à l’écart

  • [28:06] : Coaching et sortie de la frustration

  • [29:18] : Le test des intelligences multiples et les “tigres”

  • [32:53] : Devenir instructeur et transmettre en vol

  • [34:16] : La formation théorique et pratique : rigueur et persévérance

  • [36:12] : Concilier projet, famille et finances

  • [38:11] : Le choix de l’école et la gestion du quotidien

  • [39:26] : Le plaisir d’apprendre et la discipline de la pratique

  • [40:52] : L’exigence des examens et le passage au bimoteur

  • [43:10] : La pression du timing et du coût de la formation

  • [45:14] : La recherche d’emploi et l’entrée dans une compagnie aérienne

  • [1:11:49] : Questions de conclusion : île déserte et relations d’égal à égal

  • [1:15:39] : Ce qui a du sens aujourd’hui pour lui

  • [1:16:43] : Comment le contacter et conclusion de l’épisode

  • [1:17:00] : Mot de fin et salutations

Idées Clés

Mots-clés

  • Olivier My
  • reconversion professionnelle,
  • pilote de ligne,
  • changement de carrière,
  • transformation personnelle,
  • coaching,
  • rêve d’enfant,
  • aviation,
  • changement de vie,
  • burn-out doux,
  • quête de sens,
  • Philippe Scimeca

Olivier My  00:05

– Bienvenue sur Change & Chill, le podcast où l’on parle de changement simplement. Je suis Olivier My et avec mes invités, nous explorons comment le changement peut être une force positive dans nos vies. Des histoires inspirantes avec une touche de légèreté. Dans ce nouvel épisode, j’ai le plaisir d’accueillir Philippe Siméka. Salut Philippe.

 

Philippe Scimeca  00:29

– Salut Olivier.

 

Olivier My  00:29

– Comment ça va ?

 

Philippe Scimeca  00:30

– Très bien, très bien.

 

Olivier My  00:31

– Je ne t’ai pas menti, on est un peu dans un petit bunker. Ça va, tu n’es pas…

 

Philippe Scimeca  00:36

– Non, un peu impressionné par le setup, mais c’est chouette.

 

Olivier My  00:39

– Super, merci en tout cas pour ton temps en ce vendredi matin. Ou peut-être que tu aurais préféré dormir d’ailleurs.

 

Philippe Scimeca  00:44

– Je suis un lefto, donc ça me va très bien.

 

Olivier My  00:46

– Ça va, tu es un lefto. Super. Ça me fait très plaisir de t’avoir parce qu’effectivement, ce qui nous amène à nous rencontrer aujourd’hui, c’est que déjà on se connaît, on s’est côtoyé dans le passé. j’étais tombé sur un de tes posts que tu avais mis il y a six mois maintenant, où tu annonçais une grande nouvelle. Du coup, plutôt que de le dire moi-même et de spoiler le tout, est-ce que tu peux te présenter et nous en dire un petit peu plus sur ce post-là ?

 

Philippe Scimeca  01:13

– Ok, déjà je suis ravi d’être là, merci pour l’invitation. Moi j’ai 44 ans et aujourd’hui je suis pilote de ligne. Donc ça c’est mon travail. Et c’est un travail qui a suivi 20 années dans le secteur bancaire. Rien à voir avec l’aviation et en effet, mon poste était lié à l’annonce de la réalisation de cette transition quand j’ai trouvé du travail dans une compagnie aérienne.

 

Olivier My  01:37

– C’est super parce que ce podcast et le monde dans lequel moi j’interviens, c’est le monde du changement. Et donc là, pour un changement, c’est un changement.

 

Philippe Scimeca  01:48

– C’est vrai.

 

Olivier My  01:49

– Donc là, on y est exactement. Et d’ailleurs, avant de rentrer dans un petit peu ton parcours, qu’est-ce qui fait que tu en es arrivé là ? Le changement, toi. ça t’inspire quelque chose ?

 

Philippe Scimeca  01:58

– Oui, alors ça m’inspire beaucoup de choses parce que ça fait partie de mon métier avant et puis ça fait aussi grandement partie de ce que j’ai fait moi pour moi ces dernières années. Derrière le mot changement, pour moi, il y a une notion de mouvement et une notion de continuité de ce mouvement. On avance vers quelque chose et le fait d’avancer vers quelque chose, c’est un process de changement qu’on peut s’appliquer à soi-même, qu’on peut s’appliquer dans le monde professionnel, qu’on peut appliquer à une équipe. Parfois, le mot changement dans l’entreprise, il est un peu… peu galvaudé. C’est un espèce de grand fourre-tout. Et parfois, on ne sait plus trop ce que ça veut dire. Pour moi, ça veut dire se mettre en mouvement.

 

Olivier My  02:35

– Et donc créer potentiellement un avenir qui nous est plus positif, je l’espère en tout cas.

 

Philippe Scimeca  02:39

– Oui, voilà, à priori, vers quelque chose qu’on a décidé et qui, à priori, nous inspire un peu plus. Oui.

 

Olivier My  02:43

– Tout à fait. Ce qui m’avait marqué dans ton poste, au-delà du sourire et de la photo, du selfie, c’est que tu disais que c’était un rêve d’enfant.

 

Philippe Scimeca  02:51

– Oui.

 

Olivier My  02:52

– Et du coup, c’est vraiment d’enfant-enfant. Donc ça te vient d’où ce rêve de t’envoyer en l’air, si je puis dire ?

 

Philippe Scimeca  02:59

– Écoute, en effet, c’est un rêve d’enfant. Alors quand on est petit, je pense que si on prenait un groupe d’enfants à l’école primaire, il y en a sûrement un certain nombre qui voudraient être pilote. Parce qu’en effet, voler, ça fait rêver. Dans le ciel, ça fait rêver. Des grosses machines, ça fait rêver. En tout cas, moi, ça me fait rêver. Et donc, quand je suis enfant, adolescent, je me dis que j’aimerais bien faire ça. Parce que ça a l’air chouette de faire voler des grosses machines pour parcourir. parcourir des grandes distances dans le ciel, ça a l’air chouette. Et puis quand je les regarde dans le ciel, je suis toujours un peu impressionné, émerveillé par ce que je vois. Et donc voilà, c’est vraiment le rêve d’enfant. Le truc de dire ça a l’air vraiment cool.

 

Olivier My  03:36

– Et ça, c’était venu parce que quand tu regardais dans le ciel, tu voyais des gros bolides et tu disais pourquoi pas moi ? Ou est-ce qu’il y a un truc particulier qui a fait que tu t’es dit j’ai envie d’être la personne qui drive ou j’ai envie d’être dans cet avion-là ou j’ai envie de faire ça parce qu’on pourrait très bien juste regarder de loin, se dire c’est cool mais… Tu as le delà en faire un métier ?

 

Philippe Scimeca  03:56

– En fait, aussi loin que j’arrive à me souvenir, dans la ville dans laquelle j’habitais quand j’étais petit, on entendait le Concorde décoller de Roissy tous les matins, donc le vol Paris-New York qui décollait aux alentours de 11h sûrement, et on entendait le Concorde.

 

Olivier My  04:12

– C’est une grosse étonnation, non ?

 

Philippe Scimeca  04:13

– Non, alors il n’était pas supersonique encore à ce moment-là, il attendait d’être au-dessus de l’Atlantique pour être supersonique, mais il faisait quand même beaucoup de bruit, et donc il avait un bruit quand même très particulier parce qu’il était… en effet très bruyant et quand tu lèves la tête et que tu vois cette espèce de grande aile volante encore pas hyper haut dans le ciel c’était magique quoi, le Concorde c’est quand même l’avion mythique, il n’y a probablement pas un aviateur qui dirait le contraire et donc il y a ce côté pourquoi pas moi en disant ça a l’air vraiment chouette ça a l’air un peu fou cet espèce d’avion tout fin tout plat avec son nez qui se baisse enfin voilà donc c’était le Concorde, son bruit, sa forme aussi loin que j’arrive à me souvenir c’est ça vraiment le moment où je me suis dit Ça c’est cool Et puis un peu plus tard, on essaye de rendre le truc concret et de faire un pas vers ça. Mais en tout cas, ça commence là.

 

Olivier My  04:59

– Ok, super. Et dans ton entourage du moment, il y a des gens qui sont dans le domaine ou pas ?

 

Philippe Scimeca  05:03

– Pas du tout. Ok.

 

Olivier My  05:04

– Rien à voir alors.

 

Philippe Scimeca  05:05

– Non, dans ma famille, il n’y a vraiment aucun lien avec l’aviation ou même l’aéronautique au sens large.

 

Olivier My  05:10

– Donc c’est toi, l’étincelle et un concorde. Voilà. Si on résume.

 

Philippe Scimeca  05:14

– Exactement.

 

Olivier My  05:16

– Et du coup, de ce que je comprends, c’est un rêve d’enfant, mais le chemin que tu as pris ne va pas directement dans cette direction-là alors ?

 

Philippe Scimeca  05:23

– Non, exactement. Alors, pour une raison assez simple, c’est qu’au moment où les choix d’orientation se font au lycée, je commence à me dire quelles sont les étapes à franchir. L’aviation civile, l’aviation militaire, comment on y va, quelles sont les filières, etc. Et je me heurte très rapidement à un problème qui est celui de la vue. Je porte des lunettes et je vois des ophtalmos qui me disent non, mais là, vous, vous ne serez jamais pilote.

 

Olivier My  05:49

– C’est quand même dingue.

 

Philippe Scimeca  05:51

– La porte se referme un peu doucement et peut-être pas d’ailleurs pour des bonnes raisons. Je pense que si j’avais creusé un peu plus le sujet à l’époque, peut-être que j’aurais pu aller plus loin. Mais en tout cas, la porte de la filière aviation se ferme parce qu’on me dit vous avez des problèmes de vue, vous êtes au-dessus des normes réglementaires de l’époque pour pouvoir être pilote, militaire évidemment, mais aussi civil. Donc faites autre chose.

 

Olivier My  06:18

– C’est vrai que moi, j’avais dans mon esprit, tu vois, euh… basé sur pas grand chose, tu vois, mis à part des Ouidirs, qu’effectivement, quand t’as des lunettes, presque, c’est un no-go direct, quoi. Si t’as pas 10 sur 10, voilà, tu vas pas dans ces avions-là, quoi.

 

Philippe Scimeca  06:31

– Alors, c’est très vrai pour le militaire. Pour le civil, c’est pas le cas. En tout cas, ça n’est plus le cas. Je saurais pas dire comment c’était exactement à l’époque. Mais aujourd’hui, on peut tout à fait être pilote dans le civil avec des lunettes à partir du moment où on est bien corrigé, où on est dans certaines normes, où on est checké régulièrement. Ça pose aucun problème.

 

Olivier My  06:50

– C’est bon à savoir. Donc, ça veut dire que quand même, jusqu’au lycée, tu as quand même cette envie d’y aller. C’est juste que tu te heurtes à des personnes sur le chemin qui un petit peu te barrent la route un petit peu durement.

 

Philippe Scimeca  07:04

– Ouais, des personnes ou un état de fait, en fait. Je suis myope, je suis astigmate. Bon, voilà.

 

Olivier My  07:08

– Tu vois.

 

Philippe Scimeca  07:10

– C’est pas la faute de l’ophtalmo, c’est la vie, c’est comme ça.

 

Olivier My  07:13

– En fait pourquoi est-ce que je dis ça c’est que j’ai entendu beaucoup de gens qui avaient beaucoup d’envie de faire des choses et en fait Avant de réfléchir avec la personne sur comment est-ce que potentiellement on peut faire de part là où elle en est, on part du principe que ce n’est pas possible. Il n’y a pas de conversation pour se dire est-ce que vraiment ce n’est pas possible ou est-ce qu’il y a peut-être des choses à faire ou un chemin qui est plus long. Mais aider la personne à aller dans cette direction-là, je trouve qu’aujourd’hui on le fait un peu plus quand même. Alors qu’avant il y a juste des codes, tu ne rentres pas dans la case, tu ne rentres pas dans la case et c’est fini.

 

Philippe Scimeca  07:44

– Là ce serait un peu ça en l’occurrence. C’est une barrière physique. ta marge de manœuvre sur cette barrière physique, elle est quand même relativement limitée. Oui.

 

Olivier My  07:52

– Je comprends. Et donc, tu as ce no-go à cette époque-là, et puis je suppose qu’ils sont aussi en train de se chercher quand on est au lycée. Donc, tu décides de faire quoi ?

 

Philippe Scimeca  08:02

– J’ai plutôt une appétence avec la matière scientifique en général. Je suis une filière un peu classique, classe préparatoire aux grandes écoles, école d’ingénieur, généraliste, pour me laisser quand même les différentes portes ouvertes sur ce que j’allais faire après. Donc voilà, je suis un peu cette voie classique, je ne sais pas, mais en tout cas. en tout cas qui me permet de, malgré tout, faire des études chouettes, aller dans une école qui était vraiment chouette.

 

Olivier My  08:23

– T’es de quelle ville, toi ?

 

Philippe Scimeca  08:24

– Moi, je suis de région parisienne. Mon école était à Nantes, donc je suis parti à Nantes faire mes études. Et après, se pose la question du premier job, une fois qu’on a fait cette école-là. Et là, c’est un peu l’inconnu, quoi. Tu cherches un stage, tu cherches un job, et puis tu vois un peu ce vers quoi t’as envie de t’orienter. Donc, j’étais pas vraiment, même quand j’étais à l’école, à me dire, je vais travailler dans tel secteur, ou je vais faire tel type de truc. C’est vraiment au moment de la recherche de stage. où tu as des options qui s’ouvrent à toi. Et puis, ces options te permettent de faire un choix avec un qui t’attire plus que l’autre ou pas. Oui.

 

Olivier My  08:57

– Je comprends. Et du coup, tu vas où ?

 

Philippe Scimeca  08:59

– Alors, j’ai plusieurs choix. Et puis, je me souviens, j’avais le choix d’aller faire des manuels de formation pour un changement de logiciel dans une usine d’une grande boîte de cosmétiques ou faire de la gestion de risque dans une banque.

 

Olivier My  09:12

– Rien à voir du coup.

 

Philippe Scimeca  09:13

– Absolument rien à voir.

 

Olivier My  09:14

– C’est marrant d’avoir des choses tellement orthogonales.

 

Philippe Scimeca  09:16

– Oui, ça n’avait vraiment absolument rien à voir. Et puis, je choisis la gestion de risque dans le secteur bancaire. Parce que le sujet a l’air plus fun, parce qu’il y avait un stagiaire de l’année d’avant qui était allé dans la même boîte au même endroit. Ça aide souvent. Et puis, on avait eu un bon feedback. Donc, je choisis ça, pas par passion dévorante pour le secteur bancaire, ni pour la gestion de risque, mais à ce moment-là, ça m’attire plus. Donc, je fais ce choix-là.

 

Olivier My  09:38

– Tu étais plutôt bon élève ou pas à l’école, toi ?

 

Philippe Scimeca  09:41

– Alors j’ai eu à peine 10 au bac, donc est-ce qu’on peut considérer que c’est bon élève ? En tout cas, voilà.

 

Olivier My  09:49

– Pour ce que ça veut dire encore une fois, bon élève, tu vois.

 

Philippe Scimeca  09:51

– En fait, j’avais des facilités, mais je n’étais pas très travailleur. Donc voilà, au grand désespoir de mes parents, je faisais le strict minimum.

 

Olivier My  10:00

– Mais du coup, tu as quand même réussi. Mais ça a marché. Oui, c’est ça.

 

Philippe Scimeca  10:03

– Exactement. Donc ça passait. Parfois, ça passait vraiment juste. Parfois, il fallait négocier un peu pour que ça passe. Mais ça passait. Mais on va dire que pendant toute cette période-là, faire des efforts pour obtenir des bonnes notes, ce n’était pas vraiment ma priorité. Ce n’est pas l’objectif. Non.

 

Olivier My  10:16

– C’est-à-dire sortir en tête de classe, ce n’est pas l’objectif.

 

Philippe Scimeca  10:19

– Non. Non. Ce n’était pas mon intérêt. Oui.

 

Olivier My  10:22

– Je comprends. Et donc l’école que tu as faite, c’est quoi ? C’est une école d’ingé ?

 

Philippe Scimeca  10:27

– Oui, école d’ingé. J’ai fait l’école des mines de Nantes.

 

Olivier My  10:30

– Et donc du coup, tu rentres en stage, de ce que je comprends.

 

Philippe Scimeca  10:34

– Stage de fin d’études, oui.

 

Olivier My  10:35

– Stage de fin d’études dans le secteur bancaire. Et du coup, comment est-ce que tu rebondis par la suite ? C’est-à-dire que tu restes dans le domaine, mais tu ne restes pas dans les risques, de ce que je comprends et de ce que je connais.

 

Philippe Scimeca  10:44

– Oui, tout à fait. Donc en fait, j’ai fait 10 ans dans cette première banque dans laquelle j’ai travaillé. et en fait, mon évolution de carrière elle a toujours été un peu faite de hasard, d’opportunités, de trucs qui se présentent. Voilà, donc je commence par faire de la gestion de risque. Après, je m’occupe de projets, plus de mise en place de nouveaux systèmes, nouvelles applications pour les back-office. Et puis après, je se lance à un grand programme d’amélioration continue. Donc pendant 3-4 ans, je fais de l’amélioration continue dans la banque. Période absolument passionnante où j’ai rencontré des gens passionnants. Enfin, c’est incroyable.

 

Olivier My  11:16

– Oui, tu as un souvenir marquant que tu pourrais nous partager ?

 

Philippe Scimeca  11:19

– Oui, oui. alors c’était dans les années 2000 2005-2010. Donc, c’était une période où les banques, notamment dans leurs fonctions de back-office, cherchaient la simplification, de l’automatisation, des gains de productivité. Et donc, il y avait des grands cabinets de conseil qui vendaient des plans d’amélioration continue. On va faire du Lean Six, ça va être formidable. Bon, et donc, on fait ça. Et puis, un jour, on rencontre une personne qui vient nous… Donc, un peu l’antithèse de ces grands cabinets de conseil. Quelqu’un qui a travaillé fort, fort sur le modèle de Toyota. d’amélioration continue, donc le lean japonais, là où l’essence du truc a été créée. Et donc on rencontre ce gars qui vient nous expliquer qu’on a tout faux et que la manière dont on cherche à faire de l’amélioration continue, c’est pas de l’amélioration continue, c’est juste des gains de productivité one shot et que ça ne va jamais marcher. Et en fait, j’ai trouvé ce type absolument passionnant, et je le suis encore sur les réseaux sociaux, c’est vraiment quelqu’un de passionnant, un sensei comme on dit là-bas. Ce type de personnalité, ça ne matche pas trop avec une grande banque institutionnelle française. Mais ceci dit, à titre personnel, c’est quelqu’un qui m’a beaucoup appris, qui avait cette idée de faire de l’amélioration continue. Avant de s’intéresser au process, on va s’intéresser aux gens. Et puis, plutôt que d’envoyer des équipes centrales très diplômées pour améliorer les trucs, on va doter les gens des compétences nécessaires pour le faire. On va leur apprendre à regarder leur process, on va leur apprendre à le faire. On va écouter ce que disent les clients. Enfin, voilà vraiment l’essence de ce qui se passe dans le Lean. d’origine. Et j’ai vraiment gardé ça fort pendant toute ma carrière de, avant de s’intéresser au process, on va s’intéresser aux gens. Toutes les expériences professionnelles que j’ai eues après, quand je suis devenu manager, quand j’ai changé d’entreprise, je me suis toujours intéressé à ce que faisaient les gens et comment ils faisaient, en essayant de comprendre, plutôt qu’en m’intéressant au process et à l’aspect technique du process.

 

Olivier My  13:08

– C’est marrant comme quoi c’est tellement rassurant de parler de process, d’organisation, de structure, alors qu’en fait, le… Le vrai travail, il est fait par les gens sur le terrain. Mais il faut prendre du temps, il faut discuter avec les gens. Ça veut dire que les gens, ils ont des émotions, des choses qui montent, qui descendent. Et effectivement, c’est souvent plus casse-gueule.

 

Philippe Scimeca  13:27

– C’est plus casse-gueule et en même temps, c’est très prétentieux d’imaginer qu’on est capable de venir expliquer à des gens comment il faut travailler mieux.

 

Olivier My  13:36

– Je suis tout à fait d’accord avec toi.

 

Philippe Scimeca  13:37

– Alors ça marche. À court terme, ça marche. À court terme, ça donne des résultats. Est-ce que c’est durable ? Est-ce que ça crée de l’engagement, de la satisfaction ? La réponse, c’est clairement non.

 

Olivier My  13:46

– Je te rejoins, toi, Fès. C’est pour ça que moi, je suis assez partisan, déjà, d’un changement plutôt organique. Mais ce que je mets derrière organique, c’est ça. C’est qu’en fait, il faut partir des racines. Et les racines, c’est les gens, c’est la culture qui est actuelle pour pouvoir progresser, mais dans le contexte qui est celui-là. Parce que quand on arrive, et j’aime bien le terme prétentieux que tu mets derrière, c’est que quand tu arrives, tu as peut-être des outils, des process, des méthodes qui sont utiles. Mais si tu n’arrives pas à avoir la conversation avec les gens, du coup, ça ne marche pas très bien. Parce que toi, qu’est-ce que tu fais ? Tu arrives, tu mets ton truc, mais toi, tu t’en vas après. C’est les gens qui vont subir ce que tu as mis en œuvre. Donc, s’ils ne l’ont pas pris en tant que tel pour le mettre en œuvre, ça ne marche pas très bien.

 

Philippe Scimeca  14:28

– Oui, tout à fait. Et donc, en fait, après cette expérience d’amélioration continue, qui était vraiment extrêmement enrichissante, c’est vraiment un moment fondateur dans ma carrière, en tout cas dans ma méthode ou dans mon approche. J’ai pris des responsabilités managériales, j’ai dirigé un back-office qui faisait du crédit à l’époque. Et en arrivant, j’ai passé peut-être un mois à rien faire, sauf à être assis à côté des différentes personnes pour comprendre le job, parce que moi, je n’y connaissais rien à leur métier. C’était mon premier poste de manager. Et donc, il faut acquérir une certaine légitimité, parce que la légitimité, elle n’est pas de faite. C’est même plutôt l’inverse, en fait. Quand tu as 25 ans, que tu débarques du central, que tu as cette espèce d’étiquette amélioration continue qui, dans la tête des gens, veut dire suppression d’effectifs.

 

Olivier My  15:13

– C’est vrai. Surtout venant du Lean, en tout cas. Voilà.

 

Philippe Scimeca  15:15

– Exactement. En tout cas, du Lean tel qu’il était pratiqué à cette époque-là, dans ce contexte-là. Parce qu’en fait, ce n’est pas du tout ça. C’est s’intéresser aux gens et aux clients avant de s’intéresser aux conséquences que ça obtient. Bref, et donc, j’avais besoin d’obtenir cette légitimité et je l’ai obtenue en allant m’asseoir à côté de toutes ces équipes qui étaient hyper expérimentées, hyper professionnelles, hyper engagées. Et c’était vraiment passionnant. J’apprenais leur métier. Mon but, ce n’était pas de devenir expert, mais de comprendre le truc et d’obtenir le même langage, mais pas par le process et la méthode ou l’outil, mais par la pratique de tout un chacun. Donc.

 

Olivier My  15:52

– Tu es devenu manager de gens qui étaient plus vieux que toi, je suppose.

 

Philippe Scimeca  15:55

– Oui, largement plus vieux que moi. Je ne sais plus exactement, entre 25 et 30 ans. C’était en province, à Nantes. Je retourne à Nantes avec, pour la plupart des gens qui font ce métier depuis, enfin presque toujours, qui sont vraiment des super experts. Et voilà, c’était vraiment chouette d’apprendre leur métier au contact de toutes ces personnes-là.

 

Olivier My  16:15

– Et du coup, tu progresses, tu changes de boîte.

 

Philippe Scimeca  16:19

– Oui, donc je fais ça. Je fais ça pendant cinq ans à peu près.

 

Olivier My  16:23

– Ouais.

 

Philippe Scimeca  16:24

– Dans différents métiers en province à Paris. Et puis, en effet, je change de boîte. Process classique, voilà, un cabinet de recrutement qui me dit tiens, est-ce que vous serez intéressé par tel truc ? Donc, je change de boîte. Donc, j’arrive dans une structure beaucoup plus petite, plus petite, plus jeune, sur le papier plus dynamique. Et j’applique la même méthode. J’arrive quelque part, je ne connais pas le métier, je ne connais pas les gens. Donc, je vais passer un certain temps à essayer de comprendre ce que font les gens et à discuter avec les experts, etc. Et encore une fois, ça marche. cercueil rond. Il y a toujours un peu de défiance quand quelqu’un de l’extérieur arrive sans connaître la boîte, sans avoir forcément toutes les compétences. Et puis, j’applique la même méthode et ça marche. Donc, cette expérience fondatrice de cette relation avec ce coach qui m’a vraiment ouvert les yeux sur comment vraiment intrinsèquement ça fonctionne, les relations humaines dans une entreprise, j’ai continué à l’appliquer tout au long de ma carrière.

 

Olivier My  17:12

– C’est fou, des fois, il suffit d’une rencontre. pour que ça infuse pendant toute une vie.

 

Philippe Scimeca  17:17

– Mais même encore aujourd’hui, je me souviens de discussions, ou je me souviens de moments, ou je me souviens de trucs qu’il a dit. C’est vraiment très chouette.

 

Olivier My  17:23

– C’est chouette, ouais. Et comment est-ce que tu en arrives à rentrer dans le monde du change ? Parce que tu disais que toi aussi, tu en as fait ton métier, mais au départ, ce n’était pas ça. Donc, comment est-ce que tu en es arrivé là aussi ?

 

Philippe Scimeca  17:35

– En fait, mes changements de poste ont toujours été faits un peu d’opportunités, de trucs qui arrivent. On ne sait pas trop pourquoi ni comment. Et un jour, on me dit, tiens, est-ce que tu voudrais bien être Head of Change ? Bon, OK. Donc, sur le papier, je ne sais pas trop ce que ça veut dire, Head of Change.

 

Olivier My  17:51

– Peut-être du changement.

 

Philippe Scimeca  17:52

– Ouais. Alors, c’est un peu paradoxal parce qu’il y avait un côté un peu valorisant. Et j’étais dans une entreprise, donc entreprise que tu as bien connue, qui mettait souvent en opposition le run et le change.

 

Olivier My  18:04

– Oui, c’est vrai.

 

Philippe Scimeca  18:05

– Sous prétexte que le change, c’est le truc noble et le run, c’est le truc pas noble. C’est vrai. Et alors, avec le recul, je pense qu’on avait un peu tout faux, mais… En tout cas, c’était fort la culture dans cette boîte-là. Et donc, on me demande est-ce que ça m’intéresse de faire ça ? Et à l’époque, l’entreprise est dans une grande phase de transformation profonde de son business. Et on me demande de prendre la tête de ce programme qui était déjà un peu commencé. On parle de programme de transformation à l’époque. Donc, c’est aussi un terme sur lequel on pourra revenir. Mais voilà, ça se fait sur une opportunité à un moment donné de renforcer un peu ces métiers-là. Et donc, on me propose de prendre part.

 

Olivier My  18:39

– Ça veut dire qu’ils ont quand même senti que tu avais une fibre dans cette direction-là, et puis étant proposé, il s’avère que tu as saisi l’opportunité.

 

Philippe Scimeca  18:46

– Oui, voilà, exactement. Ils avaient en effet senti que j’avais une fibre sur ce sujet-là, que j’avais aussi une certaine capacité à emmener les équipes et les gens dans cette direction-là, à donner du sens, à engager les équipes dans ces trajectoires de changement. Donc voilà, c’est pour ça qu’on l’a proposé probablement.

 

Olivier My  19:01

– Et nous, quand on s’est rencontrés, c’était à ce moment-là ou c’était juste après ?

 

Philippe Scimeca  19:04

– On s’est rencontrés un peu plus tard. Juste après ? Oui, on s’est rencontrés un peu plus tard. tard, peut-être 3-4 ans plus tard.

 

Olivier My  19:11

– D’accord, parce qu’effectivement, je regardais tout à l’heure sur nos profils et effectivement, c’était fin 2020, mi-2021, tu vois, on a interagi, donc c’est un peu après.

 

Philippe Scimeca  19:23

– Oui, un petit peu après, j’ai commencé à m’occuper de ces programmes de transformation, oui, un peu avant.

 

Olivier My  19:28

– Et donc, 2020-2021, on se croise, je m’en vais, et Covid arrive.

 

Philippe Scimeca  19:34

– Oui.

 

Olivier My  19:35

– Quel impact ça a pu avoir potentiellement pour toi ? Si ça a eu un impact particulier ? Et puis ensuite, quel est le trajet jusqu’à la bascule ?

 

Philippe Scimeca  19:44

– Alors d’un point de vue professionnel, c’était une période qu’on a tous vécu de manière très nouvelle. Et donc quand on est en charge de la transformation, il y a des vraies transformations de méthodes de travail, de comment on fait pour travailler à distance, comment on assure la continuité de ces grands projets, grands programmes qu’on avait à l’époque, etc. Donc c’était assez intense comme période, un peu difficile. À titre personnel, c’est à ce moment-là que je mets un pied dans l’aviation, en réalité, en me disant, mais finalement, je ne pouvais pas devenir pilote professionnel à l’époque, mais est-ce que je ne deviendrai pas pilote pour mon propre loisir ? Donc, c’est à ce moment-là que je commence à m’y réintéresser.

 

Olivier My  20:23

– C’est marrant. Et c’est quoi qui a déclenché cette curiosité-là ? Ça veut dire que ça s’est arrêté pendant tout ce temps ?

 

Philippe Scimeca  20:29

– Alors, ça ne s’était pas arrêté. Je continue à regarder les avions, à avoir le nez en l’air. Ça, ça ne s’est jamais arrêté parce que quand on a cette espèce de passion, ça ne s’arrête vraiment jamais. Je ne saurais pas dire exactement pourquoi, mais je me souviens à la fin du premier confinement, donc juin 2020, je vais faire le tour des… J’habite pas très loin d’un aérodrome et donc je me dis, je vais aller faire le tour des aéroclubs pour voir un peu les avions, etc. Et puis, samedi après… Et je reviens, je m’étais inscrit dans un aéroclub pour une formation de pilote privé. Donc, je me suis dit, en fait, je vais le faire. Et voilà, c’était rigolo parce que finalement, c’est comme si j’allais m’inscrire dans un club de sport. Et je décide de faire cette formation, d’essayer de me dire, est-ce que c’est possible ? Et pour être pilote de loisir, à l’époque, on ne se pose plus la question de, est-ce que ma myopie ou quoi pose un problème ? Justement.

 

Olivier My  21:21

– C’était la question que j’avais. C’est-à-dire que là, du coup, ce n’est pas des critères minimaux.

 

Philippe Scimeca  21:25

– En fait, il y a des critères, mais ils sont quand même vachement… léger quoi. D’accord. À partir du moment où tu es corrigé correctement avec des lunettes, ça pose absolument aucun problème. Ok, d’accord. C’est vraiment, ça pose pas de problème.

 

Olivier My  21:34

– Donc du coup, tu t’inscris dans ton club de sport à toi.

 

Philippe Scimeca  21:37

– Voilà, exactement.

 

Olivier My  21:38

– Et du coup, tu recommences à toucher du doigt ce truc que tu avais laissé dans le passé.

 

Philippe Scimeca  21:42

– Ouais, exactement. Donc tous les dimanches matins, je vais voler avec un instructeur. Et puis voilà, c’est assez long. Ça m’a pris 15 mois à peu près pour passer cette licence, donc entre 2020 et fin 2021. Et voilà. Et donc là, je touche vraiment plaisir de voler. C’est des petits avions, c’est des vieilles machines. C’est vraiment chouette.

 

Olivier My  22:00

– Et du coup, c’est quoi que tu te rappelles être le premier wow ?

 

Philippe Scimeca  22:05

– Le premier wow, c’est le moment où tu fais ton premier vol en solo. Donc, dans le cadre de ta formation de pilote, même pilote de loisir, tu dois faire un certain nombre d’heures tout seul dans l’avion. Ça reste de l’instruction, mais l’instructeur, il est au sol. Et donc, ce jour-là, mon instructeur m’avait dit, tu arrives à un moment de ta formation, je pense que tu es prêt. Donc on part ensemble, on va faire quelques tours de piste, comme on dit, on va faire quelques évolutions ensemble. Et puis si ça se passe bien, on se pose, je descends et tu repars. Et donc c’est ça qui se passe. Et donc le premier vol solo, c’est vraiment, tu dois juste faire un tour de piste. Donc ça dure un quart d’heure. Mais c’est un souvenir incroyable. Tout le monde se souvient de son premier solo. C’est juste une sensation incroyable de voler tout seul dans l’avion, d’être capable de faire décoller, faire atterrir l’avion tout seul, en toute sécurité. Et voilà, c’est fou, quoi. Et ça passe extrêmement vite, quoi. T’es au sol, tu t’es pas aperçu que… Merde, c’est déjà fini. Mais voilà, le premier solo, c’est vraiment le moment le plus incroyable d’une carrière de pilote.

 

Olivier My  23:06

– C’est marrant parce que là, on est en audio, donc les gens ne voient pas. Mais quand tu racontes ça, je vois les yeux d’enfant, les étincelles que potentiellement tu pouvais avoir quand t’étais petit. Donc on se souvient tous de ce moment-là. Et donc comment est-ce que ça évolue ? Parce que ça veut dire que tous les dimanches, c’est quand même assez lourd, quand même.

 

Philippe Scimeca  23:23

– Oui, alors il y en a qui vont courir tous les dimanches, puis il y en a d’autres qui vont faire de l’avion. C’est ça.

 

Olivier My  23:27

– Chacun leur sport.

 

Philippe Scimeca  23:29

– Donc voilà, en fait, ça s’est intégré dans mon quotidien et c’est devenu un loisir. Comme certains, en effet, vont faire du vélo, vont faire de la course à pied ou vont jouer au tennis. Moi, j’allais faire de l’avion, ça me prenait deux heures tous les dimanches matin. Et puis voilà, ça s’est intégré dans ma routine, dans ma vie quotidienne. En parallèle de mon travail, de ma vie de famille et tout ça.

 

Olivier My  23:50

– Justement, là tu rentres dans un domaine loisir. Et qu’est-ce qui fait la bascule de dire, en fait, ce loisir, ça pourrait devenir mon boulot ?

 

Philippe Scimeca  24:00

– Alors, déjà, quand tu pousses la porte d’un aéroclub, c’est vraiment un environnement de passionné. Donc, c’est un environnement où tout le monde a la flamme. Personne ne devient pilote par hasard, en fait. C’est un truc de passion. Et puis, je rencontre des instructeurs qui sont pilotes ou des instructeurs qui sont pilotes en devenir. Et puis, tu les observes, tu vois, tu regardes, tu vois des gens qui ont des parcours complètement différents, des gens qui sont Jeunes qui ont fait le parcours académique pour devenir pilote et qui ont fait ça depuis toujours, des gens qui sont en deuxième partie de carrière, qui ont eu une première partie dans des domaines hyper variés et puis qui sont en train de travailler fort pour essayer de devenir pilote. Et puis tu vois des pilotes retraités qui ont fait carrière. Et donc, tu regardes ça et tu te dis, en fait, ce n’est pas parce que je n’ai pas fait l’ENAC quand j’étais en prépa que je ne peux pas devenir pilote. Donc, à ce moment-là, ce n’est pas un projet. Ce n’est pas encore un projet, mais c’est une observation des gens qui m’entourent en me disant, oui, en fait, il y a plein de voies possibles pour y arriver et je n’en avais pas forcément conscience.

 

Olivier My  24:57

– Il y a une lueur qui se rallume. Ce n’est pas forcément quelque chose qui est particulièrement fort, mais…

 

Philippe Scimeca  25:02

– Ouais, il y a un truc qui se dit, ouais tiens, dis donc, c’est marrant ça. Puis après tu te dis… Quand tu sors, tu as toutes ces barrières en disant non, mais ce n’est pas pour moi, c’est trop cher, ça prend trop de temps, ce n’est pas compatible avec ma vie de famille et puis mon boulot et puis machin. Donc, tu as tous ces facteurs qui font que, en fait, non, loisir, c’est cool. Et puis après, il y a un contexte qui va se créer professionnellement où je vais avoir besoin de changement, clairement. En fait, ce qui se passe dans cette banque, on mène tous ces programmes de transformation, des grands projets à l’étranger, des trucs vraiment passionnants qui prennent du temps, dans lesquels je mets beaucoup d’énergie. Ça se passe bien pour moi, je suis reconnu pour ce que je fais, j’ai un gros poste à responsabilité, ça se passe vraiment bien pour moi. J’ai trouvé des sponsors qui m’ont bien accompagné, j’ai la chance d’être bien accompagné. Et puis, à un moment donné, il y a un changement de gouvernance, donc un nouveau CEO qui vient, et clairement, ça ne fit pas très bien lui et moi, et il change l’organisation. Je faisais partie du comité de direction, du jour au lendemain, je ne fais plus partie. Mon équipe, qui était aussi très valorisée par l’environnement précédent, se retrouve aussi affectée par ça. Et donc, c’est vraiment un moment charnière où…

 

Olivier My  26:14

– Il y a un désalignement à ce moment-là.

 

Philippe Scimeca  26:16

– Oui, un désalignement où tu es la personne en vue, sponsorisée, où ça se passe bien. Et puis, du jour au lendemain, tu deviens un peu personne à non grata. Pendant des années, tu as des superbes évaluations professionnelles. On te met des excellents partout. Et puis, ta première évaluation post-changement, on te met des améliorations partout. enfin tu étais vraiment des trucs Sur le coup, je ne comprends pas. Je ne me rends même pas compte de ce qui est en train de se passer. Je subis un peu ça. Je le vis un peu comme une injustice. Je ne comprends pas pourquoi, du jour au lendemain, il y a eu cette bascule. Parce que j’ai continué à faire mon travail de la même manière. J’ai obtenu les mêmes résultats. Sauf que, comme tu dis, de manière soft, on n’est pas alignés.

 

Olivier My  26:56

– C’est ça.

 

Philippe Scimeca  26:57

– Voilà. Pour le dire de manière politiquement correcte, je n’ai pas du tout dit.

 

Olivier My  27:00

– Tout à fait.

 

Philippe Scimeca  27:02

– Et là, je vis au quotidien en étant ultra frustré. je vis ça comme une injustice je suis hyper frustré et donc ça marche pas je peux pas rester dans cette espèce de truc pas chouette où tu te dis mais j’ai donné tout mon temps toute mon énergie toute ma vie y compris au détriment de ma vie perso pendant toutes ces années pour la boîte sans compter que j’étais dans cette boîte on va dire 8-10 ans quand même c’est pas rien non c’est pas rien et donc voilà tu t’aperçois en fait que quels que soient tes efforts Ça, c’est vraiment un enseignement fort. Quels que soient les efforts que tu fournis, quels que soient les réussites que tu as, du jour au lendemain, ça peut s’arrêter.

 

Olivier My  27:38

– Rien n’est acquis, finalement.

 

Philippe Scimeca  27:39

– Rien n’est acquis. Et tu peux avoir une super tendance de carrière, à un moment donné, pour une raison qui peut être indépendante de toi, ça s’arrête. Et puis, tu rentres dans cette spirale de pensée négative, frustration, déception, en disant, merde, mais qu’est-ce que j’ai fait de mal ? Qu’est-ce que j’ai raté comme marche pour me retrouver là ? Vraiment, injustice. Après, tu prends un peu de recul et puis tu te rends compte que tu aurais dû faire des trucs différemment. Mais ce premier sentiment, c’est celui de la frustration et de l’injustice.

 

Olivier My  28:05

– Et du passé, quoi.

 

Philippe Scimeca  28:06

– Ouais, voilà, exactement. Pour me sortir un petit peu de cette pensée négative, je décide de me faire accompagner. Donc, je m’offre un coaching. Et ça.

 

Olivier My  28:14

– C’est externe ?

 

Philippe Scimeca  28:15

– Ça, c’est complètement externe.

 

Olivier My  28:16

– OK, c’est pas la boîte qui te fournit ?

 

Philippe Scimeca  28:19

– Non, je pense que c’était pas trop l’ambiance à ce moment-là. Non, c’était une démarche personnelle, en fait. L’objectif, c’était… Comment sortir de cette frustration ? C’est ça la lettre de mission, l’objectif qu’on s’était fixé avec la coach, c’était comment sortir de cette frustration qui a un impact sur ce que je fais au quotidien, sur ma vie perso, quand tu es grognon tous les matins, ce n’est pas chouette. Oui.

 

Olivier My  28:42

– Mais c’est déjà courageux de dire je vais me faire accompagner et je fais une démarche proactive pour changer.

 

Philippe Scimeca  28:48

– Oui, alors je rentre dans ce process sans forcément savoir où ça va m’amener.

 

Olivier My  28:52

– Tu voulais changer la situation telle qu’elle était à l’époque.

 

Philippe Scimeca  28:56

– Oui. ou en tout cas ma perception de la situation, ou changer mon mindset par rapport à la situation. Donc voilà, on discute, on avance, on traverse ce process. Et ce qui était hyper intéressant, et c’est un autre moment un peu fondateur ou un autre moment un peu clé dans ma carrière, avec cette coach, on fait un test, peut-être que tu connais, qui s’appelle le test des natures et intelligences multiples.

 

Olivier My  29:18

– Ah, je suis curieux.

 

Philippe Scimeca  29:19

– C’est un test qui cartographie un peu ta personnalité au travers d’un certain nombre de dimensions. donc Partons du principe qu’il n’y a pas une forme d’intelligence, mais il y en a plusieurs. Tu peux avoir une intelligence corporelle, donc à manipuler des trucs, une intelligence plutôt relationnelle, une intelligence en relation avec la nature, une intelligence, donc différentes sortes d’intelligence et différentes natures. Et donc, ça met tout ça dans un gros package et ça détermine un peu ton top 3 de tes intelligences et natures telles qu’elles te correspondent.

 

Olivier My  29:54

– Qu’est-ce qui émerge alors chez toi ?

 

Philippe Scimeca  29:55

– Alors, c’est assez rigolo parce qu’il y a des choses qui émergent qui sont clairement liées à mon métier, sur l’aspect communication, l’aspect interpersonnel, il y a pas mal de choses liées à ça. Il y a des choses qui ressortent aussi, par exemple, la nature éducative, qui est une de ces natures multiples. qui ressort aussi dans la liste et qui, pour le coup, n’est pas forcément représentatif de ce que je fais au quotidien.

 

Olivier My  30:19

– Tu faisais de la formation quand même ?

 

Philippe Scimeca  30:20

– Oui, un peu, mais ce n’était pas au cœur de ce que je faisais. Et donc, ce qui est intéressant dans ce truc-là, c’est que ça te donne une cartographie de ta personnalité, mais ça ne te donne pas une cartographie de ce que tu fais actuellement et en quoi c’est en lien ou en quoi c’est cohérent avec ta pratique, avec ton job.

 

Olivier My  30:35

– Mais par contre, ça te permet de faire le lien entre quelque chose qui est plus ou moins facile pour toi Parce que tu as déjà les compétences en toi.

 

Philippe Scimeca  30:44

– Exactement. Plus que les compétences, parce que c’est dans ta nature. Tu vois, ça va plus loin que l’aspect vraiment compétence. Et donc, la coach me dit, elle utilise cette phrase, elle me dit, écoute, tes natures, c’est comme des tigres. Il y en a certains qui sont bien nourris et d’autres qui sont moins bien nourris dans ton quotidien. Et les tigres qui ne sont pas nourris ou qui sont moins bien nourris, ils vont finir à un moment donné par s’exprimer fortement. Le fait qu’un… Enfin, tu vois l’exemple. un tirage Le tigre pas nourri.

 

Olivier My  31:09

– Il va te bouffer de l’intérieur.

 

Philippe Scimeca  31:11

– Exactement. Et donc, elle me dit, par contre, il ne faut pas chercher à nourrir tous ces tigres uniquement dans ton job. C’est impossible de trouver un travail qui soit 100% aligné avec tes natures et tes intelligences. Par contre.

 

Olivier My  31:24

– Multiples d’ailleurs.

 

Philippe Scimeca  31:24

– Qui sont donc multiples par définition. Eh bien, regarde dans ta vie au total, dans ta vie personnelle, dans tes loisirs, dans ton cercle social, avec tes amis et dans ton travail. Qu’est-ce qui va te permettre d’équilibrer tout ça ? Et donc ça, c’est un vrai déclencheur. Ce n’est pas nécessairement ton boulot qui doit représenter 100% de ta satisfaction personnelle. Il y a probablement d’autres trucs à faire.

 

Olivier My  31:46

– Et je pense que c’est là où, personnellement, en tout cas, je trouve que tu vas chercher trop fortement, des fois, à cloisonner vie pro, vie perso. On a l’impression, des fois, que justement, on doit tout mettre d’un côté, tout mettre de l’autre, alors qu’en fait, on a un éventail de possibilités.

 

Philippe Scimeca  32:01

– Oui, tout à fait. Exactement. Si je reprends cet exemple de nature éducative, qui était donc moyennement présente dans mon travail. Un peu plus tard, et c’est encore le cas aujourd’hui, je fais de l’instruction pour des jeunes pilotes. Donc faire de l’instruction pour les jeunes pilotes, c’est une activité que je prends énormément de plaisir à faire. Et donc je nourris probablement ce tigre-là. Au travers de ça, parce que ça a un impact direct. Là, pour le coup, c’est de la vraie formation. On forme des gens et on leur donne des compétences hyper tangibles. Tu sais faire atterrir ou tu ne sais pas faire atterrir. Il n’y a pas d’un peu d’entre-deux. Donc, c’est ultra tangible. Donc, ça, c’est le cas où je ne me souviens plus exactement du terme, mais il y a une intelligence qui est autour de la motricité. Tu vois, moi, j’avais un métier plutôt intellectuel. Je n’utilisais pas trop mes mains au quotidien. Là, aujourd’hui, dans mon métier de pilote, évidemment, la sensibilité tactile avec l’avion, elle est quand même cruciale.

 

Olivier My  32:51

– En tout cas, on l’espère.

 

Philippe Scimeca  32:53

– Oui, oui, oui. On dit souvent, d’ailleurs, quand on pilote, il faut sentir l’avion. Aujourd’hui, je pilote un Boeing 737, donc c’est un gros machin. Et en effet, quand on le pilote, on sent l’avion. On sent ses vibrations, ses mouvements. On sent comment il bouge. On sent dans son corps, en fait. Donc, il y a un côté corporel.

 

Olivier My  33:11

– Justement, une mini parenthèse. Un avion, quand tu le conduis, par rapport à une voiture, c’est quoi la différence ?

 

Philippe Scimeca  33:19

– Déjà, il y a trois dimensions au lieu de deux. Ça, c’est la grosse différence. Ça, c’est une grosse différence. sinon on va dire que Ça fonctionne un peu pareil, c’est-à-dire que tu transfères des informations visuelles que tu captes sur des instruments ou à l’extérieur. Les autres voitures, le compteur de vitesse, ce qu’il y a dans ton rétro. Dans l’avion, c’est pareil, tu regardes dehors, tu vois la piste, tu regardes tes instruments devant et puis tu ajustes ta trajectoire par rapport à ce que tu vois. Donc en fait, c’est une traduction de stimuli visuels dans des réactions mécaniques avec tes mains et tes pieds. Ouais.

 

Olivier My  33:55

– D’accord.

 

Philippe Scimeca  33:55

– Donc, c’est la même logique. C’est juste que la machine est différente. Et puis, en effet, il y a trois dimensions, mais c’est le même genre de truc.

 

Olivier My  34:02

– D’accord. OK. Excuse-moi, c’est une petite parenthèse. J’étais curieux de ça. Donc, tu disais qu’il y a cette intelligence éducative là que tu as pu mettre en œuvre en tant qu’instructeur. Mais justement, avant de devenir instructeur, il y a un petit parcours quand même, non ?

 

Philippe Scimeca  34:16

– Oui, tout à fait. Donc, si je reviens à la fin de ce coaching, on fait cette cartographie et je me rends compte qu’à ce moment-là, pour arrêter d’être frustré. Dans ma vie professionnelle, je vais investir du temps dans d’autres trucs à côté. Donc je vais peut-être investir un peu plus de temps dans l’aviation. Il y a aussi un côté, j’investis plus de temps dans mes loisirs, la course à pied. J’investis plus de temps dans des trucs qui me donnent de la satisfaction avec un retour direct. Et puis quelques mois plus tard, finalement, on nous annonce que la banque va fermer et que de toute façon, il va falloir penser à faire autre chose. Donc ça, c’est aussi un autre moment important, puisque c’est le moment où nécessairement, tu dois te poser la question de qu’est-ce que je vais faire pour les 20 prochaines années ? Est-ce que je continue sur le même chemin ou est-ce que je décide vraiment de faire autre chose ? Donc cette idée-là de me dire, OK, est-ce que je peux transformer ce loisir de pilotage en un métier ? Au début, tu te dis, non, parce que non, je ne peux pas, parce que non, parce que trop compliqué, parce que trop… Ça revient. réaction normale en tout cas chez moi et puis après tu finis par J’ai fait ce que je savais faire de mieux, c’est-à-dire que j’ai fait un budget et un planning dans un tableau Excel. Et puis, je me dis, en fait, peut-être que ça marche.

 

Olivier My  35:24

– Pourquoi c’est un budget et un planning, du coup, qui te fait faire le pas ?

 

Philippe Scimeca  35:28

– Parce qu’en fait, quand on nous annonce que l’entreprise va fermer, on sait qu’à la fin, on va partir. Et donc, ça me laisse un certain temps pour pouvoir trouver du travail. À un moment, il faut retrouver du travail. Et donc, le planning, c’est est-ce que se former en tant que pilote professionnel ? et trouver un travail, est-ce que c’est compatible avec ce temps que je vais avoir ?

 

Olivier My  35:49

– D’accord, ok.

 

Philippe Scimeca  35:50

– Parce que tu peux pas rester sans ressources.

 

Olivier My  35:52

– Indéfiniment en tout cas Indéfiniment.

 

Philippe Scimeca  35:53

– Enfin tu vois ça peut marcher un moment mais ça marche pas indéfiniment D’accord.

 

Olivier My  35:57

– Je posais la question parce que du coup je m’étais dit que pour faire le pas, peut-être que c’était l’envie qui allait prévaloir au départ, mais de ce que j’entends ça a été quand même très rationnel quoi.

 

Philippe Scimeca  36:06

– Oui, oui, bien sûr, non c’est très rationnel, enfin je peux pas prendre la décision sur des éléments uniquement émotionnels.

 

Olivier My  36:12

– Puis ça implique pas que toi.

 

Philippe Scimeca  36:13

– Oui, pas exactement. J’ai des enfants qui grandissent, j’ai un foyer, j’ai une maison qu’il faut payer. Au bout d’un moment, la réalité, tu es obligé de confronter cette envie à la réalité. Est-ce que c’est possible techniquement, financièrement, en termes de timing ? J’avais besoin de mettre de la rationalité autour de ce projet.

 

Olivier My  36:34

– Oui, je comprends.

 

Philippe Scimeca  36:35

– Et donc, une fois qu’on met la rationalité autour du projet, on se rend compte que ça peut marcher avec un certain nombre d’hypothèses. Il faudra trouver du travail à un moment donné, c’est la grosse hypothèse. Mais voilà, on en discute en famille, j’en parle autour de moi. Et puis, je prends la décision, nous prenons la décision. Parce que c’est un projet de reconversion professionnelle. Ce n’est pas un truc que tu prends tout seul dans ton coin. Tu as besoin d’avoir le support de ton entourage. Donc, la décision est prise et je me lance dans le truc en parallèle de la fermeture de la banque.

 

Olivier My  37:03

– Alors, juste avant qu’on rentre dans cette nouvelle aventure, cette conversation, tu t’en souviens ? Quand tu annonces de dire que tu as envie de faire ça. Tu te rappelles un peu de ce moment ?

 

Philippe Scimeca  37:13

– En fait, je ne saurais pas me rappeler exactement du moment parce que ça a été vraiment un process.

 

Olivier My  37:18

– C’est plusieurs moments au final.

 

Philippe Scimeca  37:19

– Oui, plusieurs moments. Et clairement, ça a commencé. Ça commence même longtemps avant en disant « Tiens, aujourd’hui à l’aéroclub, j’ai rencontré tel gars. Non, mais c’est quand même dingue. Lui, il est instructeur. Il a travaillé dans tel secteur avant qui n’avait rien à voir. Et puis en fait, il est en train de devenir pilote. C’est quand même fou, non ? Tu as vu, il y a des gens qui le font. Donc, ce n’est pas.

 

Olivier My  37:37

– C’est pas un moment clé, c’est un écosystème. Ouais, tu vois, c’est pire.

 

Philippe Scimeca  37:41

– Pas l’espèce de rituel ou de moments familial important disant j’ai quelque chose à vous annoncer oui non pas du tout ça s’est pas du tout passé comme ça chacun en ans et plus de manière très très continue et voilà ça s’est fait petit à petit quoi donc super c’est mais je pose la question parce qu’effectivement il ya certaines personnes où il se rappelle de c’était un resto un endroit particulier c’est donc effectivement il ya un côté rituel donc.

 

Olivier My  38:02

– La décision est prise ça s’est fait d’une manière plutôt naturelle Est-ce qu’il y a eu des choix vraiment importants à faire pour se dire, OK, j’y vais ?

 

Philippe Scimeca  38:11

– En fait, le choix, quand tu veux devenir pilote, il faut bien choisir l’école dans laquelle tu vas être formé. Et donc, tous ces choix d’école, parce que c’est plusieurs écoles en réalité, se sont faits aussi en regardant bien l’impact sur le reste de mon environnement et notamment la vie de famille. C’est-à-dire que j’ai choisi une école qui était à un quart d’heure de chez moi. Et je n’ai pas choisi une école à trois heures d’avion. Parce que moi, j’avais des camarades qui allaient en Pologne, en Espagne, en Italie faire leur formation et qui partaient cinq mois là. Même si la formation avait l’air chouette là-bas et peut-être un peu moins chère sur le papier, moi, j’ai fait le choix de me former à côté de chez moi parce que tous les soirs, j’étais chez moi. Donc, c’est plus en fait mes choix, en tout cas la dimension. Je ne veux pas complètement disrupter ma vie de famille. Elle a quand même été un driver important dans les choix que j’ai fait au cours de ma reconversion. Je voulais quand même garder cet équilibre parce que moi, ça ne m’amusait pas des masses de partir loin et longtemps, même si c’était pour faire de l’avion. Ça ne m’amusait pas tellement.

 

Olivier My  39:07

– En même temps, tu en faisais déjà tous les dimanches. Oui.

 

Philippe Scimeca  39:10

– Bien sûr, mais ce n’est quand même pas pareil de partir le dimanche matin à l’aéroclub ou de partir cinq mois en Pologne.

 

Olivier My  39:15

– Et du coup, ce parcours, tu rentres dans ta formation, tu sélectionnes, tu disais, une école pas trop loin, donc c’est confortable pour toi et ça ne disrupte pas trop ta vie de famille. Qu’est-ce que tu gardes de cette formation ?

 

Philippe Scimeca  39:26

– En fait, déjà, c’est que du plaisir. C’est beaucoup de travail et beaucoup de plaisir. Et j’ai envie de dire que le plaisir, il est à la hauteur du travail que tu fournis. Donc, c’est évidemment énormément de travail. Tu commences par passer toute la partie théorique et donc tu te remets dans des bouquins et t’apprends. Et puis tu réapprends à apprendre des trucs académiques. Tu fais des QCM. Enfin voilà, donc ça, c’est un peu fastidieux, mais tu passes au travers de ces examens théoriques.

 

Olivier My  39:49

– Et justement, dans la théorie, c’est quoi les sujets ? qui, toi, t’ont le plus marqué ? Parce que, tu sais, on étudie souvent la théorie et puis après, ça s’en va. Mais je pense que dans les dispositions dans lesquelles tu étais, il y a peut-être des choses où tu t’es dit, tiens, wow, ce truc-là, je ne savais pas. Oui.

 

Philippe Scimeca  40:03

– Alors moi, j’ai bien aimé, je crois qu’il y a 13 ou 14 matières, donc c’est assez dense. Et ça va des aspects très techniques sur les principes du vol de l’avion. Moi, j’ai vraiment aimé ça, les principes du vol ou la motorisation, des aspects très techniques. Ça, j’ai bien aimé. Après, les gens me croit un peu fou, mais moi j’ai vraiment aimé l’aspect réglementation. il en faut voilà donc j’ai trouvé que le module réglementation c’était chouette et je me rends compte aujourd’hui maintenant que je suis un professionnel de ce métier là que c’est vraiment important que c’est pas juste pour décorer c’est vraiment vraiment important donc voilà si il y a des gens qui veulent devenir pilote qui écoutent ce podcast intéressez-vous à la réglementation c’est vraiment important c’est toujours mieux de connaître les règles du jeu auquel tu joues donc voilà ça c’est des choses qui m’ont vraiment vraiment intéressé il y a des trucs moins fun mais ça c’était chouette d’accord super Donc.

 

Olivier My  40:48

– Tu as la partie théorique, bien sûr. Tu recommences à faire de la pratique.

 

Philippe Scimeca  40:52

– Oui, tu commences à faire de la pratique, exactement. Donc là, tu fais des heures de vol.

 

Olivier My  40:55

– Mais c’est quoi la différence par rapport à ce que tu avais déjà fait ? Parce qu’au final, toi, tu volais déjà.

 

Philippe Scimeca  40:58

– Oui, je volais déjà. Donc en fait, la première partie de la formation professionnelle, c’est faire un petit peu ce que tu as déjà fait avant, mais avec un niveau d’exigence, avec un côté professionnel en fait. Avec des niveaux de tolérance par rapport aux écarts. Il y a des critères. Il y a des critères bien précis. Quand tu maintiens une altitude, quand tu es pilote de loisir, c’est plus ou moins 150 pieds. Là, ce n’est pas plus ou moins 150 pieds, c’est peut-être plus ou moins 50. Donc, les critères sont beaucoup plus précis. Quand tu fais atterrir l’avion, tu dois maintenir une certaine vitesse. Tu dois maintenir la vitesse, pas un peu au-dessus, un peu en dessous. Non, tu dois maintenir la vitesse. Donc, il y a un côté plus rigoureux. Il y a un côté aussi avec des procédures. Puisque tu es dans une école, l’école a ses procédures. Donc, tu appliques les procédures. Ça fait partie du travail. Donc, ça, c’est un peu la différence. Puis, tu apprends des nouvelles compétences. Tu apprends à voler sur un avion qui a deux moteurs. alors qu’avant, au tout début, tu apprends à voler sur monomoteur.

 

Olivier My  41:46

– Ça change quoi ?

 

Philippe Scimeca  41:47

– Ça change que l’avion est plus puissant, il va plus vite, il fait plus de bruit, il est plus chouette à piloter.

 

Olivier My  41:51

– Il est plus chouette à piloter, dit-il à la fin.

 

Philippe Scimeca  41:55

– Aussi, il a un côté rassurant parce que si tu tombes en panne, tu as toujours de l’autre moteur. Oui, c’est ça. C’est quand même rare de faire deux pannes moteur en même temps. Donc non, la formation bimoteur, c’est un moment intéressant parce que tu as l’impression de piloter un vrai avion.

 

Olivier My  42:07

– Et toi, tu as un fan de vitesse ?

 

Philippe Scimeca  42:09

– Non, pas vraiment.

 

Olivier My  42:10

– Particulièrement, c’est plus puissant et tout, mais après, ce n’est pas.

 

Philippe Scimeca  42:13

– Oui, non, ce n’est pas un critère particulièrement, mais… L’avion est plus complexe, c’est une machine qui est plus complexe. Donc, c’est intellectuellement aussi plus chouette de comprendre un peu tous les systèmes. Pour devenir pilote, il faut s’intéresser à la technique de la machine. Il faut vraiment comprendre comment fonctionne le truc dans le détail. Donc, voilà. En général, plus les avions sont gros, plus ils sont complexes. Et donc, plus il y a de trucs à apprendre. Donc, il faut être curieux. Il faut se plonger dans les bouquins.

 

Olivier My  42:36

– Et donc, cette formation, c’est combien de temps ?

 

Philippe Scimeca  42:38

– Ça a duré 4-5 mois.

 

Olivier My  42:40

– Ah oui, c’est assez rapide alors.

 

Philippe Scimeca  42:41

– La théorie, j’ai mis 6 mois, donc avant. J’ai fait la théorie en parallèle de la fermeture de la banque et j’ai commencé la pratique une fois que la banque était fermée. Donc, j’ai mis la théorie, j’ai mis six mois. La pratique, j’ai mis quatre, cinq mois.

 

Olivier My  42:52

– Mais du coup, c’est séquentiel. C’est un peu comme le code de la route. Oui, c’est séquentiel.

 

Philippe Scimeca  42:56

– Tu ne peux pas commencer la formation pratique, professionnelle si tu n’as pas passé la partie théorique.

 

Olivier My  43:01

– Et la partie théorique, c’est un peu comme le code de la route. Du coup, c’est QCM, ce genre de truc là.

 

Philippe Scimeca  43:05

– Exactement, QCM, 75% de bonnes réponses à chaque matière.

 

Olivier My  43:10

– Et là, du coup, tu es passé comment ?

 

Philippe Scimeca  43:12

– Ça s’est bien passé. Ça s’est bien passé ce coup-ci. Je pense que j’ai dû avoir plus de 90% partout. Ça s’est bien passé. En fait, c’était tellement long et fastidieux que tu n’as pas envie de le passer. Tu n’as vraiment pas envie de le passer plusieurs fois. Tu développes une méthode de travail qui t’assure que tu… Donc, tu bouffes du QCM. Au bout d’un moment, tu apprends les bouquins, mais apprendre les bouquins, c’est bien. Puis, à un moment, tu bachotes, tu bachotes, tu bachotes les QCM, ce qui te permet de t’assurer un score supérieur. Moi, je visais au moins 85 pour me laisser une petite marche par rapport aux 75. Et puis, ça s’est bien passé.

 

Olivier My  43:45

– Donc, tu fais six mois avant et après, tu visais quatre, cinq mois.

 

Philippe Scimeca  43:47

– J’ai fait cinq mois de formation pratique.

 

Olivier My  43:50

– Et donc là, tu fais la formation pratique. Tu as un examen, je suppose, à la fin.

 

Philippe Scimeca  43:54

– Oui, exactement. Différents examens pour passer les différentes licences et les différentes qualifications.

 

Olivier My  43:59

– Tu as eu des difficultés particulières ou pas sur le chemin ?

 

Philippe Scimeca  44:02

– Des difficultés ? Non, pas forcément des difficultés. Alors, en fait, ce n’est pas difficile en soi. C’est une masse. il y a un volume de trucs à savoir qui est important. Donc en fait, il y a une charge de travail qui est vraiment importante. Donc je ne dirais pas que c’est une difficulté, mais il faut en avoir vraiment conscience. Il faut être à l’aise avec le fait que tu vas vraiment devoir cravacher pour absorber un volume de connaissances et réussir à les transférer dans l’avion en compétences techniques. Donc je ne dirais pas que c’est une difficulté, mais en tout cas, c’est un point vraiment central. Vraiment, quand on veut devenir pilote, l’élément principal avec lequel il faut être à l’aise, c’est la charge de travail. Ce n’est pas la difficulté du truc. C’est vraiment la charge. Quelques semaines plus tard, quand je fais ma formation instructeur, la formation instructeur, ce n’est pas difficile techniquement, c’est ultra intense. En termes de volume de travail, c’est vraiment ça qui caractérise le truc.

 

Olivier My  44:52

– Quand tu dis volume de travail, c’est parce qu’il y a beaucoup de choses à apprendre ou c’est beaucoup de choses à répéter ? Je n’arrive pas à me rendre compte, c’est beaucoup d’efforts, à quel endroit ?

 

Philippe Scimeca  44:59

– Il y a une panoplie de compétences à acquérir qui est quand même très diverse dans un nombre d’heures de vol réglementaire qui est assez limité. Donc il faut y aller. Il faut aussi se dire que chaque heure de vol supplémentaire, c’est toi qui les payes. Donc tu as intérêt à rentrer dans le…

 

Olivier My  45:13

– C’est un budget aussi.

 

Philippe Scimeca  45:14

– C’est un budget, oui, bien sûr, c’est un budget important de devenir pilote. t’as pas envie d’y mettre plus d’heures de vol que ce qui est nécessaire.

 

Olivier My  45:19

– C’est vraiment comme l’auto-école.

 

Philippe Scimeca  45:21

– Oui, ce n’est pas exactement le même budget, mais c’est le même genre de truc. Donc voilà, il y a cet aspect-là de diversité des choses à acquérir. Et puis voilà, de se dire, les formations sont quand même relativement courtes en temps.

 

Olivier My  45:34

– C’est ce que je me disais, ça veut dire que tu as quand même des dates, des échéances. Ça veut dire que c’est ta force de travail, tu débrouilles. pour avoir ce qu’il faut.

 

Philippe Scimeca  45:44

– En fait, moi, ce que j’ai en tête, c’est d’être sur le marché du travail le plus rapidement possible.

 

Olivier My  45:47

– Ah oui, c’est vrai.

 

Philippe Scimeca  45:48

– J’ai cet enjeu de date butoir où je me dis, au bout d’un moment, il va falloir que je fasse rentrer de l’argent parce que l’accompagnement qui fait suite à la fermeture de la banque, il aura une fin. Donc, il faudra trouver du travail. Donc, j’ai un enjeu de timing qui est quand même vachement fort.

 

Olivier My  46:03

– Et justement, on en discutait avant de démarrer l’épisode. tu disais que l’école que tu as choisi C’est un petit peu comme les prépas générales. C’est une école et puis ensuite, tu postules dans les différentes boîtes.

 

Philippe Scimeca  46:16

– Exactement.

 

Olivier My  46:16

– C’est ça ?

 

Philippe Scimeca  46:16

– Oui, donc tu obtiens tes licences, licence de pilote professionnel, qualification de vol sur bimoteur, etc. Et là, à ce stade, tu es employable, entre guillemets. Donc, tu peux postuler. Donc, tu postules et là, c’est la grande inconnue. Tu postules et tu attends. Et donc, c’est la période un peu difficile de je postule et j’attends.

 

Olivier My  46:37

– Oui.

 

Philippe Scimeca  46:37

– Et en fait, pour trouver un job dans une compagnie aérienne, il faut postuler. Il faut qu’un recruteur trouve ton profil suffisamment intéressant pour t’envoyer dans un process de sélection. Donc, c’est un process de sélection à multi étapes.

 

Olivier My  46:48

– Alors, juste avant que tu enchaînes, ça veut dire quoi un profil intéressant ? Parce que du coup, quand tu sors d’une école, tu sors d’une école quoi.

 

Philippe Scimeca  46:54

– Ouais. Eh bien alors ça tu sais pas. C’est-à-dire que tu peux envoyer ton dossier dans deux compagnies, obtenir une lettre de refus, obtenir rien du tout, ou obtenir un ok, on est d’accord pour vous. ou donner votre chance pour rentrer en sélection, ton profil, c’est le même. Donc, tu ne sais pas trop les critères. Alors, c’est assez rigolo, parce que c’est un monde où la solidarité entre tous ceux qui cherchent un travail est assez forte. Donc, tu as des forums, des groupes WhatsApp, des Discord, des trucs dans tous les sens. Et donc, tout le monde dit, alors, moi, je connais un gars qui… Moi, j’avais aussi des doutes sur ma capacité à rentrer dans une compagnie aérienne. À cette époque-là, j’ai 42-43 ans. Donc, je n’ai pas le profil type d’un… pilote sorti d’école. Le profil type d’un pilote sorti d’école, il a entre 25 et 30 ans. Et il y a des compagnies aériennes qui font comprendre clairement que l’âge est un sujet. Oui, alors évidemment, ce n’est pas un critère officiel puisque c’est tout droit. En tout cas, dans l’Union européenne, il y a des pays qui l’annoncent clairement. Il faut avoir moins de 36 ans. Mais dans l’Union européenne, c’est officiellement interdit d’en faire un critère. Toutefois, on se rend compte avec l’expérience que parfois, ça peut être un critère. Et puis, il y a des compagnies plutôt chouettes qui s’en foutent de ton âge, qui regardent plutôt les compétences que tu as.

 

Olivier My  48:09

– Et donc, tu postules comment ? Est-ce que tu postules au maximum de trucs ? Comment est-ce que tu fais ta sélection ?

 

Philippe Scimeca  48:14

– Oui, alors au début, au tout début, mon but, c’est de rentrer dans une grande compagnie française. Donc, je rentre dans le programme des cadets de cette grande compagnie française.

 

Olivier My  48:24

– C’est-à-dire qu’ils te sélectionnent pour pouvoir rentrer ?

 

Philippe Scimeca  48:26

– Oui, voilà, exactement. Donc, je rentre dans le process de sélection pour pouvoir devenir cadet dans cette compagnie. Je l’ai tenté deux fois, j’ai raté deux fois. pas aux mêmes étapes, parce que tu as des étapes de test psychotechnique, et puis à la fin, tu as des entretiens. Donc la première année, j’ai raté au test psychotechnique. La deuxième année, j’ai réussi les deux étapes de test psychotechnique. Il y en a deux ? Oui, il y en a deux.

 

Olivier My  48:48

– C’est au cas où tu as eu de la chance pour le premier ?

 

Philippe Scimeca  48:50

– Tu en as une, c’est en ligne chez toi et ça dure deux heures. Et tu en as une deuxième, c’est une journée complète de test à l’ENAC à Toulouse. C’est une journée complète de test. Donc là, pendant six heures, tu bouffes du test. Et le but, c’est d’être meilleur que les autres. Donc la deuxième fois, j’ai réussi. Et donc, j’ai eu le droit d’aller à l’entretien. Aux entretiens, parce que c’est entretien collectif, dynamique de groupe, entretien individuel, test psychologique. Enfin, c’est deux jours d’assessment à la fin.

 

Olivier My  49:18

– C’est énorme.

 

Philippe Scimeca  49:19

– Et donc, je n’ai pas réussi.

 

Olivier My  49:21

– Et tu sais pourquoi ? Officiellement, on va dire ?

 

Philippe Scimeca  49:23

– En fait… C’est ultra compétitif. On était à 3500 au début pour 80 places. Donc forcément, il y a un process de sélection. Aux entretiens, on est probablement aux alentours de 200-250 pour 80 places. Je n’ai pas été le plus convaincant. C’est ça la réalité. C’est que pendant l’entretien, je n’ai pas réussi à être convaincant par rapport au fait que c’était pertinent pour eux de me recruter dans ce process de pilote cadet.

 

Olivier My  49:45

– Tu peux préciser ce que c’est pilote cadet du coup ?

 

Philippe Scimeca  49:48

– Oui, pilote cadet, ça veut dire pilote sans expérience.

 

Olivier My  49:50

– Ok, le terme cadet, c’est un peu novice. Voilà, exactement.

 

Philippe Scimeca  49:54

– C’est la compagnie qui va te former qui va finir de te former intégralement donc c’est ça un cadet donc je n’avais pas le profil d’un cadet type parce que les cadets en général ils sont plutôt en début de carrière tu vois donc j’ai pas réussi à convaincre le jury de la pertinence de ma candidature à ce moment là avec qui j’étais à ce moment là et l’expérience professionnelle ou d’aviation que j’avais à ce moment là bon voilà donc j’aurais été content de rentrer dans cette entreprise mais j’y suis pas rentré et au final j’ai trouvé un job aujourd’hui pas très longtemps plus tard j’ai pas mis très longtemps à trouver un travail finalement je suis hyper heureux dans la compagnie dans laquelle je suis donc donc du coup tu postules à plein d’endroits donc à cet endroit tu commences à passer sélection.

 

Olivier My  50:30

– Le résultat, donc tu nous le racontes. Tu as un peu sauté une étape parce que du coup, tu nous dis voilà, j’ai réussi à avoir un boulot. Mais du coup, ça veut dire que tu as quand même une sélection dans cette autre boîte.

 

Philippe Scimeca  50:39

– Oui, tout à fait.

 

Olivier My  50:40

– C’est quoi le processus ? C’est le même ou c’est un autre parcours ?

 

Philippe Scimeca  50:43

– Alors, il est un peu différent. Je suis dans une compagnie aérienne qui, comme première étape de sélection, nous met dans un simulateur.

 

Olivier My  50:50

– Ce qui n’était pas du tout le cas de l’autre côté ?

 

Philippe Scimeca  50:51

– Pas du tout. Et ce qui est assez rare. Souvent, le simu ans arrivé en fin de course D’abord, on fait des tests psychotechniques. Ensuite, on fait des entretiens. Ensuite, on voit les psys, etc. Et puis à la fin, on vous met dans un simu. Parce qu’en fait, les compagnies aériennes partent souvent du principe qu’en sortie de formation, on a tous les mêmes qualifs, tous les mêmes licences. Donc, il n’y a pas de raison qu’on pilote, que ce soit un critère discriminant.

 

Olivier My  51:13

– Oui, d’accord.

 

Philippe Scimeca  51:13

– Et ça a une certaine logique. Moi, je comprends ça. Et puis, c’est aussi assez cher de faire passer des séances de simulateurs parce qu’il faut mobiliser le simulateur. donc pour la compagnie c’est une étape relativement onéreuse.

 

Olivier My  51:22

– Ah ouais, d’accord, parce que le simulateur, c’est pas juste de la VR ? Non, non.

 

Philippe Scimeca  51:27

– Non, t’es dans une vraie grosse machine sur vérin qui coûte plusieurs millions d’euros. Ah ok, d’accord. Qui coûte probablement 1000 euros de l’heure, enfin voilà. Donc souvent, ça arrive à la fin. Et là, en fait, dans ma compagnie actuelle, ils mettent ça au début. Vraiment, première étape, ils vous mettent dans un simu, souvent sur un avion que vous ne connaissez pas, juste pour voir justement votre capacité à sentir et à piloter l’avion. Donc c’est intense, c’est difficile. Le taux de réussite est assez faible de cette première étape. En tout cas, le filtre est assez fin, mais j’ai réussi cette étape. Et ensuite, ça a été suivi par des trucs plus classiques. Test psychotechnique, simulation d’entretien, simulation dynamique de groupe individuel, etc. Et puis, à la fin, entretien RH, entretien encore technique avec le management sur des questions d’aviation. Donc voilà, trois étapes avant d’être embauché.

 

Olivier My  52:16

– Qu’est-ce qui est, selon toi en tout cas, le critère… psychologique qui est testé véritablement, parce que j’ai l’impression qu’il y a vraiment beaucoup de tests à cet endroit-là.

 

Philippe Scimeca  52:25

– Oui.

 

Olivier My  52:26

– Est-ce qu’il y a un truc particulier qu’ils cherchent à avoir ou vérifier avant de permettre, je suppose, à quelqu’un de piloter ?

 

Philippe Scimeca  52:33

– Oui. Donc, en fait, ce qu’on appelle nous dans l’aviation les compétences non techniques, il y en a un certain nombre, mais celle qui me paraît être la plus importante ou qui est la plus importante, c’est la capacité à travailler à deux dans un cockpit. On pilote des avions multipilote. On est deux. On est formé avec les mêmes procédures, on a les mêmes licences, mais on ne se connaît pas. Donc, on va s’asseoir tous les deux dans l’avion. C’est la première fois qu’on se voit et on a une mission à exécuter. Et il faut qu’on l’exécute de la meilleure manière possible en réussissant à travailler à deux. Donc, c’est ce qu’on appelle le CRM, Crew Resource Management. Donc, c’est le fait de réussir à bien travailler à deux, manager les ressources dans le cockpit. Et donc, en fait, pendant ces tests, on va voir si tu as des traits de personnalité qui sont un peu extrêmes d’un côté ou de l’autre et qui, en tout cas, font émerger des doutes. sur le fait que tu vas être capable de t’adapter à n’importe quel style de collègue, commenter face au stress, commenter par rapport à la prise de décision, tous ces éléments-là qui sont importants dans un cockpit, parce que dans un cockpit, la dimension temporelle est très importante. C’est-à-dire que quand on a des décisions à prendre, on a peu de temps pour les prendre. On ne fait pas trois réunions pour prendre des décisions quand il y a un truc à faire.

 

Olivier My  53:36

– Ça, tu connais.

 

Philippe Scimeca  53:36

– Voilà, ça, je connais. Donc, il y a une situation, on en discute, on prend la décision et il faut que ce soit collaboratif, simple, partagé et sans doute possible.

 

Olivier My  53:46

– C’est intéressant parce que ça veut dire que finalement, être l’expert sachant, super bon seul, finalement ça n’a aucun intérêt.

 

Philippe Scimeca  53:54

– Oui, on ne peut pas piloter ses avions tout seul.

 

Olivier My  53:55

– Oui, c’est intéressant.

 

Philippe Scimeca  53:56

– Il y a des équipes entières d’aviation qui rêvent, et les compagnies aériennes aussi sûrement, d’avions monopilotes.

 

Olivier My  54:02

– Ça coûterait moins cher, blablabla.

 

Philippe Scimeca  54:03

– Ça coûterait moins cher, voilà. Mais clairement, aujourd’hui, le régulateur a fermé la porte à ce sujet en disant non, non, il faut deux personnes dans un cockpit parce que c’est quand même beaucoup plus safe d’être deux dans un cockpit que d’être un avec les machines.

 

Olivier My  54:14

– C’est marrant parce que du coup, j’ai vu cet échange-là il y a quelques jours même, où les gens me disaient, mais de toute façon, aujourd’hui, les avions, il y a beaucoup de choses qui sont automatisées, blablabla. Est-ce que c’est le cas ? Est-ce qu’au final, il y a quand même beaucoup de choses qui sont manuelles parce qu’on les a gardées manuelles ?

 

Philippe Scimeca  54:32

– En fait, il y a un pilote automatique dans l’avion, c’est sûr. Il y a un pilote automatique qui nous aide. Et j’ai envie de dire que quand tout va bien, on se repose sur les automatismes de l’avion. Alors, évidemment, le décollage et la montée, c’est manuel. L’atterrissage, c’est manuel, sauf dans des cas très particuliers. Mais c’est nous, pilotes, qui programmons la machine. C’est nous qui lui disons de manière explicite ce qu’on a envie qu’elle fasse. Donc oui, l’avion, il est automatisé. Il nous aide à prendre des décisions, mais l’input, il reste humain. Ça, c’est quand tout va bien. Et puis, quand il y a un problème, alors tu as des avions très modernes qui aident à la résolution de problèmes. Nous, on a des avions qui sont moins modernes et qui se reposent beaucoup sur l’humain pour la résolution des problèmes. Quand il commence à se passer un truc, il faut une connaissance des systèmes. Pourquoi telle lumière s’allume ? Oui, alors telle lumière s’allume parce que tu essaies de te souvenir de ce que tu as appris. Tu as été formé de manière très longue et détaillée au système de l’avion. Donc, tu sais pourquoi telle chose se passe. Donc oui, l’avion t’aide en te donnant des indications. Mais au final, c’est toi qui dois faire ce qu’il faut pour pouvoir continuer ta mission. Oui.

 

Olivier My  55:36

– Je comprends.

 

Philippe Scimeca  55:37

– Donc oui, non, c’est la communication aussi. La communication avec les contrôleurs, c’est quelque chose qui est encore assez manuel et vocal. Ce n’est pas juste de l’échange de données. Il y a une partie d’échange de données, mais ça reste…

 

Olivier My  55:49

– C’est une vraie interaction.

 

Philippe Scimeca  55:50

– C’est une vraie interaction. Donc je pense qu’on va dans le sens de plus d’automatisme, avec des cockpits plus automatisés, etc. Mais ça reste quand même… au pilote de prendre les décisions. Parce qu’on a quand même, derrière nous, c’est pas vite, quoi.

 

Olivier My  56:09

– Généralement, ouais.

 

Philippe Scimeca  56:10

– Voilà, donc on a une mission à accomplir.

 

Olivier My  56:12

– Ouais, d’accord.

 

Philippe Scimeca  56:13

– C’est pas l’avion qui est responsable de faire la mission, c’est nous.

 

Olivier My  56:16

– Oui, effectivement. Et du coup, tu fais ce parcours, tu arrives au bout. Tu te rappelles du moment où tu reçois la réponse ?

 

Philippe Scimeca  56:23

– Ah ouais, je m’en souviens hyper bien. J’étais en vacances, l’été dernier, j’étais en vacances dans le sud-ouest. Et donc, on m’appelle pour passer le dernier entretien, qui était donc un entretien en visio. Et donc, je suis dans un endroit où il n’y a pas de réseau. Enfin, sur la côte landaise, vraiment zéro réseau, etc. Donc, il faut que je trouve un espace de coworking pour passer l’entretien. Enfin, bref, j’avais quand même prévu le coup. J’avais emmené une chemise et tout ça. Enfin, bon, je me doutais que l’entretien pouvait arriver à ce moment-là.

 

Olivier My  56:45

– Tu avais au moins le haut, c’est ça ?

 

Philippe Scimeca  56:46

– Oui, exactement. Donc, je passe les entretiens. et je savais que la réponse allait arriver très vite derrière parce que c’est une compagnie qui ne laisse pas les candidats dans l’interrogation trop longtemps. Donc, j’ai passé l’entretien le matin et je savais que l’après-midi, j’allais avoir la réponse. Et donc, je suis là, j’essaie de trouver un endroit où il y a du réseau. Et puis, il est midi, 13h, 14h, 15h, la réponse ne vient pas. Je me dis, bon, tant pis, je vais à la plage et puis je verrai après.

 

Olivier My  57:08

– Tu l’avais senti comment, l’entretien ?

 

Philippe Scimeca  57:11

– C’est toujours difficile. C’est toujours difficile parce que j’ai parfois eu des entretiens où je me dis, putain, ça s’est super bien passé. Et puis là, on me dit, non, monsieur, ça ne va pas le faire. donc bon je pense avoir j’ai fait le taf mais tu sais pas quoi Donc, je vais à la plage, machin, truc. Et puis, à la plage, il y a zéro réseau. Et donc, je me souviens, il y a un moment, on était donc avec des amis, en famille, etc. sur la plage. Je leur dis, écoutez, bon, je rentre parce que là… Il faut que je sache. S’ils m’appellent, je ne pourrais pas prendre l’appel. Ah, c’est un appel.

 

Olivier My  57:40

– Ce n’est pas juste un mail ou un truc. Non, non.

 

Philippe Scimeca  57:41

– C’est un appel. C’est un appel téléphonique. Il faut que je reçoive un appel, tu vois. Ah, OK. Il faut que je chope l’appel pour avoir la réponse, tu vois. et alors c’est rigolo parce que c’est une compagnie belge et donc quand t’as un numéro de téléphone belge qui t’appelle ça commence par plus 32 tu vois donc je guettais le numéro de téléphone plus 32 qui allait m’appeler bon bref donc je pars de la plage j’ai ma planche de surf sous le bras et je suis sur mon vélo en train de rentrer vers le camping et là je vois ma montre qui vibre je regarde ma montre et je vois plus 32 et là je suis en train de rouler sur la piste cyclable tu vois je me dis putain donc je freine je jette le vélo je jette la planche de surf je décroche le téléphone et donc là je tombe sur la personne qui s’occupe de recrutement qui me dit que j’ai réussi.

 

Olivier My  58:19

– Ouais.

 

Philippe Scimeca  58:20

– Donc, Le moment est complètement improbable parce que c’est arrivé pile à un moment.

 

Olivier My  58:24

– Le moment de transition, tu sais, le moment où tu ne veux vraiment rien avoir.

 

Philippe Scimeca  58:27

– Oui, voilà. Donc, la personne me dit, bon, ben voilà, si vous êtes d’accord, on sera ravis que vous rejoigniez la compagnie.

 

Olivier My  58:33

– Non, ben finalement, j’ai fait tout ça, mais…

 

Philippe Scimeca  58:36

– Et je me souviens qu’après, elle me donne tout un tas d’informations pratiques sur la suite et moi, je ne me souviens de rien du tout. Je suis tellement encore dans le on va vous prendre. que, oui, alors, vous allez recevoir un email, vous devrez répondre à cet email parce que vous allez commencer, vous allez devoir aller à tel endroit, faire tel truc, voilà les étapes, voilà concrètement ce qu’on attend de vous. Et puis, à la fin de la discussion, il me dit, bon, de toute façon, ne vous inquiétez pas, je vais vous envoyer un email qui va résumer tout ça. Et donc, c’était super parce que j’avais besoin de cet email parce que je n’avais pas retenu grand-chose. Mais je me souviendrai tout le temps de ce moment où je suis sur mon vélo, où je vois le plus 32 s’afficher sur la montre.

 

Olivier My  59:11

– Plus rien n’existe au-delà de prendre le call.

 

Philippe Scimeca  59:13

– Oui, c’est ça. parce que si ça avait été une réponse négative, ça aurait été aussi au téléphone, tu vois. Il fallait prendre l’appel.

 

Olivier My  59:21

– Mais c’est déjà super, je trouve, qu’ils t’appellent. Il y a plein de processus de recrutement où ils s’en foutent, ils t’envoient un message et puis tu te débrouilles, quoi.

 

Philippe Scimeca  59:29

– C’est une des caractéristiques de l’entreprise dans laquelle je travaille actuellement. Il y a un côté humain hyper fort, mais vraiment hyper fort. À toutes les étapes du process, ça a toujours été des appels téléphoniques, on t’explique, on te donne des conseils, on t’accompagne, enfin on te met dans une situation la plus favorable possible pour que tu réussisses. Après, ça dépend plus que de toi. Est-ce que tu réussis ou tu ne réussis pas ? Mais en tout cas, la compagnie fait en sorte de donner les moyens pour réussir. Et tout au long de mon expérience avec eux, c’est vraiment ce que je ressens au quotidien.

 

Olivier My  59:56

– Et c’est vrai qu’au final, tu vois la culture de l’entreprise au travers de leur processus de recrutement.

 

Philippe Scimeca  1:00:01

– Mais exactement, exactement. Je retrouve aujourd’hui ce que j’avais déjà pressenti au moment du process de recrutement, c’est clair.

 

Olivier My  1:00:07

– Et du coup, toi, tu as la nouvelle, mais je suppose que juste après, tu en parles.

 

Philippe Scimeca  1:00:11

– Ouais.

 

Olivier My  1:00:12

– Comment est-ce que ça réagit autour de toi ?

 

Philippe Scimeca  1:00:15

– Écoute, tout le monde est hyper fier, en fait. Les gens sont très contents pour moi. Mes enfants, ma famille, mes amis avec lesquels on est à ce moment-là, tout le monde est hyper content. Et moi aussi, c’est l’aboutissement. En fait, il y a plein de moments d’aboutissement, parce qu’aujourd’hui, je dirais que finalement, le moment de l’aboutissement, c’est la première fois que j’ai volé dans le 737. Il y a plein d’aboutissements, mais à ce moment-là, c’est l’aboutissement d’un truc. Donc, il y a énormément de fierté. C’est l’émotion qui ressort à ce moment-là. C’est de la joie, du bonheur, de la fierté.

 

Olivier My  1:00:41

– Tu passes des bonnes vacances.

 

Philippe Scimeca  1:00:43

– Ouais, c’était la fin des vacances, mais ouais, tu te dis, putain, ça y est, c’est fait.

 

Olivier My  1:00:47

– Enfin, je suis arrivé à cette étape.

 

Philippe Scimeca  1:00:50

– Ouais, ouais, ouais. J’ai réussi. il y a encore plein d’étapes à franchir mais j’ai trouvé une boîte qui a trouvé que mon profil était intéressant et ça a marché.

 

Olivier My  1:00:59

– Et du coup, maintenant, ton quotidien, ça ressemble à quoi ?

 

Philippe Scimeca  1:01:04

– Mon quotidien, je pilote un Boeing 737 cargo. Je fais du transport de marchandises au travers de l’Europe.

 

Olivier My  1:01:11

– Vous savez que vous n’êtes que deux à fil de l’auto. Et après, à l’intérieur, il y a quelque chose.

 

Philippe Scimeca  1:01:16

– Il y a des trucs derrière. Donc, on est deux dans l’avion. Et donc, mon quotidien, c’est de voler la nuit puisque les avions cargo, on ne vole que ou en tout cas… principalement la nuit, en Europe, un peu élargie, on va dire, que ce soit pays scandinave jusqu’à la Turquie et le Maghreb. Donc c’est l’Europe un peu élargie. Et donc voilà, on transporte nos containers dans un sens et dans l’autre, dans ce réseau, avec ce 737.

 

Olivier My  1:01:42

– Et qu’est-ce qui a été peut-être le truc un peu wow de ton arrivée dans cette boîte, peut-être de tes premiers vols ? Est-ce qu’il y a un souvenir particulier où tu te dis, tiens, ça c’est un truc marquant ?

 

Philippe Scimeca  1:01:53

– Ouais, alors c’est un peu comme le premier solo. En fait, quand tu rentres dans une compagnie aérienne, évidemment, tu ne connais pas l’avion. Tu n’as pas été formé sur l’avion avec lequel tu vas opérer. Moi, je ne connaissais rien au 737. Donc, tu passes deux, trois mois à être formé sur la machine. D’abord théoriquement, puis en simulateur. Je sais pas si vous avez trois mois à faire ça. Et afin de valider définitivement ta qualification sur l’avion, tu fais un premier vol avec un instructeur et tu fais des tours de piste. Donc, exactement comme…

 

Olivier My  1:02:20

– Tu refais tout ça.

 

Philippe Scimeca  1:02:20

– Tu fais des tours de piste. mais tu fais des tours de piste en Boeing 737. Et donc, c’est complètement dingue de se dire que tu fais des tours de piste en 737. Je me souviens, on a décollé de Liège et on est allé faire des tours de piste à Châteauroux. Et tu fais six ou sept tours de piste comme ça, exactement comme je faisais avec mon petit avion. Tu décolles, tu montes, tu tournes à droite, tu retournes à droite, tu retournes à droite, puis tu poses l’avion et puis tu recommences. Et tu fais ça six fois.

 

Olivier My  1:02:46

– En termes de différence de taille, c’est quoi ? C’est deux, trois fois la taille ?

 

Philippe Scimeca  1:02:51

– Alors, en termes de poids, c’est 60 fois. Un petit avion, ça fait une tonne. Et un 737, ça fait entre 50 et 60 tonnes.

 

Olivier My  1:03:02

– Oui, OK. Donc, c’est vraiment plus gros.

 

Philippe Scimeca  1:03:04

– Exactement.

 

Olivier My  1:03:05

– OK.

 

Philippe Scimeca  1:03:06

– Voilà. Donc, c’est beaucoup, beaucoup, beaucoup.

 

Olivier My  1:03:08

– Je ne me rendais pas compte.

 

Philippe Scimeca  1:03:09

– C’est beaucoup plus gros et c’est une taille différente.

 

Olivier My  1:03:11

– OK. Donc, c’est vraiment ce premier tour de piste là où tu te dis, voilà, il y a une étape qui est passée.

 

Philippe Scimeca  1:03:16

– La première fois que tu le décolles, tu fais ton tour de piste et puis tu… tu es en finale, tu vois la piste, tu es en train de piloter ton avion, et puis juste arrivé sur la piste, on fait ce qu’on appelle l’arrondi. L’arrondi, c’est tirer sur le manche pour poser doucement les roues arrière, et puis avant de poser la roulette de nez avant. Forcément, la première fois, c’est un peu dur, et puis tu t’améliores. C’est juste dingue de se dire que putain, t’as posé l’avion. C’est juste incroyable. C’est un moment complètement fou. Déjà, faire des tours de piste en 737, c’est un truc hyper incroyable, mais réussir à le poser sans rien casser, Merci. J’ai dit merde, j’ai quand même posé l’avion, j’ai pas cassé, c’est cool.

 

Olivier My  1:03:55

– C’est super. Et on en parlait tout à l’heure, mais du coup, je trouve ça intéressant. Toi, aujourd’hui, tu es pilote, mais le titre que tu as, c’est First Officer, c’est ça ?

 

Philippe Scimeca  1:04:05

– Ouais, exactement. First Officer, c’est ma job description, c’est mon titre, mon grade.

 

Olivier My  1:04:09

– Et tu peux nous dire juste à quoi ça correspond ?

 

Philippe Scimeca  1:04:11

– Donc en fait, dans un cockpit, il y a deux personnes. Il y a un commandant de bord et un First Officer, officier pilote de ligne, comme on peut appeler ça dans des compagnies. plus francophone. On a tous les deux le même rôle, on a les mêmes licences, on a les mêmes compétences, c’est juste que le commandant de bord est beaucoup plus expérimenté. Et le commandant de bord, il a le pouvoir de décision in fine par rapport à un certain nombre de situations. Il a la délégation de la part de la compagnie pour prendre des décisions si besoin, pour même refuser de partir en vol s’il considère que l’avion n’est pas comme il souhaite, si les conditions ne sont pas bonnes. Le commandant de bord, il a une autorité vraiment importante dans l’entreprise. Ce sont des rôles vraiment C’est pour ça que l’on entend souvent que les pilotes ne sont pas d’accord pour faire X ou Y, mais c’est vrai que dans une compagnie aérienne, la corporation des pilotes est assez puissante. Donc, le commandant de bord a la délégation du patron de l’entreprise ou du chef pilote pour prendre les décisions à sa place. Donc, c’est une mission importante, notamment en termes de sécurité. Moi, en tant que first officer, je n’ai pas cette expérience et je n’ai pas cette autorité, mais j’ai les mêmes compétences. Donc, ça veut dire qu’on va faire le même travail. Si on fait un aller-retour entre Paris et Vienne, à l’aller, c’est plutôt moi qui vais piloter. Et puis, le commandant qui va s’occuper de la radio, la navigation. l’environnement. Et puis au retour, c’est l’inverse. C’est lui qui pilote, qui est le pilot flying, comme on dit. Et puis moi, je vais être le pilot monitoring. Donc je vais, comme son nom l’indique, monitorer et faire la radio. Donc en fait, on échange nos rôles à chaque vol. Donc on est tous les deux à piloter l’avion. Ça, ça n’existait pas. Il y a longtemps, tu avais le commandant et le copilote. Et le copilote pilotait moins. Là, aujourd’hui, on fait la même chose.

 

Olivier My  1:05:53

– Mini parenthèse, parce que ça me vient à l’esprit. Parce que quand on en discutait, tu disais qu’il y avait un peu de jargon, il y a une culture finalement dans un métier. C’est quoi les blagues de pilote ?

 

Philippe Scimeca  1:06:02

– Les blagues de pilote ?

 

Olivier My  1:06:03

– Ouais, il n’y a pas des trucs un peu genre des choses qui vous font rigoler, mais du coup, il n’y a que vous qui pouvez comprendre.

 

Philippe Scimeca  1:06:09

– Ouais, alors je n’ai pas forcément d’exemple qui vienne en tête, mais c’est un métier de passionné. Et donc, quand tu te retrouves le soir au resto ou au bar avec des pilotes, ça ne parle que d’avion et de trucs de pilote. C’est quand même assez dingue. En fait, quand tu es pilote, tu n’as pas de distinction entre… un côté professionnel et un côté privé. Pilote, c’est juste une passion pour tout le monde. Et donc, tout le monde se marre avec des trucs de pilote, où, tiens, t’as vu tel article sur tel truc, ou t’as vu… Des pilotes, ça parle d’avion. Des fois, j’imagine que quand t’es dans un environnement, je me souviens parfois dans ma vie d’avant, quand t’es en soirée entre amis, et qu’il y a cinq personnes qui viennent de la banque, et qu’il y en a deux qui ne viennent pas de la banque, les deux qui ne viennent pas de la banque, ils regardent les autres en disant putain, vous ne voulez pas arrêter de parler de trucs de la banque ? Je pense que c’est 100 fois pire avec les pilotes. Parce que les pilotes, ça parle d’avion. On ne fait que ça. Donc ça, c’est vraiment un truc, c’est un marqueur hyper fort de ce métier-là. C’est un métier passion. C’est vraiment un métier passion.

 

Olivier My  1:07:07

– En tout cas, quand je te vois en parler, c’est sûr que ça n’a rien à voir avec quand tu parles de la banque.

 

Philippe Scimeca  1:07:14

– Pour être honnête, je n’ai jamais rencontré quelqu’un qui m’a dit la banque, c’est ma passion. C’est intellectuellement hyper intéressant. Il y a plein de challenges. Il y a un certain accomplissement à faire ce qu’on fait. Est-ce que c’est pour autant… Est-ce que ça génère cette émotion qui est la passion ? J’en ai rarement rencontré. Oui, parce que là.

 

Olivier My  1:07:32

– Je vois les étincelles dans tes yeux à chaque fois que tu parles de ça.

 

Philippe Scimeca  1:07:35

– Mais tu vois, moi, je dis souvent, je n’ai pas l’impression de travailler, en fait. Ce n’est pas un travail, ce que je fais. Parce que derrière la notion de travail, tu as un peu la notion d’effort, la notion de contrainte. Moi, il y a zéro effort, zéro contrainte, en fait.

 

Olivier My  1:07:47

– Il y a des règles, mais qui font partie du jeu, quoi. mais c’est comme quand tu joues à un jeu. Bien sûr.

 

Philippe Scimeca  1:07:50

– Bien sûr, mais c’est juste… je suis payé pour piloter l’avion. C’est quand même fou, quoi. C’est génial. C’est le meilleur marqueur, le meilleur indicateur possible du fait que j’ai pris la bonne décision. C’est que je n’ai jamais l’impression de travailler.

 

Olivier My  1:08:03

– C’est super, en tout cas. Est-ce que, juste avant qu’on termine cette première partie, cette grande première partie de l’épisode, tu aurais, en fait, on va dire un dernier message quand tu regardes en arrière tout ce que tu as fait ? Quelque chose que tu gardes et que tu transmettrais.

 

Philippe Scimeca  1:08:23

– Même si ça a l’air impossible sur le papier, il faut quand même faire les premiers pas. Changer, ça fait peur. Se transformer, c’est pire. Les gens qui ont inventé le mot transformation pour parler de changement, c’est juste pour faire peur, je pense. Donc, changer, ça fait peur. La distance peut faire peur. L’objectif lointain peut faire peur. Mais on est tous capables de faire un premier pas dans cette direction. Faire un pas, ça ne fait pas peur. La première étape pour courir un marathon, c’est de faire le premier pas. Même si le marathon, ça fait peur. Là, c’est pareil.

 

Olivier My  1:08:50

– Super. Merci beaucoup, en tout cas. On va passer à la dernière étape de l’épisode. Du coup, comme tu me l’avais dit, tu as écouté des épisodes, mais pas jusqu’au bout. Donc, tu ne sais pas ce qui va arriver. Mais comme tu as pu le voir, j’ai préparé un petit paquet de cartes. Et donc, comme je te l’ai dit, sur ces cartes, il y a des questions. Et ce que je te propose, c’est que tu vas prendre ce paquet-là. En tout cas, je t’ouvre les cartes. Tu vas en sélectionner une. Tchoc ! Voilà. Je te propose de la lire et puis d’y répondre.

 

Philippe Scimeca  1:09:21

– Alors, quel était ton héros ou héroïne préférée lorsque tu avais 7 ans et pourquoi ? C’est assez facile. Moi, je suis de la génération Club Dorothée.

 

Olivier My  1:09:30

– OK.

 

Philippe Scimeca  1:09:30

– Je suis né en 81, donc génération Club Dorothée. Et donc, mon enfant, c’est les Chevaliers du Zodiac, c’est Dragon Ball et tout ça. Et donc, moi, je suis fan inconditionnel de Dragon Ball. Donc, mon héros préféré, c’est Son Goku parce que… Alors évidemment, quand on est petit, parce qu’il est fort, parce qu’il se transforme, parce qu’il bat tous les méchants et il saute dans le ciel.

 

Olivier My  1:09:53

– En plus, il vole, c’est ça ?

 

Philippe Scimeca  1:09:54

– Voilà, c’est vrai. Au début, il a besoin du support d’un nuage, mais après, ça va mieux. Donc voilà, quand j’étais petit, c’était lui, parce qu’il était hyper fort et il était hyper impressionnant.

 

Olivier My  1:10:06

– C’était un peu trop facile, alors je vais t’en donner une autre. Ok. Vas-y. Tiens, vas-y.

 

Philippe Scimeca  1:10:14

– Alors raconte-moi comment un épisode de ta vie t’a changé pour être la personne que tu es aujourd’hui. Alors on a déjà un peu parlé de différents aspects, mais si je retiens quand même un truc. Alors je ne pense pas que ça ait changé la personne que je suis aujourd’hui, mais ça a été un élément important dans mon cheminement jusqu’à aujourd’hui. C’est ce coaching dont j’ai parlé tout à l’heure, qui a en fait débloqué plein de… croyance sur le fait que ce n’était pas possible de faire ça, ça, ça ou ça, en l’occurrence devenir pilote. C’est un moment où on se dit, en fait, ça a l’air de correspondre à ta nature. A priori, ça ne va pas être plus difficile qu’il mette du temps et il mette de l’argent. Donc, voilà, allons-y. Ça, c’est vraiment un moment important.

 

Olivier My  1:10:57

– Super. Ça veut dire, faites-vous coacher.

 

Philippe Scimeca  1:11:00

– Ouais, faites-vous. Honnêtement, Il faut accepter l’idée. Et moi, pendant longtemps, j’accompagnais des équipes, je motivais des équipes, je donnais de l’inspiration à des équipes et ça marchait bien. Mais moi, par rapport à moi, je n’étais pas très fort pour faire ça sur moi-même. C’était moyennement efficace, mon propre process de changement.

 

Olivier My  1:11:20

– Moyennement efficace ?

 

Philippe Scimeca  1:11:21

– Oui, je ne suis pas sûr d’être un grand conducteur de changement pour moi-même en tout cas. Donc oui, il faut le faire, sans forcément savoir ce qu’on va y trouver.

 

Olivier My  1:11:28

– C’est vrai que c’est un processus où en fait… La destination forcément a un intérêt, mais tout le chemin a aussi de la valeur.

 

Philippe Scimeca  1:11:36

– C’est sûr. Et encore aujourd’hui, ça crée une espèce de référence. Ah oui, je me souviens, on a parlé de ça. Ah bah oui, tel truc, je pourrais l’aborder de telle manière. C’est un process que tu commences avec un accompagnement et que tu continues tout seul.

 

Olivier My  1:11:49

– Super. Ce qu’on va faire maintenant, c’est que tu vas en sélectionner deux. Tu vas nous lire les deux et tu choisis la question à laquelle tu as envie de répondre. On a pris deux couleurs différentes.

 

Philippe Scimeca  1:12:00

– Alors, première, la question bleue. Si tu devais aller vivre un an sur une île déserte où il y a à manger et à boire, quelles seraient les cinq choses que tu prendrais avec toi et pourquoi ?

 

Olivier My  1:12:09

– Plus toi, tu peux y aller.

 

Philippe Scimeca  1:12:11

– C’est la ligne. Il faut réussir à s’y poser.

 

Olivier My  1:12:13

– Oui, c’est ça.

 

Philippe Scimeca  1:12:15

– Ou que préfères-tu dans les relations que tu as aujourd’hui ? Question rouge. Je pense que je vais prendre la question rouge.

 

Olivier My  1:12:22

– Oui.

 

Philippe Scimeca  1:12:23

– Donc, qu’est-ce que je préfère dans les relations que j’ai aujourd’hui ? Alors, ce qui change vraiment dans mes relations… aujourd’hui par rapport à mon ancienne vie professionnelle, c’est que on est tous sur le même pied d’égalité, c’est-à-dire qu’il y a peu ou pas de rapport hiérarchique. Mon manager, c’est le chef pilote, il manage 250 pilotes. Donc en fait, il n’y a pas de rapport hiérarchique. Quand on est deux dans le cockpit, on est deux d’égal à égal, quand bien même il y a un commandant et il y a moi. Et donc ça, ça fait vachement de bien, je trouve. Il n’y a plus ce côté où avant, où tu fais les choses pour démontrer que, ou pour plaire à. ou parce que c’est nécessaire vis-à-vis de la politique de machin. Et ça, c’est hyper apaisant. J’ai regagné une sérénité dans ma relation au travail par rapport à ça. Il n’y a pas de politique.

 

Olivier My  1:13:09

– C’est la question que je me posais, mais en plus, vous avez une mission concrète à réaliser. Il n’y a pas du blabla.

 

Philippe Scimeca  1:13:15

– Exactement. Et c’est une mission qui a une fin. Une fois que tu as posé l’avion, tu arrives chez toi ou tu arrives à l’hôtel, tu poses ta valise, ta mission est terminée. ça a une vraie fin, tu vois. C’est un début, une fin, c’est une activité, tu vois. Comme si tu décides de repeindre un mur, quand c’est fini, c’est fini, quoi. C’est fini. Là, c’est pareil.

 

Olivier My  1:13:34

– C’est un peu la sensation que j’avais eue quand j’ai commencé à travailler après l’école.

 

Philippe Scimeca  1:13:38

– Ouais.

 

Olivier My  1:13:38

– Tu sais, après l’école, t’as les devoirs, tu sais. Ouais, ouais, ouais. Il y a un peu ce côté-là.

 

Philippe Scimeca  1:13:41

– Ouais, ouais, ouais, non mais tout à fait. Donc, pour revenir sur le sujet de la relation, cette relation d’égal à égal, où on est tous les deux pour faire une mission et qu’une fois que la mission est finie, elle est finie et on passe à la mission suivante. Aujourd’hui, ça me convient vraiment bien. Je me retrouve vraiment dans ce truc-là. Un jour, on m’a posé la question, est-ce que les responsabilités, ça ne va pas te manquer ? Est-ce que tu n’as pas envie de… Alors, à ce jour, mais pas du tout. En même temps.

 

Olivier My  1:14:05

– Tu en as une responsabilité, là.

 

Philippe Scimeca  1:14:06

– Oui, bien sûr, mais responsabilité au sens managérial, du terme, reprendre… Donc, clairement, je n’en vis pas du tout le Philippe d’avant.

 

Olivier My  1:14:15

– Mais d’ailleurs, ça veut dire que tu préfères parler avion que parler banque ?

 

Philippe Scimeca  1:14:19

– Oui, en général, oui. Ça m’apporte… plus de plaisir que… Parfois, je reçois des sollicitations sur LinkedIn. Vous voudriez bien nous parler de tel marché, tel truc par rapport à avant. Je refuse systématiquement parce que je me sens, un, plus légitime, deux, ça ne m’intéresse plus et je me documente beaucoup moins sur le sujet. Ça ne me intéresse plus dedans.

 

Olivier My  1:14:38

– Super. On va passer à la dernière question. Ce que je vais te proposer de faire, tu es un expérimenté maintenant de la sélection de cartes, c’est que tu vas en sélectionner trois dans ce paquet-là. Tu ne vas pas les regarder, tu vas me les rendre. Et c’est moi qui vais choisir la question.

 

Philippe Scimeca  1:14:53

– Ok.

 

Olivier My  1:14:54

– D’accord, ça donne une sorte…

 

Philippe Scimeca  1:14:55

– Sauf si t’es magicien, tu les as pas triés.

 

Olivier My  1:14:58

– Ouais, non, je sais à peu près le genre de sujet qu’il y a. Alors, je vais te lire les trois, puis je vais en sélectionner une. Alors, la première, c’est parle-moi de quelque chose qui te met en colère. La deuxième, c’est tu as 102 ans. Imagine, bien sûr. Tu regardes dans ton passé et tu te dis que tu es vraiment fier d’avoir réalisé trois petits points. Et la dernière, c’est qu’est-ce qui a du sens aujourd’hui pour toi qui n’en avait pas hier ? J’aime bien la dernière. Donc, je te la repose. Ce serait une manière de clôturer l’épisode. Qu’est-ce qui a du sens aujourd’hui pour toi et qui n’en avait pas hier ?

 

Philippe Scimeca  1:15:39

– En fait, finalement, la réponse, elle peut être simple et compliquée à la fois. Ce qui a du sens, c’est que ce que je fais au quotidien et ce pourquoi je me lève quand je vais travailler a du sens pour moi individuellement. Personnellement, je ne fais pas ça parce que c’est le sens de l’entreprise ou l’entreprise donne du sens. Ah non, ça a du sens pour moi. Ça, c’est très différent. Dans ma vie d’avant, je pouvais être inspiré par le sens dans lequel allait l’entreprise, par les projets sur lesquels on travaillait, par les équipes avec lesquelles je travaillais. Ça, ça m’apportait de l’énergie. Est-ce que pour autant, ça avait du sens vraiment pour moi en tant qu’individu et en tant que personne ? Pas forcément. Et ça, aujourd’hui, c’est vraiment le cas. Pourquoi est-ce que je fais ça a du sens ? Parce que ça me donne un sentiment d’accomplissement et du plaisir à chaque fois que je vais au travail que j’avais probablement moins avant.

 

Olivier My  1:16:29

– C’est super. C’est une belle phrase de conclusion pour tout ça. Avant de se quitter, si des personnes ont envie de papoter avec toi et de continuer cette conversation, comment est-ce qu’elles peuvent te joindre ?

 

Philippe Scimeca  1:16:43

– Sur LinkedIn, c’est probablement le canal le plus simple.

 

Olivier My  1:16:46

– De toute façon, je laisserai tes coordonnées quelque part dans la description. Et puis, on n’est pas à l’abri que des personnes prennent contact.

 

Philippe Scimeca  1:16:54

– Avec plaisir.

 

Olivier My  1:16:55

– En tout cas, merci pour ce moment.

 

Philippe Scimeca  1:16:56

– Merci à toi.

 

Olivier My  1:16:57

– Pour ton partage. Et puis, bon vol, comme on dit.

 

Philippe Scimeca  1:17:00

– Oui, on dit ça en effet. Merci beaucoup Olivier.

 

Olivier My  1:17:02

– Plaisir. Salut.

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