Dans cet épisode inspirant de Change & Chill, Olivier accueille Jennifer Delalande, ingénieure en intelligence artificielle, formatrice, conférencière, et véritable passionnée de tech.
Ensemble, ils naviguent dans les coulisses d’un parcours rare : une jeune fille qui code dès 9 ans, bidouille sur MSN, contacte des hackers, et finit CTO avec une vision humaniste et inclusive de l’IA.
Jennifer partage avec humour et sincérité :
Avec sa touche directe, drôle et touchante, Jennifer nous montre que le changement, c’est avant tout une affaire de curiosité et d’adaptation.
Une conversation pleine de punchlines, de nostalgie geek, et d’espoir technologique !
Si l’épisode vous a plus, n’hésitez pas à laisser un message sur le répondeur du podcast : https://www.vodio.fr/repondeur/1273/
[00:05] : Introduction et ambiance du studio
[00:40] : Le changement vu comme adaptation
[01:09] : Présentation de Jennifer et ses rôles variés
[02:04] : Premiers pas dans la tech via le gaming
[03:26] : L’apprentissage autodidacte dès l’enfance
[04:39] : Recrutement et importance du potentiel
[05:28] : Engagement dans le mentorat via demain.org
[06:24] : Pressions culturelles et aspirations professionnelles
[08:04] : Carrière dans la tech vs. rêves de voyages
[10:10] : Trouver l’équilibre entre vie pro et vie perso
[12:20] : Ambitions féminines dans la tech et place des femmes
[14:00] : Évolution vers les rôles de leadership
[16:40] : Le livre en préparation : “L’IA est la solution”
[19:00] : L’IA au quotidien, ses applications concrètes
[22:00] : Formation, conférences et pédagogie active
[25:00] : Leadership féminin et autodétermination
[28:00] : L’IA comme vecteur d’inclusion
[31:00] : Lien entre culture, identité et innovation
[34:00] : Inégalités sociales et accès à la tech
[37:00] : Valoriser les parcours atypiques
[40:00] : Réseautage, sororité et entraide dans la tech
[44:00] : La force des alliances intergénérationnelles
[47:00] : Rôle des entreprises dans le changement sociétal
[50:00] : Outils IA et créativité augmentée
[54:00] : Dangers de l’IA, régulation et responsabilité
[58:00] : Confiance, éthique et transparence en IA
[1:02:00] : Comment initier les jeunes aux métiers du futur
[1:05:00] : Retour d’expériences sur le terrain
[1:08:00] : Anecdotes et échecs formateurs
[1:12:00] : Ce que l’on ne voit pas sur LinkedIn
[1:15:00] : Les moments de doute et résilience
[1:18:00] : Ses conseils à celles et ceux qui veulent se lancer
[1:22:00] : “Trouve ton rythme, pas celui des autres”
[1:26:00] : Conclusion chaleureuse et remerciements
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Olivier My 00:05
– Bienvenue sur Chanel & Chill, le podcast où l’on parle de changement simplement. Je suis Olivier My et avec mes invités, nous explorons comment le changement peut être une force positive dans nos vies. Des histoires inspirantes avec une touche de légèreté. Dans ce nouvel épisode, j’ai le plaisir d’accueillir Jennifer Delalande. Salut Jennifer, ça va ?
Jennifer Delalande 00:29
– Oui, ça va.
Olivier My 00:30
– Eh bien, ravi de t’accueillir dans cet espace que je ne connais pas trop, en vrai, parce que je suis toujours impressionné par les studios vidéo. Toi, tu as l’habitude, non ?
Jennifer Delalande 00:38
– Oui, ça commence à faire.
Olivier My 00:40
– Mais c’est vrai que c’est quand même sympa, on est cosy, là, entouré de caméras. La première question que je voulais te poser, c’est, avant que tu te présentes bien évidemment, c’est le changement, ça t’inspire quoi ?
Jennifer Delalande 00:52
– Le changement, ça m’inspire surtout l’adaptation. En fait, le monde bouge, évolue tout le temps, donc on doit s’adapter. Le changement, il s’impose un peu plus qu’on voudrait l’imposer. Donc voilà ce que ça m’inspire.
Olivier My 01:07
– Et du coup, tu es qui, toi ?
Jennifer Delalande 01:09
– Alors moi, je suis ingénieure en intelligence artificielle, à la base ingénieure en programmation. Et j’ai une double casquette de community manager et j’enseigne aussi. Je suis formatrice conférencière. Je suis vraiment passionnée par les nouvelles technologies et particulièrement l’IA parce que pour moi, c’est la solution. D’ailleurs, je vais prochainement sortir un livre sur ce sujet, l’IA est la solution. Donc, ça m’inspire beaucoup, c’est l’innovation et la clé.
Olivier My 01:37
– Vraiment plein, plein de choses. J’ai l’impression, on va essayer de naviguer un petit peu dans tout ça. Mais c’est vrai qu’on n’a qu’une heure et demie à peu près. Donc, ça va être compliqué.
Jennifer Delalande 01:46
– Allons à l’essentiel.
Olivier My 01:47
– Allons à l’essentiel, faisons ce qu’on peut. Mais je pense que justement, c’est un parcours. parcours inspirant qui pourra nous apporter beaucoup. Mais du coup, tu parles d’IA beaucoup aujourd’hui.
Jennifer Delalande 01:56
– Oui.
Olivier My 01:56
– Est-ce que le monde de la tech, un petit peu, est quelque chose qui, depuis l’enfance, t’a inspiré d’une manière ou d’une autre ?
Jennifer Delalande 02:04
– Oui. En fait, de base, moi, quand j’étais plus jeune, j’étais vraiment une gameuse. Je jouais à Final Fantasy, Mario, tout ça. Et en fait, quand on m’a vue naviguer comme ça, on m’a dit, mets-toi à… à comprendre comment on conçoit les jeux vidéo. Et c’est pour ça que je me suis intéressée à la période où Google, en fait, c’était vide. En fait, on avait quelques petits tutos, etc. Et j’ai commencé à développer mes petits sites, faire des iframes à l’époque. Donc, le web de 2001, c’est pas le web de maintenant. Et c’est comme ça que j’y ai pris goût. Et en plus, c’était l’époque MSN, Skyblock Skyblock. Ça va bien.
Olivier My 02:48
– Ça rappelle les souvenirs, ça.
Jennifer Delalande 02:49
– Ouais, j’ai l’impression d’être une boumeuse. Mais tout part de là. Et en fait, à l’époque, il n’y avait personne qui faisait des sites Internet. En plus, j’étais une nana dans un monde de mecs, il faut se le dire. Et c’était génial, puisque j’étais là, je suis floute. Et puis, comme je savais coder, je me faisais plein de potes qui savaient coder. Et puis, on codait tous ensemble. C’était chouette, quoi.
Olivier My 03:14
– Justement, avant qu’on arrive dans ce monde-là, parce que MSN, etc., c’est encore une autre période, mais j’avais cru comprendre que toi, tu avais commencé bien plus tôt. Vers quel âge tu as commencé un peu à creuser tous ces aspects tech ?
Jennifer Delalande 03:26
– En fait, vers mes 9 ans, je me suis vraiment mis à ça parce que mon frère, il a 15 ans de plus que moi, il m’avait donné ses cours de l’époque et il m’avait dit « on est Asiate » . On sait, genre, il faut bûcher. On nous dit tout le temps, il faut être la meilleure, il faut être le meilleur, etc. Enfin bref. Et donc, il m’avait donné ses cours. Et c’est comme ça que je me suis plongée dedans. J’ai commencé à bidouiller. En fait, je pense que l’informatique, la tech, justement, c’est un métier d’autodidacte. Parce qu’à l’école, tu n’apprends pas tout ce que tu dois apprendre, ni en entreprise. Et souvent, on croit que dans une fiche de poste, justement, c’est inné. Mais en fait, ce n’est pas inné. Et en plus, très, très souvent, même des seniors, postuler à des postes qu’ils n’ont pas eu l’occasion de tester en fait des matières, de l’expertise qu’ils n’ont pas développé sur le moment mais qu’ils vont le développer justement sur le tas.
Olivier My 04:20
– C’est vrai que dans certaines fiches de postes ou en tout cas dans certaines entreprises, certains postes, tu as des entreprises qui se disent je vais d’abord tester la personne pendant un certain temps et ensuite lui donner le poste. Il y en a d’autres qui prennent le poste. En vrai, tu n’en sais rien si la personne a les compétences, tu parles juste du principe qu’elle saura faire ou qu’elle saura apprendre sur le chemin.
Jennifer Delalande 04:39
– Oui, si elle a de la bonne volonté. Moi, parfois, parce que je fais beaucoup de recrutement, je suis lead. Maintenant, j’ai aussi des rôles de CTO. Et c’est vrai que je préfère parfois un junior qui est plein de bonne volonté. plutôt qu’un senior qui est blindé d’égo et qui croit tout savoir. Parce qu’en fait, plus le temps avance, plus j’apprends à être humble. Parce que je ne sais pas tout, malgré mes 16 ans d’expérience sur le terrain. J’apprends toujours. Et en plus, l’IA nous rend encore plus humbles parce que l’IA met tout le monde à l’amende dans le sens qu’elle est plus forte que nous. Donc, tant mieux. On a un allié virtuel pour nous aider au quotidien.
Olivier My 05:19
– Ça veut dire que tu es prête à prendre le temps. pour accompagner les juniors qui ont du potentiel plutôt que d’espérer que le senior se débrouille tout seul ?
Jennifer Delalande 05:28
– Je le fais avec plaisir tous les jours. Je mentorise des petits jeunes. En fait, je passe par demain.org. Et en fait, c’est des jeunes qui viennent de milieux défavorisés ou des jeunes de très bonnes écoles, mais qui sont perdus. Simplement, ils ne savent pas où est-ce qu’ils vont aller. Et c’est bien parce que ça me permet de repérer des pépites et potentiellement de les faire bosser sur des projets intéressants.
Olivier My 05:49
– Oui, d’accord. Avant qu’on continue sur tout cet aspect-là où je pense que je vais pouvoir te lancer, je voulais revenir sur un aspect que tu as évoqué parce qu’effectivement, comme tu le disais, culture asiatique, et je connais très bien ça aussi, on te dit voilà, plus tard, si tu veux réussir dans la vie, parce qu’il faut réussir, parce qu’on est étranger et blablabla, ça tu connais, il faut être soit avocat, médecin ou je ne sais quoi.
Jennifer Delalande 06:14
– Ingénieur.
Olivier My 06:14
– Ingénieur, du coup. Donc toi, tu te dis, je vais rentrer les mains dans le cambouis dans le développement, étant petite. Comment est-ce que c’est perçu ?
Jennifer Delalande 06:24
– Alors, en fait, pas trop. Quand j’étais petite, même si j’ai appris à coder plutôt jeune, en fait, ce n’était pas ça qui m’attirait le plus. Enfin, si, parce que je me suis mise à écrire des journaux intimes où j’ai commencé à imaginer le Google parce que je voyais Google émerger. C’était des mecs dans un garage et j’ai dit, pourquoi pas moi, en fait ?
Olivier My 06:45
– Vous voulez ouvrir un truc dans un garage, c’est ça ?
Jennifer Delalande 06:47
– Pas forcément, mais je n’avais pas de garage. J’étais dans un appart. J’étais dans ma chambre Hello Kitty à l’époque. Donc non, rien à voir. Mais je me disais, pourquoi pas ? Parce que moi, je viens de BC Saint-Georges, Mario Luther King. Pourquoi pas trouver des petits jeunes de ma classe avec qui builder une startup à l’époque ? Mais en même temps, je pense que comme toutes les femmes, on vit une période… Dans sa jeunesse, on rêve des métiers d’avocat, de notaire, dans le commerce international. Et puis en plus, nous, les filles, contrairement aux mecs, on a une vibe sociale. Donc en fait, on se pose des questions. Est-ce qu’on va être vraiment attiré par le fait d’être tout le temps devant les écrans ? Et moi, j’adore voyager, donc le commerce international m’attirait beaucoup. Mais en fin de compte, malgré le fait que je suis passée un peu du coq à l’âne en termes d’envie, d’ambition, j’y suis toujours revenue, à la tech. Parce que je me suis rendu compte que plus tu sais faire les choses par toi-même, et la tech te donne la porte d’entrée d’atteindre tous les domaines d’activité, et donc de créer des applications dans tous les domaines, c’est ça qui m’a attirée. Et je me suis dit, c’est pas grave si je ne fais pas le métier d’avocat, c’est pas grave si je ne fais pas organisatrice de voyage.
Olivier My 08:01
– Organisatrice de voyage, c’est ce que tu voulais faire.
Jennifer Delalande 08:04
– Ouais, à un moment, je me suis dit… j’adore voyager, je vais organiser des voyages. Mais en fait, je me suis dit, c’est comme toutes ces petites filles qui disent, un jour, je vais devenir astronaute. Enfin, ça sort d’un chapeau. Et j’ai dit, bon, sois un peu plus terre à terre. Fais un métier où tu as des compétences. Et comme mes compétences, c’était l’informatique, et c’était mon avantage concurrentiel sur le marché pour mon petit jeune âge. Après, j’ai décidé de m’y consacrer pleinement. Mais en fait, la vie… m’a amenée à m’y consacrer parce qu’en fait, vu que j’avais un avantage concurrentiel sur le marché, j’étais plus attirée par le fait de construire ma vie perso à côté. Et en fait, je savais que ma carrière, j’allais facilement la tracer parce que j’avais commencé tôt. Donc, j’allais plutôt créer une branche sur ma vie personnelle de trouver l’amour. Parce que t’es asiatique, tu sais que chez les Asiatiques, on ne dit pas je t’aime. Il n’y a pas de signe d’amour, donc je manquais un peu de ça. Et j’ai trouvé l’amant de ma vie à 17 ans. Et en fait, je voulais faire un métier où je pouvais être apprentie et pouvoir vivre avec mon conjoint. Et l’informatique, pour moi, c’était l’idéal parce que c’était une des rares branches où on te laissait l’opportunité d’avoir un salaire assez intéressant. À l’époque, en tant qu’apprentie, j’étais à mi-sept. J’étais au-dessus d’une SMIC, ce qui était incroyable. Et bon, ce n’est pas venu parce qu’il faut faire quelques années avant d’être à mi-sept. Mais du coup, c’était génial parce que je pouvais à la fois construire ma carrière professionnelle, mais à la fois construire une vie de couple en même temps. Et c’est là où j’ai trouvé quelque peu mon équilibre. Bon, après, je suis vraiment hard worker. Donc, en fait, j’ai du mal à lâcher le boulot et à avoir une vraie vie à côté. C’est le revers de la média quand tu es passionné. Et donc, là, aujourd’hui. J’en suis là.
Olivier My 09:55
– C’est super. Il y a un questionnement qui m’est venu à l’esprit, c’est que tu parles d’autodidacte, donc tu t’y es mise seule, donc il y a ton frère, tu disais, qui t’a mis un peu le pied à l’étrier. Mais en vrai, à 9 ans, c’était ça que tu avais envie de faire ?
Jennifer Delalande 10:10
– Non, en fait, je voulais juste… Je ne sais pas. En fait, quand tu es plus jeune, tu as un petit égo où tu as envie de savoir faire autant que les autres.
Olivier My 10:20
– Oui.
Jennifer Delalande 10:20
– Donc ça te motive. Et je ne sais pas, sur MSN, je voyais des petits jeunes de mon âge pirater la NASA, naviguer sur les sites d’Harvard et tout. Je n’avais pas la prétention de faire aussi bien qu’eux, mais je rentrais en contact par mail avec eux juste pour réfléchir à comment je pouvais faire pareil. Au final, j’ai pu discuter avec quelques-uns, mais ça n’a pas duré longtemps parce qu’ils avaient des vies un peu bizarres.
Olivier My 10:46
– Des vies un peu bizarres.
Jennifer Delalande 10:47
– Dans le sens qu’en fait, ils avaient des vies où potentiellement, les gens leur en voulaient, etc. C’était des super hackers, donc tu ne pouvais pas les contacter comme ça. Ils avaient des mentalités un peu spéciales. Et pourtant, ils avaient bon âge. Ils avaient 14 ans et moi, j’en avais 9. Il n’y a pas de grosse diff à cette époque-là. Et en fait, j’étais plutôt intéressée par pourquoi les gens créaient des virus. Parce que je voyais qu’il y avait le phishing qui commençait à apparaître avec les mails. Je voyais qu’il y avait le fameux virus The Ring.
Olivier My 11:21
– J’en souviens celui-là.
Jennifer Delalande 11:22
– Ouais, j’étais asiatique et du coup, le fameux hacker qui a fait The Ring, il m’a contacté, il m’a dit « Ouais, j’ai vu que t’as fait des blagues où t’as mis tes cheveux comme dans The Ring. Ça te dirait que j’utilise ton image pendant quelques temps ? » Bon, ça n’a pas duré.
Olivier My 11:37
– C’est fou, ça.
Jennifer Delalande 11:37
– C’était pendant deux mois, mais du coup, je discutais avec le hacker qui faisait ça. Et puis, c’est parce que quand t’es jeune… Tu fais des conneries.
Olivier My 11:47
– C’est quand même dingue parce que tu dis 9 ans. 9 ans, c’est quoi ? C’est primaire ?
Jennifer Delalande 11:51
– Ouais, mais après, c’est le collège aussi. C’est poursuivi, tu vois. Et en fait, tu fouilles. Et franchement, à la base, les hyperliens, on n’avait pas des masses. Donc, tu tombais vite sur les mecs qui étaient vraiment là.
Olivier My 12:05
– Ah ouais, d’accord. C’est marrant. C’est juste que je me rappelle moi de mes 9 ans. En vrai, je n’ai pas beaucoup de souvenirs. Mais quand je me rappelle de ma primaire… Je ne m’intéressais pas du tout à ce genre de trucs-là. Moi, déjà, jouer au ballon avec mes potes, j’étais déjà content. Mais toi, ça veut dire que tu avais quand même une passion qui, déjà, t’amenait à faire des recherches, monter en compétence sur des choses.
Jennifer Delalande 12:25
– Oui, le mercredi après-midi, on n’avait pas cours. Quand mes potes m’invitaient à jouer, je leur disais, non, je vais geeker un peu, les gars. Sinon, je jouais avec eux et après, j’allais coder un peu. Mais si je n’étais pas au piano, j’étais forcément devant mon écran en train d’essayer de fouiller sur Internet.
Olivier My 12:44
– Ça va, tu as coché la case piano alors aussi.
Jennifer Delalande 12:46
– Ouais.
Olivier My 12:46
– Bon.
Jennifer Delalande 12:48
– Après, je suis naze maintenant parce que c’est le boulot.
Olivier My 12:51
– Ouais, mais au moins, tu pianotes aussi du coup. Le terme va bien avec.
Jennifer Delalande 12:54
– Ouais. En fait, c’est ça qui est marrant dans l’histoire. C’est que tu te rends compte que quand tu es jeune, tu n’as pas de pression. En fait, on ne te demande pas un livrable comme on te le demande en entreprise. Donc, j’avais des carnets où je me faisais des checklists. Je me disais, pour monter le Google Beast, il faut faire ça, ça, ça, ça. Bon, ça n’a jamais marché.
Olivier My 13:16
– Mais déjà de te poser la question, je trouve ça fou.
Jennifer Delalande 13:18
– Et en fait, au début, j’ai réussi à faire un premier moteur de recherche à ma petite échelle. Et c’était génial parce que j’avais juste fait un copycat d’un mec qui avait voulu faire une copie de Google. Il avait expliqué sur les premières vidéos YouTube qui étaient apparues sur le marché. Et franchement, YouTube d’avant, ce n’est pas le YouTube de maintenant. Et on était là, on était là.
Olivier My 13:42
– Wow.
Jennifer Delalande 13:43
– C’est incroyable, on peut faire un moteur de recherche avec deux, trois mots-clés. Et en fait, moi, je suis tombée dans la soupe du C, du PHP, à l’époque où ce n’était pas trop ça, il n’y avait pas encore de framework. Et du coup, je me retrouvais à discuter par MSN, par mail, avec des quarantenaires qui faisaient du web. Et personne ne savait mon âge. En fait, mon pseudo, c’était Justin Angular. Et en fait, ils croyaient que j’avais 30 ans. Donc, je discutais avec eux.
Olivier My 14:10
– Oui, mais du coup, tu n’as pas eu peur de prendre contact avec les gens. C’est-à-dire que tu en mets souvent cette image des développeurs, développeuses, tu vois, plutôt isolées, à ne pas trop parler aux gens, etc. Toi, tu n’as pas eu peur d’aller parler aux gens ?
Jennifer Delalande 14:23
– Je ne sais pas si c’est une peur ou si c’est une insouciance. Et un peu, tu sais, quand tu es jeune… Tu ne te rends pas compte. Tu ne te rends même pas compte, en fait, tu fais des trucs, ça te paraît sensé, mais en fait, un adulte, il te dirait mais t’es folle, toi, de discuter avec un inconnu comme ça. Tu ne sais pas si c’est un pervers ou quoi ou qu’est-ce.
Olivier My 14:43
– Oui, tout à fait.
Jennifer Delalande 14:44
– Mais en fait, j’ai eu de la chance parce que je suis toujours tombée sur des gens bienveillants qui m’apprenaient des choses, des professeurs. Je suis tombée sur des docteurs. Mais je n’ai jamais gardé contact parce que le web à l’époque, ce n’était pas le web de maintenant. Il n’y avait pas Facebook, il n’y avait pas tout ce qu’on a maintenant. En fait, on discutait sans attendre quoi que ce soit des autres. En fait, on explorait Internet comme si on était des aventuriers.
Olivier My 15:07
– C’était très anonyme finalement avant.
Jennifer Delalande 15:09
– Oui, on était sur des forums. En fait, on cherchait tous un peu la clé du développement. On ne comprenait pas trop comment ça allait fonctionner. On ne savait pas comment le web allait évoluer. Et du coup, c’était un peu ma petite routine. Tous les jours, aller discuter avec des gens qui développent le web et on le développait tous ensemble.
Olivier My 15:30
– Et du coup, tu évolues au fur et à mesure des années, tu discutes avec les gens, tu apprends et tu montes en compétence. Tu parlais de ton alternance, c’est ça ? Mais du coup, entre-temps, est-ce que tu as suivi un parcours, on va dire scolaire, qui est standard ou est-ce que tu es sorti de ce parcours-là assez rapidement pour voler tes propres ailes ?
Jennifer Delalande 15:50
– Standard et pas standard ? Déjà, moi j’ai un gros défaut, c’est que justement, comme je suis passionnée et que je veux faire dix mille choses, souvent mon mari me dit « Ouais, tu ne focuses pas sur un truc, donc tu n’es pas excellente sur un truc. » Il me dit « Tu es bon dans chaque chose, donc tu es bon nulle part. » Après je fais « Bon, ok chérie, tu n’as pas tort. » Mais c’est aussi ma force, parce que comme ça, ça me permet de m’adapter. Et en fait, j’ai un peu abandonné le code pendant la partie lycée parce que le lycée, en fait, justement, tu dois te concentrer sur ton bac et ta doucha a fouetté. En plus, tu es en train de construire un peu ce que tu estimes être plus tard ta carrière. Donc déjà, passer ton bac, ça te prend énormément de temps. Bien que malgré le fait que j’ai été une très bonne élève, parce que j’avais des très bonnes notes, je séchais beaucoup les cours, en fait. Parce qu’en fait, j’avais un peu trop d’avance et je me reposais un peu trop aussi sur mes acquis. J’étais maths P, donc j’étais en SS2I, en sciences de l’ingénieur. C’était vraiment une passion les maths pour moi, mais j’étais vraiment nulle en histoire ou en philo ou des trucs comme ça.
Olivier My 16:58
– C’est trop marrant. SS2I, enfin moi c’était quoi ? SS2I ça s’appelait ?
Jennifer Delalande 17:04
– Ouais.
Olivier My 17:04
– Moi je me rappelle que j’avais SSI moi.
Jennifer Delalande 17:06
– Ouais c’était…
Olivier My 17:07
– C’est ça SSI hein ? Ouais ouais. Ça se dit maintenant sur les trucs.
Jennifer Delalande 17:09
– Ouais c’est ce que je comprends avec…
Olivier My 17:11
– Ok donc ça veut dire qu’on était quand même dans les mêmes filières, sauf qu’en fait on n’a pas du tout le même profil. Parce que moi, j’ai fait pareil. J’ai fait SPMAT aussi. Moi, je suis très, très nul. Moi, j’ai toujours été meilleur en histoire et en philo. Mais par contre, on m’a toujours dit, tu sais, ces codes que tu as dans… C’est comme quand on dit au collège, il faut faire allemand parce que soi-disant, c’est là que les meilleurs sont ou j’en sais rien. mais c’est parti de je ne sais quoi et puis en fait tu le fais parce que t’en sais rien dans la vie t’y vas sciences d’ingénieur c’est pareil, j’y suis allé parce que il y avait plus d’heures de travail J’ai arrêté de faire la SVT en seconde. Et par contre, j’avais 4 en maths. Et donc, j’étais en SPMAT parce qu’on m’a dit que SPMAT, c’était bien. Mais j’étais nul, nul, nul.
Jennifer Delalande 17:53
– Pour te dire, mon bac, je l’ai eu grâce à SPMAT. Pour te dire, au brevet, j’ai eu 24 sur 20. Et au bac, j’ai eu 6 sur 20 en philo. Mais j’ai eu 26 sur 20 en maths. Parce que si tu te souviens, il y avait des points en plus. Et ça m’a sauvée. Et puis, en plus, j’avais pris option chinoise. Du coup, il ne prenait que les points au-dessus de la moyenne et ça m’avait sauvée de la philo. Et j’avais quand même eu ma mention grâce à ça. Mais franchement, est-ce qu’on s’en sert de ce qu’on a appris en maths aujourd’hui en entreprise ? Je ne crois pas.
Olivier My 18:27
– Moi, personnellement, non. Après, moi, j’ai un peu changé de métier, si je puis dire. Mais en vrai, tu vois, des fois, je repense à ce que j’ai appris en prépa où tu parles de tout ce qui est nombre complexe. Tous des trucs où il n’y a plus de chiffres. Et encore, je pense qu’il y a des applications au-delà, peut-être dans la recherche ou ce genre de choses-là, mais dans le pratico-pratique du quotidien, c’est difficile de…
Jennifer Delalande 18:50
– Moi, je fais de la recherche. Je ne l’ai pas dit, mais je suis chercheuse dans l’IA.
Olivier My 18:54
– Aussi ?
Jennifer Delalande 18:55
– Après, ce n’est pas pour faire une slasheuse, parce que des fois, mes potes, ils me disent « ouais, t’es une slasheuse » . Mais en fait, c’est juste qu’une situation en amène une autre. La vie, c’est des aventures. Soit tu saisis l’opportunité, soit tu la laisses de côté. Et j’avoue que je suis une fonceuse, donc j’y vais. Je ne me pose pas trop de questions parce qu’en fait, à partir du moment où tu te poses trop de questions, en fait, tu ne fais pas les choses. Mais des fois, c’est vrai que dans la vie, je devrais m’en poser un peu plus pour éviter des erreurs.
Olivier My 19:24
– C’est-à-dire que tu fais le pas avant de vraiment te poser trop la question. Toi, tu n’es pas prise, par exemple, à ce qu’on met derrière la paralysie de l’analyse ?
Jennifer Delalande 19:32
– Maintenant, par exemple, j’entends… plein de gens parler du syndrome de l’imposteur. Moi, je ne l’ai pas trop, en fait. Parce que je me dis que tu es un imposteur si tu ne fais pas les choses et que tu prétends les faire. Donc, je préfère les faire, me planter et me relever et m’améliorer et après me dire… bon, ça, c’est fait pour moi, ça, c’est pas fait pour moi. Ou ça, ça marche et ça, ça marche pas. En fait, je suis plus dans un modèle américain. Les Américains, ils pivotent. Et en fait, vraiment, moi, j’ai rencontré plusieurs investisseurs américains et quand ils ont observé ma manière de travailler, ils m’ont dit, mais toi, t’es pas une Française, t’es une Américaine. Et en fait, c’est vraiment cette vibe. Et d’ailleurs, c’est une volonté de ma part. Là, je suis en train de postuler pour aller vivre aux États-Unis. Et c’est vrai que… Je suis vraiment très excitée par le fait de vivre une nouvelle aventure et de vivre une nouvelle façon de travailler parce que ça va être tout nouveau pour moi. Bien que j’ai déjà travaillé avec des clients américains, c’est différent de travailler avec des clients américains depuis la France et depuis les Etats-Unis.
Olivier My 20:35
– C’est vrai que tu vas dans les écosystèmes des gens et ça change vachement la donne. Tu rentres dans la culture vraiment pleine.
Jennifer Delalande 20:41
– Oui, j’ai un retour d’expérience à te faire. Quand je travaillais chez Chanel, avant c’était impensable de faire du commerce. Et donc, on a déployé le e-commerce à New York et j’ai co-construit avec une équipe de 50 développeurs, j’étais la seule femme, la première plateforme e-commerce de Chanel. En parallèle, LVMH faisait pareil, j’avais le choix entre être architecte solution chez LVMH ou Chanel. J’ai choisi Chanel juste parce que les locaux étaient bien plus sympas et puis l’ambiance aussi. Et puis les devs, ils étaient méga cool. J’ai adoré mon boss de l’époque qui était cubain, il était assez drôle. J’ai beaucoup appris. dans le monde du luxe. Et en fait, quand j’ai été confrontée aux New Yorkais qui venaient à Paris et qu’on allait à New York déployer ça, en fait, je me suis rendue compte qu’on n’avait pas du tout la même mentalité de travail. Par exemple, les Américains, il n’y a pas d’horaire chez eux. Ils peuvent bosser jusqu’à une heure du mat. Alors que chez nous, on peine à avoir des gens partir du bureau après 18, 19 heures. Parce que c’est la mentalité francophone qui veut ça. Et quand tu es dans le luxe, tu ne comptes pas tes heures parce qu’ils veulent que tu manges, tu boives. Mais c’est normal parce qu’on recherche l’excellence et on veut faire du pixel perfect. Donc, chaque partie du site se doit d’être parfaite. Et je n’étais pas forcément un modèle dans ce genre de cadre-là parce que je suis quelqu’un qui m’adapte, mais qui switch beaucoup parce que je suis passionnée par dix mille choses. Et le monde du luxe m’a appris à me cadrer, me structurer. notamment parce que j’ai appris le Atomic Design. Le Atomic Design impose une certaine structure pour développer l’ensemble des éléments du design, c’est-à-dire qu’on va mettre en place la fenêtre de contexte, mettre en place vraiment les codes du luxe, faire en sorte que quand on clique sur un bouton, il n’y a pas une pop-up qui nous embête, simplement parce que l’utilisateur veut que ce soit fluide. En fait, on perd beaucoup d’utilisateurs parce que ça lag, etc. Et le luxe, c’est impensable. Ils mettent des budgets monstres. Je crois qu’on était à 28 millions à l’époque où j’étais. Et en fait, j’avais vraiment cette impression d’être dans un cadre prestigieux et de me dire que j’avais cette opportunité de travailler de façon éclectique et internationale. Et en plus, ils avaient vraiment des enjeux d’accessibilité, c’est-à-dire qu’ils faisaient en sorte que chaque élément puisse être accessible par n’importe qui, par une personne handicapée, par une personne malvoyante ou quoi au caisse. Donc, c’était incroyable. C’était autant j’apportais ma pierre à l’édifice à ce site Internet, mais autant j’ai beaucoup appris et c’était incroyable.
Olivier My 23:21
– Non, mais super partage. Justement, quand tu parles de Chanel, LVMH et du positionnement que tu avais là-bas, je me dis qu’il manque une petite partie de ton histoire.
Jennifer Delalande 23:30
– Dis-moi.
Olivier My 23:30
– En fait, on parlait tout à l’heure de toi au lycée. Donc, effectivement, passionnée depuis tes 9 ans. Ensuite, tu as ta période de lycée. Ensuite, tu trouves l’amour parce que c’est à peu près là, je crois, la période, c’est ça ?
Jennifer Delalande 23:40
– Oui.
Olivier My 23:40
– Et ensuite, là, tu nous as parlé d’une expérience américaine avec Chanel VMH. Comment est-ce qu’on passe du lycée, qui est un système scolaire, on va dire, de base, avec SSI, comme on en parlait tout à l’heure, à avoir cette capacité à pouvoir justement trouver ce genre d’opportunité, être reconnue, être une femme dans la tech en plus ? Qu’est-ce qui s’est passé entre-temps ?
Jennifer Delalande 24:03
– Ok. Déjà, premièrement, j’ai fait un apprentissage dans un BTS informatique et réseau.
Olivier My 24:09
– Ok.
Jennifer Delalande 24:09
– Là, j’ai vraiment excellé parce que je l’ai eu avec mention excellent. Parce qu’en fait, j’avais trop d’avantages. Je codais déjà. Oui, c’est ça.
Olivier My 24:19
– Oui.
Jennifer Delalande 24:20
– Mais j’étais une cancre parce que j’étais tout le temps en retard en cours. En même temps.
Olivier My 24:24
– Tu séchais les cours, tu disais, non ?
Jennifer Delalande 24:25
– Pas en BTS.
Olivier My 24:26
– Pas cela, non ?
Jennifer Delalande 24:27
– Pas en BTS parce qu’en fait, je voulais vraiment mon bac plus deux. Mais j’étais tout le temps en retard parce que, je ne sais pas. Un psy m’a dit un jour, je pense que vous êtes TDAH, trouble de l’attention parce que vous passez toujours d’une idée à l’autre, vous êtes tête en l’air, vous oubliez tout, on vous parle. Vous pensez à autre chose ?
Olivier My 24:49
– C’est-à-dire que là, quand je te parle, t’es déjà en train de penser à midi, non ?
Jennifer Delalande 24:53
– Non, je suis focus parce que tu me parles et tu me poses des questions. En fait, je suis dans une bulle, dans un podcast, du coup, je suis hyper concentrée. Mais ça arrive très souvent. Genre, mon mari me dit, ferme la fenêtre, fais ça. Et après, on revient à la maison et j’ai rien fait.
Olivier My 25:09
– Mais t’as fait d’autres choses.
Jennifer Delalande 25:10
– Oui, voilà, c’est ça. En fait, j’oublie. En fait, c’est comme si, tu vois, Dora c’était mon surnom.
Olivier My 25:16
– Oui, je comprends. Un nouveau magnétoscope.
Jennifer Delalande 25:19
– Et du coup, je fais mon BTS et j’ai été fille orange en tant qu’apprentie téléconseillée au téléphone, après apprentie programmeuse.
Olivier My 25:26
– T’as fait du téléphone ?
Jennifer Delalande 25:28
– Ouais, tu sais, ils n’acceptent pas tout de suite des programmeurs parce qu’en fait, il faut faire tes preuves. Et j’ai accepté d’être apprentie téléconseillère, donc je réparais la fibre.
Olivier My 25:39
– Ok, ok.
Jennifer Delalande 25:40
– Je réparais la fibre chez les gens, voilà. Et ça m’a appris la pédagogie. Et je me souviens d’une analogie, c’est qu’ils nous avaient enseigné le mot acte, accueillir. Alors, je ne me souviens plus des autres mots, mais il faudrait chercher ça sur Google ou sur la GPT. Mais acte, en fait, c’est une démarche qu’on était conseillée pour savoir correctement relationner avec les gens. Et c’est comme ça qu’en fait, j’ai appris l’intelligence relationnelle, de savoir être pédagogue, de savoir vulgariser, simplifier. rendre ça accessible à tous et je devais réparer la fibre autant à des octogénaires que à des petits gamins qui venaient tout juste de découvrir la fibre, etc. Et en fait, j’ai fait ça dans l’apparition de la fibre. J’étais un peu dans ma zone de génie parce que j’étais déjà une techos, alors réparer la fibre, pour moi, c’était une bagatelle. Et en fait, après, j’ai fait apprenti chez Orange en tant qu’ingénieur. Ça n’a pas duré longtemps parce que déjà, quand je te dis que je suis une crangue, et je le fais toujours, quand je code, J’ai besoin d’avoir un autre écran, mais je pense que ça, c’est beaucoup les développeurs, parce qu’en fait, on est avec plusieurs écrans. Et moi, je mate toujours une série pour ne pas m’endormir. Parce qu’en fait, c’est une série que je connais bien, en fait. Genre Friends, Charmed.
Olivier My 26:52
– Donc en même temps, c’est ça que tu codes. Mais c’est quoi ? Il faut que tu regardes la série ou il faut que tu aies le bruit de fond ? Non.
Jennifer Delalande 26:57
– Le bruit de fond.
Olivier My 26:58
– C’est le bruit de fond, ok.
Jennifer Delalande 26:59
– C’est le bruit de fond, mais bon, des fois, je décroche un peu. Mais en fait, c’est juste que ça me permet de rester motivée. En fait, c’est ma manière à moi. Je le faisais déjà quand je passais mon bac, en fait.
Olivier My 27:10
– C’est marrant, ça. C’est-à-dire que, c’est quoi ? Le bruit de fond t’aide à créer la bulle qui te permet de te focaliser ? C’est ça un peu l’idée ?
Jennifer Delalande 27:17
– Exactement. En fait, le fait d’avoir une série en fond que j’adore, ça me met dans une ambiance où, genre, je suis hyper motivée d’avancer dans mon truc. Je ne sais pas pourquoi, mais c’était ma technique. Je me souviens que je regardais Vampire Diaries en révisant mes annales. Et en fait, je l’ai eue avec mention excellence juste parce que, en fait, j’étais motivée. Et mon frère me regardait, il rentrait dans la chambre et du coup, avec tes différents écrans et tes bouquins et tout, il ne comprenait pas. Je ne sais pas, moi, je révise en regardant des séries et je le fais toujours. Mais plus je vieillis, moins je peux faire plusieurs choses à la fois parce qu’en fait, je pense que j’ai bien rempli mon cerveau et c’est différent. Mais c’était ma manière, moi, de fonctionner et ça marchait plutôt bien. Et en fait, je suis sortie du cursus scolaire parce que… justement, j’étais trop en retard. Du coup, en fait, on m’a virée de mon école d’ingé.
Olivier My 28:09
– Donc là, c’était l’alternance dans l’école d’ingé, c’est ça ? Ouais.
Jennifer Delalande 28:12
– Donc, voilà, j’ai merdé. Et en fait, mon tuteur m’a invitée dans son bureau et il m’a dit « Mais Diane, qu’est-ce que tu fous en école d’ingé ? De toute façon, tu sais coder, tu sais faire les algorithmes, tu sais faire de la récursive. En fait, je t’apprends des trucs que tu sais déjà faire. Passe ton diplôme en autodidacte, ne va pas encore perdre du temps dans une autre école d’ingénieurs. et prends le pli d’être, ben voilà, ça va te sortir de ta zone de confort, mais vas-y. Donc, je dis OK. Donc, je cherche un premier CDI. Dans une SS2I, je me rends compte… Mais du coup.
Olivier My 28:47
– Tu l’as passé.
Jennifer Delalande 28:48
– Alors, non, en fait… Encore. J’avais niveau licence.
Olivier My 28:51
– OK, ouais.
Jennifer Delalande 28:51
– J’avais niveau licence. Je cherche un CDI dans une SS2I qui s’appelle FHM Solutions. Je me souviendrai toujours, Francis HM, ben, si tu m’écoutes, je te remercie de m’avoir donné ma chance. Francis et Thierry, qui sont deux frères et qui avaient monté une SS2I à l’époque. Et je leur avais dit la vérité, que je n’avais pas eu mon diplôme et que je savais déjà coder, mais que je pêchais là-dessus. Et en fait, ils m’ont placée chez Aramis Sologé. Et en fait, en parallèle, je passais mes cours, mon diplôme, donc via le CNAM, le Conservatoire National des Arts et Métiers. Pas facile, parce que je l’ai raté une première fois et je l’ai eu une deuxième fois, mais je l’ai eu avec deux ans d’avance, du coup, mon diplôme d’ingé. Mais pas facile parce que je le passais à Seine-Saint-Denis, là où on fait les BAE, les assurances des acquis d’expérience. Et je me suis retrouvée avec plein d’adultes autour de moi. Et franchement, quand on est codeur, est-ce que vraiment, on fait des algorithmes avec une feuille de papier ? Tu passes un diplôme, ton algorithme, elle écrit, etc. Et à des moments, j’avais oublié les notions. Et c’est pour ça que je l’ai raté la première fois. C’est pas que je ne savais pas faire. C’est juste qu’on nous demandait de faire des n carrés, nanani, nanana. Un peu comme si on faisait des maths de code.
Olivier My 30:11
– Oui, exactement. Je me rappelle les cours d’informatique, c’était ça. En fait, c’est ta capacité à tout conceptualiser, alors qu’en vrai, quand tu es sur le terrain, tu n’as jamais tout complètement dans ta tête. Tu vas chercher, tu vas naviguer. C’est une exploration finalement plus que quelque chose que tu recraches.
Jennifer Delalande 30:27
– Oui, tu t’appuies sur la doc en fait. Et puis, vu que tu dois transposer dans différentes technologies, différents frameworks, jamais tu ne vas faire ce qu’on t’apprend à l’école. Et c’est pour ça que maintenant que je suis enseignante, j’enseigne autant aux petits, moyens, grands, je ne fais pas ces aberrations-là. j’en dis vraiment Posez ces questions à chaque GPT, développez votre esprit critique, soyez autonome, apprenez les codes de comment ça fonctionne en entreprise, interrogez des employés d’une entreprise, allez sur LinkedIn et allez voir le mec qui fait le métier de vos rêves et allez discuter avec lui de comment ça se passe vraiment sur le terrain. Ça ne sert à rien de faire comme si dans la théorie, ce serait comme ça, parce qu’en fait, au final, c’est une perte de temps.
Olivier My 31:08
– Tous les chemins sont possibles, au final.
Jennifer Delalande 31:09
– Oui, oui.
Olivier My 31:10
– Et donc, tu vas dans cette SSOZ, tu es placée à un endroit. Donc, ça veut dire déjà que tu as un client qui a accepté ton profil tel qu’il était.
Jennifer Delalande 31:18
– Oui. D’ailleurs, ce n’était même pas à Ramisoto. Mon premier, c’était SeLoger.
Olivier My 31:21
– SeLoger, c’est marrant.
Jennifer Delalande 31:22
– Oui, c’était SeLoger, Seloger Group. Il n’y avait pas jaune, etc. Donc, je ne faisais pas jaune, SeLoger. Et en fait, c’est trop marrant. Ça, c’est un truc que je veux dire à tous ceux qui démarrent dans la tech. Je vois encore les petits jeunes timides que j’accueille tous les jours qui disent Oui, j’aimerais bien être Técos, Nanani, Nanani. Et en fait, ils ont vraiment le syndrome de l’aposteur parce qu’ils se disent, ben voilà, j’ai aucune expérience, etc. Bon, moi, j’avais vraiment un avantage concurrentiel, mais je suis arrivée sur le terrain et en vérité, j’ai découvert dans le monde de la tech que plein de fois, tes juniors, on te vend comme un senior.
Olivier My 31:57
– Ah ben ça, combien de fois ?
Jennifer Delalande 31:58
– Et à l’époque, chez Sologé, chez Pajone justement, on m’avait vendue, mais comme the best of the best. Et je suis arrivée sur le terrain. C’était la panique. Parce qu’en fait, j’étais en train de remplacer un senior de 15 ans d’expérience. Je devais faire du PHP, MySQL. En fait, il faut comprendre que ce loger, Pages Jaunes, ils ont beaucoup, beaucoup de trafic. Donc quand tu as du trafic, que tu ne maîtresses pas le terrain, que tu dois te suradapter et que tu dois faire des requêtes SQL sur une zone où tu n’es pas vraiment confort. Tu as fait ça en apprentissage, mais bon, tu as fait ça dans la théorie. Tu as fait de la R&D. Enfin, moi, j’ai fait de la R&D en innovation chez Orange. J’ai fait des trucs incroyables, j’ai fait des montres holographiques et tout ça. Des trucs incroyables, mais j’étais dans une…
Olivier My 32:43
– Rien à voir.
Jennifer Delalande 32:44
– Voilà, exactement. Mais j’étais dans un monde utopique. Dans la R&D, en fait, on te dit, voilà, t’as quartier libre, t’as nos limites, limites de budget, etc. Et t’arrives sur un terrain où on t’impose des budgets, on t’impose du temps de réalisation, on t’impose une manière de penser, une manière de faire. T’as 15 000 visiteurs par jour si tu plantes le serveur. Et que, en fait, toi, t’es le newbie. En fait, un, t’es dehors. Et deux, la boîte qui t’a placée, elle risque une amende, tu vois. Et là, j’étais là, OK, zen, zen. Ça va le faire. Fais semblant. Et en fait, j’ai eu trop de chance parce que si Design m’entend, Design Nguyen, parce que c’est lui qui m’a formée à l’époque. Il était plus âgé que moi. C’était un Asiat aussi. Et en fait, il habite Bussy aussi. À l’époque, il m’a pris sur son aile et il m’a mentorée. En fait, il m’a fait ce qu’on appelle la passation de connaissances. Parce que quand tu arrives sur le terrain et que tu remplaces quelqu’un depuis des années, ça veut dire que tu dois aussi apprendre les codes de l’entreprise, la manière de fonctionner. Et puis, ils ont une façon très précise d’architecturer, de faire les tests end-to-end, etc. Et en fait, c’était le bordel. Parce que, excusez-moi pour se loger, mais… C’est toutes les boîtes, en fait. Je me suis rendu compte que ce n’est pas lié à eux en particulier. C’est toutes les boîtes parce qu’en fait, tu as des enjeux terrain, tu as des enjeux financiers. Des fois, tu codes vite parce que c’est nécessaire. On connaît tous, surtout pour les techos, la notion de quick and dirty. Mais parce qu’en fait, tu te rends compte que la réalité du terrain ne te laisse pas le choix, parfois. Et c’est comme ça que ça m’a appris à refactoriser, comme on dit, à améliorer le code. En fait, je partais d’une machine hyper bien huilée Tchétib bien pensé sur le terrain. Et moi, avec mes petites mains, je devais optimiser ça sans comprendre vraiment ce que j’étais en train de faire. Parce qu’il y avait un historique, un background derrière tout ce code. Et c’est dangereux parce que si tu commences à toucher à un truc et qu’il y a une répercussion sur 10 000 trucs… Effet borderline, effet de bord. Donc, je prenais des pincettes avec chaque ligne de code que je rajoutais. Et je me souviens que, tu sais, tu débugues, etc. Et je me souviens que les débuggeurs, je ne sais pas pourquoi, mais des fois, ils se retrouvaient à droite, à gauche. Ils ne débuguaient pas comme je voulais. Et c’est là où j’ai vraiment commencé à comprendre le métier de codeur. Parce que c’est une chose de coder dans sa chambre, mais c’est une autre chose de coder dans un environnement de travail.
Olivier My 35:18
– Il y a un écosystème autour de toi, des impacts, des risques, il y a beaucoup plus de choses, effectivement.
Jennifer Delalande 35:23
– Et justement, je prends souvent en référence mon mari, parce que c’est mon centre du monde, mais souvent il me dit, « Ouais, Jen, tu veux toujours faire comme toi tu veux, mais en fait, dans le monde du travail, c’est pas comme ça, c’est comment l’écosystème veut. » Et je me souviens, mon boss, il me regardait comme ça, il me disait… Il voyait en plus que j’avais ma petite fenêtre, parce qu’en fait… J’avais ma fenêtre série. T’as ta petite série quand même.
Olivier My 35:47
– Ouais.
Jennifer Delalande 35:48
– J’étais avec mon casque. Tu sais, nous, les coders, on est avec notre casque. J’avais une toute petite fenêtre de série. Et il passait derrière mon écran et il fait, qu’est-ce que tu fais, Jen ? Pourquoi tu regardes Charmed en codant et tout ? Et je me souviens, un jour, il m’écoute là. Désolée, mais c’était ma façon de fonctionner. Et je sais que j’ai été convoquée plein de fois pour… Mais en fait, c’est là où je me suis rendue compte. Et là, aujourd’hui, maintenant que j’embauche, Je laisse mes codeurs être à leur manière. Parce qu’en fait, il faut comprendre que mes boss, ce n’étaient pas des codeurs. Donc, ils ne comprennent pas la mentalité du codeur. Et ma force en tant que CTO, Chill of AI, c’est qu’aujourd’hui, j’embauche des codeurs. Et je comprends leur mentalité. Je comprends comment ils fonctionnent. Et je comprends qu’ils aient plusieurs cerveaux et plusieurs choses en même temps. Quand tu sais que, par exemple, je te dis une anecdote très précise. Quand j’étais chez Meaty, quand j’étais chez Chanel ou BNP, je faisais du cross-browser. Donc, je devais penser Samsung, je devais penser iPhone, je devais penser Huawei, je devais penser, je ne sais plus, mais en fait, on avait des solutions comme BrotherStack avec des machines virtuelles et ce n’était plus trois écrans que j’avais, c’était neuf écrans. Comment tu veux gérer neuf écrans dans ta tête et en même temps comprendre que tu dois établir une doc ? coder, etc. Sans pour autant avoir un cerveau bizarre qui est capable de capter 10 000 choses à la fois. Bon, après, c’est un petit peu moins maintenant. Je pense que c’est peut-être parce que je prends de l’âge. J’ai 32 ans. Des fois, genre, je rends fou les gens parce que je repose 10 000 fois la même question. Mais c’est normal parce qu’après, voilà, ton panier est plein. Et du coup, maintenant, j’apprends plus à m’aligner, à être focus sur les choses importantes sur le moment.
Olivier My 37:43
– Et du coup, tu as cette expérience-là qui te met le pied à l’étrier. Et du coup, comment est-ce que tu fais le bon par la suite ?
Jennifer Delalande 37:50
– Alors déjà, souvent on me pose la question, les petits jeunes, ils me posent la question, comment tu fais pour avoir ce genre d’opportunité en fait ? Moi, j’avoue, je suis un peu bizarre. C’est-à-dire que moi, je suis le petit pousset. Je sème partout. Donc, je prends mon CV et je l’envoie sur 10 000 plateformes. En fait, je me dis, ça m’en rendra à un moment ou à un autre. Et c’est comme ça que je crois que mon CV, il est sur plus de 752 plateformes de freelancers. Vous avez compté ? Ouais. C’est 752 ? C’est pas moi qui ai compté, c’est mes chasseurs de tête. Parce qu’en fait, mes chasseurs de tête, moi, j’ai plus de 1500 chasseurs de tête qui bossent pour moi. Et ils m’ont dit, en fait, on a vu… Parce qu’en fait, ils ont un décompte. Parce qu’il y a des plateformes qui agrègent toutes les plateformes de freelancers. Et genre, 752 apparitions sur toutes les plateformes. Moi, je leur dis, soyez là. Prenez le temps, ça va vous prendre plusieurs jours, mais il faut remplir section par section, se mettre en avant, mettre les mots-clés. Et pour en arriver là, simplement, je provoquais ma chance. C’est-à-dire que j’appelais tous les ingénieurs d’affaires qui étaient disponibles sur le marché, je leur disais, je suis dispo pour bosser. Et c’est comme ça que je me suis retrouvée à passer les entretiens pour des boîtes extraordinaires du CAC 40. ou à passer des entretiens pour des startups, des startups studios, etc. Donc, au début, l’ICS2Z me place chez Sologé, Aramis Auto, etc. Donc, c’était ma période Symfony PHP, en fait. Et en gros, petit à petit, je décide de me spécialiser dans le front parce que ce que j’aime, moi, c’est le visuel, l’expérience utilisateur, le fait de me dire que les clients, quand ils vivent l’expérience, ils se sentent contents. Et c’est ce qui m’attire. Le back-end, en fait, pour moi, je me suis dit, c’est une boîte noire, on s’en fiche. Il faut que ce soit bien fait pour que ça ne lague pas et qu’il y ait la gestion de cash, etc. Mais je n’avais pas cette même excitation que du front. Et donc, j’ai décidé de me spécialiser dans une agence qui s’appelait Equino.
Olivier My 39:57
– Tu as travaillé à Equino ?
Jennifer Delalande 39:58
– Oui.
Olivier My 39:58
– Je travaille à Equino aussi, vous savez.
Jennifer Delalande 40:01
– Oui, mais de toute façon, tu ne durs pas longtemps chez eux. Equino, pour moi, c’est que tu fais tes armes. Et tu busses parce que tu fais 12 projets à la fois.
Olivier My 40:10
– C’est en quelle année ?
Jennifer Delalande 40:12
– C’est bien.
Olivier My 40:13
– On est tout jeunes, tu sais.
Jennifer Delalande 40:15
– Oui, 2014-2016. Non.
Olivier My 40:17
– Ce n’est pas vrai.
Jennifer Delalande 40:17
– Oui.
Olivier My 40:18
– J’y étais en 2014.
Jennifer Delalande 40:21
– Peut-être qu’on s’est croisés. Peut-être qu’on s’est croisés.
Olivier My 40:24
– Je suis parti en fin 2014.
Jennifer Delalande 40:26
– J’ai démarré fin 2014.
Olivier My 40:28
– On s’est vraiment croisés.
Jennifer Delalande 40:30
– Peut-être qu’on était dans les mêmes locaux à un moment donné. Je ne sais pas si c’était Mélodie Trémoulet qui s’occupait de toi.
Olivier My 40:35
– Elle ne s’occupait pas de moi, mais en tout cas, je l’ai croisée.
Jennifer Delalande 40:37
– Du coup.
Olivier My 40:38
– C’est à Levallois-Péret.
Jennifer Delalande 40:39
– Oui.
Olivier My 40:40
– On a dû se croiser. Trop marrant.
Jennifer Delalande 40:41
– Oui. Franchement, c’était… Je crois que c’est une de mes meilleures expériences. Elle a été courte, mais un peu moins d’un an, mais c’était incroyable. Parce que c’est là où j’ai compris ce que c’était que d’avoir une équipe de devs hyper impliqués. Parce qu’on n’était vraiment que des passionnés. Et c’était incroyable parce que le lundi, on était chez Renault. Le mardi, on était chez SFR. Le mercredi, on était chez WeCab. Et jeudi, on revenait chez Renault. Et c’était incroyable. Et à chaque fois, je me disais… J’aimerais trop avoir le cerveau du seigneur qui est à côté de moi. Parce qu’en fait, je le voyais faire des trucs de ouf. Et tu connais le père programming. Et je me mettais à côté de lui et je buvais ses paroles. J’étais là. Il y avait un aura autour de lui. Autour du codard à côté de moi. Et en fait, j’apprenais à reproduire un peu ses gestes et sa manière de voir les choses, de voir les tutos, de traîner sur Stack Overflow, etc. Et c’est là où est née aussi une autre ambition. backstage, c’est le community management, de comprendre les réseaux sociaux. Parce qu’en fait, je me rendais compte que t’avais des mecs, des entreprises, des petites, moyennes ou grosses, qui mettaient des sommes astronomiques. Mais ça partait de 10 000 euros à… Je me souviens, à l’époque, il y avait des budgets jusqu’à 300 millions pour des sites. Je me disais… Ils se posaient la question encore une fois, est-ce qu’on va avoir du trafic ? Est-ce que… Et donc, j’ai commencé à comprendre aussi les notions de SEO, de référencement. Donc, ce qui était génial chez Equino c’est que chaque vendredi après-midi, on avait quartier libre et on pouvait étudier des nouvelles technos, etc. Faire de la veille sur le terrain. Et j’ai gardé ce truc après. C’est quelque chose qu’on m’a appris chez eux et j’ai gardé ce truc. Et maintenant que j’enseigne et que je suis lead et je suis coach IA, en fait, j’apprends aux codeurs, aux community managers à faire de la veille. Je leur dis… Il ne faut pas toujours penser argent, il faut penser aussi investissement sur le long terme. Parce que le monde bouge et continue de tourner malgré le fait que tu veuilles dégager du fric. En fait, au final, tu vas te dépasser très, très vite si tu ne te mets pas au goût du jour. Donc, je réserve une journée de ma routine, voire deux, à me mettre à jour sur le marché. Et chez Equino ce que ça m’a appris, c’est déjà un, trouve-toi des copains pour jouer sur les sites. C’était plus de développer, en fait. C’était faire des Legos, prendre des briques de Legos de code et faire des trucs ensemble. Et à l’époque, c’était la brique Angular qui avait le vent en poupe sur le marché. Et quand j’ai implémenté Angular, c’était un gros bousin, un truc… Fallait le maîtriser, quoi. Mais en fait, on apprenait tous ensemble parce que c’était tout neuf, tout neuf, tout beau. Ce beau framework, c’était mieux que Backbone qui était un dinosaure qui commençait à mourir. En fait, c’était un peu la bataille entre Symfony et Angular. On pouvait même faire du Symfony et Angular. Et en plus, à l’époque, j’apprenais le NoSQL avec MongoDB et tout ça. Et en fait, je ne comprenais pas tout. Mais je me disais, quel est l’intérêt d’avoir cette technologie ? Pourquoi elle a été créée ? Et c’est là, en fait, tu te rends compte que tu as besoin de comprendre l’histoire derrière les frameworks pour comprendre quel framework est adapté à telle situation. Et en fait, souvent… J’aime bien, pour ceux qui nous écoutent, qui comprennent comment j’en suis arrivée là, c’est simplement, en fait, après, c’est fluide. Quand tu as une expérience, en fait, après, une autre expérience s’amène. Pour moi, ceux qui galèrent à trouver du boulot dans la tech durant cette période-là, pas maintenant, parce que maintenant, ça a beaucoup bougé. Mais à l’époque, c’est simplement parce qu’ils se met pas assez. Ils postulaient pas assez. Souvent, j’entendais des gens me dire « Ouais, j’ai postulé à trois trucs, ça me répond pas. » place je me dis non mais il faut que tu postule à 100 trucs pour avoir trois places. Mais c’est comme ça que le monde fonctionne. Il a toujours fonctionné comme ça. Et les gens ne le comprennent pas. Il faut faire des efforts pour avoir un petit peu de résultats.
Olivier My 44:50
– Les choses ne viennent pas toutes seules.
Jennifer Delalande 44:52
– Oui, c’est comme les réseaux sociaux. Aujourd’hui que j’ai développé cette double casquette de social media manager, je me rends compte que tu sèmes des millions de trucs pour avoir 5% d’impact. C’est ça qui est incroyable. C’est-à-dire que… Tu peux dépenser un budget SIA de pub sur Facebook, Internet à 40 000 euros. Et en fait, il n’y a que 2 000 euros qui a eu vraiment un impact. Et tu ne sauras pas pourquoi, c’est algorithmique, c’est comme ça.
Olivier My 45:20
– Mais du coup, là, on parle effectivement de ta période salariée, avec tes clients et tu fais ce que tu as à faire. Mais ensuite, tu as monté des choses ?
Jennifer Delalande 45:32
– Oui, je deviens freelance.
Olivier My 45:34
– Ok.
Jennifer Delalande 45:35
– Alors en 2014, je deviens freelance. En fait, à la sortie des kinos, je deviens freelance. Parce que je me dis, waouh, plafond de verre de salaire. Mais enfin, j’étais déjà prétentieuse à l’époque. À l’époque, je disais, c’est pas avec 2007 que je vais vivre. 2007, en fin de compte, bon, désolé pour les semi-cars, mais déjà, les semi-cars, ils ne vivent pas. 2007, en fin de compte, quand tu commences à avoir un train de vie, que tu veux acheter un appart, que tu veux acheter une voiture. Après, tu te dis, en fait, c’est pas assez. Et en fait, quand t’es salarié, c’est compliqué d’aller à 5000. Il te faut des années pour y arriver. Et moi, je voulais sauter des étapes. Je me suis dit, bon, en fait, je rencontrais des ingénieurs qui me disent, il faut changer de job, il faut changer de mission pour gagner plus. Et en fait, on me disait, ouais, tu te gagnes entre 5000 et 9000 en freelance. Et en fait, les gens me disaient que j’étais à la hauteur d’être freelance. Donc, vas-y, lance-toi. Au début, c’était pas facile parce que t’es dans une phase de carence. parce que tu te lances dans le métier de freelance. Tu ne comprends pas les codes. Donc, tu envoies des CV partout et tout. Il n’y a rien de calculé, en fait. Les gens, ils croient qu’on calcule pour arriver à ce succès-là. Et en fait, ce qui est incroyable, c’est qu’on m’a très vite donné ma chance. D’ailleurs, une de mes premières missions freelance, c’était Chanel.
Olivier My 46:53
– Ah bah ok, on boucle la boucle.
Jennifer Delalande 46:55
– Ouais, c’était Chanel. J’ai adoré. J’ai adoré. Il y avait plus de 40 langues dans le bureau. Du bulgare, de l’ukrainien, du russe, de l’anglais. Et comme j’étais la seule nana, j’étais un peu la chouchoute. Mais en même temps, c’est pas facile. Parce qu’il y a une certaine misogynie. Mais c’est comme ça. Mais après, dans la tech, ça se sent moins que dans d’autres univers, je pense. Mais c’est un avantage quand même d’être la seule nana dans l’équipe. Parce qu’en fait, toi, tu peux asseoir des gens dans la salle qui ne s’assoient jamais ensemble. Parce que tu tisses des liens que les gens n’osent pas tisser.
Olivier My 47:31
– Oui.
Jennifer Delalande 47:32
– Et puis, comme là, dans le podcast, je suis assez transparente et crue. Et par contre, dans le monde du luxe, ça, on n’aime pas. Ah oui ? Ça, je l’ai appris à mes dépenses. C’est-à-dire qu’il y a des choses qu’il ne faut pas dire. Et moi, par exemple, je parlais souvent des salaires. Mais parce que j’ai un esprit à l’américaine.
Olivier My 47:49
– C’est ça, de toute façon, de manière générale, même pas spécifiquement en luxe, je pense que parler des salaires, des choses comme ça, ce n’est pas quelque chose qui est évident.
Jennifer Delalande 47:56
– Surtout en France, en fait. Oui, tout à fait. c’est pas du tout dans la culture de parler des salaires Donc, je disais, c’est quoi ton TGM ? Et avec un petit clin d’œil. Parce qu’en fait, j’essayais d’enquêter si j’étais assez bien payée. Parce que des fois, ça me saoulait. Je faisais 100 fois plus que mon voisin et je n’étais pas forcément mieux payée que lui. Mais c’est comme ça que j’ai appris. J’ai appris et puis les mecs, tu n’as pas froid aux yeux. Tu me demandes comme ça et tout. Et je me souviens, j’avais un collègue pakistanais. On l’appelait The Boss.
Olivier My 48:31
– Ce poste.
Jennifer Delalande 48:32
– Ouais, parce qu’il était costaud, tu vois.
Olivier My 48:33
– Ouais.
Jennifer Delalande 48:34
– Et il faisait de… Ah, c’était quoi le framework ? Highbris ? C’est un vieux framework que plus personne n’utilise, mais c’était the big framework dans l’e-commerce.
Olivier My 48:44
– Ouais.
Jennifer Delalande 48:45
– Et c’est comme ça que fonctionnait Chanel à l’époque. Et sur ce vieux dinosaure, c’est super cher un ingénieur highbris, tu vois. Il me disait… On travaillait avec Accenture, une des plus grosses ESN du monde, tu vois, internationale. Et il disait, Djin. Sois une visionnaire, sois un codeur, mais un jour tu placeras des codeurs. Et en fait, il m’apprenait. Et c’est comme ça que j’ai monté ma première agence spécialisée dans le placement des développeurs. Et 70% de mes développeurs, c’était des femmes. En fait, parce que je repérais les peu de femmes qui avaient sur le marché et qui étaient très consciencieuses. Parce que contrairement aux hommes, c’est des stats, pas pour être misogyne ou quoi, androgyne. en fait c’est juste que Pour un même poste, une femme va attendre d’avoir 80% des facultés avant de postuler, alors qu’un homme a 20% et postule. Et c’est ce que j’ai appris chez les women in tech, parce que je suis woman text makers de chez Google, woman in tech, woman in AI maintenant. Et en fait, ça, c’est des stats vraies. Et c’est ce que j’ai constaté chez les femmes. Et en plus, c’est horrible, mais comme elles sont moins bien payées que les hommes et qu’en plus, elles bossent mieux dans certaines circonstances, parce qu’en fait, on dit toujours, les femmes, elles savent faire plusieurs choses à la fois, alors que les mecs, non. Et bien, c’est la vérité. Et on les submerge de boulot et on les paye moins. Donc, un mec qui va piloter va être parfois mieux payé et même meilleur dans sa façon de structurer les choses, etc. Et en fait, j’avais envie de changer le game de ça parce que j’avais rencontré plein de meufs chez Google qui étaient vraiment des femmes talentueuses. Et j’avais placé quelques développeurs parce que comme j’avais semé des graines un peu partout avec les ingénieurs d’affaires, je me suis dit, bon, c’est bien de faire ces 8, 9 heures, 19 heures, mais comment je peux augmenter mon CA sans pour autant faire peur. plus d’heures. Donc, je faisais de la porte d’affaires et j’avais ma petite agence Digital Vision Business où je plaçais des profils que j’aimais bien. En fait, tu te rends compte qu’après, c’est du copinage parce que tu vas placer des gens que tu estimes et que tu penses qu’ils sont à la hauteur parce que, aussi, c’est ta notoriété sur le terrain qui est en jeu. Parce que si tu places un mauvais codeur, tu peux être sûr que plus personne ne va te rappeler. Et si toi-même, tu es un mauvais codeur aussi, plus personne ne va te rappeler. Et moi, je m’étais fait un petit nom parce que j’ai fait un passage quasiment dans tous les grands comptes. J’ai fait Chanel, Mythic Saint-Gobain, BNP, Société Générale. Je faisais à peu près un an, un an, un an dans chaque parce que le monde du freelance, il fonctionne ainsi. C’est-à-dire qu’ils te gardent le temps qu’ils aient le budget et après, ils n’ont plus le budget. Ou simplement, je ne faisais pas le job parce que je ne faisais pas l’affaire. sur le moment parce qu’en fait, ils voulaient quelqu’un de beaucoup plus senior sur d’autres sujets, etc. Et j’entends, mais j’ai appris ce que j’avais à apprendre sur le moment et j’ai contribué à ce que je pouvais contribuer sur le moment. Je ne le vois pas comme un mal. Au contraire, je le vois comme cette capacité d’adaptation, je l’ai développée sur le terrain au fait de changer, de m’adapter à différents environnements technologiques. Et aujourd’hui, j’en viens à… Je suis advisor IA, advisor IT. Donc, je conseille des startups, des entreprises de toute taille. pour des scale-up de 10 millions à 100 millions, voire plus. Et ce recul, ce regard, je n’aurais pas pu l’avoir sans avoir vécu toutes ces expériences.
Olivier My 52:12
– C’est vrai que c’est la diversité des contextes qui te permet d’avoir une vision plus large que simplement d’avoir été trois ans habituellement dans les contrats. Mais imagine des personnes qui sont 5, 8, 10 ans dans le même contexte à faire la même chose. Ce n’est pas pareil. Je pense qu’effectivement, c’est la grande force des profils. Il faut y être suffisamment longtemps pour… pouvoir appréhender et ancrer une certaine expérience, mais le fait de naviguer à gauche à droite, c’est bien, ça permet de voir à quel point il y a des similitudes, à quel point il y a des différences. Comme ça, maintenant, si tu conseilles d’autres entreprises, c’est beaucoup plus facile de donner des exemples, parce que sinon, c’est toujours plus difficile chez nous. C’est bien.
Jennifer Delalande 52:48
– Et ma force, c’est aussi que je suis toujours restée codeuse. En fait, t’as beaucoup de tes causes, ils abandonnent peu à peu le code parce qu’ils se disent, il y a tellement à faire dans le pilotage, mais en fait, Je ne sais pas, j’ai une bonne étoile. Je remercie le fait que je suis restée dedans. Et j’ai bien fait parce qu’en fait, le code, il change trop, trop vite. Et en fait, aujourd’hui, je rencontre des CTO qui sont dépassés. En fait, ils font semblant de comprendre. Et ça, c’est le revers. Enfin, tu as beaucoup de CTO, ils se reposent sur leur meilleure techos parce qu’ils ne sont pas bons, en fait. En final, si tu vas leur demander de coder, ça ne va pas le faire. Et maintenant qu’on a l’AI, on devient des machines de guerre. Et en fait… Moi, ce que j’adore dans l’univers de la tech, si on est freelance et qu’on est placé en consulting, c’est qu’on peut explorer vraiment des domaines incroyables. Genre, le luxe, c’était Chanel. Et par contre, j’ai exploré la Medtech j’ai exploré la MedTech et aussi tout ce qui est transport tech. D’ailleurs, je suis tombée dans la soupe de l’IA comme ça. En fait, je suis tombée chez Vinci. Et Vinci, j’ai contribué à leur système de détection de véhicules dangereux, etc. Et c’est là où j’ai dit, c’est incroyable l’IA, ça te permet de côté plus vite avec Python et tout. Et en fait, ça te permet aussi de sauver des vies. Donc, je me suis dit, je ne suis pas médecin, je ne suis pas chirurgien. Je ne peux pas sauver des vies à ma petite échelle, mais je peux le faire autrement. Et c’est ça qui m’a plu. Et c’est là où j’ai dit, il y a quelque chose, il faut vraiment que je me concentre sur l’IA en plus de mon code. Parce que je me disais que le code… Plus j’avançais, toi qui as fait Equino tu connais bien ce monde-là. Moi, j’ai fait Backbone Elle aussi, Aydin, c’est le concurrent d’Equino. Et en fait, je me suis rendu compte que le monde du web et de l’applicatif, c’est toujours pareil. Tu as les mêmes formulaires. Tu as les mêmes besoins, moteur de recherche, filter et tout. Et je trouvais ça un peu insensé, en fait. Je disais, innovant, innovant. À chaque fois, il me vendait du rêve. Il me disait, ouais, on fait des trucs différents. T’as vu chez nous, c’est une technologie incroyable. Et moi, je tombais toujours dans la soupe. Je disais, waouh !
Olivier My 55:01
– Tu es facile à fasciner, c’est ça ? C’est ça.
Jennifer Delalande 55:03
– C’est ça. J’étais en train de mater une nouvelle série. C’était le nouveau blockbuster du code. Et en fait, je me laissais un peu berner, mais parce que je suis passionnée. Donc, c’était un peu comme si j’étais Dora l’exploratrice. On me donnait un nouvel outil et j’y allais. Et un nouveau marteau. Et en fait, je me suis dit, l’IA, ça va être ma porte de sortie pour toujours connaître, mais enfin vraiment innover. C’est là où j’y viens. Et en fait, mon expérience la plus enrichissante dans la MedTech, je l’ai vécue récemment à la sortie de Chatgpt. En fait, je ne savais même pas que j’étais en train d’utiliser Chatgpt quand je le faisais. Parce qu’en fait, Chatgpt était là, OpenAI était là, sous le capot de plein d’entreprises, avant même qu’ils viennent sur le terrain en 2022, en fait.
Olivier My 55:51
– Oui, d’accord.
Jennifer Delalande 55:52
– J’étais dans la MedTech et j’ai travaillé chez Fitmate Coach. Je dis coucou à Arnaud, d’ailleurs, je lui enverrai le podcast. Et en fait, on a développé une solution qui connecte les médecins, les coachs sportifs, les spécialistes, les thérapeutes. Ce qui permettait de faire ce qu’on appelle le dossier de santé numérique. Et en fait, en Europe, c’est très, très controversé. D’ailleurs, il n’y a que Doctolib qui a réussi cette incroyable chose en Europe. Et encore, c’est très limité. Mais en fait, ça fait quoi ? Ça fait qu’on peut anticiper des cancers, anticiper des diabètes, provoquer le fait qu’on ait des bonnes habitudes chez nos patients et ce qui permet de réduire le coût des assurances. Parce qu’en fait, si les assurances qui sont… en partenariat avec Fitmate Coach, puissent garantir une santé incroyable à leur assurer, ça réduit les coûts. Et ça permet aussi de prévenir plutôt que de guérir. En fait, on parle souvent de médecine anticipative ou de préventive, ou de médecine, on attend que le bobo arrive, que le mec soit malade pour le soigner. Eh bien, on est vraiment sur deux paradigmes complètement différents, c’est-à-dire que l’anglophonie, ils sont plus dans la prévention parce qu’en fait, la médecine coûte. coûte extrêmement cher là-bas, on n’a pas le même système de santé. Donc en fait, ils sont plus dans la prévention pour éviter des surcoûts. Alors que nous, on attend d’être down, d’être limite au bord de la mort pour se soigner et ce qui fait, ah youpi, on a un système de santé gratuit, mais en fait, on est dead quoi. Donc en fait…
Olivier My 57:23
– On est dead.
Jennifer Delalande 57:25
– C’est vrai. Et donc, c’est complètement con. Et c’est pour ça que tu as de plus en plus de startups qui s’implantent dans la Medtech en Europe. pour changer la donne. Notamment, on a notre chef de la chirurgie de l’hôpital de Paris, de la Sainte-Pétrière, qui a monté une start-up à la Silicon Valley, qui fait de la médecine préventive. Elle crée le premier système de médecine préventive. Donc, en fait, elle est en train d’implanter un système où les gens vont arrêter d’aller se soigner en allant payer 22 balles chez le médecin à la sécu avec un mec qui t’écoute à moitié. Non, tu vas plutôt payer un abonnement à 200 balles. Et en fait… Le médecin va vraiment s’intéresser à ton dossier, à tes habitudes, à comment tu manges, comment tu dors, est-ce que tu bois suffisamment ? D’ailleurs, on n’a même pas bu le podcast.
Olivier My 58:14
– Quand tu l’as dit, j’ai fait « Ah merde, c’est vrai ! .
Jennifer Delalande 58:18
– Et my bad, parce que mon mari me dit « Tu bois jamais assez ! » Du coup, en fait, quand tu fais de la médecine préventive comme ça, tu changes les choses parce qu’en fait, tu es vraiment acteur de ta santé. Et du coup, j’ai trouvé ça incroyable. Quand je travaillais chez Fitmate j’ai fait « Waouh, ils sont dans le futur ! » Et en fait, aux États-Unis, au Canada, en Inde, en Grande-Bretagne, en Australie, ils sont à fond dans la médecine préventive. Parce que comme chez le dentiste, ça coûte extrêmement cher chez eux. Tu as vu, ils ont tous des facettes super blanches, parce que c’est des fausses dents, parce qu’en fait, ils n’ont pas l’appareil dentaire comme chez nous, des tout jeunes et tout. Et en fait, ça fait qu’ils sont acteurs de leur santé. Et moi, je trouve que l’IA nous donne ce pouvoir, parce qu’en fait, tu n’as pas toujours un médecin disponible. à disposition tous les quatre matins. Donc en fait, on avait interconnecté Chatgpt à l’intérieur, ce qui fait que le médecin pouvait donner ses instructions et c’est Chatgpt qui mettait en orchestre, qui mettait en musique, toutes ses instructions pour l’expliquer. Donc je me suis dit, dame, incroyable !
Olivier My 59:20
– Il y a quelque chose à faire quoi. Mais justement, du coup, on aborde la thématique de l’IA. Là, c’est un exemple de ce que l’IA a généré chez toi pour le futur. Du coup, aujourd’hui, t’en fais quoi ? Quels sont… Peut-être les mises en œuvre que tu utilises chez toi et peut-être quelles sont les perspectives que tu vois pour le monde et que tu as une vision assez globale ?
Jennifer Delalande 59:44
– Je vais te faire une rapide chronologie là-dessus. Au début, l’IA, ce n’était pas accessible à tous. C’était vraiment que les techos qui pouvaient le faire. On avait Amazon, Google qui étaient les gros déployeurs d’IA. Azure, ils peinaient à le faire. Et du coup, en fait, je me bouffais énormément de docs. Au début, je m’endormais sur les bouquins parce que franchement, c’était imbitable.
Olivier My 1:00:08
– Vous n’avez pas ta petite série en plus ? Ouais.
Jennifer Delalande 1:00:10
– Mais en fait, là, j’avais besoin de concentration parce que comprendre la reconnaissance d’images, comprendre la reconnaissance de textes, tout ça, c’était… Voilà. Et en fait, quand chaque GPT a démocratisé l’IA, j’ai fait moins de stress, moins de doc, moins de complications. Et c’est là où j’y suis revenue.
Olivier My 1:00:29
– Ouais, d’accord.
Jennifer Delalande 1:00:30
– J’y suis revenue parce que je continuais mon bout de chemin de développeur front. Je faisais de l’IA à côté sur des petits projets. Notamment, une de mes plus grosses expériences, c’était aussi chez Mythic. On faisait des algorithmes de matchmaking pour permettre aux gens de rencontrer l’amour. On recevait des cartes postales de gens qui s’étaient mariés grâce à Mythic. Donc, c’était sympa. Et en fait, quand ShedGPT est apparu, je me suis dit qu’il fallait que je le ponce. Il faut que je le ponce. donc tous les jours je me suis mis à Chatgpt GPT-Easy, je promptais, comme on dit, c’est du prompt engineering. C’est la capacité de donner des instructions correctement, de donner des fenêtres de contexte. Notamment, je me suis mise à créer des tutos. Parce que je voyais que parce que j’avais mon background de codeur, que j’avais mon background de community manager, de formatrice, je savais plus facilement prompter que mon voisin. Et comme je suis devenue coach en entreprise, que j’accompagne les entrepreneurs à lancer leur business, depuis… 2016 maintenant, en fait, ça m’a donné plus d’impulsion et plus de matière d’outils pour mes élèves, pour mes coachés. Et en plus, bon, il ne faut pas que Calliope m’entende, mais quand tu dois mettre en place toute la structure NDA, etc. pour ton truc de formateur, franchement, c’est génial parce que le prompting générique, il te met tout en format correct, etc. Voilà.
Olivier My 1:01:51
– Ça reste de la procédure, donc en fait, ce n’est pas si déconnant que ça.
Jennifer Delalande 1:01:54
– Ouais. Je ne sais pas s’ils sont friands de ce genre de choses, mais…
Olivier My 1:01:58
– Peut-être pas encore, mais au bout d’un moment, ça viendra.
Jennifer Delalande 1:02:00
– Oui, ça viendra. Et en fait, justement, cette appartenance à m’adapter à différents domaines, ça m’a donné envie d’apporter l’impact de l’IA dans tous les domaines. Et du coup, moi, en vérité, ça fait depuis 2018 que je commence à imaginer des startups dans l’IA. Donc, en fait, je teste plein de choses. L’année dernière, j’ai réussi à lancer un truc, c’est… une IA qui commande en automatique sur les réseaux sociaux. Et je me suis fait une petite récurrence là-dessus. Bon, j’ai dû me séparer des associés avec qui j’avais fait ça. Mais en tout cas, ça m’a donné le pied à l’étrier au monde des startups. Et parce qu’en fait, j’incubais des startups depuis longtemps. Parce que quand ils ont vu que j’ai autant codé dans autant de boîtes, t’as des startups studios qui sont venus me chercher. Et ils m’ont dit, Jen, tu vas animer des bootcamps de startups studios. Tu vas être advisor. Tu vas leur expliquer la vie sur comment développer. Je fais, hé, oh, coucou. Ce n’est pas parce que j’ai participé à un truc que la science s’infuse. En fait, même moi, j’apprends, je teste. Mais en fait, ils me disaient, mais oui, mais toi, tu as les codes. Donc, c’est juste, voilà, comme je ne sais qu’adresser ça. En fait, j’avoue, je me fais exploiter, mais de manière consentie. En fait, c’est comme ça. J’aime ça. et en fait du coup j’ai commencé à aller dans différentes capsules, différents startups studios à Paris ou à distance avec Toulouse ou avec Lyon, etc. Et en fait, où l’île, ils ont de nombreux startups studios et je donnais un peu la tendance du marché. J’expliquais comment ça fonctionnait, comment le responsable design. J’ai donné des conférences chez DevOps, chez Google, etc. où j’expliquais la tendance du marché. En plus, c’était génial parce que quand tu es accueilli dans des locaux comme ça, En fait, tu peux t’amuser et reprendre un peu les vibes d’autres speakers. Genre, il y avait un speaker, il utilisait une balle de ping-pong qu’il envoyait dans le public et tout, et je l’avais copiée. Je lui avais dit, vas-y, je vais faire pareil.
Olivier My 1:04:01
– Tu fais des balles de ping-pong.
Jennifer Delalande 1:04:04
– Comme ça, tu leur dis, vas-y, donne-moi une réponse et tout. Et plus tu fais participer les gens, plus ils sont actifs, etc. Quand j’ai commencé à animer des startups studios, c’est là où j’ai trouvé ça génial parce qu’en fait, je me suis dit, ah mais c’est génial. je peux advisorider, je peux éviter de moi-même coder et prendre des parts au fur et à mesure. Tu vois, genre me dire, donc là, petit à petit, je prends des parts dans des boîtes où j’aime bien coder les fondations parce qu’en fait, ma capacité d’adaptation permet d’être sûre qu’on va dans la bonne direction. Voilà. Mais après, je laisse les gens faire parce que j’ai besoin qu’ils montent en compétence parce que tout ne peut pas reposer sur mes épaules. À un moment, là, j’apprends à déléguer, à me dire, suffit de gêne. En fait, des fois, il faudrait 10 000 gênes, tu vois, mais c’est comme ça. Et en fait, Chatgpt m’a ouvert les portes de la gentillisation aussi parce qu’ils ont créé les GPT. Et là, franchement, je suis partie en cacahuète. Je suis partie en cacahuète. Dans ma boîte, j’ai fait plus de 150 GPT. Maintenant, je fais un GPT minimum par client. Donc, je pense que je suis une de celles sur la plateforme OpenAI qui a le plus de GPT, à mon avis. Tiktok Linkedin et Ethan Safar, c’est un petit jeune français qui a un petit génie, qui a percé le code du GPT. D’ailleurs, il a créé un GPT qui fait un raccourci sur DALI. Parce qu’en fait, c’est galère de faire des belles images sur DALI parce que ce n’est pas mis de journée. Et c’est comme ça qu’il a eu 600 000 utilisateurs. Et il s’est classé quatrième mondial. Le mec, il a 21 ans, tu vois ? Ou 23 ? Je ne sais plus. Et en fait, c’est lui. Il m’a montré la puissance dans le podcast qu’il a fait avec Nicolas Guillon du comptoir IA. Et je me suis dit, on peut faire ça ? Alors là, je suis partie en roue libre. J’ai dit, je peux créer des agents autonomes et tout. Et en fait, là, je suis en train d’expérimenter. Et je suis en train d’avoir des employés d’IA. Et ça me bluffe. Parce qu’en fait, ces employés me font des benchmarks, me font des listes clients. après j’essaie toujours d’être RGPD Compliance, parce qu’aujourd’hui, je me suis associée dans une boîte qui gère des fonds d’investissement, qui gère différentes entreprises, etc. Je ne peux pas faire ce que je veux. Je ne suis plus la petite enfant qui pouvait tester tout et n’importe quoi sans avoir de conséquences. Aujourd’hui, je suis régulée par différentes certifications AMF, tout ça. Je fais attention à ce que je fais. Et c’est ça que tu apprends quand tu deviens un senior mature sur ton marché, c’est que tu apprends à vivre avec des codes. Et en gros, en plus de tout ce que je fais, je suis en train de monter une startup. Mon ambition, c’est de créer le Jarvis de demain, de créer ton assistant IA qui est capable de t’épauler autant sur ta vie personnelle et vie professionnelle. Je m’entoure de chercheurs dans les mécanismes cognitifs, mais aussi de chercheurs dans tout ce qui est amélioration des aspérités du quotidien pour comprendre les besoins que l’humain devrait avoir. Et en fait, quand tu commences à toucher au mental, Tout ça, il y a l’IAT qui s’impose. Donc, tu ne peux pas faire ce que tu veux. Tu ne dois pas manipuler les gens. Tu dois faire ça en âme et conscience, faire en sorte que les gens puissent avoir le choix et faire les choses parce qu’ils le veulent eux et non pas toi parce que tu leur as dit de le faire. Et donc, c’est passionnant. C’est un projet qui me tient à cœur depuis un petit moment. J’ai tenté une association sur ce sujet, ça n’a pas marché. Là, je suis en train de me séparer de cette personne, mais je suis en train de remonter une équipe sur ce sujet. Mais c’est ça, la vie, c’est s’adapter, c’est se surprendre. repasser. Tu perds un peu de temps et d’argent sur des choses qui ne te conviennent pas. Mais en fait, plus tu es aligné, plus tu es pareil en entreprise et dans ta vraie vie, plus en fait ça marche.
Olivier My 1:07:41
– Super, merci. C’est fascinant de voir comment est-ce que tu es passé justement de la petite fille un peu fofolle et passionnée à là une personne beaucoup plus mature qui navigue finalement avec une certaine liberté, mais dans des contraintes. On avait parlé la première fois que tu es arrivé Dans un projet avec des contraintes, c’était quand même plus compliqué. Là, maintenant, c’est que des contraintes quasiment que tu gères avec RGPD, avec plein de certifications autour. Donc, c’est super.
Jennifer Delalande 1:08:07
– Hier, je parlais à mes associés et en fait, j’aurais dit, j’enregistre mes cours. On fait, on n’a pas déclaré l’enregistrement des cours. Et je fais, oups. Et en fait, il m’a dit, bon, il va falloir déclarer. Donc, en fait, tu vois, c’est ça, c’est des ajustements tout le temps. En fait, là, bah… Je suis associée dans une boîte qui s’appelle Ebuent, qui acculture aux nouvelles technologies, mais pas que. En fait, on forme dans tous les domaines confondus. On peut autant travailler dans un aéroport que travailler dans une banque ou demain dans la restauration ou l’hôtellerie. Et en fait, quand tu fais de l’automatisation de process, déjà, dans toutes ces boîtes et l’industriel, etc., tu as des codes à respecter et tu as des aspects de confidentialité aussi. Tu peux faire ce que tu veux.
Olivier My 1:08:54
– Oui.
Jennifer Delalande 1:08:54
– Tu ne peux pas conserver la donnée comme ça parce que ça te pète au casque. Même si c’est pour le bien de l’entreprise. C’est les codes qui sont faits ainsi. Tu m’aurais dit ça il y a dix ans, j’aurais dit, oh, aux zèf les règles, voilà. Mais aujourd’hui, j’apprends à faire avec et j’ai beaucoup de respect pour les boîtes qui se sont construites parce que je suis de plus en plus intéressée par l’histoire. Parce qu’en fait, je me rends compte qu’il y a beaucoup de boîtes qui sont devenues des monstres, qui sont des entreprises familiales. Et moi de même, là, tout ce que je suis en train de construire, c’est à échelle familiale. C’est-à-dire que je suis en train de choisir ma famille de cœur et de construire ces boîtes avec eux. J’espère qu’un jour, on sera… vraiment bien. Alors, on l’est déjà. À notre échelle, on est déjà très bien. Mais j’espère qu’un jour, certaines de mes ambitions auront pu se réaliser. Et en fait, mes ambitions, c’est de contribuer à des projets d’envergure et de faire en sorte d’avoir un réel impact dans le quotidien des gens. Je n’ai pas forcément besoin que les gens disent « c’est bien » . Non. J’ai besoin de me dire « voilà, si ce projet est né, Et c’est que j’ai mis les bonnes pièces, les bonnes personnes au bon moment, en bon endroit pour que ce projet se réalise. Et franchement, je me retournerais sur ma vie et je me dirais incroyable, j’ai contribué à un petit truc qui a eu un impact. Regardez, Sal Matman, là, il peut dire qu’il a l’impact sur plus de 800 millions de personnes.
Olivier My 1:10:22
– Ça, c’est sûr.
Jennifer Delalande 1:10:23
– Donc, sa boîte, les ingénieurs qui sont dedans, ils doivent être fiers. D’ailleurs, je me suis tâtée à un moment, j’ai failli. postuler à être ingénieur chez OpenAI parce que quand tu vois qu’ils ont des salaires à 500 millions des fois.
Olivier My 1:10:37
– Je me suis dit…
Jennifer Delalande 1:10:39
– Parce qu’ils sont arrivés au début. Je me suis tâtée, mais en même temps, c’est aller vivre à San Francisco, etc. Mon mari et moi, on est plus dans une vibe où on veut aller vivre au Texas, être avec des Saint-Diagues, un chapeau de cow-boy et monter à cheval. Rien à voir. Et du coup, T’as qu’une vie, donc autant aller suivre ton chemin de vie.
Olivier My 1:11:02
– En tout cas, c’est super. Merci pour tout ce partage. Je te propose qu’on arrête l’épisode à cet endroit-là, ou en tout cas la phase principale. Comme tu le sais, ce que je t’avais dit en début d’épisode, j’ai un petit set de cartes que j’ai préparé pour toi, qui va nous permettre de vraiment clôturer cet épisode-là. Du coup, elles sont sur la table. Donc j’ai deux paquets de cartes. Grosso modo, le premier paquet de cartes, c’est des questions. Donc il n’y a que des questions. Rien de particulièrement bizarre, en tout cas. Ce que je vais te proposer de faire, c’est de mélanger ce paquet de cartes, d’en sélectionner une, puis ensuite de nous la lire et puis d’y répondre. Donc, c’est des questions qui sont orientées sur le passé. OK ? Donc, tu verras que c’est plutôt écrit revenir sur l’année écoulée, mais si tu veux aller plus loin, tu peux aussi.
Jennifer Delalande 1:11:47
– OK. J’ai l’impression de jouer au Siku.
Olivier My 1:11:50
– Oui.
Jennifer Delalande 1:11:52
– Pour ceux qui ne connaissent pas, Siku, c’est un poker cambodgien. Parce qu’on est tous les deux… Moi, je suis chinoise cambodgienne et cambodgienne.
Olivier My 1:11:59
– Tout à fait.
Jennifer Delalande 1:12:00
– Alors, je prends une carte au hasard, c’est ça ?
Olivier My 1:12:01
– Tout à fait.
Jennifer Delalande 1:12:02
– Ok. Bon, celle-là, elle m’inspire.
Olivier My 1:12:04
– Elle t’inspire, celle-là ?
Jennifer Delalande 1:12:05
– Ah !
Olivier My 1:12:06
– Est-ce que tu peux nous la lire ?
Jennifer Delalande 1:12:07
– Quelle a été ta meilleure décision ? Avoir choisi Gaël Delalande pour être mon mari.
Olivier My 1:12:15
– On le salue, en tout cas.
Jennifer Delalande 1:12:17
– Oui. Pourquoi ? Parce qu’en fait… Alors, c’est marrant parce que les gens vont me prendre pour une bête curieuse, mais… Déjà, je l’ai.
Olivier My 1:12:26
– Une bête.
Jennifer Delalande 1:12:30
– En fait, toi comme moi, on est asiatiques. Et en fait, on connaît les familles asiatiques. Ils ont une vision, une science infuse de comment la vie devrait être. Et en fait, toute ma vie, on m’a rabâché, soit comme ci, soit comme ça, etc. Et en fait, moi, la clé du succès pour moi, c’est la liberté. Et je suis arrivée dans une famille, ma belle famille, du coup. qui m’a donné le choix d’être enfin moi-même. Et mon mari m’apprend tous les jours à être moi-même et il m’apprend à être… Parce qu’en fait, chez les Asiatiques, on est un peu lâches. En fait, on ne veut pas dire les choses. Et il m’apprend à être vaillante, à dire les choses. Ce n’est pas facile. Je me bats toujours contre mon côté asiatique qui ne veut rien dire. C’est un peu « sois belle et tais-toi » , surtout pour les filles. Et sur les mecs, on ne parle pas. On ne parle pas on observe, on est des observateurs.
Olivier My 1:13:26
– C’est vrai que c’est autre chose.
Jennifer Delalande 1:13:28
– Autre chose. Et en fait, je suis arrivée avec un mari qui me dit les choses et qui me parle beaucoup. Moi, je ne parle pas beaucoup.
Olivier My 1:13:36
– Sauf quand tu es en études.
Jennifer Delalande 1:13:39
– Je parle beaucoup de façon générale dans la vie, mais je ne parle pas beaucoup de qui je suis. Je ne me remets pas beaucoup en question au quotidien parce que je suis plus dans l’action, etc. Et en fait, souvent, il fait des arrêts sur image plusieurs fois dans la semaine. Et il se bat contre moi, etc. Et en fait, je ne l’écoute jamais, le pauvre. En plus, il est dans les backstage, donc il vit cet épisode avec nous. Et en fait, il me dit « Pourquoi tu te maries avec moi ? Tu ne m’écoutes jamais. » Mais en fait, je l’écoute parce que j’entends… Vous voyez, le petit ange et les petits démons sur les épaules. Et souvent, le petit ange, c’est Gaël et le petit démon, c’est moi qui dis.
Olivier My 1:14:16
– « Vas-y ! .
Jennifer Delalande 1:14:21
– Et souvent, j’écoute mon démon. et aujourd’hui à 32 ans j’ai envie d’écouter mon petit ange mais j’ai du mal mais ça reste la meilleure décision parce que en fait il a toujours raison quand je me suis fait arnaquer c’était lui qui avait raison En fait, la fameuse phrase, je te l’avais dit.
Olivier My 1:14:40
– Tu l’entends, là, sur le compé ?
Jennifer Delalande 1:14:41
– C’est ça, c’est ça. Je devrais faire un réel avec lui.
Olivier My 1:14:47
– Là, je pense que tu as des bonnes idées qui arrivent.
Jennifer Delalande 1:14:49
– Ouais, grave. Je veux le faire avec la petite auréole, etc. En plus, il est assez beau gosse, donc il pourrait être Adam et Eve.
Olivier My 1:14:57
– Un projet.
Jennifer Delalande 1:14:58
– Voilà, exact. Ouais, franchement, c’est lui. Il m’aide à y voir plus clair. Moi, je vois le verre à moitié plein. Lui, il le voit à moitié vide et on se complète énormément sur ce genre de choses. Et ce qui fait que moi, je suis vraiment dans la vraie vie. Je suis la meuf insouciante qui dit, vas-y, on va le faire. Et je crois que tout le monde est beau, tout le monde est gentil. Mais en fait, en vérité, le monde est semé de gens méchants, fondamentalement mauvais. En fait, en plus, mon mari, il est dans les forces de l’ordre. Donc, il est vraiment dans une autre atmosphère que la mienne. Nous, on est dans un monde de bisounours, de la tech. on croit que tout est… parfait.
Olivier My 1:15:35
– Tout est très intangible et virtuel en plus.
Jennifer Delalande 1:15:37
– Ouais, en fait, on dit toujours, ouais, on va se faire ça, on va gagner ci, etc. Et souvent, il me dit, ouais, mais concrètement, sur ton compte, il y a quoi ? Et souvent, on parle de valorisation, de montant. Et en fait, lui, il me ramène toujours à la réalité parce que je suis toujours dans le virtuel. Et notamment, quand on a eu des problèmes, souvent, on prend une feuille blanche et en fait, on se pose et on fait l’état des lieux de la situation. Et des fois, en fait, parce qu’on est dans le virtuel, je suis un peu blind spot. Je me mens, en fait. Je ne veux pas voir les choses et je dis que tout est parfait. Et c’est vrai que grâce à lui, j’y vois plus clair parce que souvent, j’ai un peu ma petite routine parce que j’ai une Tesla. Je suis un peu, voilà, il me conduit et quand il me parle, en fait, j’ai ma vie qui défile. Et je ne prends pas le temps quand je bosse parce qu’en fait, tu ne prends pas le temps. Et souvent, je regarde dans la fenêtre et il me parle. Et en fait, il y a plein de trucs, il y a plein de ponts dans ma tête et je fais, ah ouais, je n’ai pas pensé à ça. Ah ouais, je n’ai pas pensé à ça. Parce que je suis dans ma bulle fermée de mon projet, de mes projets. Et je n’ai pas de temps à perdre sur des trucs de ma vie quotidienne. Alors, je devrais prendre le temps. Parce qu’en fait, au final, qu’est-ce qui est essentiel ? C’est la vie perso ou c’est la vie pro ? Et là, vraiment, j’ai vécu un effondrement l’année dernière parce que j’ai un grand compte qui ne m’a pas payé. Et du coup, ça m’a mis à mal. Et comme je suis dépensière, quand tu n’as pas assez de côté, tu épuises ton économie et il t’arrive plein de choses. Et en fait, ce qui m’est arrivé, c’est que, encore, je te l’avais dit. Et là, maintenant, je deviens un peu matérialiste, je deviens plus minimaliste, mais parce que la vie ne me laisse pas le choix. Et en fait, la vie ne me laisse pas le choix, et en même temps, elle m’apprend à être encore plus humble, parce que je ne sais pas tout, et je commets beaucoup d’erreurs, erreur sur erreur. Mais en fait, ces erreurs sont nécessaires. Quand tu sais que Xavier Niel, il a planté plus de 15 boîtes avant d’avoir fri, Et c’est assez drôle quand il raconte son histoire. Et quand il monte sur scène, il te dit « Vivez vos échecs ! » Et en fait, je me dis « Mais bon, j’en ai fait suffisamment. » Et souvent, mon mari me dit « T’en as pas marre d’être une loseuse ? .
Olivier My 1:17:48
– C’est sa manière de te soutenir, c’est ça ?
Jennifer Delalande 1:17:51
– C’est ça. Et en fait, j’essaye de… Là, aujourd’hui, franchement, je me sens vraiment alignée à là où je vais ou dans mes ambitions. Et en plus, je suis en train d’intervenir dans des sujets de smart city, de choses innovantes. C’est pour ça qu’il y a beaucoup de choses intangibles. C’est que moi, j’ai l’impression de vivre un succès, mais il ne se voit pas forcément sur le compte en banque ou quoi au caisse. Mais aujourd’hui, je suis en train de transformer toute cette synergie pour que mon compte en banque se remplisse. Et en même temps, la valorisation de tout ce que je produis aussi se remplisse et montre la voie à tous les entrepreneurs que j’accompagne, toutes les startups que j’accompagne. Parce qu’en fait, on vit dans un monde idéaliste au plus haut souhait. Et en fait, les gens, ils croient que le succès, ça s’apparente à des belles paroles, à plein de choses. Et en fait, il m’amène à la rite. Est-ce que je prends une autre question ?
Olivier My 1:18:43
– Je regardais juste le timing. Ce que je te propose, c’est qu’on va en reprendre une.
Jennifer Delalande 1:18:48
– OK.
Olivier My 1:18:48
– Sauf que ce que tu vas faire, c’est que tu vas en prendre deux.
Jennifer Delalande 1:18:51
– OK.
Olivier My 1:18:52
– Tu vas lire les deux et tu auras le choix de choisir celle à laquelle tu veux répondre.
Jennifer Delalande 1:18:55
– OK.
Olivier My 1:18:56
– OK ?
Jennifer Delalande 1:18:57
– Alors, celle-là. Allez, celle-là.
Olivier My 1:19:00
– Je ne sais pas.
Jennifer Delalande 1:19:01
– Non, je ne sais pas. On dirait que je suis médium. Oui.
Olivier My 1:19:05
– C’est ça exactement. Tu peux nous lire les deux ?
Jennifer Delalande 1:19:08
– Oui. Qui t’a le plus inspiré ? Et quelles sont les trois choses qui t’ont donné le plus d’énergie ? Je vais plutôt aller sur la question de qui t’a le plus inspiré.
Olivier My 1:19:18
– OK. Donc, c’est dans le passé. Ça peut être soit l’année dernière ou d’une manière générale dans le passé.
Jennifer Delalande 1:19:24
– Alors, je ne fais jamais les choses comme les autres. En fait, je ne vais pas parler d’une personne, mais plutôt de plusieurs personnes qui m’ont inspirée. Déjà, ces dernières années sur l’IA, en fait, tu as de nombreux influenceurs IA qui m’ont inspirée. Là, notamment, Nicolas Guillon du comptoir de l’IA. Le fait qu’il a… C’était un marketeux, ce n’était pas un techos, et maintenant, c’est devenu une référence dans le LLM. Je trouvais ça incroyable, son parcours, parce qu’il est allé de l’avant et il est allé voir tous ceux qui ont monté des startups dans l’IA. Et en fait, il les accueille comme maintenant, dans des podcasts. Et je trouve ça incroyable. Il y a Gilles Guéras, le club d’Air Bernard, qui font des films IA, qui rendent ça ludique pour les enfants, etc. Et moi, j’ai vraiment l’envie et l’ambition de participer aux AI Movie Awards, de participer… Enfin, j’étais ridicule, mais je voulais être actrice quand j’étais petite. Comme toutes les petites filles, en fait. Et là, on m’a proposé de participer au Festival de Cannes en faisant un film IA. Et voilà, je peux concrétiser mon rêve sans pour autant être sur le devant de la scène. Je vais pouvoir animer des vrais personnages, être productrice IA avec ce genre de personnes. Donc, en fait, je fais participer notamment à Genario et les Genario Studios que je viens de rencontrer, en fait, qui font des scénarios par IA. Donc, ils m’inspirent beaucoup parce qu’en fait, ils avaient vraiment beaucoup d’avance sur leur temps, sur ce domaine-là. Ils ont vraiment pris la vague de Chatgpt de Midjourney, de Runway, de King et tout. Et je me suis fait un meilleur ami photographe IA qui s’appelle Thierry Van Vision. Il m’inspire énormément parce qu’en fait, c’est pareil. quelqu’un qui est super riche, mais par contre, il est super riche en expérience. Il a été le photographe et il a développé des images IA pour les Jeux Olympiques, notamment. Et en fait, il participe à des campagnes de publicité où il implante de l’IA. Et donc, il est vraiment avant-gardiste sur son temps. Et c’est ça que j’ai envie de transpirer. C’est que j’ai envie de transpirer que je suis quelqu’un qui s’implique vraiment, qui innove vraiment et qui donne envie aux autres d’innover. Je tag beaucoup mes confrères IA. Je ne les vois pas du tout comme mes concurrents. Je les vois comme des collaborateurs. D’ailleurs, j’ai mon agence IA et je les place au fur et à mesure des opportunités qui s’accueillent à moi parce que je ne peux pas tout faire. J’ai mes associés qui m’inspirent beaucoup, Aurélien et Thierry, parce que, justement, comme je suis un petit peu la petite fille fofolle, ils m’imposent un cadre que je n’ai pas l’habitude de m’imposer. Mon mari m’inspire parce que c’est quelqu’un qui est extrêmement loyal. il m’a appris la loyauté, il m’a appris la transparence, le fait de toujours dire la vérité. Je ne dis pas que je suis une référence là-dessus, justement, j’apprends. Et en fait, il me montre tous les jours une voie où tous ses amis lui font confiance. Et moi, au fur et à mesure du temps, je n’ai pas forcément su garder mes amis, etc. Pas parce que je ne suis pas une fille fréquentable ou quoi, c’est simplement parce que j’ai été happée par mes ambitions. et en fait, Conserver des amis, il nécessite qu’on prenne du temps à aller enrichir cette amitié. J’ai des amis, j’en ai plein, mais en fait, la vie fait qu’on n’a pas le temps forcément de nourrir cette amitié. Et lui, il est vraiment dans un écosystème où il garde ses amis depuis longtemps, même s’il pense qu’on est souvent seul. Moi, j’observe que ses amis gravitent autour de lui parce qu’en fait, ils comptent sur lui. Et ça, je l’admire pour ça. Et moi, je suis sa première fan. Comme lui, il est le mien. D’ailleurs, je ne suis pas une influenceuse, mais je suis visible sur tous les réseaux sociaux. Mon pseudo, c’est Jennifer Digital Vision. C’est mon pseudo de codeuse, mon pseudo d’influenceuse à deux balles sur Internet. En gros, je prêche la bonne parole sur l’IA, sur Facebook, Instagram, LinkedIn, TikTok, Threads et Twitch aussi. Je m’abuse de temps en temps à faire des lives où j’explique comment on fait de l’IA. En fait, quand je fais tout ça, les personnes qui m’inspirent, c’est aussi toutes ces personnes comme Jeff Bezos, Elon Musk. C’est des personnages assez particuliers, ou Trump encore. Mais en fait, ils ont tous eu une implication forte dans l’IA et aussi notre fameux de Nvidia. Enfin, là, j’ai un bug dans son nom. Mais en fait, je m’inspire beaucoup de ce qu’ils font parce que le mec de Huawei aussi. En fait, on ne parle pas de Huawei, mais ils avaient grave de l’avance. sur chaque GPT. Enfin, on parle d’open AI partout, là, les États-Unis, mais quand tu vas en Asie, c’est Huawei qui est la superstar parce que Huawei, ils avaient déjà l’avatarisation. C’est eux qui ont déployé des tableaux dans les écoles en Chine où ils ont des tableaux virtuels où on fait de la 3D du Pythagore en VR. Moi, je rigole beaucoup quand je vois les réseaux sociaux en Occident parce que l’Asie, elle a vraiment un temps d’avance et on est en train d’imposer en Asie 13 heures. d’IA pour nos gamins, alors que nous, on se pose encore la question, qu’est-ce qu’on va apprendre à nos enfants ? Et encore, l’autre jour, j’ai vu mes nièces qui me disaient que les profs leur apprenaient à tricher avec l’IA au lieu de leur apprendre à vraiment utiliser l’IA. Donc, voilà. Toutes ces personnes m’inspirent. Et sinon, pour ma vie personnelle, ce qui m’inspire, c’est mes beaux-parents qui sont toujours amoureux de 40 ans. Et en fait, c’est de voir plein de petites choses du quotidien. Et en fait, j’aimerais un peu dépasser ça. C’est-à-dire que là, j’essaie de me mettre bien financièrement pour que je puisse prendre du recul et bosser moins pour gagner plus. Et c’est pour ça que je suis très active dans l’agentisation. l’automatisation du business. Je m’intéresse beaucoup au metastacking, le fait de produire des revenus sans forcément donner du temps, justement. Et c’est ça qui m’inspire énormément parce qu’en fait, je veux aider un maximum d’entrepreneurs à se sortir du système, à vraiment scale up, sans pour autant s’épuiser, en fait. Voilà.
Olivier My 1:25:23
– Super. Effectivement, tu ne fais pas du tout comme les autres. La question simple, réponse très globale. Mais je pense que c’est aussi ce qui fait qui tu es et merci en tout cas de l’exprimer. On va passer à l’autre paquet. Ne serait-ce que pour en faire une petite dernière ensemble.
Jennifer Delalande 1:25:38
– Ouais, parce qu’après, on va manger parce que j’ai faim.
Olivier My 1:25:40
– Eh bien, il y a un moment donné, il va falloir qu’on mange, effectivement. L’autre paquet, ce que je te propose, c’est que tu vas en sélectionner trois. Par contre, tu vas me les donner et c’est moi qui vais choisir.
Jennifer Delalande 1:25:50
– Ok, ça, c’est trop bien. J’ai l’impression de jouer aux cartes. C’est un peu le cas.
Olivier My 1:25:54
– En vrai.
Jennifer Delalande 1:25:55
– On joue à la bataille corse.
Olivier My 1:25:57
– Ouais. En fait, ces cartes-là, elles sont légèrement différentes parce que celle que tu avais Merci. Juste avant, elles sont plus sur le passé. Celles-là, plus sur le futur.
Jennifer Delalande 1:26:06
– Ok.
Olivier My 1:26:08
– T’es sûre ?
Jennifer Delalande 1:26:08
– Ouais, je sais pas, j’ai pris au hasard.
Olivier My 1:26:14
– Ok, je vais te lire les trois. Et puis ensuite, je vais te proposer une des trois. La première, c’est dans le futur ou l’année à venir. Restons juste sur l’année à venir. Ok. À quoi souhaites-tu consacrer moins de temps ? Ça, c’est la première question.
Jennifer Delalande 1:26:30
– Moins de temps.
Olivier My 1:26:31
– Moins de temps. La deuxième, c’est l’année prochaine. Que vas-tu faire d’inattendu ? Et la dernière, et je pense que c’est sur celle-là que je te propose de partir, c’est de quoi vas-tu te féliciter dans un an ? Et la réponse d’avoir écouté mon mari ne fonctionne pas. Tu peux le faire même tout de suite.
Jennifer Delalande 1:26:50
– Non, ça ne marche pas parce que j’écoute une fois sur deux et encore. C’est encore beaucoup, une fois sur deux. Alors, je croise les doigts, mais j’aimerais me féliciter d’avoir créé assez de récurrence de revenus pour pouvoir enfin me consacrer à ce que je veux vraiment. C’est un, passer beaucoup plus de temps en famille, d’un côté, sur la vie perso, et deux, me consacrer surtout en priorité sur l’innovation. Parce qu’en fait, quand tu es entrepreneur, tu es dans une spirale et tu cherches toujours le client d’après qui va te payer. payer, etc. Alors que moi, c’est pas ça que j’ai envie de rechercher, c’est que j’ai envie de chercher un écosystème où je me sens bien. Et là, je suis bien partie. Franchement, c’est super. Parce qu’en fait, là, j’ai mis pause et j’ai pris du recul. Et je veux plus me sacrifier perpétuellement pour mes clients, mais plutôt créer un système vertueux où j’ai vraiment un système qui m’engendre de la récurrence. Et au-delà de l’argent, c’est vraiment… J’ai envie de… semer des petits impacts dans plusieurs domaines.
Olivier My 1:28:00
– Super, merci beaucoup pour cette belle ouverture, cette honnêteté et cette sincérité dans cet épisode-là. Et avant de se quitter, tu l’as abordé, mais du coup, je te repose la question, si des personnes veulent te contacter, à quel endroit c’est le mieux pour te joindre ?
Jennifer Delalande 1:28:15
– Simplement sur LinkedIn, Jennifer Delalande, Lime. Jennifer Delalande, je ne me souviens plus si j’ai mis mon nom de jeune fille. Et puis sur Instagram, Gen Digital Vision ou TikTok. La plupart des gens, en fait, ils vont voir, ils ont juste à remplir mon petit formulaire. Et ça me permet de pré-filtrer parce que je ne peux pas accueillir tout le monde. Mon temps est précieux. Et en fait, ce que je fais, c’est que je les contacte par WhatsApp. Je fonctionne beaucoup avec WhatsApp dans le monde entier parce que j’interviens autant aux Etats-Unis qu’en France, là de plus en plus, parce que je suis en train de faire grossir mon portefeuille client là-bas. Ils peuvent me contacter comme ça et je ne mords pas.
Olivier My 1:28:57
– Très bien. Super, merci beaucoup pour ton temps et puis à bientôt.
Jennifer Delalande 1:29:04
– Merci à toi. Salut.