[Hors-série #10] « Le changement, libre comme l’eau » avec Olivier My – La voix de l’innovation – Romain Rozewicz

Description

​C’est le dernier épisode de notre série à l’Agile Nantes.

Romain et Johan ont discuté avec Olivier My, Coach de dirigeant et d’équipe en Freelance.

Olivier nous parle de la conférence qu’il a donné, où il y fait une métaphore entre changement et eau. Il nous présente également son podcast « Change and Chill », où il part à la rencontre de personnes passionnées et passionnantes.

La Voix de l’Innovation est un podcast d’EKITE, qui met en avant des personnes passionnées par le développement : vous y découvrez leurs histoires, leurs défis et leurs retours d’expérience !

STAY TUNED : Le prochain épisode de cette série axée agilité arrive dans 2 semaines, à 17H ! Et vous pouvez retrouver tous les épisodes précédents sur Youtube, ou sur vos plateformes d’écoute préférées !

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Séquençage du podcast

[0:00] : Jingle d’ouverture
[0:18] : Présentation d’Olivier My et du podcast Change & Chill
[1:55] : Ouvrir le bal à Bordeaux et Nantes, et les retours du public
[3:40] : « Libre comme l’eau », la métaphore de l’eau inspirée de Bruce Lee
[4:48] : Le changement comme injonction : imposer ou suggérer un cadre ?
[6:18] : Changement brutal, changement doux, et le mythe du plan parfait
[9:24] : Natural Change Leaders, genèse et quatre thèmes du programme
[11:41] : Certifications, légitimité et capacité à expliquer
[15:36] : L’exercice de la vidéo bilan
[20:48] : Clôture et tournée Agile Tour
[22:03] : Jingle de fin

Idées Clés

  1. La liberté sans contrainte n’existe pas. Être « libre comme l’eau », c’est savoir naviguer dans des contraintes qui changent en permanence, dans un monde où la stabilité n’est plus acquise.
  2. Le changement n’est pas une option, c’est un état permanent. La vraie question n’est pas de savoir s’il faut changer, mais quelle clarté on a sur ce changement et sur son intention.
  3. Le changement brutal rassure mais ignore les personnes. Une réorganisation pensée sur une slide est un changement de structure, pas un changement humain : on « bouge les murs autour des gens sans les prévenir ».
  4. Un changement doux respecte le temps d’apprentissage. Il associe les besoins des personnes à ceux de l’entreprise. Le rôle de l’agent du changement est d’aider à développer l’adaptabilité, pas d’imposer un nouveau geste.
  5. Le plan parfait est une illusion. Les roadmaps à trois ans rassurent surtout les actionnaires. Il vaut mieux garder une intention claire et épouser le relief au fur et à mesure.
  6. La légitimité, on se la donne à soi-même. C’est le point de départ de Natural Change Leaders, qui s’appuie sur la connaissance de soi, la professionnalisation de la pratique, l’ajustement de la posture et la prise de parole.
  7. La vraie preuve d’expertise est de savoir expliquer simplement. Accumuler des certifications ou des frameworks compte moins que savoir choisir le bon outil au bon endroit et l’expliquer à son interlocuteur.
  8. Se faire face est l’exercice le plus difficile, et le plus apprenant. La vidéo bilan permet aux participants de constater eux-mêmes leur progression, avec leurs propres mots.
  9. L’accompagnant doit incarner ce qu’il demande. En faisant l’exercice avec les participants et en partageant ses propres vidéos, Olivier réduit l’écart entre ce qu’on dit et ce qu’on fait : « on n’est pas parfaits, avançons ensemble

Mots-clés

  • conduite du changement
  • accompagnement du changement
  • coaching d’équipe
  • coach de dirigeants
  • agent du changement
  • adaptabilité
  • changement organisationnel
  • transformation agile
  • auto-organisation
  • posture du coach
  • légitimité professionnelle
  • prise de parole en public
  • soft skills
  • certifications agiles
  • Scrum Master
  • coach agile
  • leadership
  • changement doux
  • syndrome de l’imposteur
  • incertitude
  • Olivier My
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  • Libre comme l’eau
  • Natural Change Leaders
  • Change & Chill
  • Agile Tour Nantes
  • Bruce Lee be water

Ouverture

0:00   Jingle — Bienvenue dans « Voix de l’innovation », l’émission où nous explorons les idées qui façonnent les passionnés du développement logiciel sur mesure. Aujourd’hui, nous allons rencontrer des personnes extraordinaires dont la passion transforme leur manière de travailler et d’innover.

0:18   Olivier My — Salut, c’est Olivier My sur le podcast !

0:20   Animateur — Parfait, super. C’est ton premier clap ?

0:24   Olivier My — Oui, je n’avais jamais fait ça. C’est très cool, ça change tout : je sens que ça a démarré.

0:37   Animateur — Merci d’avoir accepté l’invitation, un peu au hasard, depuis hier. Pour ceux qui ne te connaissent pas encore, qu’est-ce que tu fais dans la vie ?

0:43   Olivier My — Aujourd’hui, je suis coach de dirigeants et de managers. Je fais du coaching professionnel individuel et du coaching d’équipe, pour aider les organisations et les personnes à mieux vivre leur quotidien et à améliorer leur performance.

1:01   Animateur — Bien vivre, c’est déjà une belle mission. Et tu as aussi un podcast ?

1:08   Olivier My — Exactement. J’ai lancé l’année dernière un podcast qui s’appelle Change & Chill, où l’on découvre des histoires inspirantes de personnes qui ne pensaient pas avoir quelque chose d’inspirant à partager. Je les choisis simplement parce que j’aurais envie de discuter avec elles pendant deux heures, et qu’elles me racontent un pan de leur vie dans lequel elles se sentent pleinement engagées. C’est cette passion dans les yeux des gens que j’ai envie de retranscrire à l’extérieur.

1:37   Animateur — J’en ai regardé quelques-uns, c’est plutôt sympa. Ici, on est trois à faire des podcasts : Johann, toi et moi. Et en vidéo, c’est encore un exercice différent.

Ouvrir le bal, et ce qu’on en retient

1:55   Animateur — Hier, tu étais à Bordeaux, et tu as ouvert le bal. Aujourd’hui aussi ?

2:03   Olivier My — Je ne pensais pas le faire, mais oui, j’ai ouvert aussi : il y a eu un petit contretemps.

2:09   Animateur — Et ça s’est bien passé ?

2:11   Olivier My — C’est dur à dire. Pour moi, ça s’est passé comme je le souhaitais. C’est une expérience différente, un contexte différent, des gens différents, et j’ai pu partager ce qui était important pour moi. Maintenant, ce qui va compter, c’est comment les gens l’ont perçu et reçu, quels messages ils vont garder et ce qu’ils pourront en faire ensuite.

2:30   Animateur — Quand tu fais ces ouvertures, les gens viennent directement te voir après, ou ils sont plus timides et attendent le déjeuner ou l’apéro du soir ?

2:38   Olivier My — Ça dépend. J’ai toujours cette difficulté : si les gens ne viennent pas, est-ce que ça n’a pas résonné, ou est-ce qu’ils n’osent pas venir me voir ? Peut-être que je fais peur. Aujourd’hui, j’ai explicitement invité les gens à venir me voir, parce qu’il est important d’avoir un retour au-delà du compliment. Si ça t’a plu, qu’est-ce qui a résonné ? Et si ça n’a pas résonné, qu’est-ce qui a fait que ça n’a pas résonné ? On en discute, et on ressort tous les deux élargis : c’est ça qui est sympa. Des personnes sont venues après la session, et j’ai échangé avec d’autres ensuite, en one-to-one ou en one-to-many.

« Libre comme l’eau » : le changement sous la métaphore de l’eau

3:40   Animateur — Quels messages as-tu fait passer ?

3:43   Olivier My — La conférence s’intitule « Libre comme l’eau — voyage au cœur du changement ». C’est une manière de voir le changement sous la métaphore de l’eau. Cette métaphore, je ne l’ai pas inventée : elle m’a été inspirée par Bruce Lee.

3:58   Olivier My — Quand on parle d’auto-organisation, par exemple, on parle de liberté, et dans l’imaginaire collectif on entend surtout la liberté sans contrainte. Je pense que ça n’existe pas, et c’est important de le poser. « Libre comme l’eau » me paraît une représentation plus réelle : on navigue dans des contraintes, et la question est de savoir comment s’adapter au quotidien à des contraintes qui changent, dans un monde traversé par tant de crises que la stabilité n’est plus quelque chose sur quoi l’on peut compter.

4:48   Animateur — Johann va rebondir là-dessus : on parlait justement du fait qu’on force un peu trop sur le changement, son aboutissement, les outils, les méthodes… et ce n’est pas toujours le bon timing. Est-ce que c’est obligatoire de changer ? Bruce Lee, c’est une partie de mon enfance, Opération Dragon avec mon père. L’eau est un modèle d’adaptation : elle s’adapte aux cailloux d’une rivière et poursuit son chemin. Et le changement en entreprise est presque devenu une injonction : « vous devez changer ». Mais tout va bien ! Ne devrait-on pas plutôt parler d’évolution, face à un monde de plus en plus instable ? Il y a aussi la douceur face à la brutalité : imposer un cadre, ou amener les gens en suggérant des éléments de cadre, ce n’est pas du tout le même paradigme. Quel est ton avis ?

Changement brutal, changement doux

6:18   Olivier My — Je pense que ça dépend beaucoup du sens qu’on met derrière les mots. Est-ce obligatoire de changer ? Je pense qu’on n’a pas le choix : tous les jours, je suis un peu différent, je suis dans un processus de changement permanent. La vraie question, c’est quelle clarté j’ai sur ce changement, et sur mon adaptation à mes propres objectifs dans le contexte où je suis.

6:50   Olivier My — Là où je te rejoins, c’est qu’on voit surtout des changements brutaux, parce que c’est rassurant. On a une slide qui montre à quoi l’organisation devrait ressembler, et théoriquement ça marche très bien. Sauf qu’on prend rarement en compte la variété des personnes à l’intérieur. On dit ensuite que c’est un changement humain, alors qu’en réalité c’est un changement de structure. C’est comme si l’on bougeait les murs autour des gens sans les prévenir. Et même quand on les prévient, un bureau plus petit ou plus grand change énormément la manière dont on vit les choses.

7:28   Olivier My — Pour moi, un changement doux prend en compte les besoins des gens, associés à ceux de l’entreprise, qu’il ne faut pas oublier. C’est aussi apprécier le processus lui-même : quand j’apprends quelque chose, j’ai besoin d’un temps d’apprentissage. On n’impose pas un nouveau geste en disant « répète-le et ce sera fait ». Mon rôle d’agent du changement, c’est justement d’aider les personnes à faire la transition, à apprendre cette compétence d’adaptabilité dans le temps.

8:09   Olivier My — Le message que j’essaie de faire passer, c’est que le changement est permanent et que le contexte change tout le temps. Comment garder une intention claire pour naviguer dans l’incertain ? Je le partage à travers une expérience personnelle : la création d’un programme d’accompagnement. J’ai essayé de créer quelque chose sans rien savoir, au départ, de ce qui allait se passer, et tout a changé au fur et à mesure. Comment épouser le relief sans ce plan parfait dont les entreprises pensent avoir besoin chaque année pour déclencher un mouvement ?

8:49   Animateur — Le plan parfait, on le voit très bien. Ce n’est même pas une roadmap négociable : on va faire ça, ça et ça, et on aura ça. Dans combien de temps ? Dans trois ans. Mais dans trois ans, le monde aura changé.

9:04   Olivier My — Oui, mais ça rassure les actionnaires.

9:06   Animateur — C’est ça, il faut savoir le dire : c’est aussi pour eux, sinon ils n’investissent pas s’il n’y a pas de stabilité. Pour revenir sur ce que tu disais : tu as créé un programme. Tu peux nous en dire plus ?

Natural Change Leaders

9:24   Olivier My — Ce programme est né de mon expérience. À force d’accompagner des Scrum Masters, des coachs agiles, des agents du changement, j’entendais beaucoup de questionnements autour de la légitimité et de l’impact : « Est-ce que je fais la bonne chose ? J’ai plein de certifications, mais je n’ai quand même pas confiance en moi. » Je me suis demandé si je pouvais faire quelque chose pour ces personnes. Je n’ai pas résolu tous ces problèmes, je ne suis pas le meilleur du monde, mais je peux peut-être aider les gens à faire un pas de plus.

9:56   Olivier My — C’est ainsi que j’ai lancé, en début d’année, Natural Change Leaders, dont le but est de développer plus de sérénité et d’impact au quotidien. Il s’est lancé sur cette seule conviction, et sur quatre grands thèmes :

  • La connaissance de soi : quand on apprend à mieux se connaître, il est plus facile de connaître les autres.
  • La professionnalisation de la pratique, pour gagner en crédibilité : suis-je capable d’expliquer les choses clairement ?
  • L’ajustement de la posture, pour gagner en impact : parce que je me connais mieux, je peux trouver la bonne posture avec la bonne personne, dans la bonne situation.
  • La prise de parole en public, pour asseoir sa légitimité : il faut le dire et le redire, la légitimité, on se la donne à soi-même, et la prise de parole est le meilleur moment pour expliquer ce qui nous tient à cœur.

11:13   Olivier My — Je l’ai construit avec un groupe de personnes assez folles pour me suivre avec juste ça, et c’est ce chemin qui a pris vie. Il y a eu des étapes de changement et d’apprentissage très fortes pour moi, parce qu’on se heurte à des problèmes qu’on n’avait pas prévus. Je trouve cela très cohérent entre ce que l’on raconte à l’extérieur et ce que j’ai vécu et essaie d’incarner jour après jour.

Certifications, légitimité et capacité à expliquer

11:41   Animateur — On a déjà eu des échanges avec Johann, Nicolas et d’autres agilistes du Nord sur les certifications, la légitimité et la professionnalisation du coaching. J’ai un avis assez tranché. Je ne suis pas contre les certifications : elles donnent la théorie. Mais il y a aussi la mise en pratique, l’expérience. Une certification n’est pas une garantie de résultat. On n’est pas des généraux avec des barrettes « niveau 1, niveau 2, niveau 3 » ; au final, montre-moi ce que tu as fait sur le terrain. Il faut en revanche offrir aux personnes, avec ou sans certif, la possibilité d’expérimenter. Ce que j’aime dans ton programme, c’est la concentration sur les soft skills, sur l’humain, sur la prise de parole. Qu’est-ce qui est le plus pérenne : un framework qui sera obsolète dans un an, ou apprendre aux gens à communiquer correctement et à avoir un esprit critique ? Pour moi, la deuxième option est plus pertinente et plus pérenne, et c’est là-dessus que j’ai envie d’investir.

13:17   Olivier My — Je me permets de réagir. Si je peux énoncer clairement les choses, c’est qu’elles ont bien été intégrées. Sur le terrain, je vois beaucoup de personnes certifiées qui, quand on leur demande d’expliquer quelque chose, n’ont jamais fait cet exercice. Pour moi, c’est une preuve d’expertise que de savoir expliquer simplement une notion complexe et d’adapter le niveau de complexité à la personne en face. C’est pour cela que le programme ne se limite pas aux soft skills : on parle de notions précises, mais le travail consiste à les expliquer.

13:56   Olivier My — Ce qui compte, ce n’est pas tant la quantité de connaissances : il y en a partout, il existe plein de frameworks. C’est la capacité à choisir la bonne chose au bon endroit, pour être plus juste et avoir un maximum d’impact. À force de noyer les gens, on ne sait plus ce qui est essentiel, ce qui marche vraiment, et si en plus on n’arrive pas à l’expliquer, c’est encore un problème.

14:23   Olivier My — Deuxième aspect : je te rejoins, les certifications ont une utilité au départ. Leur utilité initiale, c’est de garantir qu’une personne a passé un temps donné à étudier un sujet. Mais beaucoup de certifications ne certifient aujourd’hui que la capacité à répondre à un questionnaire.

14:46   Animateur — Que tu as bachoté.

14:48   Olivier My — Quand j’ai bachoté pour mon bac ou mes examens, je travaillais jusqu’au jour J, j’étais au top pendant l’épreuve… et après, plus rien.

14:58   Animateur — Faire une dérivée, les intégrales…

15:02   Olivier My — On additionne les badges, mais le gros du travail consiste à bachoter de la théorie, alors que ce qui a un véritable impact, c’est la capacité à réutiliser la matière, à l’appliquer, à l’expliquer aux gens. Pour cela, j’ai proposé aux participants un exercice difficile, que je me suis appliqué à moi-même dans cette première promotion : la vidéo bilan.

L’exercice de la vidéo bilan

15:36   Olivier My — Les gens viennent avec leur histoire et leurs problématiques, ils traversent un même parcours, mais le résultat n’est pas le même pour chacun. Chaque mois avait un thème, et à chaque fois qu’ils franchissaient une « porte », je leur demandais de se regarder en face : se filmer face caméra et se parler à soi-même. Qu’est-ce que j’ai appris ce mois-ci ? Qu’est-ce que ça m’apprend sur moi ? Quel changement cela a-t-il généré par rapport à la raison pour laquelle je suis là ?

16:14   Olivier My — C’est extrêmement apprenant. Les participants me l’envoient, je peux travailler avec eux, et à la sortie du parcours, ils se voient progresser, parce que ce sont eux qui ont parlé. Ce n’est pas moi qui vais dire « c’est extraordinaire, voilà ce qu’ils ont appris » : je n’en sais rien. Je crée quelque chose qui augmente les chances que les gens vivent ce qu’ils ont à vivre. À la fin, ce sont eux qui disent ce qu’ils ont appris, et parfois ce sont des choses que je n’imaginais même pas.

16:47   Olivier My — Et parce qu’ils le disent eux-mêmes, on sait qu’ils pourront l’incarner ensuite. C’est pour moi la plus belle preuve d’avoir pu apporter quelque chose. Je ne cherche pas l’extraordinaire, ce n’est pas nécessaire, mais la chose juste pour la personne. Certains m’ont même dit : « Je ne savais pas trop pourquoi j’étais venu, mais j’y ai trouvé quelque chose qui m’était nécessaire à ce moment-là. »

17:10   Animateur — Ce côté « se faire face », c’est le plus dur.

17:16   Olivier My — Et aujourd’hui, je pense que le marché nous fait face à une réalité qu’on ne voulait plus voir. La question qui se pose, c’est : maintenant, j’en fais quoi ?

17:23   Animateur — Je n’ai jamais fait cet exercice, une sorte de journal de bord des apprentissages. Au-delà de me filmer en podcast, non. On ne prend pas assez le temps de le faire ; on le fait quand on a le couteau sous la gorge. Pendant des années, je me suis dit que j’avais une énorme boîte à outils, inspirée de plein de choses, sans jamais m’y pencher. Là, comme j’ai un peu de temps libre, j’en ai fait le détail : l’inventaire est immense, je n’en avais pas conscience. Cela m’a permis de prendre du recul, ce qui est paradoxal puisque mon métier est d’aider les gens à prendre du recul. Sans quelqu’un qui te dit « fais-le », sans contrainte, c’est très compliqué. Se mettre face à soi-même et se dire « j’ai telle compétence, tel axe d’amélioration », tout seul, c’est dur.

18:37   Olivier My — C’était justement important pour moi au lancement du programme, parce que c’était une coconstruction. Dans le monde de l’accompagnement, il y a parfois un écart entre ce que les gens disent et ce qu’ils font. C’était facile de dire « faites cet exercice », en sachant qu’il est déjà très dur de se voir, de s’entendre, et pire encore de se voir en train de parler. Alors je l’ai fait avec eux, et j’apprenais moi aussi de ce qui se passait.

19:10   Olivier My — Ils n’avaient pas l’obligation de me partager leurs vidéos ni de les partager entre eux. Moi, en revanche, je partageais toujours les miennes à tout le monde, pour qu’ils voient où j’en étais. C’était apprenant pour tous. Je trouve essentiel d’avoir cette capacité à partager : je sais que c’est difficile, je vous montre que je suis capable de le faire avec vous. Je ne suis pas parfait, on n’est pas parfaits, alors avançons ensemble.

19:39   Animateur — J’avais animé pas mal de formations à la communication orale il y a longtemps, et je proposais aussi cet exercice : soit je te filme pendant que tu fais une synthèse, soit tu fais un exposé devant des gens. La majorité préférait s’exposer devant des gens, pour éviter la confrontation avec soi-même. C’est un truc de fou. Moi, je suis assez à l’aise avec mon image.

20:11   Olivier My — C’est parce que tu as de belles casquettes !

20:13   Animateur — Il y a ça aussi. Mais c’est vraiment compliqué de se regarder dans une vidéo où l’on parle de ce qu’on sait faire. Il y a une gêne naturelle, et pourtant, pour des personnes introverties par exemple, c’est le meilleur moyen de se dire : « Regarde, tu es introverti, ce n’est pas un jugement de valeur, c’est ta posture. » J’ai rarement réussi à convaincre les gens de faire cet exercice, qui est vraiment difficile.

Clôture

20:48   Animateur — On arrive à la fin de l’interview. Tu voyages un peu partout : Bordeaux hier, Nantes aujourd’hui. Ce n’est pas ton premier Agile Tour Nantes ?

21:04   Olivier My — Non, en tout cas quand ils acceptent que je vienne ! Ces dernières années, j’ai eu la chance qu’à chaque fois que je proposais un sujet, ou qu’ils connaissaient certains thèmes que j’aborde, ils me permettent de venir. Merci à eux surtout.

21:16   Animateur — Tu étais déjà venu à Lille, je crois ?

21:21   Olivier My — Il y a un certain temps. Cette année, c’est Bordeaux, Nantes, et le dernier pour moi sera Genève.

21:38   Animateur — On essaie de se voir l’année prochaine ? C’est fin juin, il fait beau.

21:44   Olivier My — Avec plaisir.

21:47   Animateur — Merci d’avoir accepté l’invitation, c’était super cool. Ceci clôture l’émission, et notre série sur l’Agile Tour. Merci messieurs, ciao !

22:03   Jingle — Merci d’avoir écouté « Voix de l’innovation ». Nous espérons que cette conversation vous a inspirés. Suivez-nous sur vos plateformes de podcast préférées pour ne pas manquer nos prochaines émissions avec de nouvelles personnes passionnées de développement logiciel.

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